Gabriele d'Annunzio, le poète aux ailes de feu. Avec Dominique Lormier, Muriel Gallot-Lacaze, Annamaria Andreoli, Pietro Gibellini, Carlo Montanaro, Jean-François Bossy sur France Culture.


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02.04.2006

La vie de Gabriele D'Annunzio ressemble à s'y méprendre à un grand roman d'aventures et d'amour. Enfant prodige, D'Annunzio s'impose par l'or brillant et brûlant de sa plume, dans une recherche effrénée du succès et du plaisir. Chevalier troubadour en quête d’absolu, couvert de dettes et de femmes, D'Annunzio incarne le culte du moi jusqu'au paroxysme.
Son entrée en politique fait scandale : élu de droite, il préfère siéger dans les rangs de la gauche, s'exclamant : "Je vais vers la vie !". Ses amours tumultueuses avec la Duse, son exil fécond à Paris et à Arcachon d'où naîtra Le martyr de Saint Sébastien de Debussy, son rôle majeur dans l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés des alliés, suffisent à forger la légende vivante du poète-soldat.
De cette œuvre gigantesque et protéiforme qui inclut le théâtre, le cinéma, le journalisme, émerge une veine poétique d'une extrême inventivité. Tirant les leçons du symbolisme, D'Annunzio célèbre la communion avec la nature, la femme, n'hésitant pas à entrer en polémique avec les valeurs chrétiennes dans le sillage nietzschéen du Zarathoustra.

Émission "Une vie, une œuvre", produite par François Caunac.

Bloy journaliste. Avec Pierre Glaudes sur le podcast À rebours.


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03.2019

"Je ne suis ni journaliste, ni écrivain, ni pamphlétaire, […] ni quoi que ce soit enfin, sinon le catholique Léon Bloy" : cette étonnante façon de se présenter souligne la singularité d'un romancier qui a pris pied par effraction sur la scène littéraire et médiatique.
Dans les quelque 250 articles qu'il a laissés, cet émule de Barbey d’Aurevilly pourfend les ennemis de sa foi et les mœurs d'une époque laïque qui le traite en paria. Sa plume acérée met à bas tous les grands : il ridiculise le naturalisme de Zola et la pensée historique de Renan ; il s'attaque à Barrès aussi bien qu'à Daudet. Ses pamphlets ironisent sur la démocratie, dénoncent le colonialisme, conspuent la modernité.
La truculence de Bloy et sa clairvoyance implacable ont attiré les directeurs de journaux, qui pourtant s'y sont souvent brûlés. Car s'il fut rédacteur au Chat noir, au Gil Blas ou encore au Mercure de France, il méprisait la presse avec fureur.
C'est ce rapport paradoxal à la prose journalistique que présente Pierre Glaudes, retraçant la quête d'un écrivain qui affronta l'anecdotique pour y percer à jour les signes de l'Absolu divin…

Stig Dagerman et la littérature prolétarienne suédoise. Avec Philippe Bouquet la librairie Le Kiosk à Toulouse.


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2020

Traducteur et amoureux de la littérature des auteurs prolétariens suédois, Philippe Bouquet nous présente l'écrivain révolté Stig Dagerman (1923-1954) qui laisse une oeuvre où sont disséqués le mal-être et la fausseté des rapports humains.
À 22 ans, il écrit L'île des condamnés qui retrace l'impossible liberté des êtres quand aucun ne choisit le chemin de la solidarité. C'est un texte fort où les protagonistes sont décrits au plus profond de leur solitude. Dagerman, littéralement "l'homme du jour" en suédois, a magné la plume comme une antidote contre la mort dans des récits où il met son propre malaise en scène (L'enfant brûléLe Serpent, ou la pièce de théâtre L'ombre de Mart). Militant à la SAC (le syndicat anarchiste suédois) et rédacteur pour le quotidien anarchiste Arbetaren, il perçoit vite les impasses du militantisme révolutionnaire. Il mettra fin à ses jours très jeune en analysant le suicide comme "seule preuve de la liberté humaine".
Philippe Bouquet nous parle de Dagerman et de son inscription dans le paysage littéraire suédois en croisant son histoire avec celles des êtres humains qui se battent au quotidien pour une société meilleure.

Franz Kafka (1883-1924). Avec Marthe Robert, Eduard Goldstücker, Ivo Fleischmann et Joël Askénazi sur France Culture.


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19.03.1987

Depuis la mort de Kafka, chaque mouvement de pensée de ce siècle a, jusqu'à aujourd'hui, tenté tour à tour de s'approprier et d'exclure son œuvre. En France, le surréalisme, l'existentialisme, le Nouveau Roman et le structuralisme ont marqué de leur empreinte la lecture que nous faisons du Procès ou du Château : les intellectuels communistes, et non des moindres, se demandaient, dans notre pays, s'il fallait "brûler Kafka" ; en Tchécoslovaquie, d'autres communistes, au fameux congrès de Liblice de 1963, tentaient la réhabilitation d'un auteur jusque là interdit, et donnaient le feu vert à ce qui devait s'appeler trop prématurément "le printemps de Prague".
Aujourd'hui, de nouvelles traductions de ses œuvres ont été faites. La critique essaie de se refaire, dans le mesure de ses possibilités, une "virginité" du regard, où l'ironie, l'humour noir du texte l'emporteraient sur toutes les exégèses métaphysiques du passé.
A travers ce sinueux parcours, il s'agit donc de laisser parler le texte de Kafka (son journal, sa correspondance, aussi bien que la fiction) qui n'appartient à personne et demeure ainsi le bien de tous : il s'agit alors de cheminer le long de cet itinéraire qui demeure à plus d'un titre essentiel et unique pour tous ceux que l'enjeu de l'écriture interroge et met en jeu.

Émission "Une vie, une oeuvre", réalisée par Marie-Christine Navarro et Claude Giovannetti.

François Rabelais (1483-1553), la religion populaire et l'ésoterisme. Avec Claude Gaignebet sur France Culture.


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29.10.1987

Grand folkloriste et mythologue français, Claude Gaignebet est spécialiste de François Rabelais et grand connaisseur aussi bien des traditions populaires que des sources scripturaires de l'Antiquité. Ilpropose de l'œuvre du plus grand écrivain du XVIe siècle une lecture "à plus hault sens", notamment grâce aux clefs folkloriques et calendaires qu'il a su y reconnaître : sous le masque de la facétie, Rabelais a caché dans ses livres tout un savoir ésotérique empruntant aussi bien à l'héritage pythagoricien qu'à la kabbale, et trouvant échos et prolongements dans la culture populaire, particulièrement dans les conceptions touchant à l'impureté, qu'il s’agisse de la lèpre, des menstrues ou des excréments.

Émission "Une vie, une œuvre", réalisée par Claude Mettra et Jean-Claude Loiseau.

Trash Vortex. Avec Mathieu Larnaudie à la Librairie Ombres Blanches.


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11.10.2024

Quelque chose est en train de craquer. Face à l'angoisse apocalyptique qui hante notre temps, les puissants de ce monde se préparent eux aussi à l'effondrement. Certains croient assurer leur survie en s'offrant de luxueux bunkers, d'autres capitalisent sur le désastre qu'ils ont contribué à provoquer.
Eugénie Valier, héritière déclinante d'un grand groupe industriel, se résigne quant à elle à une mort prochaine. Et puisque l'humanité court à sa perte, elle décide de démanteler l'empire érigé par son père au lieu de le léguer à son fils. L'intégralité de sa fortune ira à une fondation destinée à nettoyer les "trash vortex", ces vastes tourbillons marins qui charrient tous les déchets dérivant à la surface des océans. Mais cette mission, a priori vertueuse, sert en fait un projet de liquidation générale, auquel se mêle un inavouable règlement de comptes familial.
Avec cette satire virtuose des élites économiques, politiques, et des multiples acteurs qui gravitent autour d'elles, Mathieu Larnaudie nous emporte dans une traversée vertigineuse de notre époque, et signe le grand roman d'une civilisation fascinée par sa propre fin. Que reste-t-il à transmettre lorsque demain est incertain ?

Le progrès en littérature. Avec Pierre Poligone pour l'Université du Sur-Sault.


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10.2021

Doctorant en littérature comparée, Pierre Poligone s'interroge ici sur la notion de progrès en littérature, et pour cela s'appuyer sur des rapports faits pendant les deux siècles précédents. L'occasion également de s'interroger sur ce qu'est un chef d'oeuvre suite à la multiplication des publications et au foisonnement d'oeuvres prétendant à ce titre sur la même période.

La critique littéraire de Roger Nimier. Avec Marc Dambre à l'Université de Caen.


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13.11.2019

Surtout connu comme romancier (Les Epées, Le Hussard bleu, Les Enfants tristes, D'Artagnan amoureux...), l'écrivain Roger Nimier eut aussi dans les années 1950 une intense activité de critique littéraire.
Marc Dambre met en lumière les caractéristiques et les enjeux de cette critique (notamment recueillie dans les Journées de lecture), tout en interrogeant plus largement la démarche des écrivains-critiques et les valeurs qui sous-tendent la critique littéraire.