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Depuis la guerre d'Espagne même (1936/1939), le thème de la trahison de la "Révolution" espagnole par l'URSS et les Brigades internationales fait florès.
L'antimarxisme ambiant, ravivé par la chute de l'URSS, l'a mis à l'ordre du jour permanent, entre cinéma (Ken Loach, Land and freedom, 1995, encensé par les médias occidentaux et l'establishment du Festival de Cannes) et rééditions intensives de George Orwell, idole des néo-conservateurs américains, des grands médias occidentaux et de l'extrême gauche dite "antistalinienne".
Les archives diplomatiques, militaires et policières dressent un tout autre tableau de ce qui fut, ainsi que l'avaient proclamé les défenseurs jusqu'au bout de la République espagnole assaillie par le Reich hitlérien et le fascisme italien avec le soutien de fait des "démocraties", le terrain d'essai décisif de la Deuxième Guerre mondiale.


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Il ne fait aujourd'hui plus aucun doute que l’art contemporain, depuis les débuts de la Guerre froide, participe à l'hégémonie du soft power américain. Initialement voulu comme une réponse à l'Internationale communiste, les Américains ont forgé un art planétaire ayant réussi le prodige d'accueillir dans son giron les avant-gardes européenne et russe.
Le conceptualisme d'un Duchamp a été le socle à partir duquel va s'ériger un art contemporain international qui serait le pendant d'une dématérialisation de la valeur propre à l'économie capitaliste : "L'art et la monnaie vont devenir progressivement des valeurs strictement scripturales, financières, conceptuelles."
À la globalisation économique correspondrait une globalisation culturelle ; la géographie de l’art contemporain correspondant en grande partie à celle du pétrole et des grandes places financières.
Mais contrairement à sa consœur, Aude de Kerros parie davantage sur l’échec de cet art global dont le journalisme d'art ferait la promotion, pour miser sur le renouveau d'arts plus locaux ou civilisationnels tels que ceux de la Chine ou du Japon.
Émission du "Libre Journal de la crise", animée par Laurent Artur du Plessis.


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Instigateur au XVIIe siècle de la modernité politique, le philosophe Thomas Hobbes fut le premier à dévoiler le lien indissoluble entre souveraineté populaire et pouvoir d'Etat. Son credo épistémologique était : "La raison est le pas, le progrès de la science la route, et l'avantage du genre humain le but".
Autant admirées que violemment combattues, ses oeuvres politiques finirent parfois au bûcher par suspicion de propager l'athéisme. Aujourd'hui encore, les idées reçues sur l'auteur du Léviathan sont nombreuses et son matérialisme fragmenté et dénaturé.
Lilian Truchon restitue d'une façon totalement inédite la cohérence de la pensée de ce philosophe, articulée en trois temps comme elle fut conçue à l'origine : le corps, l'homme et le citoyen. Hobbes reste d'actualité non seulement pour penser de façon réaliste le rôle de l'Etat mais aussi pour comprendre le passage dialectique entre le naturel et l'artificiel, entre la nature et la civilisation, sans faire appel à une métaphysique de la rupture et des commencements absolus.
C'est aussi l'occasion de proposer une juste évaluation du "matérialisme mécaniste" à l'âge classique, de repenser les rapports classiques entre liberté et nécessité, et enfin de présenter, sans la mutiler comme c'est souvent le cas, la théorie de l'Etat chez Marx et Engels, les deux penseurs majeurs qui ont envisagé en matérialistes le rôle de l'institution étatique à la suite de Hobbes.


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Au pays de Descartes et des Lumières, la pensée unique a régné en maitre. Inutile de débattre avec les Brexiters : ce n'est qu'une bande de bonimenteurs, porteurs d'un projet hérétique... "Seuls, on est foutus", affirme Michel Barnier. Mais parce qu'ils savaient que c'était (im)possible, les Brexiters l'ont fait. Nouveau coup de Trafalgar. Bruxelles et ses alliés de part et d'autre de la Manche ont usé de tous les stratagèmes pour ne pas laisser filer Albion... à l'anglaise. Peine perdue.
Déçus mais vite remobilisés, les europhiles continuent à s'arc-bouter sur l'idée que "la petite ile désormais isolée" va s'affaiblir sur les plans économique et géopolitique : "Tant pis, ils l'auront bien cherché"... Eh bien oui, les Britanniques l'ont voulu et ils l'ont eu, leur clean Brexit, arraché de haute lutte, tel l'incroyable Hulk, s'en amusa Boris Johnson. Aux "les Britanniques finiront par revenir", répondent les "plus jamais" !
Pourquoi le Leave a gagné ? Qui sont ces Brexiters et quelles batailles épiques ont-ils remportées ? Le Royaume va-t-il vraiment s'émanciper, et rester Uni ? Quel peut être l'impact économique effectif du Brexit, au-delà des effets d'annonce ? Le pari de la mise en oeuvre du Global Britain est-il crédible ? Sera-ce un paradis libéral ou le retour du One Nation Conservatism, modèle britannique du gaullisme social ?
L'économiste et maitre de conférences Jean-Michel Salmon nous propose une contre-analyse approfondie de cette formidable bataille pour la démocratie !


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Théoricien littéraire fasciné par les sciences sociales, né en Avignon en 1923, René Girard est l'un des grands penseurs de la deuxième moitié du XXe siècle. Il a fondé sa pensée sur les écritures saintes, autant lues que les grands classiques de la littérature (Proust, Stendhal ou Dostoïevski).
Il est spécialement connu pour son concept de "désir mimétique" qu'il définit ainsi : "c'est toujours en imitant le désir de mes semblables que j'introduis la rivalité dans les relations humaines et donc la violence". Pour lui, la Bible est une immense entreprise pour sortir l'homme de la violence.
Cette émission nous invite à découvrir la pensée de cet archiviste-paléographe de formation qui était installé depuis 1947 aux Etats-Unis.


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L'historien Arnaud Imatz, spécialiste de l'histoire espagnole, nous présente les conditions dans lesquelles s'est formée la "légende noire" espagnole, compilation d'idées reçues, de mensonges et de préjugés qui ont largement contribué, depuis plusieurs siècles, à une méconnaissance des réalités espagnoles de ce côté des Pyrénées.
Il revient en particulier sur les questions de l'inquisition espagnole et de la conquête des Amériques sur lesquels beaucoup de contre-vérités sont encore coloportées. Dans quel but ?
Émission "Parole et pensée", animée par Jean-René Ladmiral.


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Né le 11 novembre 1821 et mort le 9 février 1881, l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski, au travers de ses oeuvres, a marqué l'histoire de la littérature. Ses ouvrages sont emprunts de questions métaphysiques et interrogent l'existence de Dieu.
Opposé au régime impérialiste russe, il est arrêté puis condamné à mort, sa peine sera commuée en travaux forcés dans un bagne de Sibérie. Cet épisode, qui marqua profondément sa vie, aura une grande influence sur le reste de son oeuvre.


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C'est en partant du livre d'Andreas Malm La chauve-souris et le capital. Stratégie pour l'urgence chronique (La Fabrique, 2020) que les deux intervenants nous conduisent aux racines du capitalisme producteur de dérèglement climatique et de pandémies.
Après une analyse des racines capitalistes (déforestation, urbanisation, mondialisation) des pandémies contemporaines (coronavirus, SIDA, choléra) via l'échange écologique inégal global et ses conséquences, ce sont les propositions d'action léninistes de Malm qui sont discutées et critiquées, en contraste avec celles de Jason Moore, éco-marxiste post-dualiste.
L'affirmation de l'État comme moyen d'action collective écologiste est-elle indépassable ?
Émission "Sortir du capitalisme".



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Une société libérale est une société où dominent la primauté de l'individu isolé, l'idéologie du progrès, l'idéologie des droits de l'homme, l'obsession de la croissance, la place disproportionnée des valeurs marchandes, l'assujettissement de l'imaginaire symbolique à l'axiomatique de l'intérêt. Le libéralisme a acquis en outre une portée mondiale depuis que la mondialisation a institué le capital en tant que réel sujet historique de la modernité. Il est à l'origine de cette mondialisation, qui n'est jamais que la transformation de la planète en un immense marché. Il inspire ce qu'on appelle aujourd'hui la "pensée unique" libérale-libertaire. Et bien entendu, comme toute idéologie dominante, il est aussi l'idéologie de la classe dominante.
Le libéralisme est une doctrine philosophique, économique et politique, et c'est comme tel qu'il doit être étudié et jugé. Le vieux clivage droite-gauche est à cet égard de peu d'utilité, puisque la gauche morale, oubliant le socialisme, s'est ralliée à la société de marché, tandis qu'une certaine droite conservatrice ne parvient toujours pas à comprendre que le capitalisme libéral détruit systématiquement tout ce qu'elle veut conserver.
Alain de Benoist nous propose d'aller à l'essentiel, au coeur de l'idéologie libérale, à partir d'une analyse critique de ses fondements, c'est-à-dire d'une anthropologie essentiellement fondée sur l'individualisme et sur l'économisme - celle de l'Homo oeconomicus.
Émission "Fréquence Cartouche".


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Comment parler d'une décennie que nous avons connue ? Cela n'est pas simple, car nous y mettons de nos engagements, de nos souvenirs, de nos humeurs, de nos peines et de nos amours. D'ailleurs, qu’est-ce qu'une décennie ? Une période de dix ans bien sûr, mais quand la faire débuter ? Les spécialistes du calendrier diront : le 1er janvier 1991. Les historiens, eux, parlerons sans doute du 9 novembre 1989, quand tombe le mur de Berlin. Quand finit-elle ? Sans doute avec l'effondrement de deux tours, le 11 septembre 2001.
Entre ces deux dates, comment saisir l'impalpable, l'air du temps ? Un temps à la fois proche et lointain : rendons-nous en 1990, de la fin de tout au commencement de quelque chose.


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Est-ce que l'esprit médiéval nous parle encore ? Et d'ailleurs, quel est-il ? La chevalerie, qui l'incarne au plus haut point, est singulière à bien des égards : son éthique et sa noblesse sont des exemples de probité et de courage.
Retour sur une époque et un idéal qui doivent nous inspirer.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'17 : Pourquoi la chevalerie
- 0'03'01 : L'imaginaire médiéval
- 0'05'24 : Le contraire du monde moderne
- 0'07'03 : Les visiteurs et sa signification
- 0'09'10 : Deux visions du monde
- 0'10'45 : L'enfance de Vivien
- 0'16'20 : Les vilains coups
- 0'21'57 : Don Quichotte
- 0'25'25 : Cervantès
- 0'32'20 : La soif de chevalerie
- 0'34'54 : Qu'est-ce qu'un chevalier ?
- 0'38'40 : Engendré par l'insécurité
- 0'45'23 : Un tank grâce aux étriers
- 0'48'35 : Le monde paysan
- 0'54'35 : La féodalité et la tradition libérale
- 0'58'18 : Le pouvoir à visage humain
- 1'01'41 : Inspirations romaines et germaniques
- 1'06'50 : La chevalerie n'est pas la féodalité
- 1'11'27 : Le rôle de l'Église
- 1'18'50 : Les croisades et le sauvetage de l'Europe
- 1'28'56 : Godefroy de Bouillon
- 1'34'06 : L'enfance d'un chevalier
- 1'41'39 : Différences avec l'éducation d'aujourd'hui
- 1'46'55 : L'hygiène au Moyen-Âge
- 1'49'24 : L'histoire de Doolin
- 2'01'57 : Les 12 préceptes éducatifs
- 2'20'55 : L'apprentissage
- 2'22'19 : Le rapport au corps
- 2'25'06 : Les épreuves et l'enfance de Charlemagne
- 2'30'31 : L'entrée dans la chevalerie
- 2'35'24 : L'adoubement par les femmes
- 2'38'03 : La bénédiction chrétienne
- 2'40'50 : Le lignage qui ne doit pas fausser
- 2'42'05 : La fête
- 2'43'06 : La vie quotidienne du chevalier
- 2'44'25 : Les tournois
- 2'51'05 : Les festins
- 2'59'00 : La vitalité du Moyen Âge
- 3'01'04 : La guerre
- 3'03'15 : L'histoire de Guillaume
- 3'12'49 : Le code de la chevalerie
- 3'14'16 : I Commandement
- 3'16'53 : II Commandement
- 3'20'34 : III Commandement
- 3'22'35 : IV Commandement
- 3'25'19 : V Commandement
- 3'27'24 : VI Commandement
- 3'29'35 : VII & VIII Commandements
- 3'30'53 : IX Commandement
- 3'31'25 : X Commandment
- 3'34'14 : Conclusion


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Le béton incarne la logique capitaliste. Il est le côté concret de l'abstraction marchande. Comme elle, il annule toutes les différences et est à peu près toujours le même. Produit de manière industrielle et en quantité astronomique, avec des conséquences écologiques et sanitaires désastreuses, il a étendu son emprise au monde entier en assassinant les architectures traditionnelles et en homogénéisant par sa présence tous les lieux. Monotonie du matériau, monotonie des constructions que l'on bâtit en série selon quelques modèles de base, à la durée de vie fortement limitée, conformément au règne de l'obsolescence programmée. En transformant définitivement le bâtiment en marchandise, ce matériau contribue à créer un monde où nous ne nous retrouvons plus nous-mêmes.
Raison pour laquelle il fallait en retracer l’histoire ; rappeler les desseins de ses nombreux zélateurs – de toutes tendances idéologiques – et les réserves de ses quelques détracteurs ; dénoncer les catastrophes qu'il engendre sur bien des plans ; révéler le rôle qu'il a joué dans la perte des savoir-faire et dans le déclin de l'artisanat ; enfin démontrer comment ce matériau s'inscrit dans la logique de la valeur et du travail abstrait.
Cette critique implacable du béton, illustrée par de nombreux exemples, est aussi – et peut-être avant tout – celle de l'architecture moderne et de l'urbanisme contemporain.