André Malraux (1901-1976). Avec Jean-Marie Straub, Olivier Todd, François de Saint-Cheron et Hédi Kaddour sur France Culture.


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04.10.2014

Dandy élevé à Bondy au-dessus d'une confiserie, éditeur de livres d'art et de textes érotiques, pillard, journaliste anti-colonialiste, romancier à succès, prix Goncourt pour La Condition humaine, chef d'escadrille pendant la guerre d'Espagne, résistant tardif qui finit la guerre avec panache à la tête de la brigade d'Alsace-Lorraine, propagandiste gaulliste et premier Ministre de la Culture inspiré, essayiste et anti-mémorialiste amateur de frissons sacrés... André Malraux oscille sur son piédestal entre légende noire et légende dorée : "des éclairs et de la fumée" disait dans les années 1920 son ami Drieu la Rochelle.
Ce sont ces deux profils contradictoires et par là même féconds que nous sommes ici invités à (re)découvrir.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Martin Quenehen.

Orwell et la décence ordinaire. Avec Bruce Bégout sur France Culture.


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14.02.2017

C'est un paradoxe rarement souligné : bien rares sont les intellectuels de gauche à avoir glorifié les vertus ordinaires, en les attribuant au mode de vie des gens simples.
George Orwell, lui, croyait à l'existence d'un sens moral inné chez les gens ordinaires. En 1939, à la veille de l'entrée de son pays à reculons dans la guerre la plus effroyable de l'histoire européenne, il écrit : "Tout le message de Dickens tient dans une constatation d'une colossale banalité : si les gens se comportaient comme il faut, le monde serait ce qu'il doit être". Et quelques dizaines de pages plus loin dans le même texte, on lit : "en dernier ressort, Charles Dickens n'admire rien, si ce n'est la common decency, l'honnêteté des mœurs". Cette "décence commune", cette décence ordinaire, est la pierre angulaire sur laquelle Orwell a bâti sa propre vision de la politique.
Orwell, qui se proclamait socialiste différait radicalement du léninisme alors triomphant. Il ne croyait pas que les masses étaient aliénées par l'idéologie des classes dirigeantes. Il n'adhérait nullement à l'idée qu'il fallait "conscientiser" les opprimés, afin qu'ils entrent en lutte. Il misait, au contraire, sur les croyances spontanées et les manières de vivre des gens simples ; il les opposait à la fois aux élites dirigeantes traditionnelles – égoïstes et incapables - et aux intellectuels donneurs de leçons.
De ces derniers, il écrit dans Le lion et la licorne, ce sont "des gens qui vivent dans le monde des idées et ont très peu de contacts avec la réalité matérielle". Il pensait que la méfiance spontanée des gens simples envers l'autorité ferait barrage à la montée des régimes autoritaires et totalitaires dont il était l'un des témoins les plus lucides de son temps.

Nancy Fraser, philosophe et militante féministe. Avec Estelle Ferrarese sur France Culture.


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12.11.2018

Née en 1947, Nancy Fraser est professeure de philosophie et de sciences politiques à la New School for Social Research. À l'époque de sa thèse à l'université de New-York, dans les années 60, peu de femmes étudiaient la philosophie. Avec ses quelques camarades femmes, elle formait un bastion de résistance féministe.
C'est à la fin des années 60 qu'elle commence à militer dans le milieu politique trotskiste. Elle concilie alors l'activité théorique philosophique avec la pratique politique militante qui devient l'origine de ses objets d'étude de philosophie : les espaces publics, les fondements de la justice sociale, la reconnaissance et l'évolution du mouvement féministe.
Aujourd'hui, son travail à la fois politique et militant, présenté par la philosophe Estelle Ferrarese, porte sur le féminisme et la justice sociale.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Theodor W. Adorno (1903-1969), minima moralia. Avec Marc Jimenez et Irving Wohlfarth sur France Culture.


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02.05.1996

Le philosophe, sociologue et musicologue allemand Theodor W. Adorno est l'un des principaux représentants de l'Ecole de Francfort, exilé aux Etats-Unis après l'arrivée au pouvoir des nazis avant de revenir en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale.
Ses ouvrages les plus importants ont posé les bases de la "théorie critique", notamment Dialectique négative (rédigé avec son acolyte Max Horkheimer) et Minima Moralia.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Claudia Krebs et Claude Giovannetti.

Le poujadisme, une révolte. Avec Dominique Borne sur France Culture.


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12.01.2019

Le mouvement des gilets jaunes a suscité de divers côtés, depuis qu'il a commencé, un rapprochement avec le poujadisme, cette explosion de colère collective qui a marqué en profondeur les dernières années de la IVe République, de 1954 à 1958 en ébranlant les institutions et en contribuant au discrédit du personnel politique. Il serait donc intéressant d'aller y voir de plus près en se demandant ce que le mot de "poujadiste" peut signifier dans les esprits de nos contemporains, après soixante-dix ans écoulés. Et surtout en allant considérer la nature, les ressorts et les effets de ce phénomène, replacé dans son temps et resitué dans la durée.
Assurément, la France de l'époque était bien différente de celle d'aujourd'hui : quant à ses équilibres géographiques, quant à la répartition du travail et des richesses, quant au poids respectif des catégories sociales, quant à la nature des institutions, quant à la mémoire du passé récent, quant aux attentes partagées ou contradictoires des populations. Les partis politiques, les syndicats, les églises structuraient la société avec une vigueur qui a disparu.
Parmi les moyens de communication, la radio était dominante et la télévision balbutiait encore dans sa prime jeunesse, à une distance immense des nouvelles technologies qui modifient désormais en profondeur les procédés de la mobilisation et jusqu'à la démarche même des manifestations de masse.
Mais avec tout cela, il serait bien étonnant que ne se révèlent pas, d'une époque à l'autre, des résurgences et des continuités dans les formes de la contestation, selon certains traits durables du tempérament national.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Profils perdus : Dominique de Roux. Avec Christian Bourgois, Pierre Belfond, Pierre-Guillaume de Roux et Georges Londeix sur France Culture.


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1991

Homme de tous les extrêmes, Dominique de Roux reste, vingt-huit ans après sa disparition, l'un des acteurs les plus subversifs et aventureux de la littérature contemporaine. Romancier, pamphlétaire, journaliste, éditeur et directeur de revues, il a suivi de front, en quarante ans de vie, des itinéraires multiples, mêlant engagements publics et activités occultes au nom d'un seul combat : la défense du "parti de l'être" contre celui du "néant", de l' "esprit vivant" contre la "lettre morte".
Créateur en 1961 des Cahiers de l'Herne, il milite pour la reconnaissance d'auteurs proscrits ou ignorés, tels Céline, Ezra Pound ou Ungaretti, et contribue à révéler pleinement Jorge Luis Borges, Henri Michaux, Pierre Jean Jouve et Witold Gombrowicz.
Hanté par le déclin de l'Occident et en quête d'un nouvel âge d'or, il se lance, au nom de l' "Internationale gaulliste", dans une aventure politique qui le conduit à s'impliquer dans la révolution portugaise de 1974 et dans la guérilla angolaise, aux côtés de Jonas Savimbi.
En s'appuyant sur de nombreux témoignages, Jean-Luc Barré nous révèle dans cette émission un écrivain majeur, témoin singulier de son époque, dont les intuitions trouvent aujourd'hui une surprenante actualité.

La fin du storytelling. Avec Christian Salmon et Samuel Gontier sur France Culture.


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16.02.2019

Il suffirait pour saisir ce dont il est ici question de placer côte à côte n'importe quel tweet de l'actuel président des Etats-Unis, Donald Trump, et n'importe quel tweet de son prédécesseur, Barack Obama. Facile mais efficace, cette apposition résumerait, à la mode spectaculaire d'aujourd'hui, l'évolution rapide de certains types d'intervention dans l'espace public.
C'est ce passage du storytelling, qu'il avait documenté très tôt, au clash que s'efforce d'analyser Christian Salmon dans son dernier essai, L'ère du clash.

Émission "La Suite dans les idées", animée par Sylvain Bourmeau.

Pamphlets fin de siècle : la Troisième à l'épreuve. Avec Cédric Passard sur France Culture.


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25.05.2019

Nul ne peut sérieusement en disconvenir : Internet a libéré sur sa toile une profusion de violence verbale et créé dans nos démocraties un climat de suspicion généralisée envers toutes les autorités. On est loin d'être encore à même d'apprécier pleinement et à coup sûr la portée de ce phénomène sur la longue durée. On est loin de pouvoir faire le départ entre les possibles profits, moraux et civiques, d'une surveillance légitime et d'autre part les dévergondages de procédés qui risque d'être ravageurs pour le fonctionnement équilibré de n'importe quel régime. S'agit-il d'un défouloir légitime ou d'un poison ravageur ?
Pour en juger, il faut, comme toujours, se hâter de ne pas exagérer l'inédit. Dans la quête de précédents, on pourrait se reporter au temps des mazarinades du temps de la Fronde ou encore à celui des écrits sinistres qui circulèrent contre Louis XVI et Marie-Antoinette à la fin de l'Ancien Régime. Dans cette émission, c'est l'attention est braquée sur les derniers moments du Second Empire et les premières décennies de la Troisième République, à la fin du XIXe siècle.
Ce fut l'époque, en effet, où fleurirent en abondance des pamphlets d'une extrême violence contre les pouvoirs en place. La loi très libérale de juillet 1881 leur ouvrit un champ qui put paraître sans limite, jusqu'à faire litière de tout respect humain. Cédric Passard, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Lille, s'est attaché à ce sujet. A ses yeux, cette effervescence pamphlétaire et la diffusion massive des caricatures politiques les plus brutales ont accompagné logiquement l'entrée de la France, à l'âge des foules, dans une modernité politique, culturelle et médiatique. Voilà bien qui reste à démontrer et à comprendre, sous l'éclairage rétrospectif de nos inquiétudes contemporaines.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.