La puissance française : Jacques Sapir répond aux questions d'Idriss Aberkane.


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16.05.2020

Sous nos yeux naît un nouveau monde, sans puissance régulatrice, marqué par un monde multipolaire et où la souveraineté nationale redevient un axe clé de la pensée politique.
Las, les élites européennes en générale et françaises en particulier tardent à reconsidérer leurs politiques à l'aune de cette nouvelle donne, alors même que la pandémie de Coronavirus presse au changement. .
Pour combattre l'inertie intellectuelle et la répétition de schéma obsolètes, pour préparer un futur auquel nous devrons faire face en tant que nation, Jacques Sapir s'attache à montrer quelles leçons notre pays devrait tirer de la période tumultueuse que nous sommes en train de traverser.

Plotin. Avec Lucien Jerphagnon sur France Culture.


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15.07.2009

Au Banquet du Savoir, il serait cuisinier, ou maître d'hôtel. Sur la scène de la pensée, c'est lui qui s'occuperait des lumières ; dans un musée, Lucien Jerphagnon serait guide, ou conservateur.
C'est en conteur, en aède, en historien de la pensée, narrateur vagabond du seul savoir qui ne progresse ni n'involue jamais, que ce grand professeur nous parle ici de Plotin...

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Raphaël Enthoven.

Claude Lévi-Strauss. Avec Maurice Godelier sur France Culture.


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20.12.2013

Maurice Godelier, au début de sa carrière, fut un temps maître-assistant auprès de Claude Lévi-Strauss, alors titulaire de la chaire d'anthropologie au Collège de France. Entretenant avec son maître un rapport critique, mais conscient de la puissance de l'œuvre, il est tout indiqué pour nous en offrir une introduction.
L'objet premier de ce voyage au cœur de l'ambition structuraliste ? Souligner la richesse du travail accompli, mettre au défi la puissance théorique (le structuralisme lui-même), tenter de dépasser apories et contradictions.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

L'islam, une religion politique ? Avec Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne sur France Culture.


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08.10.2019

Le souci de La controverse, ouvrage confrontant les points de vue de Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne, est de répondre aux questions récurrentes qui animent en France le débat d'idées sur la question de l'islam.
Il s'agit de savoir si l'islam est par nature politique, violent ou s'il est soluble dans la modernité, la démocratie et la république. La question est aussi posée de la part de liberté que laisse aux croyants un texte écrit par Dieu.
Il s'agit d'un débat érudit et sans détours entre deux spécialistes des religions qui utilisent pour étayer leurs argumentaires l'histoire de la pensée, les diverses traductions et interprétations des textes.

Émission "La Grande table des idées", animée par Olivia Gesbert.

Christopher Lasch, un populisme vertueux. Avec Renaud Beauchard sur Amicus Radio.


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25.10.2019

Peu de sujets de l'actualité contemporaine ne sauraient trouver dans l'oeuvre de Christopher Lasch des explications de fond. Son analyse est d'une puissance critique inégalée parce qu'il évite l'écueil de ceux qui critiquent le capitalisme contemporain tout en présentant ses dégâts comme le prix du progrès matériel et moral.
Chronique de la rencontre programmée entre la fuite en avant du progrès, c'est-à-dire la destruction méthodique au nom du principe de plaisir de tous les piliers de l'ordre bourgeois et la rationalisation de tous les aspects de la vie par la dynamique du capitalisme, la critique du progrès de Lasch est fondée sur l'étude de la personnalité dominante produite par le capitalisme avancé : Narcisse ou le moi minimal.
Au travers des grands thèmes qui traversent la pensée de Lasch, Renaud Beauchard présente un panorama des diagnostics de Lasch sur son temps et sur la catastrophe anthropologique du capitalisme de consommation.
Il expose aussi la philosophie de l'espérance que Lasch a articulée au travers de l'exploration d'une tradition civique américaine dont la redécouverte offre des pistes au monde entier afin de faire en sorte que la volonté de construire une société meilleure demeure vivace sur les décombres encore fumants de la social-démocratie.

Émission "Les lundis du Bien commun", animée par Antoine Garapon.

Les oppositions en Russie. Avec Jean-Robert Raviot pour la Nouvelle Action Royaliste.


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03.03.2021

Les médias français présentent l'opposition en Russie sous la forme incarnée d'un seul opposant, suivi par des foules plus ou moins importantes selon les années : le joueur d'échec Garry Kasparov a longtemps tenu ce rôle, maintenant dévolu à Alexeï Navalny. Cette focalisation sur un personnage masque une réalité complexe et mouvante car il n'y a pas qu'une seule opposition en Russie mais des oppositions, à l'intérieur des institutions et hors de celles-ci.
Professeur de civilisation russe contemporaine, Jean-Robert Raviot nous présente le parti communiste russe et le parti nationaliste, les groupes ultras, les mouvements protestataires… et donne à voir une société russe diverse et très vivante.

Dominer. Avec Pierre Dardot et Christian Laval pour le Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu.


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10.03.2021

Il est courant de déplorer le déclin de la souveraineté de l'État-nation, qui semble devoir être aujourd'hui supplantée par la puissance du capital mondial. Restaurer la verticalité de l'État et son autorité serait ainsi la seule voie pour contester le globalisme néolibéral. C'est contre cette illusion, encore trop répandue à gauche, que Pierre Dardot et Christian Laval ont entamé ce long parcours dans l'histoire complexe et singulière de l'État occidental moderne, depuis sa naissance à partir du modèle de l'Église médiévale jusqu'à son rôle actuel d'État-stratège dans la concurrence mondiale.
Comprendre les aléas et les détours de cette construction, c'est mettre à nu les ressorts d'une domination sur la société et sur chacun de ses membres qui est fondamentalement de l'ordre de la croyance : les "mystères de l'État", le culte de sa continuité qui oblige ses représentants par-delà leur succession, la sacralité dont ces derniers aiment à s'entourer dans l'exercice de leurs fonctions, autant d'éléments qui ont pu changer de forme, mais qui demeurent au principe de sa puissance. En retraçant cette généalogie, il s'agit pour Pierre Dardo et Christian Laval de montrer que l'on ne peut répondre aux défis de la mondialisation capitaliste et du changement climatique sans remettre en cause cet héritage. Car l'invocation de la souveraineté "nationale" est devenue l'alibi de l'inaction climatique et de la perpétration des écocides.
Pour affronter ces enjeux globaux, il est indispensable de s'attaquer à un tel régime d'irresponsabilité politique qui dispense les gouvernants de rendre des comptes aux citoyens. C'est dire qu'il faut ouvrir la voie à un au-delà de la souveraineté étatique.

Métaphysique de l'Europe. Avec Luc-Olivier d'Algange sur Radio Courtoisie.


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24.08.2020

Nous savons depuis Paul Valéry que les civilisations sont mortelles. Lorsqu'à l'horizon se lèvent des menaces, lorsque les temps sont incertains, il importe de trouver des alliés et d'affirmer les droits de l'âme.
L'âme de l'Europe est ici le secret du voyageur qui traverse les pays et les mers, les oeuvres et les songes. Ce voyage le conduit, entre autres, à Venise, où il s'interroge sur la morale et le style, l'autorité et la liberté de l'esprit, c'est aussi Nietzsche, Platon, Hölderlin, Dionysos ou Dante.
Le dernier ouvrage de Luc-Olivier d'Algange est un viatique pour ceux qui refusent de se soumettre à l'uniformatisation des êtres et des choses, ceux qui entendent sauvegarder les ressources profondes de la grande culture européenne.

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.

Colonisation, décolonisation, postcolonialisme. Avec Elikia M'Bokolo à l'Université de tous les savoirs.


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03.11.2000

A trois mots, trois concepts et toute une série de pratiques qu'ils désignent, approuvées bruyamment par les uns, rejetées avec force par les autres. A eux trois, ces mots pourraient à première vue résumer toute l'histoire de l'Afrique au XXe siècle, en même temps qu'ils semblent vouloir baliser les voies du devenir africain pour les temps à venir. A y regarder de plus près, découper le XXe siècle africain en ces trois séquences ne va pas sans problèmes.
Si cette succession semble aller de soi, c'est parce qu'on sait, par expérience et par définition, que tout empire périra. Mais, quel contenu donner à la colonisation, en termes de durée et de processus mis en oeuvre ? Jusqu'à quel point peut-on souscrire à l'idée d'innovation radicale et positive sur laquelle elle a prétendu se fonder ? Et la décolonisation, comment procède-t-elle de la colonisation ? Comment les stratégies et les tactiques élaborées "en haut" par les pouvoirs locaux et métropolitains s'articulent-elles avec les diverses luttes menées à la fois "en haut" et "en bas", dans ce qui constitue le centre et la périphérie de formations géopolitiques complexes ? Il apparaît alors que la notion commode de postcolonialisme ne se réduit pas à un après-colonisation.
Plus qu'une mise en ordre de faits, dont beaucoup restent controversés, Elikia M'Bokolo propose ici des interrogations et des réflexions sur l'un des grands malentendus du XXe siècle.

L'Ecole de Francfort. Avec Jean-Marc Durand-Gasselin, Julia Christ, Estelle Ferrarese et Stathis Kouvélakis sur France Culture.


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11.2019

Theodor W. Adorno, Walter Benjamin, Max Horkheimer, Herbert Marcuse, puis Jürgen Habermas : voici les philosophes et intellectuels qui nous accompagneront cette semaine pour retracer l'histoire de ce groupe d'hommes allemands, qui, dès 1923, se sont regroupés dans l'Institut de recherche sociale de l'université de Francfort pour mettre au point une théorie critique.
L'histoire de l'École de Francfort est celle de la possibilité pour la philosophie de proposer une critique sociale du capitalisme, et d'interroger la possibilité pour les chercheurs et intellectuels de s'insérer de manière directe dans leur temps, jusqu'à aujourd'hui...

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Le populisme, danger réel ou fantasme des élites ? Avec Vincent Coussedière, Laurent Bouvet et Henri Deleersnijder au Cercle du Libre Examen.


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17.02.2014

Le populisme est aujourd'hui l'un des termes politiques les plus présents dans les débats, les analyses ou les critiques. Disposant d'une signification principalement péjorative, il désigne généralement un courant politique, ou un style politique, visant à flatter les mauvais instincts du peuple et opposant le peuple aux élites : pensons à Marine Le Pen, Viktor Orbán ou Silvio Berlusconi.
Cependant, s'il est dans la bouche de tous, son contenu semble en revanche moins explicite : certaines personnes pensent ainsi qu'il s'agirait d'un concept fourre-tout pour injurier son adversaire politique, tant il est employé à toutes les sauces pour désigner des personnes de tendances différentes, tandis que d'autres vont jusqu'à en faire "l'éloge".
C'est pour cela que cette notion doit être mise en débat, afin de questionner à la fois son histoire, son contenu et son application. Le populisme menace-t-il la démocratie et les libertés ? Est-ce une injure sans véritable fondement ou une idéologie avec un contenu précis ? Qui est populiste ? Et existe-t-il un "bon populisme" ?

Une conférence modérée par Jean-michel De Waele.

Novembre 1918, une révolution commence en Allemagne. Avec Johann Chapoutot sur France Inter.


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22.11.2018

C'est l’été 1918 que la situation s'était retournée pour l'armée allemande. À l'automne, elle était devenue catastrophique. L'état-major a alors tenté de se dédouaner en rendant aux civils le pouvoir discrétionnaire qu'il avait exercé jusque-là.
C'est ainsi que le prince Max de Bade devient chancelier en octobre. Les dirigeants sociaux-démocrates du SPD se tiennent à ses côtés. Ils ont voté les crédits de guerre en 1914, une fois l'échec consommé, ils restent dans l'unité nationale. Les chefs militaires sont bien aise de déléguer aux hommes politiques la négociation de l'armistice. Quand on leur parlera de défaite, ils répondront : "Quelle défaite ?"
Cependant, les conditions de paix s'annonçant dures, l'Amirauté décide d'un baroud d'honneur avec une sortie spectaculaire de ses navires à Kiel. Les marins se mutinent et font flotter le drapeau rouge. Nombre d'entre eux se disséminent dans le pays pour rejoindre les leurs. Le mouvement fait tâche d'huile. Une révolution commence en Allemagne dont le Kaiser a été poussé à l'abdication. On peut soutenir qu'elle pèse sur les décisions de l'état-major allié. Le maréchal Foch aurait souhaité pousser l'avantage en pénétrant dans le territoire allemand mais la prudence politique pousse à ne pas attiser le désordre.
La révolution ne se déroulera pas selon le schéma à la russe que souhaitait l'extrême-gauche : les sociaux-démocrates ne seront finalement pas balayés par leurs adversaires, les spartakistes. Si bien que beaucoup en Allemagne pourront dire : "Une révolution ? Mais quelle révolution ?". De même qu'ils avaient pu dire : "Une défaite ? Mais quelle défaite ?"

Émission "La Marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.