Voltaire antisémite. Avec Félix Niesche sur ERFM.


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01.09.2019

"C'en était fait de l'idylle entre François-Marie Arouet et moi : Adieu Zadig, adieu Candide, adieu Micromegas ! Mon ancienne admiration je l'assigne à résidence en mes plus noirs souterrains, chargée de fers. Les ricanements squelettiques venus du tréfonds de mes oubliettes me laisseront de marbre. Je resterai inflexible sur ma plus haute tour de guet antisémite. Au loin, de sombres lueurs rougeoient les murs du château de Ferney, comme s'il était un Four crématoire champêtre, du sang suinte de ses murs sous les doigts crochus du lierre, le Zyclon sue par ses fentes et ses fissures, et les bougies des grands candélabres que l'on aperçoit l'été par les croisées ouvertes, exsudent une abjecte odeur de suif."
Telle sera la condamnation sans appel que la Révélation de l'antisémitisme de Voltaire fera prononcer par Félix Niesche qui, naguère encore, louait l'élégance, la finesse et l'ironie d'une œuvre qu'il jugeait irremplaçable pour combattre l'imbécilité, la platitude, la vulgarité irrationnelle de nos temps. Mais l'antisémitisme de Voltaire passe la mesure !
La plupart de ses œuvres en sont remplies, le Dictionnaire philosophique croule littéralement sous un flot d'antisémitisme continu. Voltaire n'est pas un peu antijuif sur les bords, antijudaïque par-dessus le marché, mais il est ontologiquement, radicalement antisémite, au sens moderne du mot. Dans l'Essai sur les mœurs, il déplore que les Juifs "furent punis, mais moins qu'ils ne le méritaient, puisqu'ils subsistent encore". Donc un authentique regret qu'il n'y eût point une Shoah avant la lettre.
C’est ce Voltaire interdit que nous découvrons ici.

Émission "Pourquoi tant de haine ?", animée par Monsieur K.

"La littérature est un territoire où l'on cherche sa propre identité". Avec Claudio Magris sur France Culture.


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28.10.2017

Claudio Magris est romancier, essayiste, traducteur de Kleist, Schnitzler et Büchner, voyageur érudit, dans le temps et dans l'espace, éditorialiste, aussi, au Corriere della Sera, primé dans tous les pays : Prix Strega, le Goncourt italien, en 1997, Prix prince des Asturies en 2004, Prix de la paix des libraires allemands en 2009...
Les français l'ont découvert, et aimé, avec Danube, journal sentimental, essai nourri de fictions où il suivait l'histoire et les mythes charriés par le grand fleuve, de la Forêt-Noire à la mer Noire. Il est aussi l'auteur d'une œuvre protéiforme où l'on trouve des romans comme Enquête sur un sabre ou A l'aveugle, et des essais comme Microcosme, qui font de lui l'une des figures majeures de la culture italienne et de l'humanisme européen.
Claudio Magris publie aujourd'hui un nouveau roman publié chez Gallimard intitulé Classé sans suite. Plus qu’un roman fleuve, c’est un roman musée. Ou un musée roman. C'est peut-être, d'ailleurs, la même chose. On y découvre Luisa Brooks, une femme dont l'histoire est très liée à la deuxième guerre mondiale, fille d'une juive triestine qui a traversé la shoah et d'un sergent afro-américain arrivé dans la ville en 1945, un personnage héritier de deux tragédies, la shoah et la traite des noirs, et qui doit reprendre l'œuvre d'un personnage excentrique, illuminé, un triestin, lui aussi, qui s'était mis en tête de collectionner les armes de toutes les époques, de la hache au chars d'assauts, des cimeterres aux grenades à fragmentation, pour en faire un musée qui serait tellement chargé de mort qu'il convertirait tout le monde à la paix. Et le plus fascinant, c’est que cet homme a existé, qu'il a vraiment vécu à Trieste et qu'il a considérablement abîmé la vie de sa famille en se ruinant pour acquérir ces armes…

Émission "Le Temps des écrivains", animée par Christophe Ono-dit-Biot.

Une biographie de Kipling. Avec Charles Zorgbibe sur Radio Courtoisie.


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12.09.2010

Né à Bombay, jeune journaliste à Lahore et à Allahabad, Rudyard Kipling évoque la vie des Anglais des Indes dans ses Simples contes des collines qui le rendent célèbre. Il sera le premier Britannique à recevoir le prix Nobel de littérature et le plus jeune lauréat dans l’histoire de ce prix. Trois quarts de siècle après sa mort, il continue de susciter les passions.
Chantre de l'impérialisme, convaincu de la supériorité des "nations civilisées" et des sahibs anglosaxons qui exercent leur domination sur l'Inde, il se prend de compassion pour les masses déshéritées du sous-continent indien, ces hindous et musulmans dont le rapide passage sur terre n'est que souffrance. Aux natives, il consacre son grand roman picaresque, Kim, autour de la route de liaison qui traverse l'Inde et sur laquelle se bousculent, chaque jour, toutes les ethnies et toutes les castes. Il adhère à l'une des rares loges maçonniques interraciales de l'Inde coloniale.
Grand voyageur aux multiples tours du monde, poète des paquebots et des traversées océaniques, l'un des premiers auteurs de science-fiction avec son récit sur l'aviation en 2065, il soutient que chaque être humain doit accepter, avec humilité, de marcher au rythme de son temps. Les précurseurs sont voués à être incompris de leurs contemporains – tel Paul de Tarse, l'un de ses héros, l'homme qui courait en tête.
Proche de l'Ancien Testament, plus proche de Jéhovah, Seigneur des armées, que de l'Agneau des Évangiles, il considère les Britanniques comme le nouveau peuple élu. Mais, au fil des tragédies qui l'atteignent, son regard sur le monde nest plus celui de l'homme d'action, mais du mystique. Dieu doit rester caché, car le chaos de l'univers est inintelligible à l'homme. Seul se manifeste Kismet, le petit dieu malin et ironique qui prend plaisir à désorganiser les destinées humaines...

Émission du "Libre Journal de François-Georges Dreyfus".

Révolution ou bifurcation ? Avec Bernard Stiegler et Alain Damasio à la Librairie Charybde.


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17.10.2019

Pour la première fois, Bernard Stiegler et Alain Damasio se rencontrent. L'un est philosophe et l'autre est auteur de science-fiction et il semblait plus que judicieux de provoquer un échange entre ces deux esprit créatifs, réflexifs et humanistes de notre époque
Chacun nous aide à penser et à "panser" le monde en ouvrant des possibles, en appelant à se reconnecter au vivant, à utiliser les sciences et techniques à bon escient, à reconnaître l'altérité comme une force et à refuser la négation de nos libertés au profit d'un monde qui alors deviendrait fou.
Tous les deux ont en commun le fait de concevoir leur réflexion dans une forme d'action, tous deux sont engagés dans la préservation du vivant mais à partir de démarches d'invention et de création permanentes.
Le mouvement, la poésie et la philosophie sont ici les conditions de la liberté, elle-même condition de la poursuite de l'aventure humaine.

Critique et langue française. Avec Bruno de Cessole sur Radio Courtoisie.


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29.08.2011

Critique littéraire et écrivain, Bruno de Cessole a dirigé pendant 20 ans le service culturel de Valeurs Actuelles et, pendant cinq ans, La Revue des deux Mondes.
Il a publié plusieurs romans et des recueils de portraits d'écrivains comme Le Défilé des réfractaires (L’Éditeur, 2011).
C'est suite à la sortie de ce livre qu'il revient la langue dans la littérature, grande oubliée des productions contemporaines...

Émission "Français, mon beau souci", animée par Michel Mourlet.

La France, une Nation littéraire ? Avec Anne-Marie Thiesse et Régis Debray sur France Culture.


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27.09.2019

Que signifie aujourd'hui être écrivain national ? À la fois génie singulier et emblème d'une nation, il en viendrait à incarner une forme d'universalité.
La directrice de recherches au CNRS Anne-Marie Thiesse et le philosophe Régis Debray explorent la figure de l'écrivain dit national, en le replaçant dans un contexte plus vaste de construction des identités nationales (contexte européen, si ce n'est mondial). Ce parcours, au cours duquel un écrivain est promu comme "national" est jalonné d'une série de reconnaissances politiques et académiques qui vont de l'intégration au corpus scolaire à la panthéonisation.
Les deux intervenants dissèquent également les ambiguïtés de cette reconnaissance qui vire parfois à la consécration, au culte des écrivains, dans son sens le plus littéral.

Émission "La Grande table", animée par Olivia Gesbert.

A la Recherche du temps perdu. Avec Antoine Compagnon et Jean-Yves Tadié sur France Culture.


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23.01.1997

Dans une lettre à Louis d'Albufera, en mai 1908, bien avant de se mettre à la rédaction de son oeuvre somptueuse et unique dans la littérature française, A la recherche du temps perdu, une oeuvre, inachevée et posthume, de trois mille pages, Marcel Proust écrit : "J'ai en train : une étude sur la noblesse, un roman parisien, un essai sur Sainte-Beuve et Flaubert, un essai sur les femmes, un essai sur la Pédérastie (pas facile à publier) ; une étude sur les vitraux, une étude sur les pierres tombales, une étude sur le roman."
Lire Proust, c'est en effet lire une oeuvre totale, un roman qui en contient mille, c'est entrer dans une sensibilité qui éclaire la vôtre, c'est apprendre à mieux regarder, sentir, écouter, aimer, se souvenir, c'est accepter de se plonger dans un univers infini, miroir de notre société, miroir de l'Histoire.
Lire et relire Marcel Proust, tel est donc le thème de cette émission qui nous fait entrer dans l'oeuvre de Proust à travers deux lectures : celle de Jean-Yves Tadié et celle d'Antoine Compagnon. Lire Proust, c'est faire une expérience existentielle.

Pour en finir avec le Moyen Age. Avec Régine Pernoud sur la RTS.


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1977

Médiéviste réputée, Régine Pernoud s'est fait connaître en 1977 en publiant Pour en finir avec le Moyen Age dans lequel elle réhabilite aux yeux du grand public une soi-disant période d'obscurantisme.
Elle révèle par exemple le rôle déterminant des femmes, notamment dans le monde des affaires, les chefs-dʹœuvre artistiques souvent négligés et la richesse de la pensée philosophique et non seulement religieuse.