Robert Musil, un homme sans qualité (1880-1942). Avec Pierre Pachet, Philippe Jaccottet, Volker Schlöndorff, Joël Roussiez, Jean-Pierre Cometti et Annette Daigger sur France Culture.


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30.11.1989

Né en 1880 à Klagenfurt, Robert Musil devient ingénieur et commence à écrire des monographies techniques consacrées à la mécanique et au chauffage. Il écrit son premier roman en 1906 : Les Désarrois de l'élève Törless qui inspira en 1966 le très beau film de Volker Schlöndorff.
Sa vie dès lors se confond avec l'élaboration de son grand œuvre : L'Homme sans qualité qu'il laissera à sa mort en 1942 à Genève, inachevé.
Son œuvre met en scène des personnages ambivalents, conscients d'une faille, en quête d'un équilibre en dépit d'un monde en mutation. La pensée de Robert Musil, polyvalente, subversive, créatrice, avide de la connaissance de soi et des autres est celle de l'homme moderne -libre- porté par la volonté d'une résistance moderne qui récuse les illusions et les faux-semblants.

Emission animée par Jean Daive et Jean-Claude Loiseau.

L'Amérique et nous. Avec Régis Debray et Philippe Roger chez Alain Finkielkraut à Répliques sur France Culture.


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01.07.2017

Baudelaire écrivait en 1855 : "Le monde va finir. Nouvel exemple et nouvelles victimes des inexorables lois morales, nous périrons par où nous avons cru vivre. La mécanique nous aura tellement américanisés, le progrès aura si bien atrophié en nous toute la partie spirituelle que rien, parmi les rêveries sanguinaires, sacrilèges ou antinaturelles des utopistes ne pourra être comparé à ces résultats positifs." Le poète avait-il vu juste ?
De l'anglicisation du langage à la disparition de la poésie en passant par l'avènement du smartphone et l'arrivée du parler start-up au sommet de l'Etat, Alain Finkielkraut évoque ce que l'Amérique a fait de nous avec Régis Debray et Philippe Roger.

La vie intellectuelle en France : état des lieux. Avec André Perrin et Christophe Charle chez Alain Finkielkraut à Répliques sur France Culture.


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11.03.2017

En 1891, Anatole France s'interrogeait sur le pessimisme qu'il percevait chez ses contemporains : "Pourquoi sommes-nous tristes ?" demandait-il.
Plus d'un siècle après, l'historien Christophe Charle et le professeur de sciences politiques Laurent Jeanpierre remettent cette question à l'honneur dans la conclusion du grand ouvrage collectif qu'ils ont dirigé sur La vie intellectuelle en France (Seuil) : "il n'est pas besoin d'aller très loin, écrivent-ils, pour retrouver des interrogations similaires sur la dépression française."
Avec, comme invités, Christophe Charle -justement- et André Perrin qui, après avoir enseigné la philosophie a été inspecteur d'académie et qui publie Scènes de la vie intellectuelle en France : l'intimidation contre le débat (L'Artilleur), Alain Finkielkraut a voulu en avoir le coeur net.
Comment vont les intellectuels ? Sont-ils déprimés ? Sont-ils unis par ce commun état d'âme ? Est-ce la tristesse qui caractérise leurs réflexions et qui imprègne leurs échanges ?

Ernst Jünger (1895-1998). Avec Julien Hervier, Gilbert Merlio, François Sureau, Danièle Beltran-Vidal et Georges-Arthur Goldschmidt sur France Culture.


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15.02.2014

Ernst Jünger semblait indestructible. Blessé sept fois, combattant en première ligne dans les tranchées allemandes durant quatre longues années, il a survécu à la plupart de ses contemporains, en vivant jusqu'à l'âge de 103 ans. Jusqu'à la fin de sa vie, il demeurera un personnage très controversé en Allemagne, où on lui reproche son idéologie d’extrême-droite.
Car il fut proche du parti Nazi jusqu'en 1933, date de l’arrivée d'Hitler au pouvoir. Insaisissable, il refuse les avances de Goebbles qui veut en faire un député NSDAP. Dans le même temps, il rédige Le Travailleur, un livre aux idées anti-démocratiques. Durant la guerre, il sera au courant du complot contre le Führer sans jamais dénoncer personne.
Qui était donc Ernst Jünger ? Il se définissait comme anarque, c'est-à-dire en retrait. En exil intérieur.

Emission "Une vie, une oeuvre", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Walter Benjamin. Avec Régis Debray sur France Culture.


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22.03.2016

Le philosophe et médiologue Régis Debray a récemment signé le livret de l'opéra Benjamin, dernière nuit transposant la mort du philosophe et traducteur allemand en drame lyrique.
Mis en scène par Peter Fulljames et en musique par Michel Tabachnik, le livret inédit de Régis Debray revient sur le suicide du philosophe allemand Walter Benjamin (1892-1940), capturé à la frontière espagnole alors qu'il s’apprêtait à s'exiler aux Etats-Unis pour fuir l'Europe nazie. Cette oeuvre souligne le caractère fondamentalement contemporain et paradoxal de cet intellectuel qui fut un des premiers à théoriser la culture de masse.
"Partagé entre Marx et la Kabbale", entre technologie et théologie, Walter Benjamin devient sous la plume de Régis Debray un homme exemplaire de nos propres contradictions.

Les maîtres du X. Avec Ovidie, Grégory Dorcel et Philippe Azoury sur France Culture.


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03.05.2015

L'univers du X est un secteur économique qui a connu de profondes mutations, où les puissants d'hier ne sont plus ceux d'aujourd’hui. On pourrait penser à première vue que s’intéresser aux enjeux de pouvoir dans l’industrie du X s'éloigne de l'analyse habituelle des rapports de force qui traversent notre société. Mais s'il est un angle sous lequel le monde du X n'est jamais analysé, c’est bien celui du pouvoir.
Dès son origine, le "porno" a eu affaire avec l’État. L'État censeur, l'État moral et réprobateur qui voyait dans cette activité un métier de dépravé, voire de proxénète. L'Etat taxateur aussi, qui a tenté de dissuader l'expansion du X tout en profitant de ses bénéfices : le monde politique a cultivé un rapport distant et ambiguë vis-à-vis du X.
La progression du libéralisme culturel a empêché une condamnation tout azimut d'une industrie dont on reconnaît qu'elle relève de la pratique privée. Mais le haro moral n'est en même temps jamais loin, sur fond de surenchère médiatique à la vertu.
Pour les consommateurs de contenus pornographiques, les temps ont par contre bien changé. Elle est loin l'époque où des cinéastes provocateurs faisaient du cinéma coquin une manière de dynamiter les normes sociales et connaissaient la censure. Loin le temps où des producteurs semi-clandestins bravaient les interdits pour satisfaire des consommateurs qui fréquentaient le cinéma spécialisé et les sex-shops dans un anonymat parfois honteux.
Un demi-siècle après les premiers films pornographiques, le "porno" s'est banalisé et s'est surtout massifié en devenant une industrie rentable de production de fantasmes. Un univers mondialisé également, où le "porno" français tente de se faire une place, à l'image du cinéma national plus traditionnel. Internet a profondément bouleversé son fonctionnement, modifiant les rapports de force qui structurent cet univers et les modalités de la consommation de fantasmes en vidéo. Le "porno" a également évolué avec son temps et tente aujourd’hui de faire une place aux nouveaux rapports hommes/femmes, à un public plus diversifié, plus féminisé.
Comment est structuré l’univers du X ? Quelles sont les étapes qui nous ont menées à son organisation actuelle ? Quelle est la sociologie du "porno" et qu’est ce cela nous dit de la société française à l’époque contemporaine ?

Emission "L'Atelier du pouvoir", animée par Vincent Martigny et Thomas Wieder.

Léon Bloy. Avec Pierre Glaudes, Bernard Sarrazin, Kristina Falicka, Richard Griffiths, Denise Goitein-Galperin, Antoinette Weber-Caflisch et Jean-Claude Polet sur France Culture.


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16.07.1991

Observateur des plus grandes catastrophes, Léon Bloy s'est intéressé à son temps pour chercher inlassablement à y déceler les signes de l'Apocalypse qu'il attendait.
De même, sur le plan littéraire, ce "pèlerin de l'absolu" qui prétendait porter sur sa figure ses propres livres, s'est placé résolument à l'écart des courants contemporains : il n'écrivait que pour Dieu.
En dépit de ses revendications d'anachronisme, Léon Bloy reste cependant un écrivain représentatif de son temps. Une spiritualité intransigeante et inquiète, une profonde intelligence du symbole, un imaginaire violent et tourmenté habitent cet auteur longtemps rangé sous la rubrique des pamphlétaires et qu'il faut aujourd'hui redécouvrir.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Jean Daive.

Charles Taylor et le Moi, jamais sans les autres. Avec Patrick Savidan et Bernard Gagnon sur France Culture.


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23.02.2012

Il est impossible de saisir toute la richesse et toute la complexité de l'identité du sujet moderne sans considérer comment notre conception du moi s'est développée à partir des images anciennes de l'identité humaine. Il s'agit donc de comprendre la révolution inouïe qui a fait que les modernes se voient comme des êtres doués d’intériorité, comme des "moi" ayant une profondeur.
C'est le travail qu'a mené Charles Taylor dans son ouvrage Les Sources du moi et qui nous est présenté ici.

Emission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.