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Y a-t-il un "style de droite" ? Le "style" n'appartient-il qu'à la droite ? Le style est-il une invention réac ?
Pour répondre à ces questions, Vincent Berthelier, maître de conférences en littérature française et auteur du livre Le style réactionnaire - De Maurras à Houellebecq (éditions Amsterdam), nous fait traverser plus d'un siècle de littérature très à droite pour interroger les rapports entre les choix esthétiques, la manière d'écrire d'auteurs comme Bernanos, Jouhandeau, Aymé, Morand, Cioran… et leurs idées politiques.


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La France possède une singularité enviée du monde, et sans doute vouée à disparaître : la liaison étroite qu'entretiennent depuis des siècles la politique et la littérature. En quel autre pays, un homme d'État estimerait que la légitimité issue du suffrage est rehaussée par le prestige de l'écriture ? En quel autre pays les grands écrivains jugent que leur génie leur octroie le devoir d'éclairer les destinées de la nation et de guider le peuple ? Ce croisement n'a pas été l'exception mais la norme, comme en témoignent par exemple la publication du Mémorial de Sainte-Hélène et celle des Mémoires de Charles de Gaulle dans la bibliothèque de la Pléiade.
Du XVIe au XXIe siècle, Bruno de Cessole met en lumière, à travers une galerie de portraits d'hommes politiques qui ont écrit des chefs-d'œuvre et d'écrivains phares qui ont exercé le pouvoir, cette endogamie paradoxale qui n'a cessé de susciter l'étonnement des étrangers, car elle donne aux mots une résonance et à la politique une élévation, presque une transcendance, qui manque tant aujourd'hui.
Une production littéraire qui apparaît tantôt comme le vecteur d'une ambition, tantôt comme le deuil éclatant d'espoirs déçus, tandis que la politique cherche dans la littérature un surcroît de légitimité conjugué à un brevet pour la postérité.


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Emily Brontë, née en 1818, morte seulement 30 ans plus tard, en 1848, d'une tuberculose qu'elle avait refusée de soigner. Sœur de Charlotte et Anne, une sororité dont on a tout imaginé, l'enfance, les jeux, les rêves…, on doit à Emily Brontë un seul roman… mais quel roman ! Publié en 1847, la même année que le roman de sa sœur, Jane Eyre, le roman d'Emily, Les Hauts de Hurlevent, est l'un des plus connus de la littérature anglo-saxonne.
Quelque peu éclipsé par celui de sa sœur Charlotte lors de sa publication, il est devenu par la suite un classique. Mais entre reconnaissance et reprises multiples de ce roman tragique, entre amour passionné et vengeance dévastatrice, qui pourrait dire qui est Emily Brontë ?
Émission "Une Vie, une Œuvre", produite par Florence Marguier.
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L'extrême droite a construit un imaginaire, une esthétique de la réaction à travers une importante tradition littéraire et artistique depuis la révolution française. Encore aujourd'hui, les formes modernes, politiques ou culturelles de la réaction sont imprégnées de cette longue et diverse tradition.
Isabelle d'Artagnan et Vincent Berthelier décortiquent les différents points saillants de cet univers de l'imaginaire de l'extrême droite, de son esthétique, à la fois de ce qu'on peut en dire du point de vue de l'observateur extérieur, de celui du militant antifasciste mais aussi comme elle se voit elle-même.
Il s'agit notamment de revenir sur les traditions littéraires de l'extrême droite à travers son rapport au style, à l'écriture, à la forme roman elle-même, et de s'intéresser aux thèmes récurrents de cet imaginaire.


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Nul n'ignore à l'AF, le jugement élogieux porté par Proust en 1920 sur L'Action Française quotidienne : "Ne pouvant plus lire qu'un journal, je lis, au lieu de ceux d'autrefois, L'Action française […] dans quel autre journal le portique est-il décoré à fresque par Saint-Simon lui-même, j'entends par Léon Daudet ? Plus loin, verticale, unique en son cristal infrangible, me conduit infailliblement à travers le désert de la politique extérieure, la colonne lumineuse de Bainville. Que Maurras, qui semble détenir aujourd'hui le record de la hauteur, donne sur Lamartine une indication géniale, et c'est pour nous mieux qu'une promenade en avion, une cure d'altitude mentale."
Stéphane Blanchonnet, ici inverse les rôles et invite chacun à prendre une cure d'altitude mentale à la lecture du momument À la Recherche du temps perdu. Quel plus sublime moyen en effet pour un Français du XXIe siècle de retrouver la France d'avant et, par-dessus tout, la langue française dans la perfection de sa forme ?
L'œuvre de Proust nous apparaît de plus en plus comme une arche immense sur laquelle tous les trésors de la francité ont été déposés en prévision d'un déluge imminent. Tous les usages, populaires ou mondains, toutes les hiérarchies, sociales ou culturelles, tous les raffinements, de la langue, du cœur ou de l'art, qui firent le fond de la civilisation française pendant des siècles, ont trouvé asile dans les milliers de pages de cette cathédrale de mots.
Proust, par la méticulosité de son verbe, par la finesse de ses jugements moraux et esthétiques, par l'enracinement de son œuvre dans la France éternelle, incarne précisément ce qui se perd aujourd'hui sous l'effet conjugué de l'effondrement du niveau scolaire et de l'effacement de tous les repères historiques et de toutes les transmissions. Parce que l'œuvre de Proust est comme le symbole, — le résumé —, de ce que signifiait, dans l’ancien régime du sens, la "culture", elle constitue le meilleur antidote à la cancel culture.


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Si c'est bien le personnage du "Père Brown" et ses enquêtes qui ont rendu célèbre G. K. Chesterton (1874-1936) dans le monde entier, ses autres œuvres, innombrables, ne sont pas moins importantes.
En témoigne cette émission consacrée au troisième roman de l'auteur britannique, intitulé La Sphère et la croix et relevant du réalisme féerique, où il est question de l'incompréhension radical entre deux visions du monde : la chrétienne et la moderne.


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La parution récente de La Chasse au Cerf, second roman de Romain Debluë, est l'occasion de poser, à frais nouveaux, la question du roman catholique.
Outre la présence, parfois implicite, de l'œuvre des Bloy, Barbey, Bernanos, Claudel et autres Mauriac dans le cours du roman, la structure, le thème et le style de La Chasse, ouvrage riche en théologie comme en philosophie et en musique, rappellent certains grands romans des écrivains chrétiens des siècles passés.
Traditionnelle dans sa narration -balzacienne- autant que dans sa doctrine -thomiste-, cette somme romanesque met en lumière les quelques canons théologiques et littéraires d'une famille de romans qu'il faut bien, pour diverses raisons, nommer catholiques.
Émission du "Libre journal de la réaction", animée par Philippe Mesnard et Elisabeth Audrerie.



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Régis Debray ne nous laisse jamais longtemps sans nouvelles. Dans son dernier livre dont il emprunte le titre aux Fleurs du Mal de Baudelaire, il se tourne vers ceux de ses aînés qui l'ont aidé à grandir.
Avec une légèreté mélancolique, il s'acquitte de sa dette aujourd'hui, sous la forme d'une abécédaire. C'est en sa compagnie que nous rendons hommage aux maîtres, proches ou plus lointains, qui l'ont inspiré, guidé, incité.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.