Ariès ou l'historien du dimanche. Avec Guillaume Gros sur StoriaVoce.


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07.2020

Spécialiste de l'histoire des mentalités, originaire d'un milieu maurrassien, Philippe Ariès -qui se qualifiait lui-même d'historien du dimanche- s'impose désormais dans le milieu universitaire comme une référence pour ses travaux sur la mort et l'enfance.
Guillaume Gros, spécialiste de son oeuvre, a récemment sélectionné une série de ses principaux articles parue aux Editions du Cerf. Cette édition inédite se divise en deux parties. La première, "Rajeunir l'histoire", rassemble des textes de Philippe Ariès à propos des civilisations, où il évoque les religions depuis l'Antiquité jusqu'à la Révolution, la Méditerranée, Byzance, l'Afrique du Nord, l'histoire des Parisiens au XIXe siècle ou encore le syndicalisme français. L'occasion pour l'historien de dessiner des portraits savoureux de Charlemagne, Charles Quint, Machiavel, Louis XIII et même Marc Bloch. La seconde partie, "Cheminements", permet de comprendre les origines de ses théories en redécouvrant trois thèmes essentiels de ses travaux : l'égo-histoire, où il revient sur sa vocation, la place de l'enfant dans la famille, et enfin le rapport de nos sociétés à la mort.
L'occasion de revenir, en la compagnie de Guillaume Gros, sur la vie et l'oeuvre de cet historien original qui aura marqué son époque.

Émission "Pourquoi tant d'Histoire" animée par Christophe Dickès.

Jarry, le Père d'Ubu. Avec Pascal Ory sur France Culture.


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24.10.2020

"Ubuesque" : voilà bien un adjectif qui s'est imposé tranquillement - où plutôt de façon tonitruante - dans notre parler quotidien. Le précieux dictionnaire du CRTNL, le Centre national de ressources textuelles et lexicales, donne cette définition : "ubuesque : qui évoque le grotesque du père Ubu par un despotisme, une cruauté, un cynisme, une forfanterie d'un caractère outrancier ou par des petitesses dérisoires".
On trouve peu de personnages de la littérature qui aient mérité sa postérité de la sorte en imposant un vocable qualificatif. Plus d'un siècle après la première représentation, retentissante d'Ubu Roi, la pièce majeure d’Alfred Jarry, le 9 décembre de l'an de grâce 1896, au théâtre de l'Œuvre, à Paris, son personnage impose encore, de la sorte, une présence dont une multitude de pièces à succès de l'époque sont absolument dépourvues : celles-ci ont été englouties dans le gouffre impitoyable de l'oubli d'où personne ne songe à les repêcher.
Donc, on est intrigué. Donc on est porté à s'interroger sur les ressorts de cette permanence enviable et en somme de cette durable actualité du roi Ubu. Ces ressorts, faut-il les chercher du côté d'une extravagance qui surmonte toutes les fantaisies de son temps ? D'une profondeur humaine qui fait fi des conventions superficielles du provisoire ? D'une philosophie désinvolte de l'absurde qui frôle une éternité ?

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Kolakowski : éducateur. Avec Jacques Dewitte et Alain Cantillon sur France Culture.


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28.05.2011

Le philosophe polonais Leszek Kolakowski (1927-2009), grand intellectuel européen du XXe siècle, est l'auteur d'une oeuvre abondante et variée, relevant à la fois de l'histoire des idées, de l'histoire religieuse et de l'essai philosophique. Il fut aussi un écrivain drôle et spirituel, cultivant le goût du paradoxe, la mise en question sceptique de toutes les évidences établies, sans déboucher jamais sur un scepticisme absolu.
Séduit dans sa jeunesse par le communisme, il ne tarda pas à s'en détacher et à analyser le marxisme de l'intérieur. Le stalinisme n'est pas un accident, il est inscrit en germe dans la folle et splendide ambition de Marx : faire retourner l'homme à son unité perdue. Ainsi redécouvre-t-on la signification d'un christianisme marqué par les thèmes de la perte de l'innocence et du clivage anthropologique, qui peut apprendre aux hommes à vivre dans l'imperfection irrémédiable de leur être, sans pour autant sombrer dans le désespoir.
Il en ressort une conception politique reconnaissant l'importance des médiations et des institutions, ainsi qu'une vision de la spécificité de l'Europe comme la civilisation qui a su mettre en question la supériorité absolue de ses propres valeurs et rendre possible l'universalité humaine.

Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.

Jean Genet (1910-1986). Avec Eric Marty, Jacques Nerson, Lydie Dattas, Alexandre Romanes, Albert Dichy, Antoine Bourseiller et Gilles Leroy sur France Culture.


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28.11.2010

Le centenaire de la naissance de Jean Genet, en 2010, a été pour beaucoup l'occasion de célébrer un homme très engagé politiquement, que ce soit aux côtés des Palestiniens dans leur combat pour la terre ou dans les rangs des Black Panthers luttant pour leurs droits civiques. Toujours, donc, apparaît l'image d'un saint, vivant au milieu des opprimés, des humiliés, en empathie quasi mystique avec eux.
Cette vision de Genet, loin d'être fausse, ne constitue qu'une facette parmi d'autres d'un homme qui ne nous a pas laissé le mode d'emploi pour le comprendre.
Genet dissimulait beaucoup. Il refusait d'être récupéré. Ses engagements semblent parfois plus esthétiques que politiques. La beauté d'un mouvement, d'un visage, d'une action dérisoire ou d'un combat perdu d'avance comptent  peut-être autant pour lui que la signification politique et sociale de ce mouvement, de cette action, de ce combat.
Pour ce désespéré, abandonné par sa mère, jeté en prison pour de quasi-broutilles, seules peuvent encore exister les quelques parcelles de beauté qu'il décèle dans le monde et adore pieusement, émerveillements furtifs et souvent douloureux qui lui permettent de survivre.
C'est donc de la force du beau chez Genet qu'est évoqué ici en priorité, y compris quand cette passion pour l'esthétique embrasse son frère démoniaque : la fascination pour l'abject et, parfois, l'indéfendable.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Populisme et néolibéralisme. Avec David Cayla pour la Nouvelle Action Royaliste.


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06.01.2021

Le dernier ouvrage de l'économiste David Cayla nous plonge au cœur de deux réalités polémiques qu'il importe d'analyser en toute rigueur et de mettre en relation. Car le populisme n’est pas un simple phénomène électoral : c'est un mouvement de défiance envers les élites qui répugnent à intervenir dans l'économie. C'est aussi une protestation contre la croissance des inégalités.
Cette défiance et cette protestation sont liées au néolibéralisme, qu'il importe de définir précisément si nous voulons en sortir sans sacrifier nos libertés.

Frantz Fanon, l'indocile. Une grande traversée sur France Culture.


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08.2020

Engagé politique et soignant, Frantz Fanon est né aux Antilles françaises dans l'entre-deux guerres. Il est devenu l'emblème de la lutte anticoloniale à travers son engagement dans la guerre d'Algérie aux côtés du FLN et grâce à son travail psychiatrique sur l'aliénation coloniale dans ses principaux ouvrages : Peau noire, masques blancs et Les Damnés de la terre. Mort en 1961 à 36 ans, quelques mois à peine avant l'indépendance algérienne, il a marqué de son empreinte la fin des empires coloniaux et sa pensée révolutionnaire inspire de nombreux combats, des Black Panthers aux Palestiniens, en passant par les militants anti-apartheid d’Afrique du Sud.

Une série documentaire réalisée par Anaïs Kien.

Biopolitique du coronavirus. Avec François Bousquet sur Méridien Zéro.


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10.2020

Télétravail, famille, patrie ! Le coronavirus marquerait-il la revanche posthume du pétainisme ? Tous assignés à résidence. Tel est le pari de François Bousquet qui, dans une sorte de feuilleton de la pandémie, a pour ambition de déboucher sur des propositions concrètes.
Un essai où se mêlent différents registres, un peu de Tontons flingueurs, un peu de rock'n'roll. Une sorte de grand écart entre le maréchal Pétain et Michel Foucault...

Émission "La Méridienne", animée par Jean-Louis Roumégace et Wilsdrof.

L'industrialisation et l'accélération des transformations économiques et sociales en France au XIXe siècle. Avec François Jarrige pour l'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie.


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04.2020

L'historien François Jarrige nous présente les grands débats et les principaux enjeux de l'industrialisation au XIXe siècle et propose des pistes pédagogiques pour présenter cette période.
Dans un deuxième temps, il revient sur la trajectoire emblématique de Michel Chevallier, ingénieur, économiste et homme politique français du milieu du XIXe siècle et présente enfin un tableau de Bonhommé sur Le Creusot, l'occasion de décrire ce grand centre industriel français entre 1836 et 1984 dirigé par la famille Schneider.

Émission "Brèves de classe", animée par Yohann Chanoir et Nicolas Charles.

De Gaulle et les grands de ce monde. Avec Eric Branca sur Radio Courtoisie.


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01.04.2020

Charles de Gaulle fut un personnage hors normes dans une époque qui n'en était pas avare. Qu'ils soient dictateurs (Hitler, Staline, Tito, Franco, Mao, Nasser), chefs d'État ou de gouvernements démocratiques (Churchill, Roosevelt, Kennedy), pape (Jean XXIII), leaders d'États nouveaux (Ben Gourion, Houphouët-Boigny), ou partenaires privilégiés (Adenauer, Nixon), tous entretinrent des rapports singuliers – allant de l'amitié sincère à la franche exécration – avec le chef de la France libre devenu le premier président de la Ve République. À ses côtés, contre lui ou malgré lui, chacun aura illustré, pour le meilleur et pour le pire, sa formule du Fil de l'épée : "On ne fait rien sans les grands hommes et ceux-ci le sont pour l'avoir voulu."
Si les rapports exécrables du Général avec Roosevelt et ceux, éruptifs, entretenus avec Churchill, ne sont plus un secret, les nombreux autres duos (et souvent duels) qu'Eric Branca met en scène demeuraient pour l'essentiel dans l'ombre en dépit de leur importance pour la petite comme pour la grande histoire. Récits de rencontres au sommet, échanges de lettres, manœuvres diplomatiques et jugements respectifs (souvent sévères) émaillent des récits nourris aux meilleures sources, du récit surréaliste de la rencontre avec Staline au dernier grand projet avorté de voyage dans la Chine de Mao.

Émission du "Libre Journal des débats", animée par Charles de Meyer.

Être soi-même. Avec Claude Romano sur la RTBF.


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07.04.2019

L'Odyssée, le plus ancien poème de la culture occidentale, met en scène la métamorphose qui change Ulysse en lui-même sous les yeux dessillés de ceux qui échouaient jusque-là à le reconnaître.
Ulysse constitue ainsi la première d'une longue série de figures donnant corps à cette opération mystérieuse : le passage de l'existence en régime d'obscurité à l'existence "en personne", dans une forme de vérité. Que signifie un tel passage ? Comment s'opère cette transition ? Quelles formes cette idée d'existence en personne a-t-elle pu revêtir dans la pensée occidentale ?
Claude Romano interroge les sources, y compris lointaines, de cette idée d' "existence en vérité" telle qu'elle sous-tend notamment l'idéal moderne d'authenticité personnelle, en retraçant la généalogie de cet idéal et en exhumant certaines de ses formes plus anciennes. Chemin faisant, le lecteur découvre différents types et régimes de discours, philosophique, mais aussi théologique, spirituel, rhétorique, littéraire, esthétique. Romano esquisse ainsi une histoire de la philosophie occidentale aux contours bien différents de ceux qu'on lui prête généralement : à l'écart des grandes métaphysiques du moi et de la subjectivité, il emprunte les chemins de traverse d'une enquête sur les formes de vie et les modes d'existence.

Émission "Et dieu dans tout ça ?", animée par Pascal Claude.

La Grande Guerre. Avec Dominique Venner et André Bach sur Radio Courtoisie.


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12.11.2009

C'est en revenant sur la publication récente des Carnets de guerre d'un hussard noir de la République de Marc Delfaud que le général André Bach et l'historien Dominique Venner reviennent en détails sur le déroulement de la Première Guerre mondiale, notamment du point de vue des soldats eux-mêmes.
L'occasion également de revenir sur certaines idées reçuse concernant le premier conflit mondial, en particulier la question de la justice militaire et des "fusillés pour l'exemple".

Émission du "Libre Journal des historiens", animée par Philippe Conrad.

La guerre de Succession d'Espagne. Avec Clément Oury sur Radio Courtoisie.


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08.04.2020

Le 1er novembre 1700 s'éteint le roi Charles II d'Espagne, souverain d'un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. A la surprise générale, il désigne comme héritier le jeune Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du Roi-Soleil. Cette décision arrime le royaume d'Espagne, immense mais à bout de souffle, à celui de France, première puissance du continent. Pour les autres Etats d'Europe, cette alliance est inacceptable. Le conflit qui s'ensuit représente la plus longue et la plus difficile épreuve du règne de Louis XIV.
La guerre de Succession d'Espagne oppose, de 1701 à 1714, les deux rois de la Maison de Bourbon à une vaste coalition dirigée par l'Angleterre, la Hollande et l'Empereur. La France dispose alors de la plus forte armée d'Europe, invaincue depuis plus d'un demi-siècle, et d'une direction stratégique unifiée. Elle va pourtant subir une série de désastres sans précédent face aux troupes alliées commandées par le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie. La ceinture de fer érigée par Vauban est entamée, les frontières du royaume occupées.
C'est à l'étude de cette catastrophe que se consacre Clément Oury. Dans la lignée d'une histoire militaire renouvelée, il étudie la conduite des opérations depuis Versailles ou La Haye, dans les cabinets des ministres ou sur le champ de bataille. Il s'intéresse au quotidien du soldat comme à son expérience du combat ; aux souffrances des populations dans les zones de conflit ; aux réactions des opinions publiques qui, sidérées ou enthousiastes, voient s'effondrer l'image d'un Roi-Soleil invincible et menaçant. Il analyse enfin les ressorts de la résilience du royaume.
Alors que le désastre parait consommé, les dissensions entre Alliés permettent d'obtenir une paix de compromis. Celle-ci bouleverse l'agencement des pouvoirs en Europe, avec l'affirmation de la Grande-Bretagne et de la Maison d'Autriche. On ne craint plus que le royaume de Louis XIV ne prétende à l'hégémonie. Des décombres du conflit s'impose un principe diplomatique nouveau : l'équilibre des puissances.

Émission du "Libre Journal des débats", animée par Charles de Meyer.