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Depuis une semaine, l'actualité internationale est entièrement occupée par la guerre qui fait rage en Ukraine. Et alors que les passions prennent souvent le pas sur la réflexion, les différents intervenants tentent de produire une analyse des enjeux et des perspectives du conflit.
OTAN, Ukraine, Russie, Europe : autant d'acteurs engagés dans un conflit complexe sur lequel il est plus que jamais nécessaire de poser un regard non-conforme.
Émission "La Méridienne", animée par PGL.


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Jean-Baptiste Fressoz revient sur l'ouvrage Les Révoltés du Ciel, coécrit avec Fabien Locher, dans lequel est montré que le climat a été longtemps partie intégrante des débats politiques depuis le XVe siècle. Les deux historiens discutent du rapport au changement climatique dans les sociétés occidentales entre les XVe et XXe siècles, en exposant les épisodes marquants de l'histoire scientifique, économique et politique de la perception du climat.
Partant d'une enquête lancée en 1821 par le ministre de l'Intérieur français auprès des préfets, afin de mesurer la perception de l'évolution du climat depuis la Révolution dans l'ensemble du pays, les auteurs de l'ouvrage montrent que le climat et son évolution ont toujours fait partie des préoccupations non seulement des hommes de sciences, naturalistes, botanistes ou médecins, des explorateurs, des paysans, mais aussi des hommes politiques.


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Professeur émérite de l'université, l'historien Georges-Henri Soutou est d'abord connu pour ses ouvrages de référence sur les relations internationales à l'époque contemporaine. Il vient de publier un nouveau livre aux éditions Taillandier sous le titre Europa !, consacré aux projets européens de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste.
Cette analyse renouvelée de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale permet de comprendre comment s'est organisée l'Europe de l'Ouest après 1945, en réaction contre les conceptions européennes des années trente et quarante mais aussi selon des continuités économiques, sociales et culturelles qu'il importe de préciser.


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La ville est la grande affaire de notre temps. Depuis 2008, plus de la moitié de la population mondiale vit en ville. Et nous serons probablement près de 60% en 2030. L'attraction démographique de la ville est renforcée par son dynamisme économique. Elle est devenue le lieu central de la production et de l'innovation, le cœur du système productif et de son organisation économique.
La ville contemporaine apparaît d'abord comme un mégasystème technique, le système des systèmes, l'infrastructure qui rassemble à la fois les superstructures et les autres infrastructures ou mieux encore la machine des machines qui interconnecte les différents réseaux structurant la vie urbaine.
Mais la machine des machines n'est pas un moyen de production comme un autre, du même ordre que les machines qu'elle machine. La ville donne un autre sens à la notion de machine, et c'est pourquoi elle est appelée à jouer un rôle fondamental dans la transformation productive, à partir du moment où est prise en compte la spécificité de sa conception et de son intelligence.
Une intervention qui s'insère dans le colloque "La cité au XXIe siècle".


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Suite au non-respect du protocole de Minsk par la partie ukrainienne -implicitement validé par la France et l'Allemagne, pourtant garants de l'application de l'accord-, la Russie a acté que la stabilité du continent européen était compromise.
Quelque jours seulement avant que l'Ukraine ne soit envahi par la Russie, le spécialiste du monde russe et de l'espace post-soviétique Romain Bessonnet nous donne un apperçu de l'état du rapport de forces dans la région et des parties impliquées, alors qu'une nouvelle guerre froide semble se profiler à l'horizon.


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Dans le premier chapitre du Capital, Marx caractérise l'économie vulgaire en ces termes : elle "se contente des apparences […] et se borne à élever pédantesquement en système et à proclamer comme vérités éternelles les illusions dont le bourgeois aime à peupler son monde à lui, le meilleur des mondes possibles". Et ce tout simplement parce qu'elle ne parvient pas ou renonce même à "pénétrer l'ensemble réel et intime des rapports de production dans la société bourgeoise".
Or, de même qu'il existe ainsi une apologie vulgaire du capitalisme, il en existe une critique non moins illusoire. Même ignorance radicale des rapports capitalistes de production, même fascination exercée par leurs apparences fétichistes (la marchandise, l'argent, la comptabilité nationale et ses instruments statistiques, etc.), même volonté d'en rendre compte en termes de pseudo-lois transhistoriques, même enfermement dans le cadre d’une idéologie sacralisant la propriété privée, la liberté d’entreprendre et l'égalité réduite à sa dimension juridique, qui limite du même coup ses propositions de réforme à des mesures de redistribution des revenus et de la propriété.
C’est à démontrer que Thomas Piketty en reste au niveau de cette critique illusoire qu'Alain Bihr s'emploie, tout en développant en contrepoint les éléments d'une critique radicale.
Une conférence animée par Michel Cabannes.


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Hermès, dieu des commerçants et des voleurs, porté par ses sandales ailées ? Certes, mais Hermès est bien davantage que cela. Messager des dieux, il est aussi le porteur d'un savoir divin, que des générations d'interprètes ont tenté d'approcher.
Mais cette connaissance n'est-elle pas... hermétique ? A date plus récente, la philosophie a fait grand usage de l'herméneutique, science de l'interprétation.
Rémi Soulié restitue ici la complexité de l'une des figures majeures du panthéon européen. Hermès, nous dit-il, apparaît aux moments cruciaux de l'Histoire, à l'heure où l'on a besoin de sens.


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Expert de l'économie russe, siégeant à l'Académie des sciences de Russie, Jacques Sapir possède une capacité d'évaluation de la puissance russe qui permet d'en mesurer les incontestables progrès depuis une vingtaine d'années. Sur le plan institutionnel, une réflexion approfondie du pouvoir de Vladimir Poutine permet de dissiper les nombreuses désinformations dont la Russie est la cible dans les médias occidentaux. L'évocation de la chute de l’URSS et du coup d'Etat raté (août 91) qui l'a précédé permet de rappeler comment le président Mitterrand s'est trompé sur la réussite de ce sursaut soviétique.
C'est également l'occasion de poursuivre cette exploration de l'espace russe en revenant sur les enjeux de l'occupation de l’espace sibérien par rapport aux convoitises chinoises, ainsi que le défi démographique d'une population qui peine à accueillir des enfants en grand nombre venant des anciennes républiques fédérées de l'URSS.
Un pays, un peuple et un Etat fédéral à redécouvrir, loin de la désinformation des médias occidentaux.
Émission "Politique & Eco", animée par Olivier Pichon.


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Depuis la fin du XXe siècle, le capitalisme financier triomphant a vidé les Etats de leur substance, les empêchant de remplir leur fonction de protection de leurs populations. Dans l'espace laissé vide, une violence anarchique et capillaire s'est engouffrée. N'étant plus canalisée par le monopole étatique, elle se traduit par un continuum de guerres internes se déroulant au sein même des sociétés. Ce n'est plus l'Etat, mais l'individu qui est dorénavant l'acteur de la guerre.
Bernard Wicht nous emmène ainsi sur les traces de l'autodéfense et de son articulation lorsque le citoyen n'est plus un soldat, mais un simple contribuable, autrement dit, un "homme nu" coincé entre les dérives de l'Etat-policier et le pouvoir arbitraire des nouveaux barbares (narco-gangs, groupes armés, terroristes). Il s'efforce alors de mettre en évidence les ressorts de cette autodéfense dont dépend aujourd'hui notre destin.


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Evénement considérable de ces dernières années en matière de publication philosophique en langue française, Bernard Bourgeois vient de nous livrer le premier volume de sa traduction "en français intelligible" de la Science de la logique de Hegel.
Pour celles et ceux qui éprouvent durement la "Misère de la philosophie" qui accable aujourd'hui la pensée critique et, il y a de nouveau le réconfort, pour les générations qui viennent, de pouvoir constater que la source hegelienne est loin d'être tarie.
Dans cette intervention en forme d'introduction, Bernard Bourgeois nous restitue la pensée de Hegel dans toute son "effectivité" et nous permet de mesurer son actualité en abordant quelques problématiques hegeliennes (sur l'Etat, la Nation, la dialectique de l'égalité et de la liberté, société et communauté, le sens de l'histoire, etc. ).


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Le philosophe Benoit Bohy-Bunel nous propose une analyse critique suivie de la grande oeuvre de Kant, la Critique de la raison pure. Il s'agit d'une approche matérialiste, qui n'est pas économiciste, mais qui définit la matière comme rapports sociaux concrets entre corporéités agissantes.
La démarche idéologique kantienne s'inscrit dans une dépossession du travail manuel par le travail intellectuel. Dès lors, les facultés transcendantales de Kant perdent leur universalité et retrouvent leur perspective située : c'est le sujet masculin blanc et bourgeois qui s'arroge l'universalité, pour mieux assigner les individus minorisés qui sont considérés comme étant hors culture.
La chose en soi est définissable : elle est la souffrance des individus réifiés, que Kant ne veut pas (ou ne peut pas) thématiser. La dialectique transcendantale prend alors une tout autre signification, ainsi que tout le projet critique kantien.


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Nous commençons à le voir aujourd'hui : le règne de la technique a dévasté la nature et enfermé l'être humain dans un processus autodestructeur. Mais il ne trouve pas seulement son expression dans des appareils, des usines, des écrans, des réseaux. Il est ancré au plus profond de nous-mêmes, dans notre fascination pour tout ce qui relève de l'efficacité, de la nouveauté, de la rapidité.
Mobilisant la notion de chair comme fil conducteur, les travaux récents de Daniel Cerezuelle explorent le rapport de l'homme moderne aux techniques, et montre comment il se fonde sur un imaginaire composé autant de mythes sensibles que d'idées abstraites. Cet imaginaire conduit ainsi nos contemporains à considérer comme un sacrifice le renoncement à la puissance que nous procurent les machines.
Pourtant, c'est aussi parce que nous sommes des êtres de chair que le déploiement foudroyant de la puissance technicienne a des effets désorganisateurs, voire déshumanisants. Il est donc vital d'imposer un rythme plus lent et de nouvelles orientations au changement technique. Tâche à laquelle nous sommes bien mal préparés, et dont une des premières conditions est que nous procédions à une démystification de notre imaginaire technique.