La quête d'une langue parfaite dans l'histoire de la culture européenne. Avec Umberto Eco au Collège de France.


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02.10.1992

Au cours des siècles où le monde romain entre en crise et où commencent à résonner ces langues que l'Europe parle encore, la culture européenne médite l'épisode biblique de la confusio linguarum et tente de guérir la blessure de la Tour de Babel en essayant de récupérer la Langue adamique, ou de la reconstruire comme Langue parfaite.
Beaucoup se sont consacrés à ce rêve et, bien que leurs utopies ne se soient pas réalisées, elles ont produit des "effets collatéraux". C'est pour cette raison que si nous connaissons aujourd'hui le monde naturel à travers des taxinomies rigoureuses, si nous inventons des langages pour les machines, si nous tentons des expériences de traduction automatique, nous sommes encore débiteurs de ces tentatives de retrouver une langue adamique...

De l'intelligence artificielle à la singularité technologique. Avec Jean-Gabriel Ganascia à l'Espace des sciences.


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19.03.2019

L'intelligence artificielle va-t-elle bientôt dépasser celle des humains ? Ce moment critique, baptisé "Singularité technologique", fait partie des nouveaux buzzwords de la futurologie contemporaine et son imminence est proclamée à grand renfort d'annonces mirobolantes par des technogourous comme Ray Kurzweil (chef de projet chez Google) ou Nick Bostrom (de la vénérable université d'Oxford). Certains scientifiques et entrepreneurs, non des moindres, tels Stephen Hawking ou Bill Gates, partagent ces perspectives et s'en inquiètent.
Menace sur l'humanité et/ou promesse d'une transhumanité, ce nouveau millénarisme est appelé à se développer. Nos machines vont-elles devenir plus intelligentes et plus puissantes que nous ? Notre avenir sera-t-il celui d'une cybersociété où l'humanité serait marginalisée ? Ou accéderons-nous à une forme d'immortalité en téléchargeant nos esprits sur les ordinateurs de demain ?

Les Chemins mènent à Rome. Avec Paul Veyne sur France Culture.


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05.2008

Rome, sweet Rome. Qu'appelle-t-on l'Empire Romain ? Qui étaient Auguste, Cicéron et Alaric ? Pourquoi Sénèque détestait-il qu'une femme chevauchât un homme ? Qu'est-ce que l'évergétisme ? Quelle était la fonction des jeux du cirque ? Peut-on parler de décadence ?
Loin des clichés et des préjugés, loin du mythe de la décadence véhiculée par les premiers auteurs chrétiens et des péplums hollywoodiens, l'archéologue et historien Paul Veyne s'attache à mettre en lumière l'intelligence d'un empire sur les fondements duquel nous vivons toujours aujourd'hui. Un empire qui, il y a plus de deux mille ans déjà, a été confronté à certains problèmes que nous connaissons aujourd'hui et a su les résoudre.

Émission "Les Chemins de la connaissance", animée par Raphaël Enthoven.

La croissance verte contre la nature. Avec Hélène Tordjman pour l'Université Populaire de Marseille.


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28.02.2022

Fabriquer de toutes pièces des micro-organismes n'ayant jamais existé pour leur faire produire de l'essence, du plastique, ou absorber des marées noires ; donner un prix à la pollinisation, à la beauté d'un paysage ou à la séquestration du carbone par les forêts en espérant que les mécanismes de marché permettront de les protéger ; transformer l'information génétique de tous les êtres vivants en ressources productives et marchandes… Telles sont quelques-unes des "solutions" envisagées aujourd'hui sous la bannière de la transition écologique, du Pacte vert européen ou du Green New deal pour répondre tout à la fois à la crise climatique, au déclin de la biodiversité et à la dégradation de la biosphère.
Ces "solutions" n'en sont pas et nous font au contraire poursuivre dans la voie mortifère dans laquelle nous sommes engagés. Refuser cette fuite en avant est le premier pas à faire pour tracer enfin un autre chemin.

La notion de néo-féminisme a-t-elle un sens ? Avec Mos Majorum pour Force Solidaire.


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18.12.2022

Analyste du discours féministe depuis 2018, Mos Majorum nous donne ici un historique des droits des femmes et interroge l'existence de ruptures dans la pensée féministe afin de comprendre les enjeux autour du terme de "néo-féminisme".

 - 0'00'00 : Contexte de la conférence
 - 0'01'05 : Introduction de la conférence
 - 0'03'40 : Pourquoi ce sujet ?
 - 0'05'25 : Définition(s) du féminisme
 - 0'13'10 : Le féminisme après 1918
 - 0'18'20 : Le féminisme de 1800 à 1914
 - 0'30'15 : Le féminisme avant 1800
 - 0'41'45 : Les grandes ruptures du féminisme
 - 0'57'25 : Le piège politique du "néo"
 - 1'05'15 : Conclusion

Que faut-il pour faire un monde ? Avec Michaël Foessel à l'Ecole Normale Supérieure.


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21.11.2016

Cette question est moins ordinaire que la réponse qu'on lui apporte souvent : "Il faut de tout pour faire un monde". Le monde semble désigner ici un ensemble de réalités qui se caractérise par sa variation : plus il y a de différences existantes, plus le monde sera monde. Cette réponse est précieuse sur un point : elle permet de comprendre que le monde est un concept normatif (pour le faire, il "faut" que des conditions soient remplies). C'est un point d'appui pour le distinguer de la seule réalité ou de la nature. Elle a aussi quelque chose d'égarant puisqu'elle suggère qu'il y a un lien nécessaire entre le monde et la "totalité", ce qui renvoie à une conception métaphysique du monde qui est ici critiquée.
C'est pourquoi, Michaël Foessel propose de revenir au tranchant de la question : "que faut-il pour faire un monde ?". Non pas : quelles choses sont nécessaires à cet effet ? Ni même : quelle loi doit-elle régir ces choses pour qu'elles fassent un monde (et pas un chaos) ? Mais : sous quelles conditions quelque chose comme un monde peut-il apparaître ? A quoi s'ajoute une question qui n'a rien de subsidiaire : à qui peut-il apparaître comme monde ?
En termes philosophiques, on dira que la position défendue ici est "corrélationniste" (il n'y a pas de monde sans quelqu'un pour le voir, le percevoir ou le penser). Cette position sera argumentée dans une perspective que l'on dira "cosmopolitique" dans un sens large.

De l'esprit de conquête de Benjamin Constant. Avec Lucien Jaume sur France Culture.


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15.10.2012

La conquête est l’inverse de la résignation : elle est mouvement vers un ailleurs, désir d'élargissement de son propre territoire – géographique ou sentimental –, souvent aux dépens des autres, toujours pour accroitre sa propre puissance. Lorsqu'il est occasionnel, par exemple pour conquérir un droit, le conquérant d'un jour est tout entier à son but, il n'emprunte les habits de la conquête que temporairement, le temps d'obtenir gain de cause. Mais le conquérant, par définition, n'est jamais rassasié, il veut plus par principe. Or que devient la conquête lorsqu'elle n'a plus de but, lorsqu'elle n'est plus mouvement vers, mais mécanisme répétitif qui tourne à vide et ne retient de son dynamisme que l'aspect destructeur d'un étalement de soi, pays ou individu ?
Le texte de Benjamin Constant intitulé De l'esprit de conquête et de l'usurpation dans leurs rapports avec la civilisation européenne, qui paraît en 1814 au moment de la première Restauration, est l'occasion de réfléchir à ces questions. Il y exprime là son opposition à Napoléon le conquérant, en pointant les contradictions et l'anachronisme de l'esprit de conquête à l'heure du libéralisme naissant.

Émission "Les Nouveaux Chemins De La Connaissance", animée par Adèle Van Reeth.

Anarchie et démocratie radicale, accords et désaccords. Avec Cornelius Castoriadis sur Radio Libertaire.


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30.05.1996

Alors qu'il vient de publier La montée de l'insignifiance, Cornélius Castoriadis prend le temps de détailler les masques utilisés par la société capitaliste pour perpétuer sa domination.
Un travail de démystification et de confrontation au marxisme qui permet également de mesurer les principaux points de convergence -et de divergence- entre l'anarchisme et le projet de démocratie radicale tel que Castoriadis le porte.

La littérature à contre-courant. Avec Juan Asensio pour le Club Janus à Clermont-Ferrand.


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19.11.2022

Entretien-fleuve avec le critique littéraire et essayiste Juan Asensio durant lequel il est question de l'état actuel de la littérature et de son pouvoir réel dans une époque qui a non seulement oublié mais aussi sali la puissance du verbe.
Un entretien à contre-courant, donc, nourri de nombreuses références et des prises de position intransigeantes d'un lettré dont l'exigence et la verve polémique ne sont plus à démontrer...
S'illustre ainsi pleinement, au fil de questions diverses interrogeant la place de la littérature aujourd'hui, en France et sur le plan international, le rôle du critique.

Progrès technique : solution ou idéologie ? Avec François Jarrige pour Greenletter Club.


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01.2022

Voiture électrique, avion à hydrogène, capture du CO2 : pour beaucoup, le progrès technique nous sauvera du péril climatique. D'où cette question posée à François Jarrige, historien spécialiste de l'industrialisation : le progrès technique est-il une idéologie ?

 - 0'00'39 : Introduction
 - 0'02'06 : On entend souvent que la technique est neutre... est-ce que vous partagez cette idée ?
 - 0'04'04 : Est-ce que vous avez un exemple d'une technique qui n'est pas neutre, qui impose une certaine vision du monde ?
 - 0'06'30 : Aujourd'hui, les personnes qui critiquent la 5G, la voiture électrique ou certains types d'énergies, ce font vite traiter d'Amish, de vouloir revenir à la bougie... qu'est-ce que cela dit de notre société ? de son rapport à la technique ?
 - 0'10'34 : L'innovation semble être un mot magique pour résoudre la crise écologique ou climatique, le progrès c'est une nouvelle religion, une nouvelle frontière du sacré ?  
 - 0'13'58 : Il y a une sorte d'amalgame entre la science et la technique ?
 - 0'16'59 : A partir de quand peut-on dire que le progrès technique est une idée en soi, voire même une idéologie ?
 - 0'20'28 : On a l'impression que le progrès technique n'a jamais été sérieusement remis en question, comment expliquer qu'il ait une image si lisse, alors que quand on vous lit, on voit qu'il a été fortement contesté par les ouvriers d'un côté... mais aussi par de très nombreux intellectuels ?
 - 0'27'05 : On parle aujourd'hui du pic pétrolier, de la déforestation, de la pénurie de métaux... mais dès le XIXème siècle, on parle déjà de ces sujets-là ? Par la destruction de la nature, par l'épuisement des ressources ?
 - 0'30'23 : C'est intéressant, dans Technocritiques, vous dites que les mots "écologie" et "pollution" sont inventés dans les années 1860... cela veut dire qu'il se passe quelque chose à cette époque... on change notre rapport à la nature ?
 - 0'32'34 : Là, on arrive avec Stanley Jevons pour savoir si oui ou non les réserves de charbon vont s'épuiser ?
 - 0'35'20 : Quand on voit ce que vous dites avec la peur de manquer de charbon dès le XIXe, on va passer progressivement du charbon au pétrole... est-ce qu'on ne vit pas une situation similaire aujourd'hui, où on cherche à passer du pétrole à l'électricité... dont les matériaux essentiels sont les métaux... est-ce qu'il y a un parallèle historique dans cette substitution ?
 - 0'39'20 : On parle déjà au XIXème siècle du climat... on craint que l'acide carbonique puisse destabiliser le climat... on découvre l'effet de serre... Déjà au XIXème siècle, on a peur que l'Homme destabilise le climat ?
 - 0'43'04 : Dans votre livre, vous montrez qu'il y a des autres très différents qui critiquent la technique... comme John Stuart Mill, Marx ou Gandhi... vous pouvez nous raconter les raisons qui poussent Gandhi de critiquer la technique ?
 - 0'44'46 : Est-ce que les machine permettent de libérer l'Homme ou au contraire sont-elles en train de l'asservir ?
 - 0'49'59 : Les années 1970, c'est une période assez féconde pour les penseurs technocritiques, avec Charbonneau, Illich - qui écrit la Convivialité - ou Jacques Ellul... est-ce qu'à ce moment-là, on s'aperçoit que la technique entraîne une forme de déshumanisation ?
 - 0'57'21 : La modernité se caractérise par le dépassement des limites, aujourd'hui au contraire, on redécouvre les limites physiques de la Terre... est-ce que l'on change notre rapport à la technique aujourd'hui ?
 - 1'00'48 : Quel message voudriez-vous délivrer aux gens qui nous écoutent ?

La France : continentale ou archipélagique ? Avec Arthur Parent pour le Cercle Aristote.


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24.10.2022

À la fois insulaire et continentale, la France est un État bénéficiant d'avantages stratégiques uniques au monde. Au carrefour des grands enjeux mondiaux, les territoires d'outre-mer font de la France un acteur incontournable dans les relations internationales : première destination touristique mondiale, deuxième domaine maritime mondiale, principal protecteur de la richesse écologique mondiale…
Bien qu'acteur majeur, la France a cependant un rôle mineur sur la scène internationale. État archipélagique cloisonné par une conscience continentale, la France doit composer avec des logiques structurelles défavorables pour la majorité de ses territoires dont les réalités économiques, écologiques, démographiques, sociétales ou culturelles sont encore trop souvent méconnues de ses citoyens et des décideurs politiques.
L'intervention d'Arthur Parent s'adresse à tous ceux qui désirent mieux connaître les spécificités de nos territoires, leur traduction dans nos politiques publiques ainsi que leur relation et interconnexion avec leur environnement régional proche et l’Europe.

L'Orient perdu. Avec Olivier Roy et Jean-Louis Schlegel sur France Culture.


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20.02.2015

Olivier Roy est depuis des décennies un infatigable arpenteur des routes les plus lointaines du monde musulman, à commencer par celles de l'Afghanistan qu'il a parcourues en pleine guerre entre les soviétiques et les moujahiddins !
Mieux que personne donc, il sait que "l'islam" est une abstraction : il y a des millions de routes et de chemins en terre d'islam, et au long de ces routes autant de musulmans à chaque fois singuliers, pris dans une situation et une époque singulière.
Et c'est en sa compagnie que nous essayons d'aller à notre tour au-delà de l'essentialisme abstrait et de ses préjugés théoriques.

Émission "Cultures d'islam", animée par Abdennour Bidar.