Qu'est-ce que la déconstruction ? Avec Pierre-André Taguieff pour la Fondation Res Publica.


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08.03.2022

La "déconstruction" recouvre une littérature politico-philosophique aussi foisonnante qu'inconsistante qui, à travers les Gender studies et la "théorie queer", les études postcoloniales et la pensée décoloniale, l'antiracisme identitaire ou racialiste, la "théorie critique de la race" et l'intersectionnalité, a donné lieu à un mouvement intellectuel international dont l'objectif, parfois déclaré, est de criminaliser la civilisation occidentale en la réduisant à une expression du racisme, de l'esclavagisme, de l' "hétéropatriarcat" et de l'impérialisme colonial.
Tous ces courants idéologiques se proposent de "déconstruire" le discours hégémonique de l'Occident en dénonçant son universalisme supposé trompeur et sa "violence épistémique" dont les victimes seraient les peuples dits dominés, racisés et opprimés, ainsi que leurs cultures respectives, et les "minorités" essentialisées en tant que victimes "systémiques". Tel est le fait inquiétant qui appelle à une réflexion sur ses causes : la civilisation occidentale est convoquée devant un nouveau grand Tribunal de l'Histoire pour répondre de ses crimes, imaginaires ou réels, et, surtout, elle est la seule civilisation à être mise au banc des accusés.
La culture "woke" en dérive, cette culture néo-puritaine et punitive de l'annulation ("cancel culture") qui permet à des activistes de faire taire les contradicteurs en les diabolisant et de supprimer les auteurs ou les oeuvres qui ne leur plaisent pas, au regard de leurs dogmes idéologiques. Leur programme commun est de supprimer, dans le langage comme dans les pratiques sociales, les institutions et la culture, toute trace de stigmatisation, d'exclusion et de discrimination, ou plus simplement tout élément susceptible d'être "offensant" ou "blessant". Ces guerriers de la "justice sociale", qui se posent en défenseurs des victimes, veulent donc créer une société parfaite, dotée d'une culture éthiquement "pure", selon leurs valeurs et leurs normes. Ils prétendent lutter contre toutes les discriminations, qu'ils supposent "systémiques" au sein des sociétés occidentales "blanches".
Cette vision racialiste et "discriminationniste" de l'ordre social fonde leur combat idéologique, qui puise dans un imaginaire victimaire.

Une intervention dans le cadre du colloque "La République face à la déconstruction".

Métaphysique, science, écologie et politique. Avec Bruno Latour sur France Culture.


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03.2022

Une série d'émissions en quatre temps pour comprendre la pensée de l'un des philosophes français les plus connus au monde :
1. Né en 1947, Bruno Latour nous expose le point de départ métaphysique de sa philosophie : le pluralisme des modes d’existence. De ses enquêtes de terrain en sciences sociales naît une question : de quoi la société est-elle faite ? Et de cette question naît l'élaboration de sa théorie des différents modes d'existence. Mais qu'est-ce qu'un mode d'existence ? Le réel est-il pluriel ? C'est dans le cadre d'une philosophie empirique que notre penseur inter-disciplinaire tente de décrypter le monde dans lequel nous vivons.
 2. Si la science a organisé toute l'histoire de l'Occident, il faut pourtant remettre en question son autorité autoproclamée, tout en reconnaissant sa vérité objective, dans son mode. Comment résister à l'hégémonie scientifique ?
 3. La modernité, pour Bruno Latour, est un mot d'ordre rempli de violence. Il faut en faire un objet d'étude anthropologique pour comprendre comment "l'Homme blanc" prétend faire et être ce qu'il n'est pas.
 4. Comment l'écologie pourrait-elle entrer dans le mode d'existence politique ? Pourquoi est-elle la seule alternative crédible à notre modèle d'injonction à la modernité ? Mais pourquoi échoue-t-elle alors politiquement ?

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Y a-t-il un colonialisme vert ? Avec Guillaume Blanc sur RFI.


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22.09.2020

Depuis la fin du XIXe siècle et la création des premiers parcs naturels africains pour "sauver’" une nature forcement vierge et sauvage de ces habitants, c'est toujours la même logique qui perdure. Un siècle et des milliers d’expulsions plus tard, peut-on parler d'un colonialime vert ou des nouveaux habits verts du colonialisme ?
Il est temps de secouer le cocotier de notre bonne conscience écologique en mettant en question les politiques de protection de l'environnement à l'œuvre sur ce continent.

Émission "Autour de la question", animée par Caroline Lachowsky.

Surprises et saturations. Avec Jean-Luc Marion à l'Ecole Normale Supérieure.


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20.12.2013

Le phénomène, en tant qu'il se donne – donc en tant que donné – est-il une surprise par la saturation ?
C'est la question à laquelle répond le philosophe Jean-Luc Marion qui, dans Réduction et donation et dans Étant donné, s'est attelé, en phénoménologue, à cironscrire et définir la surprise.

Avant l'homme... Et après ? Avec Francis Wolff à l'Ecole Normale Supérieure.


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28.05.2018

Pour l'humanisme, l'humanité n'est pas seulement une espèce d'êtres vivants, homo sapiens, mais elle est une communauté morale et une valeur. Plus précisément, l'humanisme, au sens où l'entend Francis Wolff, implique trois thèses : l'humanité a une valeur intrinsèque ; l'existence des êtres humains a une valeur absolue ; l'humanité est source unique de valeurs. Ces idées ne vont pas de soi. "Avant l’homme" il y eut (et il y a encore, d'une certaine manière), le Dieu de la révélation ; et "après l'homme", pointe aujourd'hui la Nature. Selon ses deux rivales, l'humanité a certes une valeur, mais extrinsèque et relative, parce qu'il y a une source de valeurs supérieure dont dépend celle de l’humanité.
Concernant la première rivalité, Francis Wolff évoque ce qu'on a appelé la "sécularisation des Temps modernes", c'est-à-dire le processus par lequel la religion cesse, en Occident, d'être le repère central de la vie sociale (théocentrisme) pour gagner progressivement la sphère privée. Concernant la seconde rivalité, il s'agit de revenir sur les débats actuels autour de la valeur intrinsèque de "la nature" sous ses différentes formes (biocentrisme, écocentrisme, zoocentrisme) et l'actuelle position médiane du christianisme ("la vie humaine").
L'humanisme n'en reste alors pas moins le pire système... à l'exclusion de tous les autres !

George Steiner à voix nue, sur France Culture.


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02.2009

L'âge venant, la liberté de George Steiner grandit et il dit sans hésiter parfois avec sarcasme ce qu'il pense de l'évolution de notre société. C'est à une vision pessimiste qu'il nous convie en analysant la perte de l'écrit, l'absence de désir de se réalimenter aux sources de la haute culture et l'avènement du règne de l'immatériel. Toutefois Steiner tempère ce pessimisme par une croyance au développement des sciences exactes et au progrès médical mondial !
Steiner revient sur ses deux passions essentielles qui lui permettent d'envisager le lendemain : la musique qu'il écoute chaque jour - il en fait et c'est une vocation manquée à cause d'une disgrâce de naissance - et les mathématiques.
Il évoque sa passion d'enseignant et comment sa vie chaotique de juif européen l'a conduit depuis des décennies à enseigner dans toutes les universités du monde pour se fixer enfin à Cambridge.
Enfin, lui qui est profondément antisioniste constate l'impossibilité de l'existence d'un état palestinien et dit son inquiétude d'une montée de l'antisémitisme...
George Steiner : un penseur libre.

Une série d'émission animée par Laure Adler.


La démocratisation scolaire. Avec Alexandre Laplace pour le Cercle Aristote.


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19.02.2022

Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle s'est opéré en France, suite au célèbre plan Langevin-Wallon et parallèlement à de nombreuses sociétés occidentales, un vaste mouvement d'allongement de la scolarité et d'ouverture des études à toutes les catégories sociales.
C'est en compagnie d'Alexandre Laplace que l'on tente de dresser un bilan de la démocratisation scolaire que l'on peut plutôt analyser comme un processus de massification tant les inégalités de réussite et de parcours scolaires liées à l'origine sociale restent persistantes.

Le conservatisme a-t-il encore un avenir ? Avec Bérénice Levet, Paul-Marie Couteaux et Frédéric Rouvillois sur TV Libertés.


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06.2022

Dans le domaine de la philosophie politique, la notion de conservatisme est sans doute l'une des plus difficiles à saisir. Le conservatisme relève-t-il d'une doctrine bien définie ou se manifeste-t-il surtout d'une manière réactive, face à des agressions ou à des menaces réelles ou supposées ? Est-ce plutôt un style, une allure, voire une morale ? Est-il synonyme d'immobilisme ? Est-il compatible avec le libéralisme économique ?
Pour en débattre de ces questions sont rassemblés, Paul-Marie Coûteaux, haut fonctionnaire, essayiste, directeur de la rédaction de la revue Le Nouveau Conservateur, Bérénice Levet, philosophe, auteur notamment du Crépuscule des idoles progressistes et Frédéric Rouvillois, professeur de droit public et co-directeur du Dictionnaire du conservatisme.

Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.

L'esprit de l'Université, laboratoire de la démocratie. Avec Barbara Stiegler pour l'Université Saint-Louis - Bruxelles.


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20.04.2022

Philosophe française, Barbara Stiegler mène des recherches consacrées à la philosophie de la vie. Et c'est en tant que professeure qu'elle entend analyser, défendre et renouveler l'esprit de l'Université en ces temps de "démocratie sanitaire".
De la crise de la Bildung dans le contexte du capitalisme avancé à la situation actuelle en passant par le projet démocratique de l'Université française à la fin du 19e siècle et le sens de l'école dans le tournant pragmatiste, il s'agit de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l'espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties.
Le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de l'avenir du vivant.

Leçon inaugurale de la Chaire Francqui 2022-2023.

"Nous sommes confrontés au langage de la machine" : Juan Asensio s'entretient avec Les Inactuels.


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10.2022

Critique littéraire, Juan Asensio est l'un des rares représentants de cette confrérie des lettres qui pratique encore cet exercice avec exigeance et intransigeance. Auteur de plusieurs ouvrages tels que La Littérature à contre-nuit (recueil de textes consacrés à l’étude du démoniaque dans la littérature) ou encore Le Temps des livres est passé (2019, éditions Ovadia), il tient également un blog "Stalker,  Dissection du cadavre de la littérature" dont la première note date de 2004.

Un entretien mené par Elie Thomas et Sophie Di Malta.

De l'écologie à l'autonomie. Avec Cornelius Castoriadis et Daniel Cohn-Bendit à Louvain-la-Neuve.


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27.02.1980

L'inquiétude partagée que suscite la conscience des "potentialités apocalyptiques de la techno-science", selon l'expression de Cornelius Castoriadis, est fort compréhensible. Elle n'est toutefois d'aucun secours, ignorant le problème qui se pose dès que l'on s’interroge pour savoir qui peut apporter les réponses attendues et comment les mettre en œuvre ; c’est-à-dire dès que l'on se demande : que faire concrètement ?

Connaissez-vous Werner Sombart ? Avec Guillaume Travers sur Méridien Zéro.


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05.2022

Né en 1863, Werner Sombart a produit une œuvre considérable. En 1896, il est l'auteur d'un best-seller qui popularise la pensée de Marx dans la sphère germanique : Socialisme et mouvement social. En 1902, son maître-livre, Le Capitalisme moderne, introduit le terme de "capitalisme" dans le monde universitaire. D'autres ouvrages, dont Le Bourgeois et Les Juifs et la vie économique, compléteront l'une des analyses les plus riches et les plus profondes du capitalisme. Durant le premier tiers du XXe siècle, Sombart est aussi l'un des pères fondateurs de la sociologie, au même titre que Max Weber, Georg Simmel et Ferdinand Tönnies.
Cependant, son œuvre reste sujette à controverse. A-t-il écrit un ouvrage antisémite avec Les Juifs et la vie économique ? Et ses ouvrages plus tardifs, dont Le Socialisme allemand, le rapprochent-ils du national-socialisme ?
Loin des accusations gratuites, Guillaume Travers nous présente Werner Sombart pour ce qu'il fut : un des auteurs majeurs de la Révolution conservatrice en Allemagne, le penseur d'une authentique troisième voie, entre capitalisme et socialisme marxiste.