Le sexe hypocrite à l'époque de la reine Victoria. Avec François Angelier sur France Inter.


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30.09.2013

1885. Le Royaume-Uni est toujours l'atelier du monde et pour plus longtemps encore, le banquier du monde : son empire couvre le quart du monde. Les classes dominantes attribuent la prospérité aux vertus respectables qu'incarnent la vieille reine Victoria et, à son exemple, les familles utiles. Mais l'habit de l'austérité et du travail, bien boutonné de haut en bas, menace souvent de craquer.
Depuis longtemps, il est dit que le pays repose sur une nation invisible d'esclaves blancs et qu'il faut écouter, enfin, le sanglot des enfants dans les ténèbres. La militante française Flora Tristan parlait de la prostitution des pauvres à Londres comme d'un fait si immense qu'il engloutissait déjà les enfants de 10 à 15 ans mais c'était en 1842, au début du règne de Victoria, et le message avait du mal à passer.
Cette fois, en 1885, la croissance est en berne, l'inquiétude grandit et le journalisme à sensation s'installe : tout est prêt, cette fois, pour que puisse commencer le scandale des "Pucelles à vendre" qui déclenchera la première des "marches blanches" de l'histoire et inspirera bien des écrivains, de Stevenson à Bernard Shaw.

Emission "La marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.

Un Gabin, sinon rien. Avec Jean-Baptiste Thoret, Philippe Rouyer et François Angelier à Mauvais Genres sur France Culture.


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08.02.2014

Trésor national, lieu de mémoire ou place des fêtes, Jean Moncorgé, dit Gabin, appartient à l'ADN de la culture populaire française, celle qui va des années 20 à l'après-68, de Mistinguett à Actuel.
On suivra le bonhomme Gabin à la trace, de film en film, du surineur en cavale devenu héros de la Légion dans La Bandera de Duvivier à patriarche de La Horse, tour à tour marginal ou capitaine d'industrie, ouvrier démerdard ou commissaire divisionnaire, clochard ou avocat.
Un cas Gabin essentiellement centré sur sa puissance de jeu et capacité à irradier le plateau. Indestructible Gabin.

Dans la lumière de Saint Augustin. Avec Rémi Brague, Lucien Jerphagnon, Goulven Madec, François L’Yvonnet et Serge Lancel chez François Angelier sur France Culture.


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26.04.2003

C’est à sa naissance, le 1er novembre 354, à Thagaste (aujourd’hui Soukh Ahras) en Algérie et a son rôle capital dans l’histoire du christianisme romain d’Afrique que saint Augustin le Berbère, le futur évèque d’Hippone, docteur de la grâce et pôle majeur, avec saint Thomas d’Aquin, de la théologie occidentale, doit d’être évoqué durant cette année de l’Algérie en France (2003).
En direct sur France Culture, Radio Libre tentera de suivre le fil ardent et sinueux de son existence, d’explorer la succession de ses diverses vocations (rhéteur, philosophe, clerc) et le déploiement de ses nombreuses amitiés, d’analyser le contenu théologique, mystique et philosophique de sa doctrine.

Lucien Rebatet et la "contre-culture fasciste". Avec Pascal Ory et François Angelier à Mauvais Genres sur France Culture.


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07.11.2015

Succès de librairie, sous l'Occupation, à sa sortie fin juillet 1942, lieu de mémoire sulfureux lors de sa réédition augmentée et caviardée chez Jean-Jacques Pauvert en 1976 sous le titre Mémoires d'un fasciste, Les Décombres de Lucien Rebatet demeure un des textes-limites de la littérature et du journalisme français, limite par la vision (celle d'un apologète déclaré de l'hitlérisme faisant siens tous les aspects du nazisme, de l'antisémitisme racial au militarisme pangermanique), limite par l'analyse historique (celle d'un maurrassien déçu passé à la collaboration enthousiaste par haine de la IIIème république), limite aussi par le ton (flamboyant, d'un lyrisme qui s'alimente de la haine éprouvée) et de la culture mobilisée (mélange inouï d'humanisme traditionnel, d'avant-gardisme véhément et d'esthétisme nazi). Livre-monstre qui focalise en lui la quintessence d'un engagement et d'une époque.
Cette comète brune repasse dans le ciel éditorial à la faveur d'une exemplaire édition procurée par Bouquins-Laffont. L'occasion de fouiller ce dossier Rebatet en compagnie de l'historien Pascal Ory, spécialiste de la Collaboration et préfacier du volume.

Le Chant des morts. Avec François Angelier sur France Culture.


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10.2015

1_4 - Chants du cygne
"Ne chantez pas la mort !" prévient, avec des envolées de prédicateur goguenard, Jean-Roger Caussimon, avant de découvrir qu'elle "soeur de l'amour". C'est bien cet éros noir que nous allons chanter, en prélude à la Toussaint. La mort qui chante en nous et que, de toujours, on aime conjurer, provoquer, exalter, mimer ou accompagner. Mais n'entrons pas trop vite dans la danse macabre et savourons, dans un premier temps, le sentiment de la fin des choses, dissolution et abolition de tout (Strauss, Schubert), égarons-nous dans Venise mortifère (Liszt, Britten), finissant par entrer à l'hôpital en compagnie de Schönberg et Chostakovitch, Catherine Ringer ou Gainsbourg, et se laisser envouter par quelques redoutables chants du cygne (Britten, Schumann).
Le "Lugubre" est "la cristallisation du Funèbre", "Notre prise de conscience du Funèbre et notre participation active à celui-ci".

 2_4 - Le dernier souffle
Après une cure de nihilisme douceâtre parfumé à l'éther, acheminons-nous vers notre horizon imparable : le dernier souffle, l'ultime regard, les derniers mots. Un moment soudain ou prévisible, dit-on, par les cartes fatales (Carmen, la Dame de pique), les lignes de la main (Un Bal masqué). L'opéra mouroir ou arène, espace d'agonie et de mise à mort, n'a-t-il été créé que pour que l'on y exorcise sa peur du trépas ? À voire quand l'on écoute Wagner (mort d'Isolde), Puccini (Madame Butterfly), Berg (Wozzeck ou Lulu) ou Britten (The rape of Lucretia). Succèderont à ces pentes douces ou chutes brusques dans la mort, la grande bifurcation, les enfers (Rachmaninov) ou la ciel (Messiaen), et la douloureuse mémoire (Berg, Korngold, Rachmaninov).

 3_4 - A son dernier repos
Herbe tendre ou allées gravillonnée de blanc, fosse commune ou mausolée de marbre, terre retournée ou urne scellée : tous les scénarios sont disponibles en magasin.
Mais se rend-on au cimetière pour le seul soucis d'honorer les morts ? S'y rendent également, soucieux de dandysme sacrilège, certains songeurs ou libertins à la forte carrure : Hamlet, Don Giovanni et leur vaste descendance (Mozart, Ambroise Thomas, Igor Stravinski),
Fin en grand appareil avec requiem et messe des morts (Purcell, Britten, Ligeti) et surtout marches funèbres (Schubert, Wagner, Mahler).

 4_4 - Debout les morts ! Le Dies Irae, histoire d'un tube
C'est l'un des plus grands succès de la musique occidentale, composé, dit-on, au XIIIème siècle, et présent (ou tapi) dans l'ADN de toute musique tendu vers la mort ou la fin des temps : le Dies Irae, musique apocalyptique, bande-son de la Fin du monde. On l'entend rugir, gémir ou être psalmodier aussi bien chez Antoine de Brumel et Lully que Michel Sardou, Liszt que Les Frères Jacques. "Un peu de terre et s'en est fini pour jamais." écrivait Pascal, quelques notes et cela redémarre pour toujours !

Hommage à Louis Massignon. Avec François Angelier, Pierre Lory et Laure Meesemaecker à l'Ecole Normale Supérieure.


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05.04.2006

Disciple de Huysmans et du père de Foucauld, ami de Claudel et de Maritain, égal des Corbin et des Sholem, Louis Massignon est une des plus fascinantes figures de la pensée contemporaine.
Tressées l'une à l'autre, il vécut plusieurs vies d'un même élan : carrière savante (initiateur de l'islamologie mystique et de la sociologie musulmane, il occupa de 1926 à sa mort une chaire au Collège de France), destin spirituel (converti, en 1908, à la faveur d'une expérience spirituelle foudroyante, la célèbre "visitation de l'Étranger", il mena une vie de mystique à l'état civil et fonda le dialogue islamo-chrétien), vocation sociale (il initia dès les années 20 l'aide aux travailleurs émigrés et fut longtemps visiteur de prison), mission politique (longtemps il fut l'homme qui "expliqua" l'Orient au monde politique français ; l'après-guerre le vit s'engager d'abord aux côtés des Palestiniens puis des Marocains et Algériens dans le cadre de la décolonisation).
Dialogue Orient/Occident, face à face chrétienté/Islam, devoir d'ingérence et aide aux plus démunis, personnes déplacées : des questions qui sont encore les nôtres aujourd'hui, et qui ont été posées par ce grand orientaliste français, souvent à contre-courant de son époque.

La Fin des Temps selon les catholiques avant 1914. Avec François Angelier sur France Inter.


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14.01.2015

Par quelles crises, par quels errements des puissants, par quelles catastrophes enfin faudra-t-il passer avant qu’on ne parvienne à l’accomplissement des temps ?
C’est une question sans cesse posée, dans l’Ancien Testament, par les prophètes. Elle occupe le Livre de Daniel. Dans l’Islam, des hadiths disent que c’est au pays de Cham, en Syrie, que nous devrons nous réfugier et que c’est en Palestine que se déroulera l’ultime combat. Autour de Jérusalem, s’établira le règne de paix.
"L’enfant pourra alors mettre sans danger la main sur le trou de la vipère". C’est une formule de l’Apocalypse de Jean. Depuis le Nouveau Testament, le christianisme entretient lui aussi l’attente, qui se réveille régulièrement au long de son histoire.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, on lui donne un nom savant, tiré du grec "eskatos" : l’eschatologie, l’étude des fins dernières. A cette époque, en France, à la marge d’une Église catholique déjà chauffée à blanc par son intransigeance politique, une minorité de convertis se tient en faction : un cataclysme va se produire, les créatures vont expirer ou se redresser, l’arrêt de Dieu intervenir. Ce petit groupe est souvent composé de convertis. Parmi eux, les écrivains Léon Bloy, qui passe fugitivement dans le dernier livre de Michel Houellebecq, Soumission, et Joris-Karl Huysmans, qui en est le personnage central.

Emission "La marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.

"Là-bas" de Huysmans et le satanisme au XIXe siècle. Avec François Angelier à la Librairie Le Monte-en-l'air.


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07.11.2013

Est reçu pendant cette conférence le très illuminant François Angelier, à la fois animateur et producteur de Mauvais Genres sur France Culture, co-coordonateur des éditions des écrits de Louis Massignon, auteur d’essais consacrés à Jules Verne, Léon Bloy et Paul Claudel, romancier sous le nom de François-Maxime Kulpa et directeur de la collection "Golgotha" aux éditions Jérôme Million.
Il nous donne une conférence consacrée au "Là-Bas" de Joris-Karl Huysmans, ce qui lui permet de revenir sur le satanisme au XIXe siècle et d'évoquer l’ex-abbé Boulan, Julie Thibault ou le Carmel d’Elie.