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Le roman national ment. L'identité française ne résulte pas de l'alliance de la bravoure gauloise et de l'administration romaine, le tout couronné par la bonté chrétienne. Pas seulement. Non seulement la France n'a pas seulement été gauloise et romaine, mais la France n'a pas seulement été chrétienne. Le roman national ment. Par omission. Par oubli.
Pacôme Thiellement fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective, et même très subjective, même l'exposé est aussi rigoureux que possible possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas cette Histoire de France, écrivez la vôtre.


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Plus que ses prédécesseurs, le pape François a fait l'objet de critiques publiques, parfois virulentes, de la part d'une partie des catholiques et du Vatican. Trop dictatorial dans sa manière de diriger, trop à gauche, trop progressiste, le pape François ?
L'historien Yves Chiron, spécialiste de l'Église catholique à l'époque contemporaine, s'est penché sur les fondements de ces critiques récurrentes et sur la "François-phobie" au sein de l'Eglise.
Émission "Babel", animée par Noriane Rapin.


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Le 19 décembre 2009, une violente tempête médiatique se déchaîne contre la mémoire de Pie XII lorsque Benoît XVI signe un décret reconnaissant ses vertus héroïques, prélude à sa béatification dont le procès avait été ouvert dès octobre 1967. Que s'est-il donc passé pour que l'image de ce souverain pontife, qui régna sur l'Église catholique de 1939 à 1958, se fût dégradée à ce point en cinq décennies ? Comment un homme peut-il passer du statut de héros, remercié par les survivants de l'Holocauste, à celui de complice passif de l'Antéchrist, reclus dans un coupable et lâche silence face à l'extermination de millions d'innocents ?
Frédéric Le Moal rouvre le "dossier Pie XII". Grâce à la toute récente ouverture des archives vaticanes (2020), il a eu accès à tous ces documents qui nous font pénétrer au cœur de la Curie, jusqu'au bureau même du pape. Il brosse ainsi à nouveaux frais le portrait de ce Romain de culture, de cœur et d'esprit vite repéré et formé pour devenir l'un des plus brillants diplomates du Saint-Siège. Eugenio Pacelli embrassa la carrière diplomatique sans jamais cesser d'être pasteur, gravissant les échelons jusqu'à devenir le secrétaire d'État de l'intransigeant Pie XI auquel il succéda en 1939 après l'un des conclaves les plus brefs de l'histoire. Devenu Pie XII, il affronta le cataclysme d'une guerre déchaînée par une Allemagne qu'il aimait mais que défigurait le paganisme nazi ; un conflit au cœur duquel étaient en jeu la survie de l'Église catholique tout autant que la civilisation chrétienne. Mais il fut aussi le pape d'une autre guerre, plus froide celle-ci, quoique meurtrière pour l'Église, celle opposant les États-Unis à l'URSS. À force de se concentrer sur la période 1939-1945, on en oublie que son pontificat vit éclater le conflit Est-Ouest et plusieurs de ses crises violentes (le blocus de Berlin, la victoire de Mao en Chine, les guerres de Corée et d'Indochine) avant de devoir s'adapter à l'ambigu dégel amorcé par Khrouchtchev après la mort de Staline.
Si les pièces récemment exhumées des cartons rompent en visière avec l'accusation de nazisme et d'antisémitisme d'une part, et expliquent les raisons de la stratégie de silence – réelle – du pape d'autre part, elles révèlent ce qui se cachait derrière cette attitude déroutante.La personnalité de Pie XII, très complexe, ne favorise pas, il est vrai, l'apaisement de la disputatio. Il ressort que le maître-mot de l'action d'Eugenio Pacelli fut la prudence. Or, notre époque chérit toujours la figure du sauveur et du grand homme, du type Churchill et de Gaulle. La prudence et la modération, vertus chrétiennes chantées par la Bible, sont en fait retournées contre lui. C'est à ce titre que lui est désormais refusée une place au panthéon des grandes figures de la Seconde Guerre mondiale.
Émission du "Libre journal des débats", animée par Charles de Meyer.


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Déstabilisée profondément par la violence dont elle fut victime pendant la Révolution, l'Église catholique a développé, dans des textes choquants pour les hommes d'aujourd'hui, toute une vision réactionnaire des notions de liberté religieuse et politique.
Pendant longtemps, elle a condamné en bloc un concept de liberté pensé comme licencieux par essence, conduisant nécessairement à l'erreur. Elle a peu à peu remis en cause ce discours conservateur pour appareiller, avec Vatican II notamment, vers les rives d'un libéralisme politique équilibré, maîtrisé, voyant dans celui-ci une des sources de la dignité humaine.
Histoire de ce basculement avec François Huguenin, auteur de La grande conversion, l'Église et la liberté de la Révolution à nos jours (Editions du Cerf).
Émission "Midi Magazine", animée par Philippe Arondel.
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C'est au travers d'un entretien en trois parties qu'Alain Soral, connu pour ses prises de positions polémiques, revient sur son enfance, son arrivée à l'âge adulte et ses carrières de journaliste, d'écrivain, de réalisateur et d'éditeur.
1_3 - L'idée confuse du destin :
- 00'19 : Quelles sont les motivations qui vous ont poussé dans cette voie difficile ?
- 08'05 : Quelle était la philosophie qui vous guidait, plus jeune, et celle d'aujourd’hui ?
- 21'49 : La branchitude des années 80
- 33'40 : Comment en êtes vous venu à l'idéologie ?
- 43'43 : Quand avez-vous pris conscience d'un rôle politique possible ?
- 50'16 : Quel rôle historique estimez-vous pouvoir remplir ?
- 55'26 : Est-ce que pour vous, la Politique, c'est le Grand art ?
2_3 - Réconciliation ou Reconquista ?
- 00'15 : Vous arrive t-il de douter du bien fondé de votre analyse ?
- 11'23 : La réconciliation nationale est-elle encore pertinente ?
- 13'56 : La réconciliation : une défense de la République, tout compte fait ?
- 22'46 : Quel est le but final de la politique ?
- 24'18 : Quelles sont les conséquences de la défaite du national-socialisme allemand ?
- 31'02 : Le bilan de la victoire des Alliés en 1945 ?
- 32'51 : Comment décrirez-vous le monde d'aujourd’hui ?
- 36'08 : Le socialisme : programme scientifique ou phénomène naturel ?
3_3 - Fini et Infini :
- 00'16 : Pourquoi il faut revenir au nationalisme ?
- 07'25 : Que peut faire l'Église catholique, aujourd’hui, contre le mondialisme ?
- 16'05 : L'explosion démographique mondiale est-elle un danger ?
- 20'30 : Un contrôle mondialisé de la natalité ?
- 22'56 : Que pensez-vous de l'évolution récente des femmes et du féminisme ?
- 29'28 : Du règne des minorités


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Les croisades étaient-elles une entreprise impérialiste à l'encontre de l'Orient musulman ? L'Inquisition a-t-elle brûlé des milliers d'hérétiques ? La chrétienté médiévale était-elle antisémite ? L'Église s'est-elle vraiment interrogée pour savoir si les femmes avaient une âme ? Les papes de la Renaissance ressemblaient-ils tous aux Borgia ? Pendant les guerres de Religion, les catholiques ont-ils fait preuve d'intolérance alors que les protestants incarnaient la liberté d'esprit ? Galilée a-t-il été condamné parce que les papes s'opposaient aux découvertes scientifiques ? L'Église du XIXe siècle était-elle par principe hostile à la modernité ? Dans les années 1930, le Vatican s'est-il aveuglé par anticommunisme sur les dangers du fascisme et du nazisme ?
Historien et journaliste, Jean Sévillia a dirigé un ouvrage coordonnant les réponses apportées par quinze historiens à ces questions explosives, qui visent d'abord à remettre en contexte chaque question dans son époque, avec le souci d'éviter tout anachronisme.
Sans jamais remplacer la légende noire par une légende dorée, cette contribution redonne sa place à une investigation historique sans préjugés et sans œillères.


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Progressivement, après le Concile Vatican II, un certain nombre de défenseurs de la messe traditionnelle ne vont plus reconnaître le Pape comme légitime. Bien qu'ils ne représentent actuellement pas un tout unifié, les sédévacantistes, puisque c'est ainsi qu'on les désigne, arrivent tous à la même conclusion, à savoir que l'occupant actuel du siège de Rome est un usurpateur et que L'Église catholique n'est plus la véritable Église du Christ.
Cette controverse trouve son origine dans la compréhension de l'infailibilité du magistère de l'Eglise et mérite donc un débat en bonne et due forme : c'est ce que nous proposent Adrient Abauzit et Monsieur K en exposant chacun les arguments qui sont les leurs.


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Formule rebattue, "l'alliance du trône et de l'autel" suggère une unité de vue entre la monarchie capétienne et la papauté qui a rarement existé dans l'ordre temporel. A partir du XIVe siècle et jusqu'à la fin du XVIIIe, les conflits entre Paris et le Vatican amènent les Français à publier un ensemble de doctrines "gallicanes" qui inspirent diversement l'Etat royal, l'Église de France et le Parlement de Paris.
Théologien et professeur de philosophie, Bernard Bourdin revient sur la longue genèse qui conduit à la séparation des Eglises et de l'Etat en se demandant si le "gallicanisme" est bien une singularité française. En effet, le conflit de souveraineté entre l'Etat et la puissance catholique romaine traverse bon bombre d'espaces politiques en Europe au seuil de la modernité. On le retrouve par exemple en Angleterre, où il produit le schisme anglican, en Autriche et en Espagne.
Retour sur les enjeux théologiques, philosophiques et politiques d'un conflit qui marque encore le régime concordataire qui régit les questions religieuses tout au long du XIXe siècle français.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'51 : Origine du gallicanisme
- 0'06'23 : Cas de l'attentat d'Anagni
- 0'12'04 : Les principes du gallicanisme
- 0'19'24 : Guerres de Religions : les Assemblées du clergé.
- 0'27'27 : Louis XIV : la révocation de l'Edit de Nantes et sa volonté de diriger l'Eglise de France
- 0'36'31 : Bossuete et les Quatre articles et l'affaire de la Régale
- 0'42'49 : Le cas britannique : crise entre le calvinisme et la sacralité des autorités politiques
- 1'01'15 : Le gallicanisme sous la Révolution française : la constitution civile du clergé
- 1'10'42 : Quid de la foi dans le gallicanisme ?