L'Antiracisme trahi. Avec Florian Gulli pour Le Temps des Ruptures.


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14.09.2022

La lutte contre le racisme est essentielle et d'autant plus difficile que le racisme se déplace et se transforme. Longtemps, il a semblé que cet engagement n'affrontait pas de problèmes théo­riques particuliers : il suffisait de dire non au racisme. Mais, depuis une vingtaine d'années, les choses ont, semble-t-il, changé.
Difficile en effet d'échapper à la floraison conceptuelle liée à la question du racisme. "Privilège blanc", "blanchité", "racisme systémique", "non-mixité", "minorité" : être antiraciste aujourd'hui, ce serait reprendre à son compte ces termes pour s'engager dans ce que l'on convoque comme l'antiracisme politique, seul antiracisme valable, abondamment relayé désormais au-delà des milieux militants. La perplexité suscitée par ces concepts ne serait rien d'autre qu'une crainte devant la radicalité antiraciste et ne conduirait qu'à endosser des discours consensuels, moralisateurs et sans effets palpables, quand elle ne dissimulerait pas un refus voilé du combat antiraciste…
Cette présentation de la question est trompeuse, tout d'abord parce que cet antiracisme politique fait bon ménage avec le néolibéralisme et l'antiracisme libéral qu'il prétend combattre, mais surtout parce qu'il occulte une tradition antiraciste souvent marxiste et républicaine, à visée émancipatrice et universelle. Très loin des caricatures qu'on en a fait, elle permet de pointer les impasses de l'antiracisme libéral tout autant que celles de l'antiracisme politique.

La nation, une ressource d'avenir. Avec Bernard Bourdin au Cercle Aristote.


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27.06.2022

Dans notre histoire, la nation a longtemps constitué un facteur décisif d'émancipation face aux empires et au pouvoir de l'Église universelle, avant d'être désignée comme coupable de toutes les guerres modernes. Cette dialectique simpliste est aujourd'hui battue en brèche, tandis que les nations européennes se trouvent plongées dans l'impasse d'un monde post-politique qui a prétendu faire triompher la paix et les Droits de l'homme grâce au dépassement de la nation. S'exprime désormais le besoin de penser à nouveaux frais la question de la souveraineté et de la cohérence des communautés politiques, spécialement quand les enjeux liés à l'immigration et au multiculturalisme mettent en évidence la nécessité de retrouver une substance commune.
Bernard Bourdin présente la nation comme une ressource d'avenir pour répondre à ces défis et défend la thèse que son renouvellement comme cadre politique émancipateur, dans une approche confédérale et non fédéraliste de l'Union européenne, peut fournir les clés qui permettront aux nations européennes de traverser les bouleversements du monde pour rester dans l'Histoire.

Désinformation économique : déjouer les manipulations des institutions. Avec Myret Zaki pour Elucid.


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10.2022

Journaliste économique, Myret Zaki a été responsable des suppléments financiers du quotidien Le Temps et rédactrice en chef du magazine économique suisse Bilan. Elle a publié plusieurs ouvrages liés à l'actualité financière dont elle est une spécialiste.
Dans son récent livre Désinformation économique : repérer les stratégies marketing qui enjolivent les chiffres officiels elle propose une synthèse accessible à tous des nombreuses désinformations économiques qui parcourent l'actualité au quotidien, et qui concourent à la propagande néolibérale que nous subissons depuis des années.
Avec Olivier Berruyer, elle revient sur les principaux éléments manipulatoires du discours officiel (inflation, PIB, taux de pauvreté, chômage, etc) tout en dénonçant la responsabilité des médias complaisants envers un système que l'on pourrait qualifier d'oligarchique…

Rester vivant. Avec Laurent Ozon pour le Cercle Aristote.


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05.09.2022

Les périodes de transformation, d'effondrement et de crises du niveau de celles que nous vivons sont exceptionnelles. Nous n'assistons pas seulement à une crise économique ou sociale mais à une rupture civilisationelle, anthropologique, démographique, d'une rapidité et d'une portée inouïe.
Pour comprendre notre époque et anticiper un avenir qui verra revenir des stress archaïques pour les territoires, les ressources et la reproduction, il faut faire l'équivalent d'une anamnèse, un recour à la mémoire. Pour rester vivant, comprendre notre monde et ce qui nous le rend invivable ou anxiogène, dangereux ou absurde, la nature et l'histoire sont des outils utiles.
Laurent Ozon cherche à éclairer notre époque à partir de l'histoire et des sciences du vivant de façon profonde et amusante, surprenante et très concrète.
À l'heure des foules hypnotisées et malades, et du retour des totalitarisme stimulés par la technologie et la génétique, il s'agit de se donner les moyens d'un regard réaliste et éveillé, sans y perdre son sens de l'humour et nos capacités d'émerveillement.
Rester vivant et pour cela comprendre la façon dont le monde vivant gère ses crises, ses stress vitaux, comprendre un peu mieux les sociétés humaines parfois si désespérantes et les forces qui détruisent le monde.
Il est temps de rendre possibles les coopérations sous stress maximal qui permettront de voir un nouveau jour se lever.

La civilisation des îles grecques. Avec Jacqueline de Romilly, Nicolas Svoronos, Christos Doumas et François Villard sur France Culture.


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13.05.1979

Pourquoi la Grèce ?, demandait Jacqueline de Romilly : parce qu'on y trouve des clés pour mieux vivre le présent.
Accompagnée de nombreux spécialistes du domaine et en marge d'une exposition au musée du Louvre en 1979, il est ici question de la civilisation des îles grecques, civilisation située sur la mer Égée, cette mer divine et mythologique.
Ce territoire qui compte plus de 2000 îles sur la mer, dont 227 habitées environ, du golfe Saronique près d'Athènes aux Cyclades, jusq'au Dodécanèse au sud-est, nous a laissé, dès le 7e millénaire avant notre ère, des traces de communication avec le continent grec.
L'activité maritime, la splendeur de sa culture, le rôle des îles avec Athènes, l'art religieux et la vie locale : autant de sujets qui sont abordés au cours d'échanges passionnants.

Les contributions françaises à la naissance du socialisme et du communisme. Avec Stéphanie Roza à l'Université Permanente.


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18.01.2022

Les penseurs Français ont joué un rôle majeur dans la naissance du socialisme et du communisme, notamment ceux que l'on peut intégrer à la frange radicale des Lumières et qui entendait approfondir les avancées rationalistes et universalistes face à une réappropriation bourgeoise et hypocrite des progrès mis en oeuvre dans l'histoire.
Cette aspiration démocratie radicale s'est incarnée dans un certain élan de la Révolution française qui, tout en imaginant des solutions du côté de l'utopie, revendique aussi ses droits dans le réel.
Une étude historique bienvenue de la part de la philosophe Stéphanie Roza, qui nous rappelle la force et les acquis d'un héritage aujourd'hui trop facilement remis en question.

La nouvelle civilisation du poisson rouge. Avec Bruno Patino sur RFI.


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18.02.2022

Nous avons quitté le poisson rouge dans son bocal numérique : parfaitement libre, ouvert à tout, mais incapable de grandir, en difficulté pour se concentrer plus de 8 secondes, épuisé par le temps qui file et par les sollicitations infinies. Et travaillé par les algorithmes… Et nous l'y retrouvons, après une expérience mondiale inédite : un poisson rouge confiné, sauvé par sa capacité technique à échanger, travailler, regarder, garder le contact, se divertir… et découvrant, en accéléré, sa prison numérique – libre de tout connaître mais perdant le désir ; parlant à tous et chacun, mais avide de rencontres  véritables ; le dos tassé, les yeux rougis, continuant la vie avec un léger sentiment de vide et d’attente….
Impossible de rembobiner : à nous de faire avec cette nouvelle civilisation, qui nous a emportés et transformés en vingt ans. Déconnecter est un leurre : mais lutter avec souplesse ; transformer nos façons de faire, de connaître, d’aimer ; se chercher des rites ; réformer notre langage ; déjouer l'Intelligence artificielle ; et surtout, se créer une plage de temps à soi, chambre virtuelle, mains vides, regards vers le ciels : telles sont les leçons et pistes possibles proposées par Bruno Patino.
D'une méditation sur le temps à un souvenir de wifi en panne, d'un petit déjeuner avec Zuckerberg à une méditation sur les stages de déconnexion durs du patron de Twitter, d'une addiction personnelle à une promenade en forêt sans écran…. Libérez-vous. Renaissez. Petit poisson rouge deviendra grand !

Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique

Biosphère, hypothèse Gaïa et anthropocène. Avec Jacques Grinevald pour le Portail des Humanités Environnementales.


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12.12.2013

Quiconque possède un brin d'esprit philosophique (et scientifique) et n'est pas trop aveuglé par les problèmes quotidiens et le dogme politico-économique de la croissance, ne peut qu'être frappé par cette lancinante rumeur qui semble à la fois tomber du ciel et remonter des entrailles de la Terre : une espèce zoologique singulière, Homo sapiens faber (V.Vernadskv), est devenue une nouvelle force géologique. L'humanité "civilisée", depuis la révolution thermo-industrielle, est désormais capable d'accélérer et de prendre la direction de l'évolution de toute la Biosphère. Mais n'est-ce pas jouer aux apprentis sorciers ?
La biologie moderne, en faisant triompher une conception moléculaire du vivant, a fait de l'ombre à l'essor, tout aussi fondamental, de la biologie environnementale et de l'écologie globale, la science de la Biosphère, ignorée par les sciences économiques et sociales. Malgré les illusions du Développement, l'expansion de la civilisation scientifico-militaro-industrielle heurte de plus en plus les limites de la Biosphère dont les sociétés humaines dépendent tout autant que n'importe quelles autres formes de vie.

 - 0'00'30 : Qui êtes-vous ?
 - 0'01'40 : Où sommes-nous ?
 - 0'02'40 : Vernadsky
 - 0'25'15 : De la biosphère à Gaïa
 - 0'35'10 : La biosphère de l'anthropocène
 - 0'45'00 : Nicholas Georgescu-Roegen
 - 1'04'25 : Comment voyez-vous l'avenir ?

Orientalisme et occidentalisme : comparatisme et temporalité. Avec Henry Laurens à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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31.01.2017

L'orientalisme et l'occidentalisme, c'est-à-dire les savoirs sur la société de l'autre se sont développés en parallèle, permettant de créer des comparaisons qui, dans certains cas, deviennent des actions.
Pris dans la temporalité longue de la grande divergence du XVIIIe siècle où l'Europe se sépare des autres sociétés à la grande convergence actuelle, différentes attitudes contradictoires se succèdent pour aboutir à un conflit des identités à un moment où en réalité le narcissisme de la petite différence dissimule une très probable dissolution de l'exogène.

Uchronie : l'Histoire qui n'advint pas. Avec Pierre Singaravelou sur France Culture.


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18.09.2021

"Si le nez de Cléopâtre eût été plus court, toute la face du monde aurait changé", disait Pascal...
C'est en compagnie de l'historien Pierre Singaravélou que nous nous intéressons à l'uchronie ou à l'Histoire telle qu'elle aurait pu être. En effet, cette forme d'imaginaire est un aliment essentiel de l'Histoire quand on la pense et quand on l'écrit. Il ne s'agit rien moins que de changer un fait reconnu, qu'il soit majeur ou petit, et de se figurer ce qui serait arrivé dans le cas où il ne serait pas survenu.
Une tentation est souvent de considérer cette activité intellectuelle comme un simple divertissement, comme un amusement sans grande portée. Pourtant, de tout temps, elle a pris une dimension bien plus large pouvant conduire à des réflexions fécondes sur les relations du hasard et de la nécessité, sur la liberté des hommes, à chaque moment, parmi l'efflorescence des possibles qui ont disparu aussitôt, sur l'entrelacs, enfin, entre la suite des événements de surface et les forces profondes qui sont au travail dans la longue durée.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Sur quelques formes de domination dans les sociétés sans classes. Avec Christophe Darmangeat pour le Séminaire Sophiapol.


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27.11.2013

Oeuvrant depuis de nombreuses années dans le champ de l'anthropologie économique et sociale, Christophe Darmangeat applique avec profit la grille de lecture du matérialisme historique pour comprendre la question de la division sexuelle, de la violence et de l'exploitation du travail dans les sociétés pré-étatiques.
Il n'a cessé d'interroger la manière dont les sociétés traditionnelles s'organisent et ses conséquences directes en terme de domination, montrant par là tout l'intérêt d'une discipline comme l'anthropologie.

Le capitalisme comme objet d'investigation ontologique. Avec Stéphane Haber pour le Séminaire Sophiapol.


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13.11.2013

De nombreux chercheurs ont récemment interrogé à nouveaux frais le concept de "capitalisme" en se penchant notamment sur les "formes de vie" qui se cachent derrière un concept probablement trop large, et trop souvent polémique, pour qualifier adéquatement les évolutions récentes de nos sociétés.
Pour ce faire, Stéphane Haber déploie avec habileté les meilleures ressources de la philosophie, alliant une compréhension fine et critique des auteurs qui les ont précédés à une ouverture sur les implications contemporaines des théories évoquées, notamment grâce à des emprunts bienvenus aux sciences humaines et sociales.
L'idée n'est autre que de considérer adéquatement l'objet dont il est question, à savoir le capitalisme et son caractère protéiforme, ce afin de réarmer notre arsenal conceptuel encore en développement.