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Plus que ses prédécesseurs, le pape François a fait l'objet de critiques publiques, parfois virulentes, de la part d'une partie des catholiques et du Vatican. Trop dictatorial dans sa manière de diriger, trop à gauche, trop progressiste, le pape François ?
L'historien Yves Chiron, spécialiste de l'Église catholique à l'époque contemporaine, s'est penché sur les fondements de ces critiques récurrentes et sur la "François-phobie" au sein de l'Eglise.
Émission "Babel", animée par Noriane Rapin.


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Le XIXe est le siècle par excellence du "culte des morts", ce culte familial du souvenir et de la tombe qui fut un des ancrages anthropologiques et culturels les plus répandus et les plus unanimes. Dans les nouveaux cimetières transférés en périphérie d'agglomération, dans les villes d'abord, puis dans les campagnes (avec ou sans transfert), les contemporains ont pris l'habitude de venir régulièrement "visiter leurs morts" en apportant sur leurs tombes fleurs et couronnes. C'est ainsi que la Toussaint est devenue, sous des formes en partie renouvelées, la fête la plus populaire du calendrier liturgique, croyants et incroyants réunis.
Dans les années 1820, devant le spectacle commençant des pèlerinages sur les tombes au Père-Lachaise, le grand écrivain romantique Benjamin Constant, qui distinguait le "sentiment religieux" (éternel et perpétuellement resurgissant) de ses "formes" variables et évolutives, croyait voir "planer le sentiment religieux sur sa propre forme". Comment mieux dire que la forme par excellence du sentiment religieux au XIXe serait funéraire ?
C'est à essayer de décrire et de comprendre les raisons du succès de cette invention sacrale du XIXe, sans équivalent sous l'Ancien Régime, qu'est consacrée cette conférence. XIXe qui s'est prolongé fort avant dans le XXe, voire le XXIe siècle, puisqu'en 1966 encore, dans le texte pionnier qu'il a consacré à ce culte, Philippe Ariès ne paraissait pas encore se douter qu'il pût décliner un jour.


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Le 19 décembre 2009, une violente tempête médiatique se déchaîne contre la mémoire de Pie XII lorsque Benoît XVI signe un décret reconnaissant ses vertus héroïques, prélude à sa béatification dont le procès avait été ouvert dès octobre 1967. Que s'est-il donc passé pour que l'image de ce souverain pontife, qui régna sur l'Église catholique de 1939 à 1958, se fût dégradée à ce point en cinq décennies ? Comment un homme peut-il passer du statut de héros, remercié par les survivants de l'Holocauste, à celui de complice passif de l'Antéchrist, reclus dans un coupable et lâche silence face à l'extermination de millions d'innocents ?
Frédéric Le Moal rouvre le "dossier Pie XII". Grâce à la toute récente ouverture des archives vaticanes (2020), il a eu accès à tous ces documents qui nous font pénétrer au cœur de la Curie, jusqu'au bureau même du pape. Il brosse ainsi à nouveaux frais le portrait de ce Romain de culture, de cœur et d'esprit vite repéré et formé pour devenir l'un des plus brillants diplomates du Saint-Siège. Eugenio Pacelli embrassa la carrière diplomatique sans jamais cesser d'être pasteur, gravissant les échelons jusqu'à devenir le secrétaire d'État de l'intransigeant Pie XI auquel il succéda en 1939 après l'un des conclaves les plus brefs de l'histoire. Devenu Pie XII, il affronta le cataclysme d'une guerre déchaînée par une Allemagne qu'il aimait mais que défigurait le paganisme nazi ; un conflit au cœur duquel étaient en jeu la survie de l'Église catholique tout autant que la civilisation chrétienne. Mais il fut aussi le pape d'une autre guerre, plus froide celle-ci, quoique meurtrière pour l'Église, celle opposant les États-Unis à l'URSS. À force de se concentrer sur la période 1939-1945, on en oublie que son pontificat vit éclater le conflit Est-Ouest et plusieurs de ses crises violentes (le blocus de Berlin, la victoire de Mao en Chine, les guerres de Corée et d'Indochine) avant de devoir s'adapter à l'ambigu dégel amorcé par Khrouchtchev après la mort de Staline.
Si les pièces récemment exhumées des cartons rompent en visière avec l'accusation de nazisme et d'antisémitisme d'une part, et expliquent les raisons de la stratégie de silence – réelle – du pape d'autre part, elles révèlent ce qui se cachait derrière cette attitude déroutante.La personnalité de Pie XII, très complexe, ne favorise pas, il est vrai, l'apaisement de la disputatio. Il ressort que le maître-mot de l'action d'Eugenio Pacelli fut la prudence. Or, notre époque chérit toujours la figure du sauveur et du grand homme, du type Churchill et de Gaulle. La prudence et la modération, vertus chrétiennes chantées par la Bible, sont en fait retournées contre lui. C'est à ce titre que lui est désormais refusée une place au panthéon des grandes figures de la Seconde Guerre mondiale.
Émission du "Libre journal des débats", animée par Charles de Meyer.


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Déstabilisée profondément par la violence dont elle fut victime pendant la Révolution, l'Église catholique a développé, dans des textes choquants pour les hommes d'aujourd'hui, toute une vision réactionnaire des notions de liberté religieuse et politique.
Pendant longtemps, elle a condamné en bloc un concept de liberté pensé comme licencieux par essence, conduisant nécessairement à l'erreur. Elle a peu à peu remis en cause ce discours conservateur pour appareiller, avec Vatican II notamment, vers les rives d'un libéralisme politique équilibré, maîtrisé, voyant dans celui-ci une des sources de la dignité humaine.
Histoire de ce basculement avec François Huguenin, auteur de La grande conversion, l'Église et la liberté de la Révolution à nos jours (Editions du Cerf).
Émission "Midi Magazine", animée par Philippe Arondel.


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Dans ce grand entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique du mois de mai 2025.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.
- 0'00'00 : Présentation
- 0'01'31 : Attaques coordonnées contre les prisons : la France se dirige-t-elle vers le modèle d'un narco-État ?
- 0'22'30 : Forte hausse des baptêmes chez les adolescents et les adultes pour Pâques : questionner la place du christianisme dans la société française de demain
- 0'36'11 : Projet de loi visant à instaurer une aide à mourir
- 0'53'13 : Débats sur l'introduction du scrutin proportionnel à l'Assemblée nationale
- 0'56'50 : Déclarations de Bayrou et Macron : Le retour des référendums en France ?
- 0'59'21 : Commission d'enquête sur le projet Péricles
- 1'13'22 : Meurtre d'Aboubakar Cissé et analyse des réactions de la classe politique française
- 1'24'27 : Publication de l'ouvrage La Meute sur le fonctionnement interne de La France insoumise
- 1'32'01 : Mort Val Kilmer
- 1'40'16 : Actualités Cercle Aristote et Perspectives Libres
- 1'45'58 : Visite du nouveau président syrien El-Charaa à Paris
- 1'51'14 : Intensification des opérations militaires israéliennes
- 2'14'10 : Mort du pape François et élection de Léon XIV : bilan et perspectives
- 2'28'59 : Elections locales en Grande Bretagne
- 2'34'20 : Percée de George Simion au premier tour de l'élection présidentielle roumaine
- 2'37'10 : Escalade des tensions entre l'Inde et le Pakistan au sujet du Cachemire
- 2'47'06 : Manifestations à Taipei
- 2'52'49 : Victoire des libéraux aux élections fédérales canadiennes et avenir de la cause indépendantiste québécoise
- 3'00'19 : Bilan des cent premiers jours de l'administration Trump
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Alors que les fractures identitaires, religieuses et politiques s'approfondissent, une interrogation brutale surgit : la République serait-elle la principale fossoyeuse de la nation française ? De la trahison européenne à la laïcité dévoyée, en passant par la disparition des racines catholiques, les lignes de fracture deviennent des failles abyssales.
Derrière l'apparente neutralité du système républicain, certains voient un projet d'éradication des traditions millénaires, au profit d'un humanisme relativiste coupé de toute transcendance. L'Union européenne, loin d'apporter l'unité, parachèverait cette entreprise de dilution nationale par une technocratie froide et désincarnée.
Face à ce processus de décomposition, une question se pose : le catholicisme pourrait-il redevenir le socle de la reconstruction française ? Loin d'un simple retour au passé, il s'agirait d'une nécessité vitale pour restaurer la cohésion, la mémoire collective et l'âme d'un peuple en quête de lui-même.
Le choc des visions est inévitable : faut-il rompre avec la République, se libérer de l'Union européenne ou, d'abord, rétablir la primauté du spirituel ? À travers ce débat sans concessions, c'est l’avenir de toute une civilisation qui vacille. Un affrontement d'idées essentiel où les certitudes s'effondrent et où les vérités interdites surgissent dans l'ombre.
Un débat animé par Mike Borowski.


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La parution récente de La Chasse au Cerf, second roman de Romain Debluë, est l'occasion de poser, à frais nouveaux, la question du roman catholique.
Outre la présence, parfois implicite, de l'œuvre des Bloy, Barbey, Bernanos, Claudel et autres Mauriac dans le cours du roman, la structure, le thème et le style de La Chasse, ouvrage riche en théologie comme en philosophie et en musique, rappellent certains grands romans des écrivains chrétiens des siècles passés.
Traditionnelle dans sa narration -balzacienne- autant que dans sa doctrine -thomiste-, cette somme romanesque met en lumière les quelques canons théologiques et littéraires d'une famille de romans qu'il faut bien, pour diverses raisons, nommer catholiques.
Émission du "Libre journal de la réaction", animée par Philippe Mesnard et Elisabeth Audrerie.


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En interprète matérialiste de l'histoire qui tient les phénomènes religieux pour irréductibles, Leszek Kolakowski - révoqué de sa chaire de philosophie à Varsovie en 1968 - évoque dans son livre Chrétiens sans église le conflit de la conscience et du rite, du sentiment et de l'institution à travers l'histoire religieuse du XVIIe siècle.
Une étude qui éclaire d'un jour nouveau les conflits actuels entre la conscience et l'organisation qui, de Luther à Jaspers, n'ont pas cessé d'habiter nos sociétés politiques.