Le phénomène Husserl. Avec Julien Farges et Philippe Cabestan sur France Culture.


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03.2020

Né en 1859 dans l’actuelle république Tchèque et mort en 1938 en Allemagne, Edmund Husserl est l'un des plus grands penseurs du XXe siècle, père de la phénoménologie. Son projet philosophique ? Refonder la métaphysique en repensant la façon dont l'Homme saisit l'essence des choses. Ses outils ? Les mathématiques et la logique.
Mais comment revenir au monde ? Et surtout, pourquoi et comment en sommes-nous partis ? La phénoménologie cesse de s'intéresser sur le "quoi" du monde pour s'intéresser au "comment". Pour Husserl, le monde est l'horizon de notre expérience. Mais alors, comment le monde se donne-t-il ? Quel est son mode d'expérience ? Et de quel monde parle-t-on ? Vit-on chacun dans son monde ? Et comment saisir l'expérience de la conscience ? Comment la temporaliser ? Et quelle est la nature de la conscience ?
Autant de questions auxquelles il faut bien répondre, tant la méthode philosophique d'Edmund Husserl est sans précédent et engendra une vaste postérité.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Les Allemands et leur monnaie : l'obsession d'une vertu. Avec Johann Chapoutot sur France Culture.


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16.01.2016

Les Allemands n'ont-ils pas sacralisée la monnaie dont ils se servent – au temps du deutschemark comme maintenant au temps de l'euro ? La vertu monétaire est généralement posée comme une passion germanique qui ne souffrirait pas qu'on y fasse la moindre entorse. La protection de la devise nationale est ainsi installée, Outre-Rhin, au cœur des réflexes collectifs et vouée à peser constamment sur les relations extérieures.
Par exemple, on peut trouver dans l'extrême inflation qui est survenue en Allemagne dans les années d'après la Grande guerre et qui a ruiné des millions de familles, un cataclysme qui a dépassé de beaucoup la seule chronique monétaire. Cet événement sans équivalent explique en effet, en profondeur et par contraste, les réflexes de si grande portée civique qui, un quart de siècle plus tard, ont fait du deutschemark, apparu en 1948, l'objet d'une révérence généralisée dans la République fédérale. Il explique que, quand le mark, après la chute du Mur, a laissé place à l'euro, non sans hésitations, turbulences et répugnances, ait été conféré à la monnaie nouvelle un statut tout particulier, par rapport aux autres nations qui l'ont adoptée.
La monnaie est conçue en Allemagne comme bien plus qu'un instrument économique et commercial : comme une sorte de totem, de fétiche sacré sur lequel est chargée de veiller, hors de la portée du gouvernement et du Parlement, une institution échappant à tous les risques de faiblesse envers n'importe quelle influence extérieure, ouverte ou dissimulée, qui viserait d'autres buts que la lutte contre l'inflation.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Les rébellions paysannes sous l'ancien régime. Avec Jean Nicolas et José Bové sur France Culture.


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27.09.2003

José Bové, le rebelle paysan alter mondialiste, serait-il l'héritier de Jacquou le Croquant ? Les ruraux, et parmi eux les agriculteurs, occupent depuis longtemps une place de choix dans les émotions populaires de la société française.
Jean Nicolas, historien, a étudié leur rôle dans les rébellions de l'Ancien Régime. C'est en sa compagnie que nous partons à la recherche des révolutionnaires paysans d'hier et d'aujourd'hui...

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Face à l'homme blanc. Avec James Baldwin sur France Culture.


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06.1975

Du roman en partie autobiographique, Go Tell It on the Mountain, paru en 1953, à Harlem Quartet, son dernier roman quelque peu apaisé, en passant par le théâtre, les multiples essais polémiques et politiques en faveur de l'émancipation des Noirs aux États-Unis, La prochaine fois, le feu, paru en 1962 et dont l'effet fut celui d'une bombe, l'oeuvre de James Baldwin lui valut une notoriété mondiale. Celle-ci, polymorphe et inquiète, fut longtemps oblitérée par le personnage qui hantait le Saint-Germain-des Prés de la fin des années 40 et le militant, ex-pasteur, d'une pauvre famille de Harlem qui haranguait si bien les foules.
Aujourd'hui que les cendres brûlantes ont recouvert les mouvements pacifistes ou violents des Noirs américains des années 60, il est temps de redécouvrir l'œuvre dans toute sa richesse et ses ambivalences. La révolte violente d'un Richard Wright, par exemple, est compensée par les paroles d'amour et d'apaisement de James Baldwin, sous l’œil, évidemment, du FBI. Car Baldwin est l'homme par excellence de l'entre-deux, de l'exil, et il ne pouvait sans doute jamais tout à fait réconcilier en lui le Noir et le Blanc, le féminin et le masculin, la pulsion érotique et la demande de l'impossible amour qui abolirait toute frontière, l'Amérique et l'Europe, New York et Paris, et à la fin de sa vie, Saint-Paul-de Vence où il tentait de guérir de ses blessures et de son pessimisme et où il mourut d'un cancer en 1987.
Noir ou américain, c'est en tant qu'écrivain que James Baldwin voulait être connu et reconnu, et c'est ainsi qu'il faut avant tout le lire et l'écouter.

Un entretien mené par Éric Laurent.

La vie de Saint-Exupéry. Avec André Beucler, André Maurois, Pierre Dalloz et Georges Charbonnier sur France Culture.


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31.05.1964

Comment faire la biographie d'Antoine de Saint-Exupéry ? Sa vie, si riche, sera ici contée par l'intermédiaire de ses amis et ses proches qui évoquent leur amitié, des souvenirs d'enfance, son activité de pilote, son état d'esprit, jusqu'à exprimer plusieurs hypothèses concernant sa mort tout en s'insurgeant contre la thèse du suicide.
Une émission qui nous rappelle que derrière l'oeuvre de ce grand écrivain qu'était Saint-Exupéry se trouvait aussi un grand homme au parcours passionnant.

Guy Debord et la société du spectacle. Avec Régis Debray sur France Culture.


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22.07.1995

La "société du spectacle" n'a battu véritablement son plein qu'à Versailles, sous l'Ancien Régime, à la cour de Louis XIV. Nous voilà dans la société du contact.
La bévue considérable de Guy Debord ne doit pas nous égarer. Le spectacle est distancié, l'indice est fusionnel. Tout ce qui s'était jusqu'à hier éloigné dans une représentation doit faire désormais l'objet d'une expérience. Plus de rampe entre la scène et la salle.
Une exposition de peinture postmoderne n'est plus faite pour inspirer un jugement de goût mais est une épreuve, un vertige, une immersion. Le client ne doit plus être devant mais dedans, selon la devise : affectivité, réactivité, accessibilité. Dites-le en chantant : une chanson ne se réfute pas, une sensation non plus.
C'est cette opposition irrémédiable entre la médiologie de Régis Debray et les positions de Guy Debord sur la "société du spectacle" qui sont ici développées.

Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.

Autour de J-G. Ballard. Avec Jacques Baudou, Frédérique Roussel et Robert Louit sur France Culture.


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29.11.2008

Figure-clé de la science-fiction britannique à partir de la fin des années 50, prophète du "présent visionnaire" et de l'éco-catastrophe, admiré de Jean Baudrillard, James Graham Ballard, que son roman Crash adapté par David Cronenberg a rendu mondialement célèbre, nous revient avec une série de publications :
 - tome I de ses Nouvelles complètes, 1956/1962 et un bref roman Sauvagerie, chez Tristram
 - réédition de ses premiers romans narrant des cataclysmes naturels chez Denoël (Sècheresse, Le monde englouti, La forêt de cristal)
 - parution d'un volume d'études aux éditions èRe
L'occasion de (re)découvrir un écrivain majeur, dont l'actualité de l'oeuvre est chaque jour plus éclatante.

Émission "Mauvais Genres", animée sur François Angelier.

Bâtir, habiter et penser avec Heidegger. Avec Céline Bonicco-Donato sur France Culture.


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29.01.2020

Peut-on être architecte sans avoir lu Heidegger ? Peut-on bâtir au sens vrai sans avoir approché la pensée, complexe et profonde, de l'auteur, en 1951, de l'essai Bâtir, habiter, penser ? La question peut sembler incongrue ; elle s'impose pourtant comme une évidence.
Partant du fait qu'il ne suffit pas d'être abrité pour habiter, différence primordiale que Heidegger établit tandis que l'Allemagne de l'après-guerre construit à tout-va, c'est à la question de l'être de l’homme qu'il en vient. Et, au fil de sa réflexion, l'architecte, que le philosophe appelle à être jardinier du monde, se révèle être un protagoniste clé de l'accomplissement de l'existence humaine.
La dissection méthodique et éclairante du raisonnement heideggérien opérée ici a le mérite de ne pas s'adresser aux seuls philosophes ; tout architecte ou apprenti architecte y trouvera matière à nourrir à la fois sa sensibilité intime et sa pratique. À l'instar d'un Alvar Aalto ou d'un Peter Zumthor dont les emblématiques thermes de Vals sont une incarnation consciente et explicite de ce que l'architecture doit au philosophe allemand.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.