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Le 30 janvier 1933, lorsque Adolf Hitler accède au pouvoir en Allemagne, un de ses objectifs est de mettre fin à "novembre 1918". Il désignait ainsi l'esprit révolutionnaire et républicain né à la fin de la Grande Guerre, coupable selon lui d'avoir mis son pays à genoux. Un an plus tard, à Vienne, Engelbert Dollfuss écrase dans le sang le mouvement ouvrier autrichien. En dépit de leurs différences, Hitler et Dollfuss partageaient une même volonté : liquider les mouvements socialistes et communistes les plus puissants d'Europe.
Quinze ans plus tôt à Berlin, Vienne, Budapest, Munich, la révolution était à l'ordre du jour dans tout l'espace de la Mitteleuropa. Les républiques proclamées comme les expériences de démocratie "par en bas" se multiplient.
Des épisodes, désormais largement oubliés et refoulés, sans lesquels l'histoire de ces pays est pourtant incompréhensible. Refusant de comprendre cette histoire en considérant comme inévitable la fin tragique de 1933, Jean-Numa Ducange revient sur ces expériences, et montre que d'autres possibles existaient.


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Si les communautés qui, à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, vont former la Suisse sont pour la plupart héritières d'une vieille tradition républicaine, à la fois dans les villes et dans les vallées alpines, les traits les plus reconnaissables de ce républicanisme dans la Suisse contemporaine ont dans une large mesure été fabriqués aux XIXe et XXe siècles.
Il est hasardeux de tracer une continuité historique entre la Suisse d'aujourd’hui, ou les entités fédérées qui la constituent, et les communautés politiques qui accèdent lentement à l'autonomie à partir du Moyen Âge.
Qu'il s'agisse de la conscription militaire, de la législation par le peuple (référendums d'initiative populaire) ou des gouvernements collégiaux, pour prendre trois exemples caractéristiques d'institutions républicaines, ces réalités ont d'autres origines, notamment étrangères, et une autre histoire.
C'est à leur exploration qu'est consacrée l'intervention d'Antoine Chollet, qui cherche à montrer que, bien plus qu'une île au milieu de l'Europe, la Suisse est en réalité un carrefour.


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La gauche française prétend depuis son apparition sur la scène politique à la supériorité morale non seulement sur une droite conservatrice rarement représentée mais sur le peuple français en tant que tel. Elle en serait le guide vers un meilleur des mondes progressiste.
Pourtant lorsque l'on regarde les accomplissements de la gauche depuis 1792, on n'y perçoit pour l'essentiel qu'une succession de crimes et de trahisons dont à aucun moment elle n'a eu l'intention de s'amender.
C'est cette histoire sans concession de la gauche française que retrace Xavier Moreau.
Émission "Quartier Libre", animée par Henry de Lesquen.


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François Ost entend répondre à une question à la fois simple et fondamentale : qu'est-ce qui change quand on passe au droit, ou, à l'inverse, quand on se passe de droit ? Que gagne-t-on ? Que perd-t-on ? Que signifie l'entrée dans une relation – plus largement, une société – juridique ?
Ce qui change quand on passe au droit, c'est que, désormais, la relation sociale primaire (affective, économique, politique) s'inscrit sous l'égide du tiers institué. Le tiers : à la fois une autorité en position de "troisième personne" (juge, législateur), mais aussi une fonction tierce intériorisée par les individus devenus sujets de droit. Le social s'élève alors à la "puissance trois", celle qui noue le lien, tout en assurant l'autonomie des individus.
Faire émerger et garantir un monde social en trois dimensions, indexé sur la référence structurale au tiers, telle serait en définitive la fonction propre du droit, l'inestimable plus-value qu'il peut apporter à la vie sociale chaque fois qu'il parvient à s'arracher à la violence de l'unicité.


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Si la philosophie consiste à inventer des concepts, alors on peut s'étonner que les ressources philosophiques de la plus grande partie de l'humanité aient été longtemps ignorées par la philosophie savante, à quelques très rares exceptions près. C'est peut-être pourquoi, depuis plus d'un siècle dans les pays francophones, des philosophes de formation décident à chaque génération de s'intéresser à la métaphysique des autres en devenant anthropologues.
Ils découvrent dans leurs enquêtes que ni la nature, ni la culture, ni la liberté, ni l'histoire, ni maints autres concepts qui peuplent les manuels de philosophie ne sont des valeurs universelles, pas plus d'ailleurs que ne l'est l'idée même d'universalisme. Ces philosophes de terrain ramènent aussi dans leurs carnets de notes d'autres gnoséologies, d'autres systèmes ontologiques, d'autres philosophies politiques, d'autres théories de la personne, dont on commence à mesurer l'intérêt bien au-delà de l'anthropologie, à la fois comme instruments critiques et comme expériences vécues d'une radicale altérité conceptuelle.
Mais la transposition de cette altérité dans un métalangage philosophique se révèle fort malaisée pour des raisons que Philippe Descola explore ici.


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Dans ce grand entretien mené par Davy Rodriguez, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique du mois de janvier de l'année 2023.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.
- 0'00'00 : Actualités du Cercle Aristote
- 0'09'35 : L'élection de Lula au Brésil
- 0'28'03 : Rien ne va plus chez LFI
- 0'51'09 : Scandale de corruption au parlement Européen de Bruxelles
- 1'07'47 : Les Balkans, éternelle poudrière européenne
- 1'24'49 : Joseph Ratzinger
- 1'36'29 : Houellebecq et l'Islam
- 1'50'33 : Bibi de retour au pouvoir en Israël
- 2'08'18 : La réforme des retraites
- 2'14'50 : #Twitterfiles, silence des médias
- 2'20'36 : Les souverainistes et le RN
- 2'27'46 : Un avis sur François Ruffin ?
- 2'35'42 : Pour la décentralisation ?
- 2'42'11 : Que penser des Napoléons ?


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Hannah Arendt, penseur de la modernité, irrigue par son oeuvre tant la philosophie que la politique. La culture, aujourd'hui diffusée, distribuée et démocratisée, n'a pourtant jamais été en plus grand péril.
Par une analyse des concepts de tradition, d'autorité, d'éducation et de liberté, Hannah Arendt dresse un portrait sans concessions de notre monde contemporain où la crise de la culture pose la question de la construction de notre devenir. Quelle place pour l'Art dans cette société de masse ? Comment donner un sens à l'aventure humaine sans culture pour nous orienter ?
Jean-François Mattéi exprime cette pensée complexe en un langage simple et éclairant. Il met en lumière les paradoxes de la modernité et avec lui nous nous trouvons sur la brèche, ce présent entre le passé et l'avenir, où il est possible de bâtir sciemment la suite de notre Histoire.


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Comprendre les enjeux énergétiques globaux est l'objet du travail récent de Maxime Amblard, ingénieur d'études en physique des réacteur nucléaires, qui introduit ici, entre abondance et pénuries, aux grands choix énergétique que la France, comme les autres nations, devra faire pour maintenir sa liberté de décision sur son avenir ainsi qu'un niveau de vie décent pour sa population.
Une étude nécessaire pour comprendre la problématique énergétique aujourd'hui, afin de mener le combat de la souveraineté énergétique.


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Comment la France, sans l'Europe, pourrait-elle assurer son indépendance, peser sur la scène du monde, affronter les défis planétaires qui sont ceux de ce siècle ? Puis la Russie entreprit d’envahir l'Ukraine, on sait avec quelle violence destructrice.
Cette rencontre se déroule aux premiers jours de cette guerre et donne à ces échanges une gravité particulière, mais aussi une espèce d'actualité paradoxale : l'Europe en général, et l'Union européenne en particulier, nous paraissent d'autant plus précieuses qu'elles se trouvent soudain confrontées à une guerre, certes en dehors de celle-ci mais sur le territoire de celle-là !
Le propos de Francis Wolff n'en devient que plus pertinent. "Jamais nous ne nous sommes sentis autant européens, jamais, depuis la fin de la guerre froide, nous n'avons mieux su ce que "européen" veut dire."


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C'est avec précision qu'Henri Guillemin relate l'ascension politique et le règne de Staline. D'abord la répression en Géorgie dans les années 20 alors qu'il est encore sous l'autorité de Lénine, l'industrialisation forcée accompagnée de la déportation de plusieurs millions de paysans et enfin, dans les années 30, les assassinats de proches et les grandes purges. Après avoir expliqué le pacte qu’il passa le 23 août 1939 avec Hitler, il nous montre Staline face à l'armée nazie assiègeant Moscou fin 1941, alors qu'il prend le parti d'exalter le patriotisme russe avant de lancer la contre-offensive qui mènera l'Armée Rouge à Berlin en 1945.
En forme de conclusion, Henri Guillemin esquisse un portrait psychologique de Staline : il n'était pas "sadique" et il commit si l'on peut dire des crimes abstraits. Son comportement tyrannique, dans la lignée d'Yvan le Terrible et de Pierre le Grand, ne doit pas occulter le fait qu'il fut réellement pleuré par le peuple russe à sa mort.


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Au sein du dispositif capitaliste, le fait majeur que nous devons penser est celui de la privation de monde (et de la privatisation du monde). Ce dispositif a fait de nous ce que les philosophes modernes ont pensé que nous étions : des sujets séparés de l'objectivité, des sujets sans monde, retirés du monde, spectateurs désinvoltes d'un monde qui n'est plus le leur.
La perte du monde et la séparation d'avec l'objectivité sont deux manières d'exprimer un même phénomène : celui de l'aliénation. Ce dispositif a produit l'illusion du sujet souverain et la réalité d'une masse d'individus dépossédés de leur puissance.
Au cœur de ce diagnostic, Franck Fischbach nous propose une relecture de Marx et une confrontation critique avec des penseurs contemporains et actuels comme M. Foucault, S. Zizek et A. Negri.
Une conférence qui s'intègre dans le séminaire "Psychologie politique : entre philosophie et passions".