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Kant est souvent présenté comme le penseur d'une modernité héroïque où l'on ne craignait pas de croire en la liberté de l'homme. Il lui manquerait une conscience du tragique et de la fragilité des choses humaines.
Pour lui, le devoir d'autonomie vaut inconditionnellement et pour tous. Mais qu'entend-il par là ? Et quelle peut être la valeur de cette instance critique ?
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.


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Docteur en sciences politiques, professeur de civilisation russe contemporaine, Jean-Robert Raviot étudie et explique la logique du pouvoir en Russie, ainsi que ses divers courants d'opposition, depuis l'effondrement de l'URSS.
Et alors qu'une "opération spéciale" a été lancée en Ukraine, il s'attache ici à restituer la logique de cette guerre ainsi que que ses conséquences présentes et futures sur le système politique russe.


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De nombreux adolescents ont découvert au collège dans les années 80 ce témoignage à la première personne d'une jeune fille allemande se prostituant pour payer sa dose quotidienne d'héroïne dans le Berlin-ouest des années 1970. Le récit de cette dérive dans les bas-fonds est devenue une lecture de référence pour les adolescents et continue de se vendre aujourd'hui.
Le livre paru en 1978 a choqué, fait frémir, fasciné. Un morceau de vie qui a bouleversé bien au-delà de l'Allemagne divisée par le Mur. Traduit en dix-huit langues, il s'est vendu à cinq millions d'exemplaires dans le monde. En Allemagne, le livre a même été imposé comme lecture obligatoire dans les écoles, comme un contre-exemple. C'était une des premières fois qu'un livre, puis son adaptation en film, parlait aussi directement, si ouvertement de la drogue et ses conséquences. Il est devenu le livre d'une génération, appelée génération No future qui écoutait du punk et ne craignait pas de flirter avec la mort, dans une société où la répression montait afin de museler la subversion. Fini le Flower Power, la jeunesse allait rentrer dans l'ordre ou dans le trou.
Que se passait-il dans ce livre pour que Christiane F. devienne une icône dans les cours de bahuts et les chambres d'ados esseulés ? Comment ce mythe parle-t-il de l'adolescence et de sa fragilité ?
Départ pour Berlin sur les traces de l'icône destroy des années 80 et de ses lecteurs fascinés par cette histoire sulfureuse.
Émission "LSD", produite par Perrine Kervran.
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Parce qu'il a vécu dans l'Allemagne de la première moitié du XIXe siècle, pays pauvre et en retard, Friedrich List (1789-1846) a magistralement compris le dilemme des pays émergents. Soit ces pays imitent l'économie du pays dominant, acceptent le jeu du libre-échange et ils tombent dans une dépendance sans cesse accrue à l'égard du monde extérieur. Soit ils s'efforcent de se frayer une voie originale vers le développement en préservant leur souveraineté. Pour y parvenir, il est nécessaire que ces pays rompent avec la vulgate libre-échangiste et mondialiste en s'appuyant sur le rôle de l'Etat développeur et du protectionnisme éducateur.
Depuis un siècle et demi, tous les pays émergents comme l'Allemagne, les Etats-Unis, la Russie et le Japon à la fin du XIXe et durant le XXe siècle, ont emprunté ce chemin, suivis ensuite par les pays du Sud-Est asiatique et, enfin, par la Chine aujourd'hui.
C'est en compagnie de Robert Steuckers que nous revenons sur la théorie du développement économique des nations de List pour traiter ensuite de l'influence ultérieure de sa pensée.
Enfin, et alors que nous vivons une période où le libre-échangisme reste l'un des dogmes de l'économie orthodoxe, il est légitime de s'interroger sur l'actualité de la pensée de List : nous dirigeons-nous vers une nouvelle ère de la démondialisation et du retour des nations ?
Émission "Quartier Libre", animée par Henry de Lesquen.


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C'est en compagnie du professeur de philosophie Mark Hunyadi que nous tentons d'identifier qui est l'homme numérique en décodant les mécanismes de fonctionnement de la société dans laquelle il évolue.
Comprendre les enjeux posés par développement des outils numériques ouvre la voie à la pensée critique et à l'appropriation citoyenne de la question : "Quelle société numérique voulons-nous ?"
Une émission animée par Julien Raone.


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"On lie les bœufs par les cornes et les hommes par les paroles". Ce vieil adage juridique s'applique à la Cité qui, à la différence de la Ville, ne désigne pas un regroupement de population sur un territoire donné, mais l'association de citoyens sous l'égide d'une loi commune.
Cette citoyenneté peut s'exercer à des échelles variées — depuis la commune jusqu'au monde entier, mais repose toujours sur divers types d' "assemblées de paroles", qui servent à accorder les citoyens sur une juste représentation de ce qui est et de ce qui doit être. Encore faut-il pour que ces paroles cimentent la Cité, qu'on puisse leur accorder crédit.
Or de multiples symptômes témoignent de nos jours d'une perte de crédit de la parole, qu'elle soit politique, commerciale ou scientifique. Pour saisir les causes profondes d'un tel discrédit, et des violences qui en résultent, Alain Supiot part des conditions institutionnelles qui permettent d'échanger des paroles plutôt que des coups. Sur cette base il devient possible d'esquisser les voies d'une restauration du crédit de la parole dans la Cité du XXIe siècle.


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Contre la violence de certains à l'égard des travaux des historiens, Henry Laurens interroge les enjeux de notre rapport au passé, source régulière de polémiques.
Il part d'un rappel des grands traits du savoir historique, essentiel pour aborder de façon critique un certain nombre de discours actuels, notamment autour des questions mémorielles. Suit une brève histoire de l'occidentalisme et de l'orientalisme qui montre comment les deux mouvements se sont développés parallèlement, sans nécessairement s'opposer. En ouvrant, pour finir, une réflexion sur les violences des XXe et XXIe siècles et les temporalités dans lesquelles elles s'inscrivent, substitution du héros à la victime et du présent au futur, il affronte les débats d'aujourd’hui autour du mouvement postcolonial, promoteur d'un passé imposé.
Une réflexion stimulante, qui redonne sa valeur à l'indispensable travail de l'historien.
Une rencontre modérée par Jean-Paul Chagnollaud.


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Et si l'Europe était la grande perdante des sanctions contre la Russie ? Et la Chine la grande gagnante ?
Pour y répondre, et revenir sur l'impact concret de ces sanctions sur l'économie en Europe, l'économiste et spécialiste de la Russie Jacques Sapir nous brosse un tableau géopolitique des conséquences probables de ce conflit aux dimensions ouvertes et larvées.
Émission "Carnets de guerre", animée par Erik Tegner.


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Qui peut connaitre le coran ? Cela demande des années d’études. Nous nous contentons généralement de la présentation favorable que nous offre ses propres croyants. Ainsi, on retient leurs convictions, sans pourtant dissiper un certain malaise.
Accessible à tous publics, sans jargon, Guy Sorel propose de synthétiser l' "essence" des textes considérés sacrés et de les confronter aux pratiques diversifiées de l'islam réel en cherchant à extraire les dénominateurs communs aux musulmans les plus croyants et ce qui les sépare des autres au point de s'entretuer. Il tente également d'analyser le mode de relation entre Allah, ses fidèles et les non musulmans, afin de comprendre son influence sur la conception du monde islamique.
Un travail de décryptage qui s'étaye sur les connaissances actuelles des organisations psychiques humaines, en tenant compte de l'écart souvent considérable entre les désirs et les réalités.


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Ayant grandi aux Etats-Unis, Nicolas Mirkovic croyait bien connaître ce pays jusqu'au jour où celui-ci s'est mis à bombarder le pays de son père : la Yougoslavie. Consterné, il a commencé à se renseigner et lire davantage sur l'histoire de ces USA qu'il aimait tant.
Pendant de nombreuses années il a travaillé le sujet des Etats-Unis, de l'arrivée des colons jusqu'à la prise du Capitole par les partisans de Trump et découvert le côté obscur de l'Amérique, comment elle est devenue un Empire et pourquoi elle est peut-être en train de se détruire. De leur conquête sur les Indiens aux offensives militaires à travers le monde, les Américains ont constamment été en guerre pour étendre leur puissance politique et diffuser l'American Way of Life.
Nicolas Mirkovic raconte l'histoire de cette nation partie de rien et qui domine aujourd'hui tout : culture, technologie, armée, institutions internationales... Peu de grandes décisions dans le monde se prennent en réalité sans l'aval de la Maison Blanche. Peu d'empires ont connu un tel rayonnement.
Comment l'Amérique en est-elle arrivée là ? Comment s'est-elle développée ? D'où vient la fascination et la crainte qu'elle suscite ? L'Amérique empire tente de répondre à ces questions et soulève en conclusion l'inéluctabilité de tout empire : sa chute.
L'Amérique empire ou le récit d'une jeune nation devenue impériale trop vite et qui n'a jamais su régler ses problèmes avec ses vieux démons...


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Entre le XIIIe et le XVe siècle, la péninsule italienne est l'un des principaux foyers intellectuel et économique européens. Organisée tout d'abord autour des communes, la vie politique suscite la naissance d'États régionaux. Les deux forces antagonistes, Empire germanique et papauté, qui avaient jusque-là dominé, renoncent à assurer leur prépondérance.
De 1454 à 1494, une "politique d'équilibre" groupe les souverains dans une Ligue italienne qui, dans le climat culturel et artistique prestigieux du Quattrocento, semble préfigurer la formation d'un État national, sur le modèle espagnol ou français. Mais une série d'interventions étrangères vont bloquer cette évolution.
C'est dans ce contexte que certains esprits vont alorsa produire des oeuvres qui joueront un rôle décisif pour l'avenir du continent : Machiavel, Giordano Bruno ou encore Galilée.


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Macron et les Gilets jaunes ont ouvert une page nouvelle de l'histoire de France, qui mêle retour des luttes sociales et apathie politique, sursaut révolutionnaire et résignation devant les dégâts de l'euro, regain démocratique et menace autoritaire.
Pour la comprendre, Emmanuel Todd examine, scrupuleusement et sans a priori, l'évolution rapide de notre société depuis le début des années 1990 : démographie, inégalités, niveau de vie, structure de classe, performance éducative, place des femmes, immigration, religion, suicide, consommation d'antidépresseurs, etc.
Les faits surprendront. Les interprétations qu'il propose doivent, quant à elles, beaucoup à Marx, mais à un Marx mis "sous surveillance statistique". À gauche comme à droite, elles paraîtront à beaucoup étonnantes, amusantes, contrariantes, ou angoissantes. Cet empirisme sans concession conduit même Emmanuel Todd à réviser radicalement certaines de ses analyses antérieures.
Un entretien conduit par le journaliste Baptiste Touverey.