Le Chant des morts. Avec François Angelier sur France Culture.


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Enregistré le 10.2015
Posté le 26.09.2016
Durée : 3 heures 38 minutes 41 secondes


Description :
1_4 - Chants du cygne
"Ne chantez pas la mort !" prévient, avec des envolées de prédicateur goguenard, Jean-Roger Caussimon, avant de découvrir qu'elle "soeur de l'amour". C'est bien cet éros noir que nous allons chanter, en prélude à la Toussaint. La mort qui chante en nous et que, de toujours, on aime conjurer, provoquer, exalter, mimer ou accompagner. Mais n'entrons pas trop vite dans la danse macabre et savourons, dans un premier temps, le sentiment de la fin des choses, dissolution et abolition de tout (Strauss, Schubert), égarons-nous dans Venise mortifère (Liszt, Britten), finissant par entrer à l'hôpital en compagnie de Schönberg et Chostakovitch, Catherine Ringer ou Gainsbourg, et se laisser envouter par quelques redoutables chants du cygne (Britten, Schumann).
Le "Lugubre" est "la cristallisation du Funèbre", "Notre prise de conscience du Funèbre et notre participation active à celui-ci".

 2_4 - Le dernier souffle
Après une cure de nihilisme douceâtre parfumé à l'éther, acheminons-nous vers notre horizon imparable : le dernier souffle, l'ultime regard, les derniers mots. Un moment soudain ou prévisible, dit-on, par les cartes fatales (Carmen, la Dame de pique), les lignes de la main (Un Bal masqué). L'opéra mouroir ou arène, espace d'agonie et de mise à mort, n'a-t-il été créé que pour que l'on y exorcise sa peur du trépas ? À voire quand l'on écoute Wagner (mort d'Isolde), Puccini (Madame Butterfly), Berg (Wozzeck ou Lulu) ou Britten (The rape of Lucretia). Succèderont à ces pentes douces ou chutes brusques dans la mort, la grande bifurcation, les enfers (Rachmaninov) ou la ciel (Messiaen), et la douloureuse mémoire (Berg, Korngold, Rachmaninov).

 3_4 - A son dernier repos
Herbe tendre ou allées gravillonnée de blanc, fosse commune ou mausolée de marbre, terre retournée ou urne scellée : tous les scénarios sont disponibles en magasin.
Mais se rend-on au cimetière pour le seul soucis d'honorer les morts ? S'y rendent également, soucieux de dandysme sacrilège, certains songeurs ou libertins à la forte carrure : Hamlet, Don Giovanni et leur vaste descendance (Mozart, Ambroise Thomas, Igor Stravinski),
Fin en grand appareil avec requiem et messe des morts (Purcell, Britten, Ligeti) et surtout marches funèbres (Schubert, Wagner, Mahler).

 4_4 - Debout les morts ! Le Dies Irae, histoire d'un tube
C'est l'un des plus grands succès de la musique occidentale, composé, dit-on, au XIIIème siècle, et présent (ou tapi) dans l'ADN de toute musique tendu vers la mort ou la fin des temps : le Dies Irae, musique apocalyptique, bande-son de la Fin du monde. On l'entend rugir, gémir ou être psalmodier aussi bien chez Antoine de Brumel et Lully que Michel Sardou, Liszt que Les Frères Jacques. "Un peu de terre et s'en est fini pour jamais." écrivait Pascal, quelques notes et cela redémarre pour toujours !



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François Angelier France Culture

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