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Des années durant, l'écrivain Yves Pagès a glané toutes sortes de statistiques, notant dans un carnet des centaines de pourcentages. De ce vertigineux inventaire, il a fait un livre étrange qui, entre jeu littéraire à la Raymond Queneau et réflexions philosophiques à la Theodor Adorno, reconstitue par fragments le tableau d'une société infestée par une vision comptable du monde.
Difficile de rompre la glace du monstre statistique, d'échapper à ses ordres de grandeur qui prétendent tout recenser de nos faits et gestes, quantifier nos opinions, mettre en coupe réglée nos vies matérielles. Sous emprise comptable, chacun se sent casé d'office, sondé de bas en haut, pris au piège.
Mais alors, comment nous soustraire au grand dénombrement ? Un OVNI littéraire, aussi malicieux que réjouissant, que nous présente son écrivain.
Une rencontre animée par Sophie Joubert.


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Astre noir de la littérature, cultivant le paradoxe et la provocation, Guy Debord demeure aujourd'hui plus célèbre et fascinant encore que de son vivant.
Son œuvre, dont le titre le plus connu est La Société du spectacle, ouvrage prophétique, a trouvé des millions de lecteurs dans le monde.
Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Matthieu Garrigou-Lagrange.


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Physicien et philosophe des sciences, Etienne Klein nous interpelle et pointe du doigt un comportement qui a envahi les discussions à l'occasion de la crise sanitaire : l'ultracrépidarianisme, soit le comportement consistant à donner son avis sur des sujets à propos desquels on n'a pas de compétence crédible ou démontrée. Ainsi, dans son opus Le goût du vrai (Tract Gallimard, 2020), il nous invite à prendre du recul sur les flots de paroles "d'experts" qui ont nourri l'inculture ambiante ces derniers mois.
Comment l'approche de la médiation scientifique doit-elle évoluer ? Comment le discours de médiateur peut-il armer le publics face au manichéisme ambiant des réseaux sociaux et des médias ? Faisons-nous bien la différence entre science et recherche ? Entre vérités scientifiques établies et opinions ?
Il est urgent de se poser ces questions pour que la culture scientifique technique et industrielle arme les citoyen d'un minimum d'esprit critique.


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Par delà l'actualité, Pierre-Yves Rougeyron et Georges Kuzmanovic nous livrent leurs vues sur la société française, la géopolitique, et les raisons de leur combat.
Tous deux souverainistes de longues dates, leur positionnement politique n'entrave pas le dialogue. Une initiative qui favorise le débat et la compréhension mutuelle entre les souverainistes de tous bords.
- 0'00'00 : Présentation
- 0'06'50 : Fractures Françaises
- 0'44'50 : La France et le Monde
- 1'14'38 : Pourquoi Combattre ?
- 1'40'55 : Si la France était un livre


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Ni homme politique, ni homme d'Etat, Raymond Aron disait de Max Weber qu’ "il a été, toute sa vie, passionnément soucieux de la chose publique, comme si la fin ultime de sa pensée aurait dû être la participation à l'action."
Alors, comment le fondateur de la sociologie politique concevait-il... la politique ?
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Géraldine Mosna-Savoye.


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La volonté d'effacer la figure de Colbert le confirme : juger le passé à l'aune de la morale d'aujourd’hui, c'est s'interdire de le comprendre et se donner bonne conscience à peu de frais.
C'est donc en compagnie de l'historien et écrivain Jean-Christian Petitfils que nous revenons sur deux épisodes du règne de Louis XIV que nous trouvons aujourd'hui choquants afin de tenter de les comprendre : le Code noir et la révocation de l'édit de Nantes.
Émission des "mardis de la mémoire", animée par Anne Collin et Dominique Paoli.


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Par la modestie de ses origines, ses brillantes études, sa rectitude morale, ses engagements intellectuels et politiques entre socialisme et catholicisme de progrès, sa mort héroïque au combat le 5 septembre 1914 à quarante-et un ans, Charles Péguy est l'une des figures les plus intransigeantes que la France ait produites.
Séduisant, irritant, poète inspiré et polémiste redoutable, il a laissé, après quinze années d'une activité intellectuelle et littéraire intense, une empreinte ineffaçable chez ses contemporains et pour la postérité.
À le suivre, on croise également les personnalités politiques majeures de son époque et on décèle.
Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Catherine Soullard.


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Le travail d'Yves Tissier nous permet de comprendre le processus historique qui, en un peu plus d'un siècle, a transformé le paysage politique du monde germanique.
De la fin du XVIIIe au début du XXe siècle, le monde allemand est passé d'une nébuleuse d'Etats moyens, petits ou minuscules, à un ensemble bipolaire : Empire allemand et Autriche. Ce sont les conséquences de la Révolution française, des ambitions de Napoléon, enfin de la rivalité entre l'Autriche et la Prusse ; cette dernière l'emporta et unifia le monde allemand autour d'elle-même, tandis que l'Autriche en était évincée.
C'est au processus historique d'unification de l'Allemagne que nous assistons, où sont également relatés les circonstances de ces événements, ainsi que les mentalités, raisonnements et comportements des différents acteurs.
Émission du "Libre Journal du soir", animée par Dominique Paoli.


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Le philosophe Roger Scruton, récemment -et trop tôt- disparu, est un intellectuel reconnu dans le monde anglo-saxon, fervent défenseur du conservatisme.
À ce titre, il mérite d'être (re)découvert par le public francophone sachant que celui qui a grandement participé à la renaissance du conservatisme britannique savait aussi jeter un œil perspicace sur le malaise occidental. Sans oublier qu'il passa du temps en France, notamment pendant les révoltes de mai 68, ce qui lui permit de se frotter aux intellectuels alors à la mode et d'affuter sa vision du monde, enracinée dans une philosophie de la gratitude.
Émission "Les idées mènent le monde", animée par Mathieu Bock-Côté.


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Nous plongeons ce matin dans l'époque d'Edo (1603-1867) durant laquelle l' "esprit de plaisir" s'épanouit au Japon, marqué par une sexualité débridée et des mœurs désinhibées. L'arrivée des Occidentaux à la fin du XIXe siècle corsètera le désir et bridera l'imaginaire érotique. À mi-chemin de la grivoiserie et de la pudibonderie, c'est donc de l'érotisme et de la sexualité au Japon que Pierre-François Souyri vient nous parler.
Il y a déjà belle lurette que l'historiographie la plus savante n'hésite pas à aborder des domaines qui auraient paru extravagants à la Sorbonne d'autrefois. Et à condition de considérer le sujet d'étude selon les mutations qu'il a pu connaître dans la longue durée des siècles, celui-ci a beaucoup à nous dire sur les équilibres et les déséquilibres successifs d'une société, selon les époques, entre la tolérance et la répression, entre les pratiques et les rêves, entre le dissimulé et l'ostensible.
Cela est fait, naturellement, depuis notre continent et nous invite à comparer ces deux mondes. D'abord parce que l'histoire comparative est en elle-même stimulante. Ensuite parce que l'influence des pays occidentaux, après qu'ils ont forcé l'ouverture de l'archipel, dans la décennie 1850, comme après l'effondrement de 1945, a été grande, à cet égard comme à d'autres. Mais sans qu'elle efface en profondeur l'originalité des comportements japonais dans le domaine du sexe et de l'amour.
Concordances et différences sont ainsi abordées de manière aussi spatiale que temporelle. En route donc, allègrement, vers ces rivages lointains.
Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.


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Normalien et énarque, Arnaud Teyssier élabore une œuvre majeure, consacrée à l'histoire de l'Etat et à l'histoire de Ses grands serviteurs.
Le dernier ouvrage en date qu'il vient de publier porte sur les relations entre le général de Gaulle et Georges Pompidou. Relations énigmatiques, tant le caractère et l'itinéraire des deux hommes sont différents. À la Libération, Georges Pompidou sera l'un des collaborateurs très appréciés du Général, au sein du gouvernement puis au RPF. Après 1958, de Gaulle rappellera Georges Pompidou auprès de lui puis en fera son Premier ministre.
Arnaud Teyssier fait revivre l'histoire du gaullisme, évoque l'enjeu de la Participation et explique les institutions de la Ve République, telles qu'elles ont été comprises et animées dans les dix années de la République gaullienne.


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Du Colloque Lippmann à la création de la Société du Mont Pèlerin, le concept de néolibéralisme est loin d'avoir connu un parcours unifié et homogène. Les penseurs qui en furent à l'origine ont interrogé la place à donner à l'Etat dans la régulation de l'économie, source de nombreux désaccords.
Compétitif, entrepreneur ou contrôlé ? La théorie néolibérale produit également un certain type d'individu. Celui-ci peut-il échapper aux logiques de cette nouvelle rationalité ?
Enfin, les grandes vagues de dérégulation des années 1980 et 1990 ont nourri, en Europe, l'idée d'un désengagement de l'Etat. Dans ce contexte, le modèle français d'Etat-providence, fruit d'une histoire et d'une tradition politique particulières, est-il menacé ?
Autant de questions auxquelles plusieurs spécialistes reconnus de la question tentent d'apporter des réponses convainquantes.
Émission "Entendez-vous l'éco ?", animée par Tiphaine de Rocquigny.