

(0)
Pour les nazis, la "culture" était à l'origine la simple transcription de la nature : on révérait les arbres et les cours d'eau, on s'accouplait, se nourrissait et se battait comme tous les autres animaux, on défendait sa horde et elle seule. La dénaturation est intervenue quand les Sémites se sont installés en Grèce, quand l'évangélisation a introduit le judéo-christianisme, puis quand la Révolution française a parachevé ces constructions idéologiques absurdes (égalité, compassion, abstraction du droit...).
Pour sauver la race nordique-germanique, il fallait opérer une "révolution culturelle", retrouver le mode d'être des Anciens et faire à nouveau coïncider culture et nature. C'est en refondant ainsi le droit et la morale que l'homme germanique a cru pouvoir agir conformément à ce que commandait sa survie. Grâce à la réécriture du droit et de la morale, il devenait légal et moral de frapper et de tuer.
Johann Chapoutot approfondit ici ses livres précédents en explorant par exemple la lecture du stoïcisme et de Platon sous le IIIe Reich, l'usage de Kant et de son impératif catégorique ou la réception en Allemagne du droit romain. Il montre ainsi comment s'est opérée la réécriture de l'histoire de l'Occident et par quels canaux de telles idées sont parvenues aux acteurs des crimes nazis.
Une rencontre conduite par Nicolas Patin.


(0)
Comment l'idéal moderne de liberté défini comme l'affranchissement de la tradition pour mener sa vie propre et pour être soi-même a-t-il pu déchoir en liberté de choisir le lieu de ses prochaines vacances ? Les questions de fond - la vie telle qu'on aimerait vraiment la vivre, le sens d'une existence humaine - disparaissent de l'horizon.
Comment en sommes-nous arrivés à cette insignifiance ? Comment avons-nous pu à ce point nous fourvoyer ? La chose paraît si incompréhensible qu'elle nous invite à parcourir à nouveau le chemin, comme lorsqu'on a perdu ses clés et qu'on repasse dans sa tête faits et gestes pour se souvenir où on les a posées. Alors on se heurte à ce fait massif : la science moderne a peu à peu capté l'essentiel des forces spirituelles et matérielles de la culture occidentale.
Mais pourquoi l'Europe s'est-elle lancée à corps perdu dans l'aventure scientifique, du temps où la science ne servait pratiquement à rien ? Pour quelle raison, aujourd'hui, certains biologistes tiennent si fort à ce que l'homme soit une simple machine à survie pour ses gènes, ou une machine neuronale ? Quels sont les rapports ambigus entre l'individu autonome, libre, et la pensée objectivante qui nie son autonomie et sa liberté ? Que demande-t-on ultimement à la science ?
Émission "Planète Féministe", animée par Marie-Anne Juricic.


(0)
Comment ne pas être à la fois subjugué et effrayé par cette ville iconique qu'est Los Angeles ? Troisième ville mondiale, ultra-moderne et ultra-capitaliste, on pourrait croire qu'en elle se trouve le modèle de toutes les villes à venir. Et pourtant, Los Angeles reste inimitable.
Et pour cause, cette immense banlieue sans centre-ville, dans laquelle on ne se déplace plus qu'en voiture, s'est construite en effaçant au fur et à mesure les traces de son passé. Elle nous apparaît aujourd'hui comme une ville flottante, déracinée de son contexte historique et livrée aux fantasmes des écrivains, réalisateurs ou investisseurs du monde entier.
L'occasion de revenir, en compagnie de l'historienne Annick Foucrier et du philosophe Bruce Begout, sur les premières fondations de cette ville pour poser un nouveau regard sur la ville-studio ou la ville-spectacle qu'elle est devenue.
Émission "Sans oser le demander", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.




(1)
"Je préfère une analyse juste d'Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL" avait déclaré Michel Onfray en 2015. Mais qui est vraiment Alain de Benoist ?
Philosophe, penseur de la Nouvelle Droite, Alain de Benoist a écrit plus d'une centaine d'essais sur la métapolitique et l'histoire des idées. Son dernier ouvrage s'intitule L'Exil intérieur, carnets intimes paru récemment chez Krisis Editions. Un essai qui témoigne de la forte évolution intellectuelle et politique d'un jeune militant d'extrême-droite dans les années 60 passsé au populisme actuel, invoquant ainsi Proudhon et Orwell.


(0)
Après deux ans de questions-réponses en vidéo sur ERTV, l'émission Soral répond revient sous un nouveau format sur ERFM, la radio en ligne et en continu d'Égalité & Réconciliation.
Le principe : les auditeurs qui le souhaitent posent leurs questions sur le répondeur du polémiste qui choisit ensuite les meilleures et y répond.


(0)
"Les uns font accroire au monde qu'ils croient ce qu'ils ne croient pas. Les autres, en plus grand nombre, se le font accroire à eux-mêmes, ne sachant pas pénétrer ce que c'est que croire" écrivait Montaigne dans son Apologie de Raymond Sebond.
Aujourd'hui plus encore qu'au XVIe siècle, nous ne savons plus croire ni ce que veut dire croire. Et après avoir longtemps craint d'être les dupes de nos anciennes croyances, le paradoxe veut que nous nous soyons rendus à nouveau follement crédules. Il faudrait tout réapprendre et réintroduire la foi dans la philosophie.
Car il faut bien que la croyance soit tout autre chose que le savoir, fût-il un savoir amoindri, pour que, marquée d'un déficit qui lui est propre, nous aspirions à nouveau vers elle. Partir ainsi à la redécouverte des sources antiques où la foi s'était abreuvée et qui semblent aujourd'hui taries, c'est réactiver "le grand tournant de la philosophie" qui s'était opéré "de Pascal à Nietzsche" et que Deleuze résume d'un trait bref : "remplacer le modèle du savoir par la croyance".


(0)
Intellectuel de sensibilité écologiste, ancien homme politique et chef d'entreprise, Laurent Ozon nous propose une mise en perspective de l'actualité politique, économique ou techno-scientifique.
Car la déferlante d'informations journalière mérite d'être analysée avec recul et sans passion, afin qu'elle prenne sens et oriente l'action.


(0)
"Les temps du malheur sécrètent une race d'hommes singulière qui ne s'épanouit que dans l'orage et la tourmente", écrivait François Mitterrand. Le besoin d'autorité et la fascination de la grandeur sont, en période de crise, des constantes de notre inconscient collectif, et les institutions de la Ve République se prêtent idéalement à ce tropisme du sauveur. Se mêlent dans notre mythologie une nostalgie inavouée pour la monarchie, un culte des grands hommes et du héros patriotique lié à la tradition républicaine, et une vénération pour le messie de la culture judéo-chrétienne.
À gauche, comme à droite de l'échiquier politique, les figures ne manquent pas : le général Boulanger, Gambetta, Clemenceau, Mendès France, Pétain, de Gaulle, Mitterrand, Sarkozy, Macron, Zemmour...
L'occasion pour Jean Garrigues de décrypter, et dénoncer à l'occasion, les dérives de ces espérances en un homme providentiel depuis Bonaparte, au fondement du mythe. Ce faisant, il nous invite à une nouvelle lecture de l'histoire idéologique de la France contemporaine.


(0)
Les Jésuites éduquent encore de nos jours dans leurs institutions une certaine élite tandis qu'ils sont depuis des siècles tout à la fois craints, adulés, honnis. Mais qui sait de qui il parle ?
Marion Sigaut nous propose de retracer toute l'histoire de la confrérie de Jésus fondée en 1540, jusqu'à nos jours, afin que cessent les contre-vérités qui circulent à leur sujet, en bien ou en mal.
- 0'00'00 : Accueil
- 0'00'30 : Dire du mal des jésuites
- 0'08'00 : Les Grandes découvertes et Réforme
- 0'13'00 : Défendre le pape et le catholicisme
- 0'14'50 : Premières attaques du Parlement et de l'Université
- 0'17'50 : Le gallicanisme
- 0'23'11 : Un précédent, le procès de Jeanne d'Arc
- 0'25'58 : L'université en décadence
- 0'29'00 : Guerre à outrance contre les jésuites
- 0'31'00 : Analyse des griefs
- 0'52'00 : Les Provinciales de Pascal
- 0'56'30 : Le tyrannicide d'Henri IV à Louis XV
- 1'20'00 : Pombal interdit les jésuites
- 1'25'00 : Les jansénistes et les Lumières en France interdisent la compagnie de Jésus
- 1'47'00 : XXe siècle, Vatican II
- 1'52'00 : Le retournement
- 2'00'00 : Le délire anti-jésuite d'aujourd'hui


(0)
L'effondrement serait inéluctable à courte échéance et il faudrait s'y préparer. C'est ce à quoi s'emploie la collapsologie qui, depuis quelques années, draine notamment des écologistes, des décroissants, des défenseurs du climat et des survivalistes tout en ayant une audiance croissante au sein des médias et autres organismes de recherche institutionnels. Pour se faire, il conviendrait de créer une science appliquée et interdisciplinaire de l'effondrement ; s'y préparer psychologiquement afin d'avoir la capacité de ce remettre du choc inéluctable (résilience) ; et de mettre en place un réseau d'initiatives locales préfigurant une survie en petits groupes.
Renaud Garcia vient présenter le thème central de la prochaine livraison de la revue Réfractions qui, après avoir donné la parole à l'un des principaux animateurs de cette nébuleuse (Pablo Servigne), développe un argumentaire résolument critique contre une démarche qui peut conduire au fatalisme en renonçant à la lutte à mener aujourd'hui contre les fauteurs de ce désastre annoncé.
Une réflexion à connaître pour comprendre les collapsologues et les réserves que l'on peut avoir à leur encontre.
Émission "Trous noirs".


(0)
Quel est le rapport de Jaurès avec Marx, en qui l'on voit la tentative la plus aboutie de synthèse entre socialisme et républicanisme ? Et peut-être la question vaut-elle mieux d'être reformulée : avec le marxisme ?
Cet exercice mené par Jean-Numa Ducange nous permet non seulement de nous pencher sur la réception de Marx en France mais aussi sur certaines singularités de la gauche française.


(0)
Historien et romancier, spécialiste de la Grèce où il vit désormais sur une petite île proche de la côte Turque, Olivier Delorme pourfend tous les mythes de l'Union européenne : l'Europe de la paix, l'Europe qui protège, l'Europe sociale...
Il démontre que cette institution est en réalité antidémocratique, oligarchique, et menace nos intérêts économiques tout en anéantissant la voix de la France sur le plan géopolitique.
Un état des lieux sans langue de bois, pour regarder la vérité en face : une coopération est nécessaire, mais pas au prix de l'anéantissement de la souveraineté des peuples.