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Il devient salutaire de quitter la pression des événements médiatiques pour scruter les cieux littéraires. Ne se privant pas d'une critique acerbe contre nos écrivains contemporains, ces auteurs qui "jouent au Lautréamont portant cache nez et pantoufles", cet entretien en compagnie du critique littéraire Juan Asensio, centré sur son dernier ouvrage Le temps des livres est passé, nous permet de déceler quelques bribes de son exigence littéraire.
Loin de s'inscrire dans des discussions byzantines à propos des grands auteurs, sa critique est d'un style unique, alliant flamboyance et érudition. Entre Paul Gadenne, Bernanos et László Krasznahorkai, nous assistons à une suite d'éloge des grands écrivains à lire et à relire.
Longue vie au Stalker et longue vie aux petites petites structures qui se battent pour faire revivre la grande littéraure et qui soutiennent et la préservent par là un certain esprit Français !


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Écrivain de l'époque édouardienne, Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) est un écrivain prolifique, essayiste, auteur de poèmes, de biographies, d'articles, de nouvelles policières. Et alors que deux essais de Chesterton, Hérétiques et Orthodoxie, viennent d'être réédités, ce sont deux inconditionnels de l'oeuvre qui viennent nous en parler.
Dans ce débat à teneur philosophique, le philosophe Jacques Dewitte et le journaliste et écrivain Basile De Koch parlent de ce qu'ils doivent à l'oeuvre de l'écrivain anglais Chesterton.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Ecrivain et journaliste, Romain Migus nous partage son point de vue sur le Venezuela, pays dans lequel il a vécu une dizaine d'années, tant du point de vue intérieur qu'au niveau de ses relations internationales.
Spécialiste des révolutions latino-américaines et de la guerre médiatique, ses prises de position détonnent avec les commentaires habituels des médias institutionnels.
Émission "Entretien de la Quarantaine", animée par Pierre-Yves Rougeyron.


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Depuis la fin du XXe siècle, des signaux d'alarme écologique ne cessent de clignoter : réchauffement climatique, destruction exponentielle de la biodiversité, déforestations accélérées, "plastification" des océans... Pourtant, les défenseurs de la cause écologique peinent à convaincre l'ensemble de la société ainsi que les décideurs économiques et politiques de la nécessité d'un changement urgent de modèle.
À gauche comme à droite, les réticences aux décisions radicales sont nombreuses, même et surtout quand c'est le contraire qui est proclamé. Dire que tout change pour que rien ne change semble une position partagée par beaucoup. Pourquoi en est-il ainsi ?
Tenter d'y répondre, c'est commencer par refuser les slogans simplistes et accepter la patiente anamnèse qui consiste à remonter aux sources des idéaux productivistes, aux idées de ses partisans et de ses détracteurs, afin d'essayer de penser une cité écologique.
Une conférence introduite par Léon Wisznia.


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L'idée de progrès était une idée doublement consolante. D'abord, parce qu'en étayant l'espoir d'une amélioration future de nos conditions de vie, en faisant miroiter loin sur la ligne du temps un monde plus désirable, elle rendait l'histoire humainement supportable. Ensuite, parce qu'elle donnait un sens aux sacrifices qu'elle imposait : au nom d'une certaine idée de l'avenir, le genre humain était sommé de travailler à un progrès dont l'individu ne ferait pas lui-même forcément l'expérience, mais dont ses descendants pourraient profiter.
En somme, croire au progrès, c’était accepter de sacrifier du présent personnel au nom d'une certaine idée, crédible et désirable, du futur collectif. Mais pour qu'un tel sacrifice ait un sens, il faut un rattachement symbolique au monde et à son avenir. Est-ce parce qu'un tel rattachement fait aujourd'hui défaut que le mot progrès disparaît ou se recroqueville derrière le seul concept d'innovation, désormais à l'agenda de toutes les politiques de recherche ? D'où vient que l'avenir a pris la figure de l'ennemi et non plus celle de l'ami ?
Émission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.


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Les travaux de René Girard ont remis l'anthropologie religieuse au goût du jour. Son apport à l'intelligence de la foi chrétienne est considérable : en montrant comment la Passion du Christ dévoile les ressorts de la violence constitutive des sociétés, Girard a éclairé la singularité des Évangiles par rapport aux mythes fondateurs de la culture humaine.
L'un des bénéfices de cette lecture des Évangiles est de souligner la cohérence entre la prédication du Royaume et la signification des circonstances de la mort de Jésus. Plus largement, elle permet de lire les textes bibliques comme la découverte progressive de la non-violence de Dieu.
Alors, en quoi le christianisme est-il une religion du livre ?
Émission "Présence protestante".


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Il est aujourd'hui admis que le "système totalitaire" a prétendu, au XXe siècle, réaliser les lois de la nature dans le nazisme ou accomplir les promesses de l'histoire avec le stalinisme. Avec le totalitarisme moderne, l'idéologie se fait fort de donner un sens aux événements, elle en fournit une explication sans faille.
Le professeur de philosophie Victor Sarkis revient ici en détails sur la notion de "totalitarisme" pour en montrer les manquements et les aveuglements, produits d'un concept à l'abstraction peccamineuse.


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Que sait-on vraiment de Karl Marx ? Le XXe siècle a été le siècle du marxisme sans Marx. Le XXIe siècle sera-t-il celui de Marx sans le marxisme ?
Avant d'être statufié, saccagé puis oublié, Marx a été poète et amoureux dans l'Allemagne romantique. Vibrant d'espoir dans le flux et le reflux des révolutions européennes. Plongé à corps perdu dans l'antre du Capital. Et imaginant, dans ses vieux jours, le monde qui est aujourd'hui le nôtre. Un Marx inconnu.
Une série documentaire produite par Christine Lecerf.


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Il est courant de déplorer le déclin de la souveraineté de l'État-nation, qui semble devoir être aujourd'hui supplantée par la puissance du capital mondial. Restaurer la verticalité de l'État et son autorité serait ainsi la seule voie pour contester le globalisme néolibéral. C'est contre cette illusion, encore trop répandue à gauche, que Pierre Dardot nous introduit aux travaux qu'il a mené avec Christian Laval sur l'histoire complexe et singulière de l'État occidental moderne, depuis sa naissance à partir du modèle de l'Église médiévale jusqu'à son rôle actuel d'État-stratège dans la concurrence mondiale.
Comprendre les aléas et les détours de cette construction, c'est mettre à nu les ressorts d'une domination sur la société et sur chacun de ses membres qui est fondamentalement de l'ordre de la croyance : les "mystères de l'État", le culte de sa continuité qui oblige ses représentants par-delà leur succession, la sacralité dont ces derniers aiment à s'entourer dans l'exercice de leurs fonctions, autant d'éléments qui ont pu changer de forme, mais qui demeurent au principe de sa puissance. En retraçant cette généalogie, il s'agit pour Pierre Dardot de montrer que l'on ne peut répondre aux défis de la mondialisation capitaliste et du changement climatique sans remettre en cause cet héritage. Car l'invocation de la souveraineté "nationale" est devenue l'alibi de l'inaction climatique et de la perpétration des écocides.
Pour affronter ces enjeux globaux, il est indispensable de s'attaquer à un tel régime d'irresponsabilité politique qui dispense les gouvernants de rendre des comptes aux citoyens. C'est dire qu'il faut ouvrir la voie à un au-delà de la souveraineté étatique.


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Ancien colonel, docteur en sciences politiques, spécialiste du renseignement et de la réflexion géostratégique, René Cagnat réside en Asie centrale, région au coeur de ses travaux.
Dans son un Le désert et la source (Cerf, 2019), il évoque l'histoire récente de la région centre-asiatique, le jeu des puissances et le djihadisme.
Il nous présente son expérience et sa réflexion à propos d'une région trop souvent laissée de côté dans l'analyse des rapports de puissance internationaux.


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Le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa poursuit son exploration de la modernité en général, et plus particulièrement notre rapport au temps. Après avoir analysé l'accélération de nos sociétés, il propose le concept de résonance pour se reconnecter au monde.
Dans son ouvrage Rendre le monde indisponible (La Découverte, 2020), il s'intéresse à la façon dont la modernité tend à vouloir tout contrôler, y compris ce dont on ne peut disposer, créant un sentiment d'univers inaccessible.
Est-il alors urgent de ralentir ?
Émission "L'Invité des Matins", animée par Guillaume Erner.


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Septembre 1959, dans un HLM de Bobigny. L'été est caniculaire et il faut quelques verres de pastis à Albert Uderzo et René Goscinny pour trouver une idée : pour son premier numéro, le journal Pilote a besoin de nouveaux personnages. Goscinny avait déjà fait parler Lucky Luke et le Petit Nicolas, voilà qu'il crée Astérix. Le plus français de tous les Gaulois a pour co-créateur un homme de 33 ans... qui en a passé 23 à l'étranger.
Car si René Goscinny est né en France, il passe sa jeunesse en Amérique. Depuis l’Argentine d'abord et à New York ensuite, la France est exotique, fantasmée. Loin de l'Europe, ce petit Français juif expatrié échappe à la guerre. Ce n'est pas le cas de sa famille restée à Paris, pour partie assassinée dans les camps nazis. Pour surmonter ce malheur, peut-être, René Goscinny choisit de faire un "métier rigolo". Le dessin d'abord. Mais ses rencontres avec Morris, Uderzo et Sempé le font devenir scénariste, l'un des plus grands de la bande-dessinée.
Et pourtant… Scénariste de bande-dessinée est un métier qui n'existe pas. La bande-dessinée elle-même est méprisée, "une sous-littérature pour diminués mentaux", dit-il.
Le voilà, le fait d'arme de René Goscinny : avec Lucky Luke, Le Petit Nicolas, Iznogoud mais surtout avec Astérix et Pilote, lui, l'amuseur professionnel, le besogneux de la futilité, a mis les bandes-dessinées dans les mains des adultes. Non pas qu'ils n'en lisaient pas avant… Mais maintenant, ils l'avouent !
C’est Goscinny qui a mis sur les rails la bande-dessinée française. C'est lui qui a découvert et a laissé s'exprimer les Moebius, Druillet, Gotlib, Brétécher, Fred, Alexis, Reiser, Cabu, Mandryka, Patrice Leconte, Mézières, Christin et autres : il serait plus facile de dresser la courte liste des auteurs de BD qui ne sont pas passés par Pilote. Il fallait bien René Goscinny et son sourire en coin pour faire passer la bande-dessinée d'art mineur à neuvième art.
Émission "Toute une vie", produite par Romain Weber.