

(0)
Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ? Cette question a la force de l'évidence. Elle n'a pourtant jamais été posée assez clairement et ouvertement.
C'est à l'exploration de l'un des fétiches culturels, philosophiques et politiques majeurs de la séquence moderne que se consacrent Eric Marty et Philippe Roger, dont les acteurs sont ici Adorno, Klossowski, Bataille, Blanchot, Foucault, Lacan, Deleuze, Sollers, Barthes… ou encore Pasolini avec son terrible et magnifique Salò ou les 120 journées de Sodome.
Chacun de ces penseurs, écrivains ou artistes a fait de Sade un personnage fondamental de son aventure intellectuelle qui fut aussi une aventure personnelle.
Le temps est venu d'interroger cette fascination ambiguë qui nous concerne profondément, et peut-être plus que jamais.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


(0)
Le "problème moral" consiste à déterminer les normes et les valeurs pratiques, et finalement le bien humain. Deux réponses classiques s'opposent : agathos ou kalos disaient les Anciens ; bonheur ou vertu comme disent les Modernes. Car il est bien connu que l'un va sans l'autre, au point que le vice souvent prospère et qu'il arrive bien des malheurs à la vertu.
On nommera "problème éthique" une autre question, posée cette fois à la raison humaine : un être parfaitement rationnel choisirait-il de maximiser ses avantages et de minimiser ses inconvénients, ou au contraire d'agir toujours conformément à une loi morale universelle ?
Ce problème met en jeu deux types de réponse à la question de savoir ce que peut et ce que vaut la raison. Selon la première, la raison ne pourrait avoir qu'un rôle technique ou "instrumental" : au mieux, elle pourrait servir aux calculs de la prudence ; au pire, elle serait une puissance vouée à la domination des hommes ou de la nature. Selon la seconde conception, elle serait la seule puissance capable d'arracher l'être humain à ses désirs et passions égoïstes et de déterminer les conditions d’actes désintéressés.
Francis Wolff montre que ces deux conceptions présupposent en fait une même idée, "monologique", de la raison à laquelle est opposée une conception "dialogique", capable de surmonter les dilemmes classiques et de réunifier l'idée du bien.


(0)
Nourri de phénoménologie et passionné par la description de la vie ordinaire, le philosophe Bruce Bégout a fréquenté les lieux de l'hypermodernité (les motels, les banlieues, les centres commerciaux) pour en comprendre le sens. Et en dégager un concept qui devient central dans l'articulation de l'homme et du monde qu'il formule dans ses écrits, le concept d'ambiance.
C'est le lien entre ce concept et la question du soin, du point de vue du professionnel de la santé comme du côté du patient, qu'il explore ici.


(0)
Le débat intellectuel en France se porte mal. Il est dénaturé d'un côté par la politisation, qui substitue la logique de l'action à la logique de la connaissance, de l'autre par le "politiquement correct", qui substitue la distinction du bien et du mal à celle du vrai et du faux. Ces deux maux, intrusion de la politique et intrusion de la morale dans le débat intellectuel, tout en étant distincts, ne sont pas étrangers l'un à l'autre dès lors que la politique est elle-même conçue sur le mode d'un affrontement manichéen qui oppose le camp du bien à celui du mal.
Il en résulte que le débat intellectuel est de plus en plus gouverné par une logique de l'exclusion : disqualification de l'interlocuteur transformé en ennemi ou en délinquant de la pensée, disqualification des thèses qu'il soutient ou des thèmes qu'il aborde, censure des mots et police du langage.
André Perrin en donne quelques illustrations dans des controverses qui ont agité le monde médiatique ces dernières années.


(0)
Omniprésente dans les rues comme dans le débat public, la police soulève davantage de questions qu'elle ne semble pouvoir en résoudre.
De son côté, Paul Rocher réfute les présupposés au fondement du mythe policier d'une institution sans doute imparfaite mais nécessaire, au service de toute la société dont elle ne ferait que refléter les travers. Frédéric Lordon, quant à lui, et tout en critiquant vertement la police actuelle telle qu'elle existe, prétend qu'une société ne peut se passer d'un concept général de police et de son institutionnalisation.
Alors : est-il impossible de se passer de police ? Est-il envisageable de dégager les voies possibles d'un monde sans police ?


(0)
Les Romains de la République ne savaient pas qu'ils vivaient en République. Mais ils savaient que la Res publica est "incertaine et imprécise, fluctuante et ouverte, en tant qu'elle est du ressort des citoyens" et que cette indétermination même est la "seule condition de la politique comme monde commun".
C'est en tout cas la thèse que défend Claudia Moatti, historienne en études romaines anciennes, complétée par une discussion plus générale sur les usages de l'histoire, l'art de comparer et la puissance de l'imagination politique.
Émission "Matières à penser", animée par Patrick Boucheron.


(0)
Des effets possibles de la satire et de la banalisation de la corruption, des relations entre philosophie et sciences, des notions de vérité, d'objectivité et de clarté : le philosophe Jacques Bouveresse passe en revue certaines des questions qu'il aura longuement travaillées ainsi que ses influences majeures, de Ludwig Wittgenstein à Robert Musil ou Karl Kraus.
L'occasion de revenir sur sa vie et son parcours intellectuel que l'a conduit, de sa naissance en 1940, dans le Jura, dans une famille de paysans, jusqu'au Collège de France !
Une série d'émissions animée par Christine Lecerf.


(0)
Robert Hainard, célèbre peintre et sculpteur animalier, fut aussi un penseur dont la philosophie continue d'inspirer Philippe Roch qui voit en lui un précurseur de l'écologie, au point de lui consacrer un ouvrage.Il tire des idées et de la vie de l'artiste genevois les fondements d'une transition écologique qui pourrait renverser la tendance destructrice qui est celle de notre civilisation.
Le peintre animalier, sans pour autant refuser toute idée de technique de pointe et de modernité, considérait que l'Homme devait retrouver ses origines paléolithiques et réapprendre à communier avec une nature sauvage retrouvée en inventant un nouveau système économique, loin de l'idéologie de la croissance.
Émission "Le grand entretien", animée par Anik Schuin.


(0)
L'historien Henri Guillemin nous offre un exposé du contexte historique dans lequel la Guerre d'Espagne s'est inscrite. Il rappelle d'abord l'aide politique et militaire que Franco reçut de Mussolini et d'Hitler, mais aussi le télégramme de félicitations que le pape Pie IX adressa à Franco après avoir salué sa "croisade" dès septembre 1936, et s'efforce ensuite d'expliquer la non-intervention du gouvernement du Front Populaire de Léon Blum.
Il évoque également les positions prises par les grands écrivains français comme Paul Claudel et Henri Bordeaux qui applaudissent à la victoire de Franco, rejoignant Maurras, Raymond Cartier et François Mauriac qui déclenchèrent alors une campagne de presse violente. L'engagement de Malraux est à relever ainsi que le courage de Georges Bernanos qui s'indigne publiquement contre cette guerre dans Les Grands Cimetières sous la lune.


(0)
Au pouvoir en Hongrie depuis plus d'une décennie, Viktor Orbán mène une politique provoquant de violents remous au sein des institutions européennes.
Rédacteur en chef du Visegrad Post, Ferenc Almássy fait le point sur la situation politique hongroise et nous décrit les conséquences de la guerre en Ukraine, pays frontalier de la Hongrie.
L'occasion de mieux comprendre le statut particulier de ce pays et la politique défendue par son Premier ministre, loin de la propagande des médias occidentaux.


(0)
(1)
Plus de soixante ans après sa disparition, le régime de Vichy demeure pour l'historien un sujet difficile. Thème régulier de controverses où la passion remplace la pondération et où la condamnation précède trop souvent le jugement, il se présente à nous entouré de tabous aboutissant presque à interdire l'examen sérieux, impartial et réfléchi de tout un pan capital de notre histoire contemporaine.
C'est à cet examen objectif que procèdent Dominique Venner et Philippe d'Hugues, alors qu'un numéro spécial de la Nouvelle Revue d'Histoire a été consacré à cette période tragique et cruciale de l'histoire de France.
Émission du "Libre Journal des historiens", animée par Philippe Conrad.Émission du "Libre Journal des historiens", animée par Philippe Conrad.