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C'est pour répondre à la "violence divine" évoquée par Walter Benjamin que Carl Schmitt a conceptualisé le théologico-politique, soit en posant les conditions philosophiques et juridiques nécessaires pour canaliser la sauvagerie de l'instance dispensatrice de puissance, conditions qu'il a résumées sous le terme stoïcien de katéchon : l'arche politique et morale qui maintient l'ordre du monde institué et retarde le jugement dernier.
Cette idée de la puissance qui se donne au monde et son transit ne cesse de revenir à travers la philosophie contemporaine, mais ce n'est plus le politique qui en est le médiateur mais l'économie sous quelque forme qu'on entende cette notion, aussi bien libidinale chez le philosophe que financière chez l'économiste. Là est la nouveauté : ce qu'on peut appeler le théologico-économique.
Ce terme de nomos qui définit dans le vocabulaire non pas de la Grèce antique, mais bien de la philosophie contemporaine, cette dispensation tous azimuths de la puissance par quelque instance que ce soit, est utilisé par Gilles Deleuze aussi bien que par Carl Schmitt, par Friedrich Hayek aussi bien que par Heidegger.


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L'islamisme politique comme idéologisation de la tradition religieuse islamique avec cette prétention d'ériger le Coran en constitution de l'Etat moderne, montre chaque jour ses limites et l'inconsistance de son ambition à gérer les affaires de la cité. Aussi, l'islamisme politique est-il est en voie de régression.
Le "Printemps arabe" a d'ailleurs souligné l'échec de cet islam politique à fournir une alternative politique aux régimes autoritaires qui ont dominé et dominent encore le monde du Moyen-Orient. Et, le reflux de ses effets tant au Maghreb qu'au Machrek est remarqué suite aux courants de sécularisation qui commencent à gagner les sociétés musulmanes. "
Émission "Questions d'islam", animée par Ghaleb Bencheikh.


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"Sortir du désert de l'ère économique" : telle est l'ambition qui anime l'oeuvre de Werner Sombart. Sociologue le plus célèbre de son époque, il voit apparaître avec le capitalisme moderne un monde dominé par les valeurs matérielles, les intérêts personnels, et régulé uniquement par les principes abstraits du marché. À l'éthique des marchands, il oppose celle des "héros". Au matérialisme marxiste, il oppose un "socialisme allemand", sujet après-guerre à quantité d'interprétations erronées.
Qui fut vraiment Werner Sombart, aujourd'hui maudit ?
Une présentation donnée dans le cadre des "Jeudis de l'Iliade".


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Géographe de formation, Sylvain Tesson a choisi très tôt, dès l'âge de 19 ans, de faire des voyages et des expéditions dans des conditions souvent extrêmes, dont il rapporte des carnets, des livres ou des films. Il est en somme un arpenteur autant qu'un géographe, un "Wanderer" comme il se définit lui-même en reprenant un surnom qui fut attribué à Goethe en son temps.
Mais qu'est-ce que le fait d'être à ce point mobile, tout le contraire d'un sédentaire, change à cette belle discipline qu'on appelle la géographie ? Et - question subsidiaire - à quelle vitesse faut-il se déplacer sur la Terre pour bien saisir la forme du monde ?
Émission "Science en questions", animée par Etienne Klein.


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Les classes populaires subissent un éloignement géographique, social, politique et culturela alors qu'ils sont pourtant la majorité. Ils sont aussi à l'origine de toutes les contestations actuelles, qui ne ressemblent à aucun des mouvements sociaux des siècles passés. Ils sont les dépossédés.
Le géographe et essayiste Christophe Guilluy montre comment les classes populaires répondent magistralement à leur disparition programmée, en imposant une alternative à un modèle condamné.
Émission "En toute vérité", animée par Alexandre Devecchio.


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La Révolution bolchevique de 1917 puis la Guerre civile qui s'en suit jettent des centaines de milliers de ressortissants de l'ancien empire des tsars dans les affres de l'exil. Convaincus pour la plupart que les jours du nouvel état soviétique ne dureront pas, ces Russes que l'on appelle "blancs", par opposition aux "rouges", essaient, tout en survivant péniblement aux contraintes du quotidien, d'organiser des alternatives politiques au communisme. Anarchistes, mencheviks, socialistes-révolutionnaires, libéraux, monarchistes, ils fondent des journaux, des revues et se retrouvent dans des clubs, des cercles, tentant de faire vivre leurs idées au sein de partis confrontés à toutes les difficultés de la vie dans l'émigration.
Parmi ces groupes va naître un courant original, inattendu, fruit de son époque, mais aussi des circonstances très particulières qui ont chassé ces populations hors de Russie : le fascisme. Les fascismes serait-il d'ailleurs plus indiqué d'écrire, car les différents groupes s'en réclamant auront des trajectoires, historiques comme idéologiques, bien différentes les unes des autres. C'est ainsi que, de 1922 à 1945, plusieurs groupes, mouvements et partis russes, réunissant au total plusieurs dizaines de milliers d'adhérents et de sympathisants partout dans le monde, se revendiquent du fascisme, espérant renverser l'Union soviétique par la propagande, les complots ou la force.
En 1945, les survivants, désormais porteurs d'une étiquette politique unanimement réprouvée, sombreront dans un oubli quasi total. Sylvain Roussilon est là pour apporter un éclairage sur une part oubliée de l'histoire de la Russie en exil.
Émission du "Libre Journal de la jeunesse", animée par Pascal Lassalle.




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Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.


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Dans ce grand entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique du mois de décembre de l'année 2022.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.
PARTIE 1
- 0'00'00 : Introduction et bilan de l'année
PARTIE 2 : La visite de Macron aux États-Unis
- 0'08'09 : Petite histoire du protectionnisme américain et de la notion
- 0'29'55 : La protestation européenne
- 0'41'54 : De la nécessité du protectionnisme national
PARTIE 3 : Guerre en Ukraine et prise du pouvoir de l'UE
- 0'43'40 : Entrée en matière sur le sujet ukrainien
- 0'46'34 : L’état de l'Ukraine
- 0'58'03 : Avilissement de la vie internationale sur le sujet Ukrainien
- 1'05'43 : Déboires dans le camp national sur le dossier Ukrainien
PARTIE 4 : Coupe du monde au Qatar et stratégie de communication
- 1'11'34 : Diplomatie Qatarienne
- 1'14'53 : Regard sur l'Arabie Saoudite
- 1'17'39 : Interlude
PARTIE 5 : La situation à Mayotte
- 1'18'46 : Le problème des bandes armés
- 1'23'16 : Le retour indispensable du régalien
PARTIE 6 : La notion du mois : l'idiocratie
- 1'36'44 : Réaction à l'article
- 1'40'00 : Considérations sur internet
- 1'52'19 : L'état d'internet et la liberté d'expression
- 1'56'18 : Le Metaverse
- 1'57'58 : Les effet à long terme du numérique et les solutions
PARTIE 7 : Questions du public
- 2'12'29 : Un soulèvement suite à un 49.3 sur les retraites ?
- 2'13'12 : Que pensent les généraux de la France ?
- 2'15'09 : Reconquête et la bourgeoisie patriote
- 2'21'32 : Les résultats du Cercle Aristote ?
- 2'22'53 : Des ouvrages sur la vraie extrême-droite ?
- 2'26'20 : Opinion sur Thomas Sankara ?
- 2'28'42 : Quel sera l'ampleur de la crise à venir ?
- 2'29'31 : Le souverainisme et l'Antarctique, l'espace et la Lune
- 2'33'22 : Une crise pilotée contre les artisans au profit des grands groupes ?


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Et si ? Et si l'universalité du christianisme étouffait dans la vision étroite selon laquelle son origine serait limitée à l'Ancien Testament ? Et si postuler que le seul message de Dieu fait homme dans l'Évangile serait de réformer la religion du peuple juif était un contresens ? Et si ne donner comme point de départ de l'action divine pour l'humanité que les quelques siècles qui ont précédé la Nativité était une offense à l'éternité de Dieu ?
Lors de cette rencontre, Henry de Lesquen ose une analyse sans tabou sur cette question fondamentale pour l'humanité tout entière. Il nous invite à découvrir une révision copernicienne de l'histoire des religions en s'appuyant sur les analyses des plus grands savants : notamment Georges Dumézil et Jean Haudry pour la tradition indo-européenne ; Geo Widengren et Jacques Duchesne-Guillemin pour l'héritage de l'Iran dans le christianisme ; Émile Burnouf et André Dupont-Sommer pour celui de l'Inde ; Marcel Simon et Jean Daniélou, dans la lignée des Pères de l'Église comme saint Justin martyr et Clément d'Alexandrie, pour celui de la Grèce.
C'est ainsi que, du monothéisme à la résurrection des morts, les dogmes du zoroastrisme, religion des anciens Perses, se retrouvent dans le christianisme. Or, l'Avesta, le livre saint du zoroastrisme, est antérieur de plusieurs siècles à la rencontre des Juifs et des Perses, qui s'est produite en 539 avant Jésus-Christ, quand l'empereur Cyrus a pris Babylone, où les Juifs avaient été déportés. Il faut donc en conclure que le judaïsme a hérité des dogmes zoroastriens après cette date et qu'il les a transmis au christianisme. Celui-ci a hérité en outre, à travers l'enseignement des esséniens et de saint Jean Baptiste, de la morale de compassion du bouddhisme. Enfin, le christianisme, dans sa genèse et dans son développement, est tout imprégné de la culture grecque et de la philosophie issue de Platon.


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La "cause de la phénoménologie" s'est trouvée exceptionnellement bien défendue et illustrée en France par de multiples œuvres, qui, au-delà même de la réception des pensées de Husserl et de Heidegger, ont aujourd'hui des effets en retour sur les pays germaniques d'origine de la phénoménologie.
C'est de ces transferts et contre-transferts dont il est ici question, notammant de ce qui a été désigné comme le "tournant théologique de la phénoménologie". L'occasion pour Jean-Luc Marion de revenir sur l'histoire de la phénoménologie en France, du début des années 1980 à la génération actuelle, et de se demander notamment si les convictions personnelles de la religion sont pertinentes pour expliquer ce qui a été en jeu dans cette discipline.


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L'émission "Répliques" proposait en 1995 un débat sur "L'idée communiste au XX° siècle", avec l'historien François Furet et le philosophe Cornelius Castoriadis.
Deux ans avant sa disparition, François Furet publiait Le Passé d'une illusion. Essai sur l'idée communiste au XXe siècle, qui fut son dernier livre. Celui-ci devint très vite un best-seller et propulsa son auteur sur le devant de la scène médiatique. Il lui valut, en étant traduit en 18 langues, d'élargir les frontières d'une renommée déjà solidement établie en France. Il valut aussi à François Furet d'être regardé par certains, à gauche, comme un ennemi ultralibéral et d'être encensé par d'autres, et peut-être pour de mauvaises raisons, à droite de l'échiquier politique.
Quelques semaines après sa parution, François Furet venait débattre de son interprétation du XXe siècle avec Cornelius Castoriadis et plus largement de ce qu'avaient été l'idée et la réalité communistes pendant cette période.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Les racines de l'Europe ? Voilà un sujet important et d'actualité. Guy Rachet, avec sa culture, se fondant sur une vaste documentation sérieuse, diversifiée, s'attaque, souvent avec verve et toujours avec courage, à ce débat voire à ce choc des civilisations.
Textes et références à l'appui, il prouve que sur le socle des Celtes, Germains, Slaves, Latins, Hellènes s'est épanouie une civilisation novatrice et libératrice. Il atteste que le Moyen Âge européen n'a jamais été la période obscure et barbare que d'étranges "europhobes" ont professée, qu'il n'y a jamais eu de rupture avec la tradition gréco-romaine, et que, contrairement à l'islam dont le Coran a toujours été aux fondements de l'enseignement, celui des clercs du Moyen Âge était établi avant tout sur la connaissance des auteurs latins dits "profanes".
Guy Rachet met alors en valeur la prodigieuse floraison d'art, de peinture, de sculpture, d'architecture (romane et gothique), de littérature, de philosophie et de science, qui marque cette période. Un ensemble qui fait de l'Europe du Moyen Âge puis de la Renaissance un des joyaux de la civilisation.
Émission du "Libre Journal des historiens", animée par Philippe Conrad.