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Ils ont pour nom de guerre les "Black Blocs", les antifas, les autonomes, les zadistes. Ils se définissaient hier comme situationnistes, conseillistes, luxemburgistes, marxistes libertaires, anarcho-communistes. Ce sont eux les "infiltrés", les "provocateurs", les "casseurs" qui, au sein des manifestations, affrontent les policiers, vandalisent les commerces, dégradent les monuments. Eux qui occupent et radicalisent les fronts politiques, humanitaires ou écologiques, qui ferraillent au nom des Gilets jaunes, des sans-papiers, des néoruraux, des altermondialistes. Eux qui s'emparent de chaque foyer de contestation pour en faire un axe d'insurrection. Ils forment l'ultra-gauche, cette mouvance qui se veut à la gauche de l'extrême gauche. On la croyait finie. Elle est aujourd'hui plus active que jamais.
Christophe Bourseiller nous fait découvrir l'histoire de cette nébuleuse dissidente et la géographie de cet univers militant. Il raconte la chronique secrète de cette avant-garde critique de l'idéologie mais aussi de la culture, de la pensée, des arts. Il dessine le culte de la violence révolutionnaire qui l'anime.
Un travail d'investigation éclairant qui nous permet de plonger dans une des marges de l'agitation politique.


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L'écrivain Georges Bernanos nous avait averti en 1946 dans La France contre les robots : "On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure."
Car si la modernité est une période historique définie, elle désigne également un parti-pris philosophique dont les conséquences esthétiques et politiques structurent toujours le monde dans lequel nous vivons. Cette modernité suscite néanmoins des résistances chez ceux qui, penseurs et artistes, refusent le combat qu'elle mène contre toute forme de mystère, de sacré et d'intériorité.
C'est en compagnie de Matthieu Giroux que nous partons à la rencontre de ces rebelles qui, regroupés sous le nom d'antimodernes et loin de former une école de pensée homogène, de Maistre à Guénon et de Chateaubriand à Dostoïevski, contestent l'hégémonie d'un corpus philosophique que ni la critique, ni les contradictions ne semblent épuiser.
Émission "Tu m'en liras tant", animée par Eloi de Villeneuve.


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La figure de Sabbataï Tsevi, le messie de Smyrne, hante l'histoire juive ainsi que l'histoire des mouvements apocalyptiques, d'autant qu'elle est restée très longtemps totalement inexplorée. Il fallait Gershom Scholem, grand historien de la kabbale et de la mystique juive, pour nous donner une évocation détaillée du personnage, qui, dans toute l'Europe et en Orient, apparut comme le messie.
Comment presque tout un peuple a cru à un moment à la fin du monde et s'y est activement préparé, comment le fol espoir de délivrance bouleversa les données historiques concrètes et l'ordre social ordinaire pour s'effondrer ensuite et jeter dans le désarroi le monde juif abusé, c'est la question à laquelle Gershom Scholem a tenté de répondre.
Aborder l'histoire dans l'horizon de ce qu'imaginent les hommes et non sous l'angle étriqué de leurs conditions d'existence matérielle, tel est l'apport de Gershom Scholem à la démarche historique.
Une série d'émission animée par Emmanuel Hirsch.


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Membre de l'équipe de la revue Eléments et auteur d'ouvrages sur l'économie publiés par la Nouvelle Librairie, Guillaume Travers interroge un monde d'individus plus que de communautés, subordonné à des intérêts matériels plutôt qu'à des valeurs traditionnellement spirituelles et guerrières.
Est-il permis, si ce n'est même possible, de penser un contre-modèle au capitalisme mondialisé ?
Émission "La Méridienne", animée par Lieutenant Sturm, Wilsdorf, Jean-Louis Roumégace et Alryck.

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Une question fait actuellement débat : la Chine est-elle toujours socialiste ou est-elle passée "en douceur" au capitalisme, voire comme l'affirment certains, à un "turbo-capitalisme" au cours des dernières décennies ?
Pour mettre fin à la confusion sur le sujet, le spécialiste de la Chine Bruno Guigue se fait un plaisir de battre en brèche cette vision occidentale qu'il estime être "obscurcie par les idées reçues".
- 0'02'00 : La Chine est-elle socialiste ?
- 0'11'15 : La classe capitaliste en Chine et l'économie de marché
- 0'18'52 : Il n'y a pas de modèle politique, mais la Chine est-elle un EXEMPLE dans la voie vers le socialisme ?
- 0'24'50 : La Chine, un état souverain : pas de socialisme sans souveraineté, pas de souveraineté sans socialisme.
- 0'25'30 : La Chine est-elle une Dictature ?
- 0'32'00 : Tibet, Taïwan, Hong Kong et le génocide Ouïghours
- 0'48'40 : Socialisme et intersectionnalité en Chine
- 0'49'20 : Que dire du crédit social ?
- 1'00'30 : Chine, Guerre froide, lutte contre la corruption, éthique confucéenne
- 1'04'40 : Quelle place pour l'individu, la subjectivité en Chine ?
- 1'09'40 : La Chine est-elle impérialiste ?


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L'intime est souvent distingué du privé, au bénéfice du premier : tandis que le privé fait signe vers la propriété, donc vers l'objet, l'intime renverrait au vif du sujet. Claude Habib cherche à ouvrir une perspective dégrisée en soulignant les liens de l'un à l'autre.
L'intime est apparu historiquement. Il suppose la possibilité de l'existence privée, il dépend de la paix et de la sécurité – la fraternité des tranchées n'est pas l'intimité. Il doit aussi beaucoup aux femmes qui le cultivent, en introduisant dans leurs relations, amicale ou amoureuse, quelque chose du duo de la mère et de l'enfant. Les femmes n'ont pas inventé le for intérieur ; en revanche elles ont développé l'intimité en lui conférant du prix, sans pouvoir en finir avec sa vulnérabilité. Car l'intime est sans défense.


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Rock et justice : un couple improbable. Et pourtant, les musiciens ont souvent eu affaire aux tribunaux. On y arbitre les relations tumultueuses entre musiciens, imprésarios et labels qui tournent souvent à l'avantage des producteurs et autres agents exploitant allègrement les artistes. On y organise les ruptures au sein des groupes, face aux haines qui naissent et aux séparations houleuses. Il y est aussi question de faits divers, de drogue, de sexe, de ces affaires qui font la joie des médias. Sans oublier ces petits arrangements avec la loi que s'accordent des artistes entendant suivre leurs propres règles.
Car, par sa vision transgressive, subversive, son jeu perpétuel avec les codes et les limites, le rock met à l'épreuve la société et ses institutions. Spécialiste des ces affaires, avocat et chroniqueur, Fabrice Epstein nous raconte une histoire judiciaire du Rock and Roll des années 50 à nos jours, entre petites affaires et grands scandales.
Émission "Interdit d'interdire", animée par Frédéric Taddeï.


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Après Bloc contre Bloc, où le politologue Jérôme Sainte-Marie démontrait l'état de polarisation dans lequel se trouve la France, après avoir dévoilé la genèse du bloc élitaire et éclairé les mécanismes de son pouvoir, il examine désormais la formation et l'évolution parallèle du bloc populaire.
Pourquoi son émergence ? Comment se manifeste-t-il ? Existe-t-il autrement qu'en puissance ? Quelles forces le composent ? Quelles sont les conditions de son développement ? Est-il soluble dans le "populisme" ? Peut-il surtout l'emporter électoralement et durer politiquement ?
Alliant l'investigation historique, le décryptage idéologique, l'examen sociologique et l'analyse statistique, corrigeant les idées reçues et clarifiant les approximations théoriques, Jérôme Sainte-Marie nous fait plonger, à sa suite, au coeur des classes populaires pour explorer les véritables fractures de notre société. Et décrire le retour des humbles sur la scène publique.
Un travail indispensable à l'approche des grandes échéances nationales.


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Selon le politologue Olivier Roy, nous n'avons pas affaire aujourd'hui à une radicalisation de l'islam, mais à l'islamisation de la radicalité. Depuis 1996 le phénomène est stable : le passage à l'acte terroriste concerne essentiellement la deuxième génération d'immigrés et les convertis "de souche" appartenant à la même tranche d'âge (ceux-ci n'ayant jamais souffert du racisme ou de l'exclusion). C'est donc ailleurs que dans la révolte contre des discriminations subies qu'il faut chercher les causes de leur engagement.
Pour Olivier Roy celles-ci résident essentiellement dans un commun conflit de générations où nihilisme et orgueil sont profondément liés. Fascination pour leur propre mort et jouissance de la toute-puissance conférée par la volonté de tuer leur tiennent lieu de religion. Tous ces prétendus djihadistes n'ont jamais pratiqué un islam communautaire et leur servir un "islam modéré" ne sert donc à rien car c'est la radicalité qui les attire.


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Dans les années 1930 en France, tandis que le Paris populaire résonne des bals musette déroulés par des accordéonistes italiens accompagnés de guitaristes manouches, le jazz s'impose. Venu des États-Unis, le swing s'y décline de manière typique, grâce à l'inventivité d'une poignée de musiciens manouches, guitaristes virtuoses.
Souvent résumé au seul Django Reinhardt (1910-1953), ce style est également marqué par la production d'une fratrie de Gitans, les Ferret : Baro, Sarane, et Matelo.
Émission "Juke-Box", animée par Amaury Chardeau.


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Paul Ricoeur revendique trois influences majeures : la philosophie réflexive française, la phénoménologie husserlienne et l'herméneutique philosophique. En la remettant dans son contexte d'élaboration, il s'agit ici pour Claude Romano d'interroger la cohérence du concept d'ipséité en sa dimension pathique, opposée à la conception heideggérienne qui insiste sur sa dimension transcendantale.
Car chez Ricoeur, la notion d'ipséité renvoie à une forme de fiabilité, à un savoir-exister de manière fiable pour les autres et devant les autres : cette identité-ipséité demande à être clarifiée.
Une intervention qui prend place lors du colloque "Paul Ricœur : de la phénoménologie à l'herméneutique et retour".