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Paru pour la première fois en 1973, Le Camp des Saints relève aujourd'hui de la réalité. Ce roman raconte l'arrivée d'un million d'immigrants venus chercher l'espérance dans notre pays. Ils inspirent la pitié. Ils sont faibles... Ils ont la puissance du nombre. Ils sont l'Autre, c'est-à-dire multitude, l'avant-garde de la multitude. À tous les niveaux de la conscience universelle, on se pose alors la question : que faire ? Il est trop tard.
Nous sommes, tous, les acteurs du Camp des Saints. C'est notre destin que raconte l'écrivain Jean Raspail, notre inconscience et notre acquiescement à ce qui va nous dissoudre.
Émission du "Libre Journal des historiens", animée par Philippe Conrad.


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Jean Mabire (1927-2006) est l'auteur d'une œuvre considérable (une centaine de livres) dont les horizons sont extraordinairement variés : Normandie, Europe, Asie, Grand Nord… Chantre des patries charnelles, des héros et des dieux, il eut à cœur de rappeler à la jeunesse française et européenne sa plus ancienne mémoire, de lui enseigner la vaillance et la tenue, le sens de l’action et de la contemplation.
Parmi ses amis et bon connaisseurs de son oeuvre, l'éditeur Philippe Randa, l'essayiste Franck Buleux et le journaliste et écrivain Laurent Schang nous rappellent son héritage et son actualité.
Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.


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Ce n'est pas sa mort brutale, à 26 ans, qui suffit à faire de Jean-René Huguenin l'écrivain de l'éternelle jeunesse. L'intégralité de ses écrits, récemment publiée aux éditions Bouquins à l'occasion du cinquantenaire de sa disparition, atteste d'une âme forte mais assoiffée d'absolu, de grandeur et de beauté.
Contemporain des Hussards, "ce jeune homme mort qui avait pris d'avance la mesure de sa dépouille" (Mauriac) continue de faire l'objet de l'adulation d'un cercle restreint d'initiés. Mais aussi de résonner dans quelques cœurs aventureux où bat, à chaque génération nouvelle, le dégoût de la mentalité de boutiquier qui caractérise l'homo economicus. Espérant "mourir dans l'amour des choses qui demeurent", il laisse aux jeunes Européens un testament : "Créer les conditions d'un nouvel héroïsme. Attaquer, par tous les moyens possibles, la civilisation bourgeoise." Il en fixe même les conditions de succès : "La volonté, l'ordre, le courage, l'honneur, le mépris de soi, la souffrance, la force."
Retour sur un auteur dont la voix, venue de très loin, n'a pas fini de résonner "bien au-delà de son époque", dans le champ de ruines et l'acier des orages à venir.


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Q'est-ce que Barrès représentait pour la jeunesse intellectuelle de son époque, notamment en tant que figure politique ? Comment son nationalisme et son nihilisme doivent-ils être analysés ?
Autant de questions abordées pas plusieurs auteurs confirmés (Albert Thibaudet, Henry de Montherlant, François Mauriac) et d'autres plus jeunes (Claude Roy, Jean-Louis Curtis, Michel de Saint Pierre).


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La conversion au pied d'un pilier de Notre-Dame, l'homme de théâtre : comment sortir de la légende qui entoure Paul Claudel ? Qu'est-ce qui fait sa spécificité en littérature ? En quoi la foi représente la colonne vertébrale de sa vie ?
Claude Pérez, professeur de littérature française, revient sur les prises de position politiques de Claudel, évoque Le soulier de satin et sa liaison avec Rosalie Vetch, explique aussi son passage de l'antisémitisme à un philosémitisme qui se constate dès les rafles antijuives du régime de Pétain en 1941. Il évoque également les 14 années que Claudel passera, en tant que diplomate, en Chine et souligne le rôle de Philippe Berthelot dans sa carrière d'écrivain-diplomate. Enfin il éclaire la polémique sur ses relations avec sa sœur, Camille.
Un échange mené par Xavier Fos.


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Imprévue et cependant régulière, toujours nouvelle et toujours intelligible, la mode n'a cessé d'intéresser les psychologues, les esthéticiens, les sociologues.
C'est pourtant d'un point de vue nouveau que Roland Barthes l'interroge : la saisissant à travers les descriptions de la presse, il dévoile en elle un système de significations et la soumet à une véritable analyse sémantique : comment les hommes font-ils du sens avec leur vêtement et leur parole ?
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.


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C'est chez lui, au Bar-sur-Loup, que Francis Ponge se raconte : sa passion pour les mots, sa vie entre les Cévennes et Paris, ses amis et ses admirations.
Ici, Ponge lit Le Lézard, Le Cageot, L'Huître et aussi Le Papillon. Il avoue ses "blocages" à l'oral et reconnaît au moins une vertu à la poésie en tant qu' "exercice de rééducation verbale." Il dit ses origines cévenoles et huguenotes, sa découverte de François de Malherbe et de La Fontaine. Est aussi évoquée son amitié pour Braque, Picasso, et on peut y entendre la description qu'il fait de La Dame qui pleure.
Ponge le poète et l'origine de la musicalité de son écriture, Ponge le Résistant, qui nous rappelle que si la littérature ne peut être que transgression, il lui faut tout de même des règles à transgresser.
"J'ai passé ma vie à refuser le mot de 'poète' parce que je ne voulais pas être confondu avec tous les gens qui pleurent, qui se mouchent et montrent leur mouchoir et disent 'Voilà une page de poésie’. Et puis, à la longue, la barbe ! Puisqu'on veut que je sois poète, eh bien laissons faire !"
Un entretien mené par Jean Daive.