Remède à la mélancolie. Avec Etienne Klein sur France Inter.


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22.03.2015

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard... Chers amis au coeur tendre et à la mélancolie passagère, au fond, savons-nous vraiment ce qu'est le temps ?
En compagnie d'un spécialiste de la question, Etienne Klein, nous méditions ce matin quelques paroles quantiques.
En haut des cîmes avec un (petit) verre de rhum, quelles sont les nouvelles du monde? C'est extra ! s'écrie Léo.

Le meurtre et le martyre en Occident. Avec Philippe Buc sur France Inter.


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30.03.2017

Robespierre qui fait le sacrifice de sa vie et tue les autres d'un même mouvement… Les vieux bolcheviks pourchassés par Staline et qui s'offrent en victimes consentantes, se félicitant que le drapeau rouge qui triomphera des ennemis de classe contienne aussi une goutte de leur sang… Sans doute ces martyrs du temps de la Nation et de la Révolution seraient-ils étonnés d'être rapprochés des croisés, des fanatiques de l'Apocalypse du Moyen-Âge et des ligueurs des guerres de religion.
Mais le pari que fait Philippe Buc est d'interroger les origines de ces formes de violence qui ne disparaissent jamais en Occident : régulièrement, elles ressurgissent des profondeurs, leur force de destruction restée intacte, quel que soit le renouvellement du terrain de surface. Le nom de Dieu a pu disparaître en apparence ou être remplacé par ses frères jumeaux - l'État, la Nation, la Révolution -, mais n'y a-t-il pas une matrice commune ? Et comme il convient de prendre le religieux au sérieux, ne faut-il pas la chercher dans le christianisme ?
On va se récrier. Le Christ a dit "Remets ton glaive au fourreau" et le christianisme a pu amener à la pacification voire au pacifisme, en passant par les droits de l’homme. Bien sûr. Mais il a été dit aussi "Qui n’est pas avec moi est contre moi". Et le dernier livre du Nouveau Testament s’appelle… l'Apocalypse : le temps dernier est bi-partite, il amène la paix mais on baigne dans le sang jusqu'aux chevilles.
L'hypothèse développée ici est de se tenir du côté obscur de la Force : "Je ne suis pas allé venu apporter la paix mais le glaive"...

Émission "La marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.

Jouer sans entraves : une histoire populaire du football. Avec Mickaël Correia et Elie Baup sur France Inter.


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04.03.2018

Le football, sport de contestation, d'émancipation mais aussi de pouvoir... Il se mêle autant depuis ses origines à l'histoire du peuple qu'à celle des puissants.
C'est en compagnie de Mickaël Correia, auteur de l'ouvrage Une histoire populaire du football (éditions La Découverte) et Elie Baup, entraîneur et consultant, que nous refaisons l'histoire du ballon rond !

Émission "L'Œil du tigre", animé par Philippe Collin.

En toute bonne foi. Avec Claude Hagège sur France Inter.


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19.06.2017

Pour quelles raisons les discours que tiennent les diverses religions, au lieu d'unir les humains, sont-ils loin d'être des facteurs de paix ? Et pourquoi l'humain a-t-il besoin de religion ? D'où vient ce besoin ? Que cherche-t-il ? A guérir ? De quoi ?
Claude Hagège, libre penseur et linguiste de renommée internationale, polyglotte maniant plus d'une cinquantaine de langues, s'est posé ces questions et bien d'autres.
Questions certes qui ne sont pas nouvelles mais auxquelles il s'est efforcé de trouver des réponses dans un livre sobrement intitulé Les religions, la parole, la violence et récemment paru aux Editions Odile Jacob. Il y analyse la procession des conflits et affrontements qui ont exacerbé l'histoire des religions, en y donnant une place centrale aux paroles par lesquelles elles s'expriment puis par les textes et leurs multiples interprétations depuis leur création.

Émission "L'Heure bleue", animée par Laure Adler.

Sade, Soudain un bloc d'abîme. Avec Annie Le Brun sur France Inter.


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31.10.2014

Qu'on l'accepte ou non, qu'on le prenne comme on voudra, Donatien Aldonze François de Sade (1740-1814) est le plus grand écrivain français. Son aventure littéraire est unique et constamment paradoxale : rayé du monde en 1800, bien que mort en 1814, tout le XIXe siècle le lira et sera occupé de son oeuvre, mais il n'en paraîtra pour ainsi dire rien. De 1900 à 1945, pendant que le nom de Sade revient de plus en plus souvent dans le commerce des lettres françaises, ses livres disparaissent à peu près complètement de la circulation. En 1947 on commence à le réimprimer; on le lira un peu plus. C'est surtout l'exégèse sadiste qui envahira les imprimeries du monde occidental dans une marée de mots sans précédent, sous laquelle l'écrivain, le romancier, le poète exceptionnel disparaîtra bientôt.
Que reste-t-il de ces deux siècles de cache-cache ? De ces quarante ans d'incontinence intellectuelle ? Les plus grands, Bataille, Blanchot, Klossowski, peuvent-ils émerger indemnes de l'examen critique qui s'impose de tant de discours ? Et Sade, où est-il ? Qu'avait-il dit, qu'avait-il écrit, au juste ?
La réflexion d'Annie Le Brun, comme un puissant rayon laser, vient à point nommé dégager Sade de tous ces mots entassés sur ses textes. Elle le découvre véritablement, et le donne pour la première fois à voir, à lire dans sa lumière propre, tel qu'on lui-même enfin.

Émission "L'heure des rêveurs", animée par Zoé Varier.

Un été avec Homère. Avec Sylvain Tesson sur France Inter.


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2018

L'Iliade et l'Odyssée d'Homère nous est ici contée par l'aventurier Sylvain Tesson. Un voyage entre la mythologie et le monde d'aujourd'hui, érudit, épique, drolatique, époustouflant.
L'Iliade est le récit de la guerre de Troie. L'Odyssée raconte le retour d'Ulysse en son royaume d'Ithaque. L'un décrit la guerre, l'autre la restauration de l'ordre. Tous deux dessinent les contours de la condition humaine. À Troie, c'est la ruée des masses enragées, manipulées par les dieux. Dans l'Odyssée on découvre Ulysse, circulant entre les îles, et découvrant soudain la possibilité d'échapper à la prédestination. Entre les deux poèmes se joue ainsi une très violente oscillation : malédiction de la guerre ici, possibilité d'une île là-bas, temps des héros de côté-là, aventure intérieure de ce côté-ci.
Ces textes ont cristallisé des mythes qui se répandaient par le truchement des aèdes dans les populations des royaumes mycéniens et de la Grèce archaïque il y a 2500 ans. Ils nous semblent étranges, parfois monstrueux. Ils sont peuplés de créatures hideuses, de magiciennes belles comme la mort, d'armées en déroute, d'amis intransigeants, d'épouses sacrificielles et de guerriers furieux. Les tempêtes se lèvent, les murailles s'écroulent, les dieux font l'amour, les reines sanglotent, les soldats sèchent leurs larmes sur des tuniques en sang, les hommes s'étripent et une scène tendre interrompt le massacre pour nous rappeler que les caresses arrêtent la vengeance.
Préparons nous : nous passerons des fleuves et des champs de bataille, nous serons jetés dans la mêlée, conviés à l'assemblée des dieux, nous essuierons des tempêtes et des averses de lumière, nous serons nimbés de brumes, pénétrerons dans des alcôves, visiterons des îles, prendrons pied sur des récifs. Parfois, des hommes mordront la poussière, à mort. D'autres seront sauvés. Toujours les dieux veilleront. Et toujours le soleil ruissellera et révèlera la beauté mêlée à la tragédie. Des hommes se démèneront pour mener leurs entreprises mais derrière chacun d'eux, un dieu veillera et jouera son jeu. L'Homme sera-t-il libre de ses choix ou devra-t-il obéir à son destin ? Est-il un pauvre pion ou une créature souveraine ?
Les poèmes auront pour décor des îles, des caps et des royaumes dont un géographe, Victor Bérard, effectua dans les années 1920 une très précise localisation. La Mare Nostrum est ce haut lieu d'où a jailli l'une des sources de notre Europe, qui est la fille d'Athènes autant que de Jérusalem.
Mais une question nous taraude. D'où viennent exactement ces chants, surgis des profondeurs, explosant dans l'éternité ? Et pourquoi conservent-ils à nos oreilles cette incomparable familiarité ? Comment expliquer qu'un récit de 2500 ans d'âge, résonne à nos oreilles avec un lustre neuf, un pétillement aussi frais que le ressac d'une calanque ? Pourquoi ces vers paraissent-ils avoir été écrits pas plus tard qu'aujourd'hui, par un très vieux poète à la jeunesse immortelle, pour nous apprendre de quoi seront fait nos lendemains ? En termes moins lyriques (Homère est le seul maître en la matière) d'où provient la fraîcheur de ce texte ? Pourquoi ces dieux et ces héros semblent malgré la terreur qu'ils inspirent et le mystère qui les nimbe, des êtres si amicaux ?

Le crépuscule de la France d'en haut. Avec Christophe Guilluy sur France Inter.


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19.05.2017

Le géographe Christophe Guilluy, auteur du Crépuscule de la France d'en haut et de La France périphérique : comment on a sacrifié les classes populaires et ayant théorisé le concept de "France périphérique", revient sur la carte des votes de la présidentielle, sur les notions de "France d'en haut" et de "France d'en bas" aussi que sur la nomination d'un ministre de la cohésion des territoires.
Un éclairage intéressant pour comprendre les évolutions politiques récentes.

Émission "Une Semaine en France", animée par Claire Servajean.

Mélancolie de gauche, la force d'une tradition cachée. Avec Enzo Traverso sur France Inter.


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12.06.2017

Entre la Commune et Mai 68, les révolutions ont toujours affiché une prescription mémorielle : conserver le souvenir des expériences passées pour les léguer au futur. Une mémoire "stratégique", nourrie d'espérance.
Mais cette dialectique entre passé et futur s'est brisée, et le monde s'est enfermé dans le présent. Ce nouveau rapport entre histoire et mémoire permet de redécouvrir ce que l'historien des idées Enzo Traverso, à la suite d'Hannah Arendt, appelle une "tradition cachée", celle de la mélancolie de gauche, car elle n'est ni un frein ni une résignation, mais une voie d'accès à la mémoire des vaincus qui doit permettre à la gauche de prendre conscience d'un héritage impossible à refouler, et surtout d'un nécessaire travail de deuil.