Notes de lecture, par Michel Drac.


(1)
3200 Vues
0 commentaire
2017

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, s'arrète sur quelques livres importants qui parlent de notre époque, de ses dérives et qui donnent une idée de la dynamique historique qui est la notre.

Histoire nationaliste : le Marquis de Mores, Jules Guerin et l'épisode de Fort Chabrol. Avec Jean Dartois sur Radio Résistance.


(0)
996 Vues
0 commentaire
11.2010

L'épisode de Fort Chabrol :
1899. Le 7 août a commencé, dans une ville de Rennes en état de siège et une France en ébullition, le procès en révision d’Alfred Dreyfus. Un procès qui n’aurait sans doute pas vu le jour sans le spectaculaire "J’accuse… !" d’Émile Zola jeté par le journal L’Aurore, le 13 janvier 1898, à la face des politiques, des magistrats et des militaires complices de la condamnation du "Juif Dreyfus".
Pierre Waldeck-Rousseau, nommé président du Conseil le 22 juin 1899, quelques semaines avant l’ouverture du procès en révision, craint des émeutes de la part des nationalistes, des royalistes ou des antisémites, chauffés à blanc par les agitateurs et les propagandistes. Le 12 août, il fait arrêter les dirigeants de la Ligue des Patriotes, et notamment leur chef de file Paul Déroulède. Déroulède n’a pourtant rien d’un anti-Dreyfusard, mais il est l’héritier politique du général Boulanger et, à ce titre, accusé avec ses amis d’une Ligue reconstituée, d’avoir mis à profit le climat troublé qui règne dans le pays pour tenter, lors des obsèques de Félix Faure, le Coup d’État auquel Boulanger a renoncé 10 ans plus tôt avant de se suicider en 1891.
Pour les mêmes motifs, sont également visés par les mandats d’amener délivrés aux policiers les cadres de la Ligue Antisémite. Mais contrairement à Déroulède, il n’est pas question pour eux de se laisser interpeller : dans le sillage de leur président Jules Guérin, 11 militants et activistes se réfugient au 51 de la rue de Chabrol, dans les locaux du Grand Occident de France, fondé quelques semaines plus tôt par ce même Guérin. Violemment antisémites et antimaçonniques, les adhérents du Grand Occident ont pour signe de reconnaissance les deux poings levés, "un dans la gueule des Juifs, l’autre dans celle des Francs-maçons" ! Un geste qui, mieux qu’un long discours, résume parfaitement leur état d’esprit. Ce qui ne les empêche pas d’exprimer par écrit la haine qu’ils éprouvent pour leurs adversaires dans les colonnes de L’Antijuif, le fer de lance de la presse antidreyfusarde, dirigé comme le Grand Occident par Guérin et également domicilié au 51 rue de Chabrol.
Le 13 août, le sous-chef de la Sûreté, accompagné d’une escouade de policiers, se présente rue de Chabrol pour arrêter Guérin et ses compagnons. Mais les rebelles ne l’entendent pas de cette oreille : "Pas question de nous rendre. Nous avons des cartouches et des armes. S’il le faut, nous ferons sauter l’immeuble" lance aux policiers un Guérin provocateur depuis le 1er étage de l’immeuble où il s’est barricadé avec ses amis et quatre employés.
Sur l’ordre de leurs chefs, les gardes républicains se contentent de garder l’immeuble jour et nuit, persuadés que les "insurgés" vont se rendre rapidement, faute de nourriture. C’est compter sans les nombreux sympathisants antisémites et antidreyfusards de la capitale. La résistance s’organise, et un appartement est loué par des amis de Guérin dans le tout proche immeuble du 114 rue de La Fayette d’où le ravitaillement peut être lancé vers le 51 rue de Chabrol. Malgré des pertes, une quantité suffisante de nourriture parvient aux mains des rebelles. Et comme si cela ne suffisait pas, des colis sont jetés aux insurgés par les clients de l’omnibus à impériale qui, plusieurs fois par jour, passe dans la rue. Tout cela sous les clameurs enthousiastes de la foule venue nombreuse soutenir les Ligueurs.
Régulièrement ridiculisés par les ravitailleurs juchés sur l’impériale des voitures hippomobiles, les policiers obtiennent, après plusieurs jours de siège, de la Compagnie Générale des Omnibus que la ligne soit détournée pour ne plus emprunter la rue de Chabrol jusqu’à la reddition de Jules Guérin et de ses compagnons. Mais les insurgés ont accumulé les vivres et le siège se poursuit, au grand désappointement de Waldeck-Rousseau et du préfet Lépine, impuissants à mettre un terme à cette sédition qui ridiculise le pouvoir en place. Impossible pourtant d’agir autrement : la situation politique est particulièrement instable et un ordre d’assaut pourrait faire des victimes et mettre le feu aux poudres avec des conséquences imprévisibles. À cet égard, les violents heurts qui opposent aux abords de "Fort Chabrol" le 20 août antisémites et anarchistes sont éloquents : repoussées vers le 11e arrondissement par des renforts de police, ces échauffourées débouchent sur l’incendie de l’église Saint-Joseph-des-Nations rue Saint-Maur.
Peu à peu, les choses se calment pourtant : les manifestations se raréfient, les policiers ne tentent rien, et les insurgés s’installent dans la durée en attendant le verdict du procès en appel de Rennes. Celui-ci intervient le 9 septembre : Dreyfus est, en dépit des preuves, une nouvelle fois condamné, mais en bénéficiant curieusement de "circonstances atténuantes" paradoxales qui n’empêchent pas une sentence de 10 années de réclusion précédées d’une nouvelle dégradation. Guérin et ses amis exultent et sont tout près de se rendre lorsqu’ils apprennent le 10 septembre que Dreyfus a déposé un "pourvoi en révision". Comble d’horreur à leurs yeux, Waldeck-Rousseau semble vouloir tirer un trait définitif sur cette affaire et envisage la grâce du condamné. Dreyfus refuse dans un premier temps car cette mesure de clémence équivaut de facto à reconnaître sa culpabilité. Épuisé par cinq longues et épuisantes années de procédure, il accepte pourtant la mort dans l’âme quelques jours plus tard.
Le 19 septembre 1899, Waldeck-Rousseau signe le décret de grâce qui dégage définitivement Dreyfus de toute action judiciaire. Atterrés par cette nouvelle, Guérin et ses amis se rendent dès le lendemain sans incident notable. Le siège de Fort Chabrol aura duré 38 jours !
Jugés en Haute-Cour, Déroulède et Guérin seront condamnés, le premier au bannissement (il partira en exil à Saint-Sébastien) et le second à de la prison ferme, moins pour le Coup d’État d’opérette dont il est accusé que pour avoir ridiculisé durant des semaines les plus hauts personnages de l’État. Quant à Fort Chabrol, il n’en subsiste plus désormais qu’une forme imagée, régulièrement employée par les journalistes lorsqu’un forcené armé se retranche dans un local pour tenir tête durablement aux policiers.

Emission "Voix de L'Héritage".

Curée de campagne. Avec Pierre-Yves Rougeyron pour le Cercle Aristote.


(0)
157 Vues
0 commentaire
2017

Du début de la campagne électorale de l'élection présidentielle jusqu'au deuxième tour des législatives 2017, les citoyens français seront appelés à renouveler leurs représentants.
Alors que les idées souverainistes continuent de gagner du terrain, l'offre politique va-t-elle suivre cette demande ? Les classes dirigeantes, majoritairement opposées à l'indépendance française, arriveront-elles à conserver leurs prébendes ?
Pierre-Yves Rougeyron commente pour nous, semaines après semaines, l'évolution des rapports de forces du monde politique français.

Le duel métaphysique entre Athènes et Jérusalem. Avec Bernard-Henri Lévy à l'Espace Rachi.


(0)
567 Vues
1 commentaire
12.2006

Conférence intéressante dans laquelle l'activiste politique Bernard-Henri Lévy nous présente, sans détour, sa vision du monde.
En prétextant de fournir une analyse de l'antagonisme métaphysique entre la pensée juive et la philosophie grecque, l'occasion lui est donnée de porter une attaque violente contre la tradition chrétienne et ses fondements, qualifés de sectaire et violent.
L'histoire des deux mille dernières années semblent alors se résumer en un combat entre l'oppresseur chrétien et le peuple juif, victime éternelle d'un monde jaloux et ingrat.
Ce cadre de pensée est essentiel à saisir, pour qui voudrait comprendre la vision du monde qui anime une certaine partie de la classe dirigeante.

Entretien : Henry de Lesquen répond aux questions de Daniel Conversano sur Vive l'Europe.


(0)
45 Vues
0 commentaire
04.2017

Henry de Lesquen, leader d'opinion national-libéral, se définit comme nationaliste, libéral, républicain, démocrate, traditionaliste, identitaire, populiste et catholique.
Il répond ici aux questions de Daniel Conversano et de Joffrey Marrot.

 0'00'00 : Introduction.
 0'01'40 : Présentation d'Henry de Lesquen.
 0'02'55 : Origine historique et sens du clivage Droite/Gauche.
 0'08'00 : Les races humains sont une vérité d'expérience que la science confirme et précise.
 0'17'25 : Peut-on être républicain quand on est catholique ?
 0'23'18 : Pronostique sur les élections.
 0'25'25 : Marine Le Pen est, selon Henry de Lesquen, une femme de gauche souverainiste et cosmopolite (et non pas identitaire).
 0'27'22 : Quelles sont les paroles de François Fillon qui vous amènent à penser à penser qu'il n'est pas anti-raciste ?
 0'28'25 : Retour sur Marine Le Pen et son programme.
 0'36'00 : Comptez-vous vous représenter à l'élection présidentielle de façon plus sérieuse en 2022, en obtenant vos 500 signatures ?
 0'35'58 : Comment expliquez-vous que le communisme existe toujours sur l’échiquier politique français, malgré son échec historique total ?
 0'38'10 : Vous êtes un haut fonctionnaire à la retraite. En général les fonctionnaires ne sont pas des libéraux, mais plutôt des étatistes. Pourquoi n'est-ce pas votre cas ?
 0'39'40 : Vous êtes pour la suppression du salaire minimum, du salaire horaire minimum. Comment pourrait-on vivre dignement avec un salaire de 5 € de l'heure ?
 0'44'12 : Vous avez publié sur votre site un article soutenant le travail des enfants au 19-20ème siècle, décrit comme légitime et nécessaire économiquement. Le travail des enfants n'est-il pas simplement néfaste et immoral ?
 0'48'20 : Pensez-vous comme Marine Le Pen et Florian Phillipot, qu'il faille sortir de la zone Euro et revenir au Franc ?
 0'55'20 : Pensez-vous que Fillon pourrait, s'il arrivait au pouvoir, nommer des personnes du FN dans son gouvernement ?
 0'58'39 : Considérez-vous les Blancs comme supérieurs intellectuellement ?
 1'01'20 : Quel regard portez-vous sur le monde asiatique ? Êtes-vous inquiet de la démographie galopante des Chinois étant donné que c'est un peuple de valeur, intelligent ?
 1'03'40 : Conseilleriez-vous à un jeune nationaliste d'intégrer le Front National ou Les Républicains pour faire de l'entrisme ?
 1'04'04 : Êtes-vous satisfait des premiers mois du président Donald Trump ?
 1'05'37 : Si nous sommes lucides et réalistes, l'arrivée au pouvoir d'un parti authentiquement nationaliste est assez peu probable en 2017 voir en 2022. Si la solution ne vient pas des urnes, d'où la solution pourrai t-elle venir ?
 1'08'55 : Retour sur le travail des enfants et critique des arguments d'Henry de Lesquen, notamment l'idée que les progrès techniques et le libre jeu du Marché auraient suffit mécaniquement à abolir le travail des enfants.
 1'18'25 : Les avantages pour un pays à appliquer un certain protectionnisme.
 1'22'20 : Avez-vous la vidéo de l'agression de Daniel par Alain Soral ? Qu'en pensez-vous ?
 1'23'35 : Pensez-vous qu'une réconciliation avec les masses musulmanes est possible en France ? Souhaitable ? Un musulman peut-il être un patriote Français ? Un ancien musulman peut-il lui l'être ?
 1'28'10 : Une blague d'Henry de Lesquen sur les musulmans.
 1'28'38 : En raison du changement démographique, racial, ne pensez-vous pas qu'il va devenir impossible de reprendre le pouvoir par les élections ?
 1'31'45 : Croyez-vous qu'une partie des intellectuels juifs soient en train de se droitiser ? Discussion sur le cas particulier d'Eric Zemmour.
 1'37'05 : François Fillon au dîner du Crif. Marine Le Pen y serait-elle aller si elle avait été invité ?
 1'38'28 : Le patriotisme douteux d'Alain Finkielkraut. Puis retour sur Zemmour.
 1'43'49 : Retour sur le cœur du hiatus idéologique : le soutien d'Henry de Lesquen à François Fillon.

La question de l'identité en politique. Avec Philippe Forget au Cercle Aristote.


(0)
67 Vues
0 commentaire
29.05.2017

Spartacus était-il obsédé par son identité ? Non, il luttait pour sa liberté. Maintenant, le bavardage politicien s'affole entre "conflits identitaires" et "crises identitaires", identités "heureuses" ou "malheureuses". C'est autour des thèmes de liberté et de souveraineté que s'est nouée l'histoire politique de l'Occident moderne ; et c'est au travers des figures renaissantes de leur culture que les nations ont affirmé leur caractère. De quoi alors l'obsession identitaire est-elle le signe quand elle s'empare du discours politique au détriment de la liberté et de la créativité ?
La réflexion de Philippe Forget nous permet de comprendre comment les bouleversements migratoires et le retour du pouvoir religieux affectent notre conscience de la liberté.
Mais plus profondément, autant derrière l'assignation à l'origine que derrière le culte oblatif de l'Autre, il décrypte une crise de la volonté. Pour qui n'attend plus rien du monde, reste l'unique négation de soi.
Les puissances prométhéennes de la liberté et de la créativité surmonteront-elles le nihilisme que révèle l'obsession identitaire ?

Le catholicisme social. Avec Léo Imbert au Cercle Aristote.


(0)
66 Vues
0 commentaire
10.04.2017

Sur le plan historiographique, l’usage est de résumer l’affrontement politique au XIXème siècle comme le combat engageant une Droite libérale et une Gauche radicale présumément socialiste ; les récits et les mémoires oublient bien souvent ces catholiques, qui au nom d’une morale et d’une éthique propres, incarnèrent la lutte contre la modernité.
Le Catholicisme social, forme conjoncturelle de la Doctrine sociale de l’Eglise, se constitua en un mouvement autonome, véritable troisième voie face aux impasses libérales et socialistes."Nous voulons une solution de la question sociale, voilà tout, et cette solution, nous la demandons à la tradition chrétienne" déclarait l’une des figures de proue du mouvement, Albert de Mun.
De ce courant protéiforme et éminemment social Léo Imbert tente de saisir l’essence ; celle-ci fit sa force et impacta son temps puis se dilua dans les dédales des compromissions.

L'Amérique latine et nous : entre fascination et idées reçues. Avec Thierry Noël pour l'Université Réelle à Montpellier.


(0)
32 Vues
0 commentaire
27.05.2017

L'Amérique latine continue d'étonner, et c'est bien souvent au travers d'idées reçues que la France s'invente un rapport étrange avec ce continent.
Thierry Noël, historien et spécialiste de cette région du monde pour y avoir longtemps voyagé, évoque les liens anciens et plus récents qui nous lient, les intérêts réciproques qui pourraient nous rapprocher mais aussi les nombreux clichés et malentendus qui troublent parfois la vision que nous avons de cet univers fascinant.