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"Ô fangeuse grandeur ! sublime ignominie !" : Baudelaire conclut ainsi son poème consacré à une prostituée, "Tu mettrais le monde entier dans ta ruelle". Pour le poète et l'homme, la beauté est dans la dualité, elle balance sans cesse entre perversion et transcendance, entre éphémère et infini.
Baudelaire gagne encore aujourd’hui à être redécouvert, tant les images successives et contradictoires du poète - décadent, révolutionnaire, réactionnaire, classique, chrétien, moderne - continuent d'exercer leur effet narcotique.
Né dans une "odeur de vieux" (Jean-Baptiste Baronian), auteur d'une oeuvre "singulièrement mince" (Pierre Pachet), Baudelaire est encore, à l'image du peintre de la vie moderne, ce solitaire qui va, court et cherche la beauté mystérieuse, "si minime, si légère qu’elle soit".
Baudelaire n'a rien d'un flâneur parisien qui s’abandonnerait à la pente de ses rêveries ou de ses obsessions. C’est un rôdeur, un chiffonnier de la ville, que le monde social ne laisse pas en répit. Qu’est-ce qu’être un individu dans une société de masse ? Après avoir épousé la foule, Baudelaire se retire dans ses vers.
C'est un Baudelaire de la "pensée vivante" (Pierre Pachet) qui émerge dans l'extraordinaire souplesse de sa phrase poétique, capable de suivre les ondulations du désir comme de restituer les chocs du temps. Mais ce sens de l'oscillation et de l'aléatoire surgit surtout, comme à l'état brut, dans ses Journaux intimes et Carnets, avec la liste de ses projets irréalisés.
Dans un monde qui va finir, Baudelaire apparaît alors comme l'auteur de "fusées pensantes" (Pierre Pachet), c'est-à-dire d'idées fulgurantes qui ont donné quelques morceaux de bravoure dont le sens résonne encore pleinement aujourd'hui.
Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Christine Lecerf et Jean-Claude Loiseau.


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Qu'est-ce qu'un bon robot ? Comment devrait-il se comporter dans une situation délicate et dans quelle mesure les théories morales traditionnelles peuvent-elles se traduire en algorithmes ?
Le chercheur Martin Gibert nous introduit ici à l'éthique des algorithmes en s'interrogeant sur la meilleure manière de programmer un agent moral artificiel.
Il soutient que c'est l'éthique de la vertu qui, combinée à cette technique d'Intelligence Artificielle qu'est l'apprentissage supervisé, semble la plus apte à donner des robots fiables, neutres sur le plan métaéthique, et dignes de confiance.


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Depuis que les hommes ont une bouche pour parler et des oreilles pour entendre, autrement dit depuis qu'ils échangent des messages, ils ont compris qu'il est possible de tirer avantage du flou propre à la plus innocente des informations ; que, l'aloi de vérité qui y est compris n'étant ni fixe ni garanti, il n'y a rien de plus facile que de joindre à l'approximation involontaire la tromperie délibérée.
Cette échange entre Vladimir Volkoff, Jean-Claude Valla et Alain de Benoist, permet de se faire une idée de l'actualité de la désinformation et doit nous permettre d'avoir un nouveau regard sur l'information, quelle que soit sa source, et de se prémunir contre une arme dont les victimes se comptent par millions...
La désinformation, dont n'importe qui peut être un agent à son insu, reste une donnée majeure de notre temps.
Un échange modéré par Grégory Pons.


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Depuis le début du vingt-et-unième siècle, le venin antisémite et les attaques violentes contre les Juifs ont (re)commencé à se propager. Il ne s’agit pas d'une aberration historique. Ce qui les alimente, ce sont la crise actuelle du capitalisme et l'éclatement de "l'ordre" impérialiste issu de la seconde guerre mondiale, qu'on appelle "globalisation" depuis quelques décennies.
À chaque tournant de l'histoire, depuis l'Antiquité et le féodalisme jusqu'à la montée du capitalisme et, depuis un siècle, l'agonie de l'impérialisme, les Juifs ont été victimes de persécutions. Y compris lors du génocide qu'Hitler appelait froidement la "solution finale".
Pourquoi la haine des Juifs continue-t-elle à montrer son visage hideux ? Quelles en sont les racines de classe ? Pourquoi n'y a-t-il "pas de solution à la question juive sous le capitalisme, ni de solution aux autres problèmes auxquels fait face l'humanité", sans luttes révolutionnaires qui nous transforment à mesure que nous luttons pour transformer notre monde ?


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Si Thomas Edward Lawrence (1888-1935) a été tour à tour archéologue, explorateur, agent secret, combattant, stratège, diplomate, écrivain et poète, ces activités n'ont été que les manifestations extérieures et successives d'une même obsession, d'un rêve éveillé. Un rêve de bâtisseur d'empire qui a poussé l'auteur du célébrissime Sept piliers de la sagesse sur les routes de l'Orient, d'Oxford au Caire et de Djeddah à Damas.
Lorsque ce rêve s'est brisé, lorsqu'il a estimé trahie par son propre pays et par les Alliés la révolte arabe à laquelle il s'était voué, il ne lui est plus rien resté que le désespoir, l'avilissement et cette implacable volonté d'autodestruction au terme de laquelle la mort est venue le fracasser au guidon de sa motocyclette.
Une vie obsedée par une idée.
Émission "Une vie, une oeuvre", produite par André Velter.


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Alliés à l'islamo-gauchisme, les "décoloniaux" ont entrepris de déconstruire la France au moyen d'un terrorisme médiatique et intellectuel sans précédent. Ce n'est pas de "séparatisme" qu'il s’agit. Ils ne veulent en effet pas faire sécession. Ils bénéficient de tant d’avantages dans cette France qui les accueille, les nourrit, les loge, les soigne, les éduque… et qu'ils haïssent…
Leur but est d'invertir la France. Pour ensuite la soumettre en lui imposant des normes raciales, philosophiques, culturelles, sociales, politiques, historiques, alimentaires, vestimentaires, artistiques, sexuelles et religieuses qui, toutes, vont à l'encontre de sa nature profonde.
En pleine déroute intellectuelle, acculés dans l'impasse idéologique des "droits de l'homme", du "vivre ensemble", du "pas d'amalgame" et du sépulcre phraséologique de la "laïcité", les dirigeants français sont désarmés face à cette entreprise de subversion et de conquête, unique dans l'Histoire millénaire de ce pays.
Quant aux indigènes français, sommés de débaptiser leurs rues, de dépouiller leurs musées, de renier leur Histoire, d'abattre leurs statues, et, quasiment, de devoir s'excuser d'exister, ils ont le choix entre la "soumission" et la réaction.
Or, cette dernière passe par la totale remise en question du corpus idéologique dominant, terreau sur lequel se développent et prospèrent les pensées invasives qui veulent faire de la France autre chose que la France…
Émission "Vendredi c'est PYR !", animée par Pierre-Yves Rougeyron et Maxime Logerot.


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Benedetto Croce est un philosophe, historien, écrivain et homme politique italien, fondateur du Parti libéral italien. Continuateur de la pensée de Hegel, influencé par Antonio Labriola, mais proche également de Giambattista Vico et de Wilhelm von Humboldt, il s'opposa au fascisme et à l'engagement de son ancien collaborateur Giovanni Gentile. Son opposition opiniâtre au naturalisme et au scientisme positiviste l'amena très tôt à condamner la pensée raciale et les différentes formes du racisme. Les thèmes principaux de son œuvre sont l'esthétique et la philosophie de l'histoire (dite aussi historicisme). Il rapprocha l'esthétique de la philosophie du langage.
En politique, Benedetto Croce fut ministre de l'Instruction publique en 1920-21 dans le cabinet du libéral Giovanni Giolitti, ministre sans portefeuille des gouvernements du CLN et, devenu président du Parti libéral italien par lui fondé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il fut élu à l'Assemblée constituante de la République italienne (25 juin 1946 - 31 janvier 1948).
Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Pascale Lismonde.


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L'avènement de "l'individu total", de celui qui ne doit rien à la société mais peut en revanche tout exiger d'elle, construit une société de "l'immonde", caractérisée par la disparition de la limite reconnue collectivement. Le fait de nous être libérés à juste titre des carcans du patriarcat et du religieux nous a laissés croire que nous n'avions plus à nous soucier de la construction de la réalité psychique, que nous serions d'emblée des êtres libres et autonomes. Notre fascination pour les progrès scientifiques et technologiques nous a rendu sourds et aveugles à ce qui fait notre humaine condition.
Pourtant, nous sommes et restons des êtres de langage - des parlêtres - forcément dépendants des premiers autres, souvent les parents, et de la société dans laquelle nous vivons, et à partir desquels nous nous construisons comme sujets, et non comme des individus autonomes, voire autoengendrés.
Jean-Pierre Lebrun analyse les conséquences - sur la vie psychique, la vie politique, la clinique, l'éducation - de cet individualisme exacerbé qui a déconnecté le citoyen de son implication dans le lien social. Il montre la place que les psychanalystes ont aujourd'hui encore à tenir, alors que le risque d'une aliénation sociétale, qui se méconnaît elle-même, est sans précédent dans l'Histoire.


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Plus que jamais la question du bien-être est au cœur de nos vies et de nos préoccupations : mais quel rôle lui donne-t-on vraiment dans nos vies personnelles, professionnelles et plus largement dans notre société ?
Le sociologue Alain Ehrenberg nous propose une réflexion nous invitant à saisir le grand bouleversement de l'individualisme comme une condition de l'entrée dans la société actuelle, posant alors la valeur de l'autonomie comme un horizon d'attente commun.
Une conférence organisée par l'Institut de recherches cliniques de Montréal qui s'inscrit dans le cadre de la série de conférences en éthique de la santé 2021 : "Bien-être, santé et épanouissement humain".


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Entre Europe et Asie, l'Ukraine peine à se choisir un camp tant son histoire, sa géographie et ses intérêts géopolitiques s'opposent sur bien des plans.
L'essayiste et géopoliologue Xavier Moreau revient sur la trajectoire d'un Etat en crise mais au potentiel important, ce qui fait de l'Ukraine un acteur majeur des enjeux internationaux contemporains.


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Dès l'âge de 26 ans, Antoine de Saint-Exupéry transporte le courrier vers le Sénégal pour la compagnie Latécoère, la future Aéropostale. Avant même de rejoindre l'Amérique du Sud, l'aviateur publie déjà ses premiers romans.
Vol de nuit, empli de camaraderie et de sens de la mission à accomplir, connaît un grand succès et remporte le prix Fémina. Devenu reporter et écrivain, il publie Terre des hommes, une oeuvre humaniste, avant d'être engagé dans l'armée de l'air en 1939.
"On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux", c'est le secret du plus enchanteur des voyageurs interplanétaires. Il nous apprend à dessiner des moutons, mais également à apprivoiser les renards, les businessmen, les vaniteux, et à célébrer les allumeurs de réverbères.
C'est en pleine guerre, en 1943, que l'aventurier donne naissance à son si touchant Petit Prince, illustré de ses propres aquarelles. Sa frêle silhouette à l'éternel cache-nez d'or, aux boucles blondes, et sa désarmante simplicité apparente vont conquérir le monde entier, lui qui avait pourtant atterri en plein désert "à mille milles de tout lieu habité".
Une des facettes moins connues du poète-aviateur est celle de l'inventeur. Tirant des leçons de ses expériences en vol, il cherche sans cesse à améliorer les engins aériens. L'esprit en effervescence, il griffonne des calculs et compose des schémas en marge de ses manuscrits ou sur les nappes en papier des bistrots.
Sa disparition en vol le 31 juillet 1944 est longtemps restée mystérieuse, avant qu'on ne retrouve au large de Marseille sa gourmette, l'épave de son avion, et enfin le pilote allemand qui l'a probablement abattu. Après sa mort, les fragments de son dernier livre, une méditation initiatique inachevée, sont publiés sous le titre Citadelle. Il y écrit : "Car ce poète, un soir auprès du feu dans le désert, racontait simplement son arbre."
Émission "Toute une vie", produite par Lydia Ben Ytzhak.


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La guerre froide a effrayé la planète pendant un demi-siècle. En 1989 puis en 1991, le rideau de fer est tombé. Dès lors, prédisait-on, le monde serait plus sûr, plus démocratique.
Mais y'a-t-il jamais eu de véritable menace soviétique ? La guerre froide a-t-elle été autre chose qu'une création américaine dans laquelle les européens se sont fait embobiner pendant plus de 50 ans ?
Il est plus que temps de rembobiner cette séquence historique et de la repasser avec un regard neuf et déuné d'a priori.