

(0)
Il analyse l'évolution politique et sociale de la France depuis une trentaine d'années ; il est à l'origine de la notion d' "archipel français", qui s'est peu à peu imposée dans le débat public pour décrire les divisions et les fractures de notre pays : c'est en fin observateur de l'Hexagone, passionné de géographie, que Jérôme Fourquet revient sur les grandes métamorphoses de la société française.
Quelques jours après les élections municipales de mars 2026, il commente les résultats de ce scrutin primordial, prélude à la bataille présidentielle. Il décrypte les recompositions politiques en cours et l'ascension des forces radicales, susceptibles de redessiner le paysage électoral à l'horizon 2027.
Face à la lassitude qui étreint la classe politique comme les citoyens, face à des institutions au fonctionnement grippé, face au tourbillon des évènements internationaux, nous lui demandons quelles sont les perspectives pour la France de demain.
Un entretien mené par Lauriane Vague.
(1)
Héritier hétérodoxe de Bourdieu, Bernard Lahire a développé une théorie de l'action dispositionnaliste et contextualiste. Cette approche accorde une égale attention à la pluralité des dispositions — leur genèse et leurs actualisations — et aux contextes de socialisation. Contrairement à la notion bourdieusienne d'habitus, les dispositions sont ici conditionnelles : modulées diachroniquement par le parcours biographique et synchroniquement par les contextes. La pratique répond ainsi à une pluralité de logiques d'action résultant d'ajustements entre situations, contextes et schèmes incorporés.
Cette perspective implique des conséquences méthodologiques : elle requiert une sociologie expérimentale attentive à la construction des objets, à l'inventivité méthodologique et à la variation des échelles d'observation.
Bernard Lahire aborde également la conciliation entre exigences épistémologiques et perspectives critiques, notamment à travers un programme empirique de sociologie dispositionnelle portant sur la domination et les activités critiques de résistance. Il s'agit d'étudier la genèse des dispositions critiques, leur diversité et leur rôle dans les processus d'émancipation — chez les artistes, militants et chercheurs critiques —, en saisissant empiriquement ce que les organisateurs nomment une "sociologie de l'intranquillité".
Une intervention dans le cadre du séminaire "Penser les marges, aspects méthodologiques", organisé par le Centre d'Études sur les Médias, les Technologies et l'Internationalisation.


(0)
Le sociologue et philosophe québécois Michel Freitag distingue, au sein de sa "sociologie dialectique", trois modes formels de reproduction : le "culturel-symbolique", le "politico-institutionnel" et le "décisionnel-opérationnel". La modernité, qui correspond au second de ces modes, est aujourd'hui en crise alors qu'il est acculé par le nouveau mode de reproduction cybernétique propre à la post-modernité.Comment devons-nous comprendre cette évolution de la société prise comme totalité à la fois réelle et subjective ?


(0)
Qu'est-ce qui inquiète dans l'enfant qui inquiète ? Dans des sociétés individualistes, l'enfant est compris comme un individu spécifique et, s'il inquiète, c'est parce que son trouble, quel qu'il soit, empêche le processus de socialisation et l'accession à l'autonomie. Pour autant, cette autonomie, si prégnante dans les projets éducatifs et thérapeutiques, n'est jamais questionnée ou définie.
Émission "Egosystème", animée par Florence Farion.


(0)
Qu'est-ce qui inquiète dans l'enfant qui inquiète ? Dans des sociétés individualistes, l'enfant est compris comme un individu spécifique et, s'il inquiète, c'est parce que son trouble, quel qu'il soit, empêche le processus de socialisation et l'accession à l'autonomie. Pour autant, cette autonomie, si prégnante dans les projets éducatifs et thérapeutiques, n'est jamais questionnée ou définie.


(0)
Penseur critique encore trop méconnu, Michel Freitag dénonce l'impasse civilisationnelle engendrée par le capitalisme et la technoscience, qui menacent l'équilibre écologique, social et culturel. Sa théorie rejette les approches purement matérialistes ou individualistes pour proposer une vision dialectique de la société, fondée sur la médiation symbolique (langage, normes, institutions).
Il distingue trois modes de reproduction sociétale : le symbolique (sociétés traditionnelles, régies par des mythes et des rites), le politico-institutionnel (État moderne, où le politique légitime les normes) et le décisionnel-opérationnel (postmodernité, où l'économie et la technocratie dissolvent le politique, réduisant la société à un "système" déshumanisant).
Pour Freitag, la postmodernité marque une rupture : l'hyper-individualisme et la logique de contrôle érodent les fondements de l' "être-ensemble". Sa sociologie dialectique, à la fois critique et normative, vise à restaurer la réflexivité collective et la solidarité, face à un monde où l'urgence écologique et sociale exige une rupture avec le modèle dominant.
Une intervention qui prend place dans le cadre du séminaire sur la théorie critique dirigé par Olivier Voirol.
(1)
Figure intellectuelle passée de Pierre Bourdieu à Pierre Nora, Nathalie Heinich prend régulièrement position sur les sujets brûlants du débat public. Contre le mariage pour tous, contre le néo-féminisme, contre l'islamo-gauchisme, contre le wokisme, elle prend parti, signe des tribunes, lance des observatoires.
En 2025, elle publie aux éditions Gallimard Penser contre son camp, un essai dans lequel elle revendique la liberté de s'opposer aux idées du milieu progressiste dont elle se revendique pourtant encore.
Ses prises de position, souvent situées à contre-courant de la gauche dite "radicale", sont ici au cœur d'un échange franc avec l'écrivain et essayiste François Bégaudeau, qui incarne une des formes de la gauche à laquelle elle s'oppose.
Émission "L'Explication", animée par Aude Lancelin.



(1)
Si les sociétés occidentales n'ont cessé d'évoluer au fil de leur histoire millénaire, la vitesse et l'ampleur des transformations qu'elles ont vécues au sortir de la seconde guerre mondiale sont sans précédent. Déferlements techniques, basculements sociaux, bouleversements idéologiques, métamorphoses des mœurs : comment penser ces mutations anthropologiques dont le "wokisme" et son ambition de rééducation populaire semble être l'ultime radicalisation ? Cette véritable révolution culturelle menée tambour battant et ses multiples implications n'ont toujours pas été pensées à leur juste mesure, civilisationnelle.
C'est ce à quoi se consacre depuis trente ans Jean-Pierre Le Goff, héritier de Claude Lefort et de Cornelius Castoriadis, sociologue et philosophe dont les multiples mais discrètes publications sur le monde du travail, la vie de village, l'héritage des années 60 ou la disparition de la Gauche, tentent de dresser le double portrait de cette France qui disparaît et de cette France qui advient.