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C'est en compagnie de Victor Sarkis et après sa contribution (lien vers l'article ci-dessous) que Dominique Pagani engage la discussion sur les problématiques inhérentes au rapport Hegel/Marx.
D'un côté, il est absolument évident que Marx doit énormément à Hegel quand de l'autre, il est tout aussi indéniable que dès sa jeunesse et jusqu’à sa mort, Marx n'a cessé de proclamer sa "rupture"avec Hegel. Alors : rupture ou continuité ?
Un problème à dominante philosophique mais dont les retombées sont immédiatement politiques, tant la dissociation de Marx à Hegel, dans son interprétation dominante, est historiquement corrélée à des périodes de recul de la classe ouvrière.
Un échange modéré par Étienne Burle.


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Les grandes vacances sont une bonne occasion de s'interroger sur ce qui a marqué l'année 2021/2022 sur le plan politique et au niveau des relations internationales. Et dans un monde où une information en chasse une autre, il est plus que nécessaire de revenir calmement sur ces événements importants qui continueront de marquer l'avenir proche de leur empreinte.
C'est en compagnie du politiste Pierre-Yves Rougeyron que nous procédons à cette retrospective.


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"La théologie et la physique sont [...] profondément incompatibles, leurs conceptions ont un caractère radicalement opposé", écrit Auguste Comte dans son célèbre Cours de philosophie positive en 1829. Il n'est pas nouveau de considérer que la religion menace la science, au moins depuis l'affaire Galilée dont elle est devenue le symbole. Alors : la croyance est-elle définitivement l'ennemie de la science ? La foi et la raison sont-elle incompatibles ?
Le mathématicien et philosophe Olivier Rey et la physicienne et directrice de l'Institut Biblique de Nogent Lydia Jaeger cherchent à répondre à ces questions par une réflexion sur les méthodes et les buts de la science, en comparaison avec ceux de la religion.
L'observation de la transgression de limites tout autant que celle de l'isolation abusive de ces deux pratiques humaines livrent la clé pour comprendre les tensions souvent ressenties et pour indiquer des interactions fructueuses possible.


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Tromper, berner, mystifier, duper, leurrer, truquer, tricher... La part maudite des rapports humains a encore beaucoup d'avenir. On pense à Trump, Poutine, Bolsonaro... Mais on est loin du compte.
Soucieux de décortiquer les mécanismes de l'emprise, Dany-Robert Dufour reprend le personnage emblématique de Fritz Lang, Mabuse, héros de quatre films magnifiques et terrifiants, et lui laisse libre cours. Fritz Lang révélait les trucs et les tours de Mabuse. Dufour fait parler les Mabuse de l'Histoire qui n'ont cessé d'ourdir leurs machinations au fil de l'aventure humaine. Et il apparaît que Mabuse n'est pas un accident de l'Histoire, mais sa règle. Et qu'il ne renvoie pas tant à un personnage, fût-il fictif, qu'à une fonction sociale disséminée, toujours et partout présente.
Dufour présume en somme qu'il existe un art d'abuser l'autre et de l'autre, infestant depuis toujours le coeur même du lien social. Autrement dit, c'est le rapport Maître/esclave que Dufour examine à nouveaux frais. Pour dévoiler les techniques de manipulation mises en jeu par les "Maîtres" afin que les "esclaves" soient comme empêchés d'agir, retenus par des mécanismes non-conscients s'appliquant sur leurs esprits : des psycho-pouvoirs.
On verra que, de l'Antiquité à notre démocratie moderne, ces psycho-pouvoirs, fruits d'une intelligence éminemment politique, très retorse, voire perverse, n'ont cessé de se perfectionner.


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Auteur et traducteur pour le site Le Partage et les Éditions Libre, Nicolas Casaux publie des analyses consacrées à l'écologie, l'activisme et la civilisation industrielle.
Il revient dans cet entretien sur son parcours de politisation, de l'anarchisme à la critique de la civilisation, où l'analyse sociale répond toujours au souci écologique.
Dans un second temps, c'est la critique de la société industrielle qui est développée plus en détails, en se demande s'il existe quand même, dans une optique primitiste, des technologies que l'on pourrait qualifier de démocratiques.


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Les questions de race, de genre, d'identité sont au cœur de tous les débats, qu'ils soient politiques ou universitaires. Le monde semble se diviser en deux catégories : d'un côté, ceux qui sont a priori du côté des oppressés, de la race et du genre notamment, de l'autre, ceux qui se positionnent en réaction face à ces nouvelles luttes.
Loïc Chaigneau prend le parti de révéler le non-dit de cette fausse opposition. Il montre d'abord quune certaine gauche ralliée à la théorie de l'intersectionnalité n’est pas aussi progressiste qu'elle le laisse entendre. Ensuite, il met en lumière l'opposition absurde qui lui fait face, la majeure partie du temps. Cela, afin de montrer que ces deux camps participent en fait d'un même élan et d'une même manière de penser les problèmes actuels. En effet, ils ont en commun le fait d'évincer grandement ou totalement le rapport aux conditions matérielles réelles dans l'analyse qu'ils peuvent faire du monde social. Pire encore, ils font de la seule sphère du discours le lieu unique de la connaissance. Les déterminations objectives, de classe notamment, sont alors mises de côté.
Pour conduire à bien cette enquête qui invite à penser différemment l'actualité, Loïc Chaigneau s'efforce dabord de reconstituer l'épistémologie du postmodernisme comme terrain idéologique commun à nos opposants de façades. Un moyen de cerner les enjeux derrière ces querelles identitaires à la marge des vaines polémiques.
C’est ensuite seulement qu'on peut démystifier à la fois cette gauche dont on découvre le conservatisme naïf et une certaine droite réactionnaire qui ne semble pas avoir grand-chose à lui envier. Une analyse marxiste qui nous conduit alors à repenser la question du progrès, de l'éthique, de la république et du communisme par-delà les anathèmes d'un monde trop manichéen.


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Inquiétudes à l'Est, remous dans le Proche-Orient, effervescence dans le monde des étudiants, réforme de l'Église, et jusqu'à la peur de la drogue, ces problèmes que nous connaissons ont été aussi ceux qui préoccupèrent notre XIIIe siècle. Et une femme domine le XIIIe siècle, au moins dans sa première partie : Blanche de Castille. Il est frappant pour nous de voir cette femme assumer la charge du royaume et mener résolument une politique différente de celle des rois qui l'avaient précédée.
Blanche de Castille, dont les manuels d'histoire ont figé la physionomie en quelques anecdotes stéréotypées, nous est présentée par Régine Pernoud non pas seulement d'après les oeuvres littéraires mais autant que possible d'après les textes proprement historiques : enquêtes, correspondances, traités, rôles de comptes,... De cette étude rigoureuse se dégage une silhouette contrastée : celle d'une forte personnalité féminine - à l'image de son aïeule Aliénor d'Aquitaine -, une beauté très courtisée en même temps qu'une épouse exemplaire et une mère parfaite, une femme impulsive et ferme, une reine attentive au peuple et passionnée de justice : au total un personnage digne de cette cathédrale Notre-Dame de Paris dont la nef et les tours s'élevèrent au rythme de sa propre existence.
Émission "Portrait d'une reine de France", produite par Denise Alberti.


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La souveraineté numérique, parfois appelée aussi cybersouveraineté, est l'application des principes de souveraineté au domaine des technologies de l'information et de la communication, c'est-à-dire à l'informatique et aux télécommunications.
Mais quelles sont les enjeux réels et en quoi les états et ses citoyens sont-ils directement affectés ? Quelles sont les solutions envisageables permettant d'assurer la sécurité collective et individuelle des données numériques que nous produisons et utilisons massivement aujourd'hui ?
Une stratégie permettant d'assurer la souveraineté numérique de nos états, de nos institutions et de nos entreprises nationales est plus que nécessaire : elle est urgente.


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Le transhumanisme se présente comme une entreprise de dépassement des normes humaines. Il spécule sur le fait que l'homme pourrait, dans un avenir proche, devenir très différent de ce qu'il est actuellement : durée de vie sensiblement augmentée (voire, selon certains, suppression de la mort), augmentation de toutes les "performances" caractéristiques des humains actuels (endurance, mémoire, capacité de calcul, capacité d'intégration de données, etc.).
Ce faisant, le transhumanisme suscite déjà un certain nombre de projets politiques qui ont souvent un caractère libéral prononcé : si, en effet, l'homme de demain n'est plus tributaire des limites biologiques que semblait lui assigner sa nature biologique, ne se délivrera-t-il pas, du même coup, des obligations de solidarité qui avaient caractérisé son ancienne (actuelle) condition ?
De plus, s'agit-il, avec ces récits qu'élaborent les philosophes dits transhumanistes (et dits philosophes), d'autre chose que d'une manifestation de la nature narrative de l'humain, avec cette seule différence que la recherche d'identité narrative est ici tournée vers le futur tandis qu'elle était auparavant tournée principalement vers le passé ?


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De la fondation du Musée de l'Homme (1937) aux fouilles sur le site de Pincevent en Seine-et-Marne, André Leroi-Gourhan (1911-1986), théoricien autant qu'homme de terrain, a laissé à sa mort en 1986 un héritage intellectuel qui se révèle aujourd'hui particulièrement d'actualité.
Par sa capacité à faire bouger les lignes, à combiner les évolutions paléontologiques de l'homme à celles de l'humanité en société, il aura renouvelé en profondeur les sciences de l'homme au XXe siècle.
Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin.


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Le terme de Réforme est, d'ordinaire, réservé aux protestants du XVIe siècle. Le phénomène semble en effet présupposer deux conditions sans lesquelles la rupture avec l'ancienne Église n'aurait pas été possible : l'humanisme et l'imprimerie. Or, le hussitisme - du nom de son "fondateur" Jean Hus et dont la capitale est Prague - est né trop tôt pour remplir ces critères.
Le mouvement tchèque n'a pourtant rien d'une hérésie médiévale : il a réussi, en Bohême et en Moravie, à conquérir la majorité des âmes et à se faire reconnaître une légalité publique. Le hussitisme appartient en réalité au nouveau modèle cultuel et social de la Réforme, et il oblige à en repenser la genèse.
Olivier Marin nous propose d'embrasser toute la destinée du hussitisme, depuis ses balbutiements dans les années 1400 jusqu'à sa disparition brutale. Des "martyrs" condamnés au bûcher à la résistance menée par un génie (pourtant aveugle) de la guerre médiévale, Jean Žižka, en passant par la politique des princes de la Renaissance ou la puissance des querelles théologiques, il brosse un tableau passionnant de ce pan méconnu de l'histoire de l'Europe.
Émission du "Libre Journal des débats", animée par Charles de Meyer.


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Auteur d'un premier livre sur l'histoire du vote sous la Révolution, très célébré dans son principe mais peu influent en pratique, Patrice Gueniffey revient sur son rapport à l'histoire au travers de son parcours personnel -notamment ses relations avec François Furet- jusqu'à la manière dont il envisage aujourd'hui cet événement si particulier que fut la Révolution française.
Émission du "Libre Journal des débats", animée par Charles de Meyer.