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Pour ne pas avoir à prêter serment à Louis Philippe, Alexis de Tocqueville partit aux Etats-Unis, muni tout de même d'une mission d'études sur le système pénitentiaire d'outre-Atlantique.
De ce long voyage aux Etats-Unis, en 1831, il rapporta un maitre-livre où sa réflexion balance toujours d'un point de vue à l'autre. Faut-il admirer -ou redouter- la démocratie en Amérique ?
Retour sur une oeuvre séminale, rédigée par un aristocrate qui pensait contre lui-même.
Émission "Intelligence service", animée par Jean Lebrun.


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Selon un sondage IPSOS de 2017, seuls 19 % des Français sont favorables à la chasse, tandis que la grande majorité la juge dangereuse, cruelle pour les animaux et d'un autre âge. Pourquoi la chasse perdure-t-elle ? Qui sont les chasseurs ?
Dans un contexte de crise de la biodiversité, la chasse est-elle un point d'observation pour interroger nos rapports contradictoires au vivant ? Les premières enquêtes de Charles Stepanoff ont porté sur le chamanisme à Touva en Sibérie méridionale puis ses travaux se sont ensuite étendus aux rapports à l'environnement à travers la chasse et l'élevage chez les populations de la taïga. À partir de ces enquêtes, il étudie les multiples façons dont les humains établissent des liens et communiquent avec des êtres non humains : divinités, esprits, plantes ou animaux.
Depuis 2018, il mène des enquêtes ethnographiques sur les relations aux animaux sauvages et domestiques dans le contexte de la chasse et de l'élevage en France. Il vient de publier L'animal et la mort. Chasses, modernité et crise du sauvage dans lequel il déploie une véritable ethnographie de la chasse rurale. Une enquête d'immersion qui l'a mené aux confins du Perche, de la Beauce et des Yvelines auprès d'habitants locaux pratiquant des modes de chasse qu'ils présentent eux‑mêmes comme "paysans" ou appartenant à des équipages de chasse à courre, mais aussi auprès de militants hostiles à la chasse.
Émission "La Terre au carré", animée par Mathieu Vidard.


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"Je me présente : Vialatte, écrivain notoirement méconnu".
Né en 1901 dans une famille auvergnate, mort à Paris en 1971, Alexandre Vialatte se fait d’abord connaître comme traducteur de Kafka. Puis il publie, entre 1928 et 1951, trois romans qui, hélas, ne rencontrent pas leur public. Il se tourne alors vers le journalisme, et écrit pour de nombreuses revues, des plus sérieuses - la NRF - aux plus éclectiques – Le Spectacle du monde, La Revue du tiercé, Marie-Claire. C’est dans la presse féminine, où il lui arrive de parodier le courrier des lecteurs ou l'horoscope, qu'il aiguise son goût pour le billet d'humeur et les canulars.
Mais c'est surtout dans les vingt dernières années de sa vie, de 1951 à 1971, qu'il écrit régulièrement, depuis Paris, pour le quotidien d'Auvergne, La Montagne. Il y perfectionne son talent et rédige, au total, quelques 900 articles qui croquent l'air du temps. En vingt ans, Alexandre Vialatte élève la chronique à un genre poétique à part entière, qui tente d'approcher la vérité de l'homme sous les multiples apparats de l'actualité.
Il est temps de rendre hommage à cet amoureux du quotidien, à son goût des mots et à sa sensibilité de troubadour.
Émission "Ça peut pas faire de mal", animée par Guillaume Gallienne.


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Médecin, philosophe, historien des sciences dans le sillage de Gaston Bachelard, G'orges Canguilhem fut aussi directeur de thèse de Michel Foucault. Pendant des années c'est à ce résumé quelque peu "réducteur" qu'on se contentait d'aboder ce personnage pourtant illustre.
Avec une publication fondamentale, Le Normal et le pathologique, il fut le premier à penser les notions de maladie et de guérison. Pionnier dans la philosophie de la médecine qu'il pratiqua en même temps que son activité de médecin – notamment lorsqu'il se mit au service de la résistance pendant la guerre -, Georges Canguilhem a marqué son époque.
Mais aujourd'hui, son œuvre, sa pensée refont surface tant les valeurs qu'elles portent répondent à une attente actuelle. Remettre le patient au centre de la médecine, "humaniser" la maladie… et s'il devenait urgent de ressusciter Canguilhem et ses idées ?
Émission "La Tête au carré", animée par Sonia Devillers.


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60 ans après la mort de l'auteur de Voyage au bout de la nuit, des manuscrits mystérieusement disparus dans la confusion de la fin de la guerre ont refait surface. Reconnaissables aux pinces à linge avec lesquelles l'écrivain aimait faire sécher ses pages sur une modeste corde à linge, ces 6000 feuillets représentent une découverte sans équivalent dans l'histoire littéraire.
Pensez donc : un roman de 600 pages, Casse-pipe, qui vient enfin compléter la trilogie initialement composée de Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit, deux romans qui ont fait la gloire de Céline. Mais aussi deux autres romans inédits, Londres et Guerre, qui traitent du séjour de Céline à Londres en 1915 et de la Première Guerre mondiale. A quoi il faut ajouter le manuscrit complet de Mort à crédit, des lettres de Céline, et bien d'autres textes encore...
Depuis le mois d'août 2021, et l'annonce de leur découverte, les Céliniens et le monde de l'édition française sont en émoi. Mais au-delà du contenu même de ces feuillets, c'est leur trajectoire qui donne à l'affaire toute sa couleur.
Jean-Pierre Thibaudat, ancien critique au journal Libération, pas du tout spécialiste de Céline, a révélé en être le gardien depuis que les descendants – à ce jour anonymes – de ceux qui les ont dérobé, en 1944, lui avait confiés cette manne littéraire, une quinzaine d'années plus tôt. Provoquant la colère des ayant-droits de Céline, et une bataille judiciaire autour de ce trésor de papier, d'une valeur estimée à plusieurs millions d'euros.
Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.


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Puisque l'époque nous assigne à résidence, prenons la fuite à bord du bateau ivre de la poésie : Arthur Rimbaud.
L’écrivain-voyageur Sylvain Tesson s'attaque au mythe Rimbaud en le sortant de la kermesse biographique et en le dépoussiérant de ses vieux habits de jeune monstre de la poésie : Rimbaud anarchiste, communard, voyou, punk, beatnik, sauvage, avant-gardiste, moderne, trouvère, futuriste... Certes mais surtout Rimbaud, poète.
À ses côté, Sylvain Tesson marche et traverse les paysages réels ou imaginaires suivant le cap tracé par René Char : "Rimbaud poète, cela suffit et cela est infini".


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C'est en découvrant, en classe de première, Montesquieu que Sylviane Agacinski choisit la philosophie. Élève des maîtres de la "French Theory", elle participera à la création du Groupe de recherches sur l'enseignement philosophique (Greph) dont l'objet est d'étudier les effets du développement des sciences et des techniques sur les représentations sociales et politiques ainsi que sur l'action publique, à une époque, où la philosophie s'écharpait sur la question du langage.
Après avoir travaillé sur l'architecture et sur notre rapport au temps, Sylviane Agacinski a élaboré une réflexion sur les sexes : la politique des sexes, la métaphysique des sexes et le drame des sexes, jusqu'à faire paraître il y a quelques mois un court essai L'Homme désincarné. Du corps charnel au corps fabriqué, ouvrage dans lequel la féministe va plus loin, et évoque entres autres, les problèmes éthiques que pose la procréation médicalement assistée en alertant notamment sur la volonté de produire sa descendance en laboratoire, au nom d'un ultralibéralisme sans foi ni loi.
Émission "L'Heure bleue", animée par Laure Adler.