

(0)
Alors que la question écologique recoupe depuis ses débuts la réflexion sur les équipements techniques et matériels permettant d'imaginer une condition terrestre contre les globalisateurs modernes et leurs projets cybernétiques de maîtrise totale du monde, nous nous habituons désormais au cocon numérique, y compris dans les milieux militants. Au nom du caractère pratique d'outils dont on ne questionne pas suffisamment les bases matérielles et les origines, du fatalisme ambiant ou de la pression sociale, ceux qui y résistent seront jugés inadaptés, victimes d' "illectronisme" ou de "technophobie", et invités à se soigner.
Pourtant, personne ne peut réellement croire les promesses selon lesquelles la transition numérique sera la transition écologique. Les gadgets numériques nous promettent des satisfactions à court terme, des plaisirs éphémères, des stimuli grossiers, c'est seulement dans un second temps qu’apparaissent les effets réels et à plus long terme, lorsqu'il est souvent trop tard.
Les objets comme le langage du numérique apparaissent aujourd'hui comme les principaux freins à l'instauration d'une condition terrestre véritable. Dès lors, comment penser la technocritique aujourd'hui ? Que faire de cet appareillage proliférant et de sa quincaillerie ? Peut-on se satisfaire d'un appel à libérer l'internet ou d'une promotion d'outils présentés comme libres ?
Les évolutions en cours accroissent la surveillance totale, l'épuisement des psychismes et des ressources, et installent un monde que peu de gens ont réellement désiré. Ce monde accentue notre dépendance envers un système marchand hyper-industrialisé, accroît la néodomesticité faite de livraison et de click, et relance le capitalisme industriel qu'on croyait pourtant épuisé.
A travers un retour sur les liens que l'écologie politique a entretenu avec la question des techniques, une exploration de la pluralité des lignes qui traversent le monde militant à ce sujet, et comment le capitalisme numérique actuel repousse les frontières de l'extractivisme, cette causerie invite à faire le point sur ce qui nous arrive et à explorer le champ des possibles.


(0)
Il y a une dizaine de milliers d'années, la sédentarisation des groupes humains, l'émergence de l'agriculture et l'établissement des premiers États ont jeté les bases de notre civilisation. Et si cette "révolution néolithique" n'était qu'une parenthèse malheureuse dans le cours de l'histoire humaine, comme le prétendent les primitivistes ? Et si ces événements, loin d'être "civilisateurs", avaient précipité l'humanité dans un processus écocide et autodestructeur dont nous mesurons seulement aujourd'hui toute la gravité ?
Stimulé par ces questions qui imprègnent les débats écologistes depuis les années 1960, Pierre Madelin examine d'un regard critique les fondements historiques et anthropologiques de cette théorie selon laquelle les multiples formes de domination ne sont pas inhérentes à la vie sociale, mais résultent de cette "catastrophe fondatrice" du Néolithique.
Or le primitivisme se révèle une impasse politique, affirme-t-il : plutôt que de mythifier la vie préhistorique en anticipant l'effondrement de la civilisation industrielle, ne vaudrait-il pas mieux se mobiliser pour une transition vers une société agroécologique ?


(0)
Suite à la projection du film Les Ailes de Patagonie, dans lequel un Groupe Militaire de Haute Montagne l'a accompagné sur les traces de trois pilotes légendaires de l'Aéropostale : Mermoz, Saint-Exupéry et Guillaumet.
L'occasion pour l'écrivain voyageur français Sylvain Tesson, géographe de formation, de produire une réflexion sur les notions de risque et d'engagement.


(0)
Quand Nietzsche pense à l'Europe, à quoi pense-t-il ? Certainement pas au mépris de ce qui n'est pas européen. Ce que Nietzsche aime dans l'Europe, c'est avant tout sa diversité.
Or, celle-ci lui semble alors menacée par les nationalismes étroits, nombrilistes, qu'il oppose aux grandes entreprises des géants de l'histoire, tel Napoléon.
Retour sur la question de Nietzsche et l'Europe en compagnie du philosophe Pierre Le Vigan, loin des clichés de droite et de gauche qui continuent d'être colportés.


(0)
Spécialiste des philosophies et des théories architecturales renaissantes et classiques, Pierre Caye revient en profondeur sur le différend entre Aristote et Platon au sujet de l'essence du politique, tel que Tommaso Campanella l'a exposé.
Une étude nécessaire à la compréhension des débats philosophiques qui eurent lieu durant la Renaissance, période d'ébullition intellectuelle s'il en est.


(0)
Économiste et expert-comptable, Christian Jacquiau est l'auteur de deux ouvrages Les Coulisses de la grande distribution (Albin Michel, 2000) et Les Coulisses du commerce équitable (Mille et une nuits, 2006) ayant fait du bruit dans le Landerneau.
En juin 2008, le magazine L'Écho des savanes lui prêtait des propos qu'il n'a pas tenu contre Max Havelaar. L'association l'attaque alors en justice : après avoir été condamné à 1€ symbolique en première instance en juin 2010, la Cour d'appel de Paris annule la condamnation en appel le 23 novembre 2011.
Retour sur un épisode judiciaire qui en dit long sur le nouveau climat médiatique de censure qui s'est installé sous nos latitudes.
Émission "Les Amis d'Orwell".


(0)
Depuis une vingtaine dʹannées, Olivier Grenouilleau remonte le temps et traverse lʹespace pour porter son regard sur la question des abolitions, de la traite négrière et de lʹesclavage. Car si lʹesclavage a "toujours" existé, il nʹest jamais allé de soi, mais il a fallu attendre la fin du XVIIIe siècle pour voir des individus sʹélever afin non plus de le réformer ou de lʹhumaniser, mais de lʹabolir.
Dans son ouvrage La révolution abolitionniste, il montre le caractère à la fois profondément révolutionnaire et réformateur du projet abolitionniste et retrace des combats solitaires qui ont ouvert la voie à un phénomène global inaugurant une liste ininterrompue de conquêtes au nom des doits de lʹhomme.
Émission "Sous les pavés", animée par Anik Schuin.


(0)
Reprenant la question posée par Ernest Renan au XIXe siècle, l'historien Pascal Ory se place dans une perspective planétaire afin d'examiner les raisons pour lesquelles le cadre national, espace d'une rencontre entre l'identité et la souveraineté, loin de disparaître de l'horizon mondial, constitue toujours cette fiction utile, à travers laquelle les individus et les sociétés vivent et meurent.


(0)
Traiter du sionisme et de son évolution depuis l'engagement de Theodor Herzl à promouvoir la renaissance d'un Etat juif lors de son premier Congrès à Bâle en 1897 nécessite de connaître les causes profondes ayant incité cet homme à s'engager dans une telle aventure qui détermina tout le XXe et le début du XXIe siècles.
Pierre Hillard apporte, pour la première fois, les explications grâce à l'étude des Carnets complets de Theodor Herzl (1895-1904). C'est tout l'enjeu de ce document que d'éclairer les coulisses du monde politique, économique, financier et religieux européen avant la Première Guerre mondiale.
Une accélération du phénomène sioniste se fit en août 1933 lors de la conclusion de l'Accord de la Haavara ("transfert" en hébreu) entre les autorités nazies et sionistes. Alors que tout semblait les opposer, cet Accord permit l'élaboration d'une politique de peuplement juif et de modernisation de la Palestine -phénomène qui a perduré jusqu'en avril 1941- accélérant ainsi la création de l'Etat d'Israël en 1948.
Ces événements documentés sont pourtant méconnus, alors que leurs répercussions sont importantes dans le cadre du mondialisme à la logique apparemment implacable.
Émission "Pourquoi tant de haine ?", animée par Monsieur K.


(0)
1. Qui êtes-vous ?
Ancien élève du lycée Pasteur à Neuilly-sur-Seine puis de l'ENS à Paris, l'historien François Hartog est né en 1946 à Alberville. Issu d'une famille de la moyenne bourgeoisie, c'est en hypokhâgne au lycée Louis Le Grand qu'il fait la découverte de la vie intellectuelle et politique. Il fait la connaissance en 1970 de Jean-Pierre Vernant (1914-2007) et s'oriente alors vers l'histoire ancienne avant de réfléchir, dans les années 1990, sur ce qu'il appelle les régimes d'historicité : la manière dont nous vivons le temps historique.
2. Histoire
Comment expliquer le basculement qui nous a fait passer au début des années 1970 de l'Histoire à la Mémoire ? De l'ère des grands acteurs à celle du témoin et de la victime ? Tiraillée entre la foi dans le futur et dans l'universel d'un côté, et l'histoire figée de l'autre avec la fin de l'Europe comme centre du Monde, l'Histoire s'écrit désormais au pluriel. Est-ce définitif ? L'Histoire le dira !
3. Temps
Nous sommes passés d'un temps où le futur était la catégorie dominante, celui d'une modernité valorisant vitesse et progrès, à un autre où le présent est venu occuper la première place, au point d'annuler le futur. Pour comprendre cette mutation, l'historien ausculte le temps chrétien d'où notre monde est sorti, s'intéresse aux Apocalypses, et s'interroge sur le nouveau futur qui s'annonce, avec le réchauffement climatique.


(0)
L'être humain est une psyché et cette psyché est "imagination radicale". Chez le nouveau-né, la psyché est une "monade psychique" pour laquelle ne fait sens que ce qui est exclusivement plaisir. La société lui imposera une socialisation
et créera ainsi ce qu'on appelle l'individu. Celui-ci va incarner les institutions de la société mais sera aussi susceptible de les altérer. C'est cette altération qui fait l'Histoire.
Né en Grèce en 1922, Cornélius Castoriadis vit en France depuis 1945. Philosophe de formation, il est aussi économiste et psychanalyste. Son livre le plus marquant est L'institution imaginaire de la société, paru en 1975. Mais il est aussi l'auteur de très nombreux ouvrages et articles de critique du marxisme bureaucratique et d'analyse politique, anthropologique et philosophique.
Durant cet entretien, il revient sur ses thèmes de prédilection que sont l'imagination, la création et l'autonomie.
Émission "Chercheurs de notre temps", animée par Dominique Bollinger.


(0)
Durant les temps de crises et les périodes de guerre, l'homme cherche des coupables et/ou des bouc-émissaires. Celui qui s'en sort, voire qui tire profit de la crise, est pointé du doigt comme profiteur. L'État, quant à lui, est la cible d'accusations et appelé comme arbitre dans le même temps. À lui de préserver la morale sans saboter les intérêts du pays.
Comment les profiteurs étaient-ils vus par la société ? Quelle est la politique de l'Etat face à ceux qui font fortune de l'infortune de la société ? Comment définir l'argent immoral : est-ce celui obtenu par la corruption ou des canaux illégaux ? Celui qui échappe au contrôle de l'État ou celui de l'entrepreneur opportuniste qui sait tirer profit d'une situation ?
Une émission animée par Mari-Gwenn Carichon.