Face au désastre qui vient : le communisme désirable. Avec Frédéric Lordon pour Le Média.


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03.2021

Le nouveau livre de Frédéric Lordon, Figures du communisme, est directement tourné vers l'action, ici et maintenant. Face à l'inhumanité du néolibéralisme, face aux désastres engendrés par un capitalisme dont plus personne ne peut douter qu'il est en train de rendre la planète inhabitable, que faire ? Telle est la question à laquelle l'auteur s'efforce de répondre. Par un exercice de méthode et de conséquence – à rebours du règne du déni et de l'inconséquence.

Émission "On s'autorise à penser.", animée par Julien Théry.

Le conspirationnisme à l'ère du coronavirus. Avec Leuh Ki et Armel Campagne sur Radio Libertaire.


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2021

À l'occasion du débat enflammé autour du documentaire Hold-Up et alors que les contestations envers les politiques sanitaires étatiques semblent grandir, il semble essentiel de proposer une analyse matérialiste critique des conspirationnismes et de leurs différentes variantes.
Ce phénomène demande à être analysés dans toute sa complexité : les conspirationnismes dirigés contre des minorités raciales ne sont pas les mêmes que celles qui sont fondées sur un anticapitalisme tronqué et il existe un conspirationnisme antisémite des racisés mais aussi aux conspirationnismes des blancs, des bourgeois et des États.
Enfin, il s'agit de critiquer l'anti-conspirationnisme conservateur qui se refuse d'analyser les conspirationnismes comme des contestations politiques sans comprendre qu'ils peuvent être dépassés et devenir des vecteurs de politisation émancipateurs.

Émission "Sortir du capitalisme".

Le temps de l'Etat-Entreprise (Berlusconi, Trump, Macron). Avec Pierre Musso à la Librairie Ombres Blanches.


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06.11.2019

Personnages ayant surgi comme par effraction à la présidence de leur pays, perçus comme des "politiques" improbables, Berlusconi, Trump et Macron ont été bien rapidement étiquetés "populistes", "élitistes", "néo-libéraux". Si ces trois figures, pourtant en phase avec l'époque, restent incompréhensibles, c’est qu'ils méritent que l'on formule d'autres hypothèses d'interprétation du phénomène qu'ils représentent.
Berlusconi, Trump et Macron, antipolitiques en politique, sont des figures pionnières de l'État-Entreprise. Cette institution double se manifeste et apparaît aujourd'hui, tandis que l'État est plus affaibli que jamais, et à sa suite la politique et le système de la représentation. L'Entreprise, en premier lieu la grande Entreprise (big corporation), triomphe. Elle est à l’apogée de sa puissance.
Le travail de Pierre Musso met en perspective, sur la longue durée, la mutation profonde du politique en Occident et donne à voir ce qui se joue à l'arrière-plan, entre l'État (institution de la religion du politique) et l'Entreprise (institution de la religion industrielle) : un lent processus de neutralisation de l'État qui s'accélère depuis la fin du XXe siècle et semble tendre à son démantèlement, au profit de l'Entreprise… À tout le moins assistons-nous à un transfert d'hégémonie.
Le temps de l'État-Entreprise advient, temps de la mutation du pouvoir et du rapport de force entre les deux institutions désormais hybridées.

Les 121 jours de Lamartine. Avec Henri Guillemin sur France Culture.


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14.09.1986

On pense immédiatement à Lamartine comme un poète égaré en politique. Pour, son programme de 1848 est clair : augmenter le traitement des instituteurs, supprimer le remplacement militaire, taxer le prix du charbon, imposer les successions, nationaliser les chemins de fer et créer l'impôt sur le revenu. Un homme qui avance ces propositions ne peut qu'être renversé, et très vite ! Il est vrai qu'en plus, Lamartine voulait faire abaisser la durée du travail quotidien à dix heures, au lieu de onze. "Scandaleux", selon la Revue des Deux Mondes : "un attentat, une violence faite à la liberté".
Qui donc était le Lamartine politique ? Allait-il être, à son insu, celui qui pouvait endormir les "rouges" jusqu'à ce qu'on puisse les museler ?

Émission "Les historiens racontent".

Philosophie de la résonance. Avec Hartmut Rosa sur France Culture.


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28.09.2018

La philosophie est-elle une vocation ? Comment vient une idée en philosophie ? À quoi ressemble l'atelier du philosophe ? Comment se fabrique un concept ? Et quel rôle le philosophe choisit-il d'endosser face à l'actualité ? C'est en compagnie du philosophe et sociologue Hartmut Rosa que ces questions commencent à trouver une réponse.
Un portrait se dessine au fil de l'échange, portrtai d'Hartmut Rosa qui tient la philosophie comme indissociable des sciences sociales et dont la pensée met en son centre les concepts d'accélération de notre rythme de vie et de résonance, une façon de se connecter au monde en débranchant ce qui nous en éloigne...

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Konrad Lorenz, "Les Huit péches capitaux de notre civilisation". Avec Jean-Yves Le Gallou à la Nouvelle Librairie.


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02.07.2020

Prix Nobel de physiologie et de médecine en 1973, Konrad Lorenz est un immense savant en même temps qu'un grand vulgarisateur. Il a fondé l'éthologie, la science du comportement, et changé le regard de l'homme sur l'animal et sur lui-même.
Jean-Yves Le Gallou nous emmène à la (re)découverte de son livre Les huit péchés capitaux de notre civilisation, réflexion sur les tares de notre mode de vie et des idéaux qui nous animent. Un texte prémonitoire qui reste d'une grande actualité.

La lenteur, une longue résistance. Avec Laurent Vidal sur France Culture.


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19.09.2020

Plusieurs bons esprits ont commencé de considérer les effets que le coronavirus et la manière dont l'affronte l'humanité pourraient avoir sur les rythmes de nos vies. Nul doute que le confinement ait ralenti, pour un temps au moins, l'allure de nos existences, en dépit des promptitudes qu'autorisent les nouvelles technologies.
L'écologie met en garde contre l'exaspération des tourismes de masse. L'aviation et ses obsessions supersoniques subissent un déclin imprévu. La marche à pied et la bicyclette trouvent une popularité tout à coup accrue. L'idée d’une accélération de l'Histoire, naguère admise comme une évidence, a du plomb dans l'aile.
Le moment est donc venu de s'interroger sur la confrontation de la lenteur, dans le long terme, avec la vitesse. Une lenteur dénoncée, dénigrée, combattue, depuis le XIXe siècle en particulier, comme une résistance à toutes les forces de l'industrie conquérante. Mais une lenteur qui a souvent porté haut les valeurs de la liberté, en protestant contre tous les censeurs qui voulaient l'assimiler à la paresse...

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Les intellectuels lors de la montée du nazisme. Avec Johann Chapoutot, Frédéric Sallée et Nicolas Patin sur France Culture.


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12.01.2017

La culture de Weimar a-t-elle favorisé la création et les échanges intellectuels ? Sur quels intellectuels les nazis se sont-ils appuyés pour créer et assoir leur idéologie ? Jusqu'où les intellectuels ont-ils collaboré avec le régime nazi ?
Trois historiens spécialistes de l'Allemagne viennent nous parler de la place spécifique des intellectuels dans l'Allemagne de l'entre-deux-guerres, avant et après l'arrivée des nazis au pouvoir.

Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin.

Pourquoi je tiens un petit texte oublié de Mandeville comme le logiciel caché du capitalisme. Avec Dany-Robert Dufour pour l'Université d'État de Campinas.


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27.09.2019

De Mandeville, on connaît la Fable des abeilles sur les vices privés qui produisent de la vertu publique – celle de produire de la richesse en l'occurrence. Dans un autre texte de Mandeville, oublié, Recherches sur les origines de la vertu morale, Dany-Robert Dufour a trouvé encore mieux : "Il faut confier le destin du monde aux pervers", dont le titre de son livre donne une traduction osée mais somme toute assez juste. Il y voit la maxime fondamentale, le "logiciel caché" du capitalisme et d'un art de gouverner que n'aurait peut-être pas renié Machiavel.
Ce que Mandeville, surnommé de son vivant Man Devil ("l'homme du diable"), n'avait pas prévu, c'est que le ruissellement des richesses qui naîtrait infailliblement de sa maxime serait réservé à un tout petit nombre de privilégiés, ou ignoré de l'immense majorité des humains, et qu'il détruirait la planète, réduite à "de la merde" suite à sa transformation en richesses : "Bienvenue à Cloaca", résume Dany-Robert Dufour pour commenter Mandeville et dénoncer le résultat désastreux d'un capitalisme dont les maximes perverses inspirent toujours la pensée économique libérale.

Sur l'historiographie de la période stalinienne. Avec Aymeric Monville pour le Cercle Universitaire d'Études Marxistes.


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11.2020

L'histoire de l’Union soviétique – si elle mérite encore le nom d'histoire – se caractérise dans notre pays par l'absence de débat contradictoire. Le consensus politique veut que la droite attaque Staline comme incarnation-repoussoir de tout système socialiste et la gauche, comme symbole du fourvoiement de nobles idéaux. Imperturbablement donc, les opérations de propagande se succèdent sur le mode du film d'horreur, du Tyran rouge à l'Ombre de Staline et ce, jusqu'à l'eschatologique Apocalypse Staline.
L'actuelle réactivation des vieux "bobards" colportés par la guerre froide vise manifestement à exclure les communistes de l'espace public. Elle entre néanmoins en contradiction avec la tendance actuelle, liée à l'ouverture des archives de l'URSS, qui fait litière d'un certain nombre de légendes noires.
Étayée par une proximité avec de nombreux chercheurs et fruit d'une activité éditoriale concernant l'Union soviétique de près de quinze ans, le travail d'Aymeric Monville n'est pourtant pas dépourvue d'un esprit polémique et partisan. Mais quand le Parlement européen n'hésite plus, désormais, à décréter une équivalence entre nazisme et communisme, n'est-ce pas plutôt cette apparente "impartialité", indifférente à ce que Hitler ait gagné ou non en 1945, qu'il conviendrait d'interroger ?

Baise ton prochain : une histoire souterraine du capitalisme. Avec Dany-Robert Dufour sur la RTBF.


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21.02.2020

En redécouvrant un texte oublié, Recherches sur l'origine de la vertu morale de Bernard de Mandeville, le philosophe Dany-Robert Dufour estime avoir trouvé le logiciel caché du capitalisme.
Les idées contenues dans ce texte ont en effet infusé toute la pensée économique libérale moderne, d'Adam Smith à Friedrich Hayek. Selon Mandeville, il faut confier le destin du monde aux "pires d’entre les hommes" (les pervers), ceux qui veulent toujours plus, quels que soient les moyens à employer. Eux seuls sauront faire en sorte que la richesse s'accroisse et ruisselle ensuite sur le reste des hommes. Et c'est là, le véritable plan de Dieu dont il résultera un quasi-paradis sur terre.
Pour ce faire, Mandeville a élaboré un art de gouverner – flatter les uns, stigmatiser les autres – qui se révélera bien plus retors et plus efficace que celui de Machiavel, parce que fondé sur l'instauration d'un nouveau régime, la libération des pulsions. On comprend pourquoi Mandeville fut de son vivant surnommé Man Devil (l'homme du Diable) et pourquoi son paradis ressemble davantage à l'enfer....

Émission "La couleur des idées", animée par Pascale Seys.

La gauche et l'héritage des Lumières. Avec Stéphanie Roza sur France Culture.


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06.09.2020

C'est dans les situations de chaos collectif que le besoin de penseurs calmes et rationnels se fait le plus sentir. Le problème est que c'est dans ces moments-là qu'ils se font le plus rare. Le problème en d'autres termes, c'est que la raison a besoin de la raison pour penser. Quand le monde devient fou, les tenants de la raison, les Intellectuels sont souvent les premiers à entrer dans la danse.
L'ouverture du procès des attentats de Janvier 2015 à rouvert à gauche les débats autour des caricatures et de la délicate balance entre liberté d'expression et ce que tout le monde appelle le "respect" que l'on dit dû aux minorités ; minorités qui deviennent si nombreuses avec le temps que l'on risque de se trouver vite dans la situation qui prédomine aux Etats-Unis où il devient impossible de ne pas offenser quelqu'un sitôt que l'on prend la parole.
Ce débat sur l'actualité en cache un autre, plus profond. Selon un courant de pensée de plus en plus puissant des deux côtés de l'Atlantique, c’est la philosophie occidentale des Lumières, qui permettait croyait-on la libre expression de chacun, qui serait en fait l'ultime responsable des dérives de cette même liberté. Sous couvert de liberté et d'universalisme, les Lumières auraient permis l'esclavage, la colonisation, le racisme, le capitalisme mondial et même Hitler. Etre vraiment de gauche aujourd'hui se serait donc déboulonner les statues de Voltaire et Montesquieu en plus de celles des grands navigateurs et commerçants...

Émission "Signes des temps", animée par Marc Weitzmann.