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La mode est aux vampires mais la croyance en ces créatures imaginaires remonte à loin. Issu de faits étranges déformés par l'imagination populaire, le vampire - est-il nécessaire de le rappeler ? - est un défunt qui, à la faveur de la nuit, revêtant parfois une forme animale, s'échappe de son tombeau pour sucer le sang des vivants, seule "nourriture" à son goût.
On date la naissance du personnage du vampire en 1732 en Serbie suite aux décès inexpliqués d'une quinzaine de personnes. Depuis lors, la figure du vampire n'a cessé d'évoluer, reflétant les grandes tendances de son époque : à chaque période de crise, son vampire comme exutoire. On peut projeter sur lui tous les fantasmes possibles.
La littérature gothique du début du XIXe siècle va reprendre le personnage du vampire comme dans les romans de John William Polidori ou Sheridan Le Fanu, qui met en scène un vampire féminin, avant de s'épanouir à la fin du XIXe siècle, dans le très célèbre et romantique Dracula de Bram Stoker, fondateur du mythe moderne du vampire. Il a puisé dans un fonds commun de croyances à toute l'Europe et monté ensemble des éléments disparates qu'on n'avait encore jamais reliés. Il a ainsi su donner une cohérence à son personnage de Dracula.
Jusqu'à nos jours le mythe du vampire a connu d'innombrables versions littéraires et cinématographiques. C'est un univers où on tue les morts, dans le cas des vampires à l'aide d'un pieu, nous explique Claude Lecouteux. Le vampire a remplacé les sorcières dans l'imaginaire, on trouve d'ailleurs des similitudes étonnantes entre les deux. La figure vampirique a maintenant évolué vers de la grande vulgarisation, c'est même devenu un sujet récréatif à travers des série télévisées.
Claude Lecouteux, en historien des mentalités, explique en quoi le vampire, avatar du revenant, est bien le reflet de son époque.
Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.



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Dans son livre Kolkhoze (P.O.L, 2025), Emmanuel Carrère nous offre un récit foisonnant et palpitant qui fait revivre ses aïeux, qui rend compte de la tragédie ukrainienne, de l'effondrement moral de la Russie, de la situation en Géorgie, et qui dresse un portrait aimant, admiratif, mais aussi sévère de l'académicienne Hélène Carrère d’Encausse, disparue en 2023, sa mère.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Quelques semaines après le sommet consacré par le gouvernement à l'Intelligence Artificielle, une émission sur l'IA parait inévitable. L'ampleur du phénomène et la vitesse de son déploiement, prodige de la technoscience qui empiète allégrement sur le propre de l'être humain, est sans précédent dans l'histoire des révolutions technologiques.
Formidable outil, faisant preuve d'une monstrueuse efficacité dans les tâches opérationnelles qui lui sont confiées, promesse d'une facilitation de tous les aspects de la vie quotidienne, l'Intelligence Artificielle suscite pourtant de vives inquiétudes.
Ainsi, que dire aux plus jeunes qui remettraient en cause la nécessité d'une éducation académique formelle ? Quid de toutes les professions créatives menacées, dans des domaines aussi variés que la traduction, l'éducation, le doublage ou la médecine généraliste ? L'Intelligence Artificielle doit-elle être régulée ? interdite ?
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Essayiste, romancière, nouvelliste, mémorialiste, Doris Lessing, prix Nobel 2007, n'hésite pas à mêler les genres et les registres, du réalisme au fantastique, et sa vie, à l'image de son œuvre prolifique, est marquée par de multiples engagements. Des Nouvelles africaines au Carnet d'or, l'écriture autobiographique déborde d'ailleurs les écrits revendiqués comme tels, Doris Lessing faisant à travers son œuvre le récit de sa vie.
"Conteuse épique de l'expérience féminine", elle l'est aussi de toutes les injustices : son œuvre reflète ses multiples engagements, un temps communiste, singulière féministe, Prix Nobel tardif, Doris Lessing étant avant tout une humaniste.
Émission "La Compagnie des auteurs", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.
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En 1992 naissait aux Etats-Unis un mot et une discipline, l'agnotologie. Ce néologisme désigne une mission scientifique originale, l'étude du non-savoir ou autrement dit des mécanismes par lesquels l'ignorance est produite par la science, volontairement ou non.
Comment l'industrie du tabac a-t-elle par exemple fabriqué de l'ignorance en usant des codes scientifiques ? Pourquoi un modèle de progrès scientifique peut-il conduire à oublier des savoirs ? Et en quoi l'agnotologie peut-elle être perçue comme une vigie dans une époque d'atteintes faites à la méthode scientifique ?
Émission "Sciences chrono", animée par Antoine Beauchamp.



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Le grand public le connaît surtout comme créateur, avec son ami François Schuiten, des Cités obscures, série de bande dessinée inclassable entamée il y a plus de quarante ans et qui lui a valu une reconnaissance internationale. Il est également l'un des plus grands théoriciens français de la bande dessinée – il a notamment donné un cours au collège de France sur la "Poétique du neuvième art" - spécialiste d'Hergé mais aussi de Chris Ware, Taniguchi, Töpffer et d’autres… C'est pourtant avec la philosophie et le roman qu'il était entré dans l'âge adulte, passionné par la modernité qu'incarnaient alors Barthes, Jérôme Lindon et Derrida, avec lesquels il a travaillé. Fidèle à ses goûts éclectiques et sans se préoccuper de hiérarchies ou de barrières entre les disciplines, Benoît Peeters s'est ainsi toute sa vie intéressé au cinéma (travaillant notamment avec Raul Ruiz), à la photographie, à la poésie, à la psychanalyse, à la gastronomie, comme peuvent en témoignent ses biographies savantes et passionnées de Valéry, de Derrida ou de Sandor Ferenczi…Tour à tour romancier, biographe, cinéaste, essayiste, scénariste et commissaire d'exposition, Benoit Peeters raconte son parcours singulier d'artiste et d'intellectuel passionné de mots et d'images.
Une série d'entretiens menée par Victor Macé de Lépinay.
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Jacques Ellul (1912-1994) est une personnalité difficilement classable : penseur de la technique, chrétien anarchiste, mais aussi précurseur de l'écologie politique, son œuvre colossale s'inscrit à la croisée de plusieurs disciplines et semble, à bien des égards, visionnaire.
Dès le XXe siècle, il alerte sur les dérives de l'omniprésence de la technologie, lance des appels à la décroissance et anticipe la résurgence du sacré.
Comment son œuvre, sa pensée et ses engagements peuvent-ils nous aider à nous orienter dans notre XXe siècle marqué par des crises multifactorielles ?
Une série d'émission produite par Juliette Devaux.
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Voyageur infatigable et figure du mouvement anarchiste, Élisée Reclus a porté une approche sensible dans la pratique de la géographie. Il a développé une pensée avant-gardiste de l'écologie et un idéal de coexistence entre l'homme et la nature.
Militant anarchiste et communard, le géographe Élisée Reclus (1830-1905) profite de ses périodes d'exils politiques pour voyager et étudier la terre. Grâce à la popularité de ses ouvrages de vulgarisation géographique, mêlant rigueur scientifique et sensibilité littéraire, il obtient de son vivant une renommée mondiale.
Humaniste convaincu et pionnier de la pensée écologiste, Élisée Reclus mène toute sa vie un combat en faveur de l'émancipation individuelle et d'une meilleure harmonie entre les hommes et la nature.
Une série d'émission produite par Marie-Lys de Saint Salvy.