La transmission des savoirs entre le monde musulman et occidental au Moyen Age. Avec Alain de Libera sur France Inter.


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18.03.2014

La bibliothèque de Cluny recèle au moins un Coran : il s'agit tout de même d'avoir un minimum de connaissances quand on pratique la lutte religieuse !
Mais en matière de textes philosophiques, l'hospitalité est de règle : la différence n'est pas faite entre les Grecs, les Arabes, les Latins, les Juifs : ce qui importe, c'est de savoir s'ils sont bons ou mauvais philosophes.
C'est qu'il y a une philosophie au Moyen Age, enrichie par la métabolisation des grands textes anciens : le mot n'est pas inapproprié puisque se constituent, par étapes, des "états de la raison". C'est le mot "Moyen Age" qui est discutable. Les médiévaux ne se vivent pas comme "médiévaux", ils se sentent "modernes". Jusqu'où sont-ils contemporains les uns des autres ? Les uns vivent à l'ère musulmane, les autres à l'ère chrétienne. Les uns à l'Orient, les autres à l'Occident... La translation des savoirs est longtemps lente, complexe.
Il nous va falloir tendre la toile d'un bout à l'autre de la Méditerranée pour le voyage que nous allons accomplir. Voyage au long cours qui va s'accélerer quand, soudain, au XIIe siècle, les chrétiens latins vont devoir en trente ans assimiler ce que les musulmans avaient mis trois siècles à mûrir.

Emission "La marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.

Jacques Chancel s'entretient avec René Girard, sur France Inter.


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02.11.1978

René Girard, après la sortie de ses trois livres Mensonge romantique et vérité romanesque, La violence et le sacré et Des choses cachées depuis la fondation du monde, est enfin devenu un penseur estimé.
Au micro de Jacques Chancel, il revient sur son itinéraire personnel et les grands thèmes qui structurent sa pensée.

La Fin des Temps selon les catholiques avant 1914. Avec François Angelier sur France Inter.


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14.01.2015

Par quelles crises, par quels errements des puissants, par quelles catastrophes enfin faudra-t-il passer avant qu’on ne parvienne à l’accomplissement des temps ?
C’est une question sans cesse posée, dans l’Ancien Testament, par les prophètes. Elle occupe le Livre de Daniel. Dans l’Islam, des hadiths disent que c’est au pays de Cham, en Syrie, que nous devrons nous réfugier et que c’est en Palestine que se déroulera l’ultime combat. Autour de Jérusalem, s’établira le règne de paix.
"L’enfant pourra alors mettre sans danger la main sur le trou de la vipère". C’est une formule de l’Apocalypse de Jean. Depuis le Nouveau Testament, le christianisme entretient lui aussi l’attente, qui se réveille régulièrement au long de son histoire.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, on lui donne un nom savant, tiré du grec "eskatos" : l’eschatologie, l’étude des fins dernières. A cette époque, en France, à la marge d’une Église catholique déjà chauffée à blanc par son intransigeance politique, une minorité de convertis se tient en faction : un cataclysme va se produire, les créatures vont expirer ou se redresser, l’arrêt de Dieu intervenir. Ce petit groupe est souvent composé de convertis. Parmi eux, les écrivains Léon Bloy, qui passe fugitivement dans le dernier livre de Michel Houellebecq, Soumission, et Joris-Karl Huysmans, qui en est le personnage central.

Emission "La marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.

Jacques Chancel s'entretient avec Lucien Rebatet, sur France Inter.


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10.12.1969

L'écrivain, journaliste et critique musical et cinématographique Lucien Rebatet est reçu dans l'émission "Radioscopie".
Condamné à mort en 1946 pour "collaborationnisme", puis gracié, il sort de prison en 1952 et se consacre à l’écriture.
Cet entretien est l'occasion de revenir sur le parcours et l'oeuvre d'un des grands perdants de l'Histoire.

Jean-Edern Hallier reçu chez Jacques Chancel sur France Inter.


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04.1988

À l'occasion de la sortie de ses Carnets impudiques, Jean-Edern Hallier nous gratifie d'une prestation dont il a le secret dans l'émission Radioscopie de Jacques Chancel.
L'écrivain y est, comme à son habitude, somptueusement délirant, tandis que Jacques Chancel ne manque pas non plus d'humour pour contenir la verve de l'histrion.

1975, l'assassinat de Pasolini. Rendez-vous avec X sur France Inter.


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12.03.2011

Qu'y avait-il dans le chapitre disparu, sans doute volé, du roman de Pier Paolo Pasolini, "Pétrole" ? Et est-ce pour éviter la publication d'un ouvrage accusateur que l'écrivain-cinéaste a été assassiné ?
Monsieur X a déjà évoqué la mort en 1962 d'une autre grande figure italienne, Enrico Mattei, l'homme qui, en édifiant un considérable empire industriel nationalisé, a permis à son pays d'acquérir son indépendance énergétique. Mais un homme qui gênait beaucoup de monde... Or il est vraisemblable que dans ce chapitre qui a mystérieusement disparu, Pasolini donnait sa version de la mort de Mattei, assassiné dans un crash d'avion maquillé en accident... Il y aurait donc un lien entre ces deux morts brutales auxquelles il faut ajouter la disparition en Sicile d'un journaliste, Mauro di Mauro, qui lui aussi enquêtait sur l'affaire Mattei et a été vraisemblablement liquidé par la Mafia en 1970.
Et Monsieur X d'alléguer que derrière ces assassinats on retrouve les mêmes commanditaires... Les responsables d'une pieuvre qui a travaillé tout au long de ce que l'on a appelé les "années de plomb" à semer la terreur et à déstabiliser la démocratie italienne en mettant sciemment en oeuvre une véritable stratégie de la tension où ont alterné les actions violentes d'extrême droite et d'extrême gauche. Une pieuvre dont l'existence ne sera dévoilée qu'en 1981, la Loge P2. Son Grand-Maître, Lucio Gelli, aurait réussi à rassembler dans cette organisation pseudo-maçonnique la plupart des responsables des forces de sécurité et d'importants personnages politiques. Mais, nous a dit Monsieur X, le véritable cerveau de la pieuvre s'appelait en réalité Eugenio Cefis. Et, numéro deux de l'empire Mattei, il a succédé à ce dernier après sa disparition.
Autant de secrets qu'avait sans doute percés Pasolini, qu'il avait donc couchés sur le papier dans un chapitre de son livre posthume, "Pétrole", et qui lui ont certainement coûté la vie une nuit de novembre 1975. Un meurtre qu'on a longtemps attribué à un jeune garçon qui aurait refusé les avances sexuelles du cinéaste... Une thèse qui est aujourd'hui raisonnablement battue en brèche.

La France doit quitter l'OTAN ! Avec Régis Debray chez Daniel Mermet sur France Inter.


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07.03.2013

Dans le Monde Diplomatique de Mars 2013, Régis Debray adresse une lettre ouverte à Hubert Védrine, chargé par François Hollande d’un rapport sur la France dans l’OTAN aujourd’hui.
Pour Hubert Védrine, il n’est pas nécessaire de sortir de l’OTAN. Au contraire, Régis Debray pense que la France doit quitter cette "organisation inutile et nuisible, [qui] pollue le paysage international dans toutes les dimensions", selon l’ambassadeur... de France, Gabriel Robin.
Un moment passionnant de réflexion politique qui ouvre sur une évocation de Stéphane Hessel, dont Régis Debray fut l’ami.

La Télécratie contre la démocratie. Avec Bernard Stiegler sur France Inter.


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09.10.2006

La télécratie qui règne désormais en France comme dans la plupart des pays industriels ruine la démocratie : elle remplace l’opinion publique par les audiences, court-circuite les appareils politiques et détruit la citoyenneté. La télévision et l’appareillage technologique qui la prolonge à travers les réseaux numériques de télécommunication sont en cela devenus le premier enjeu politique. 
De ces effets ruineux de la télécratie, qui transforment la vie quotidienne dans ses aspects les plus intimes, les candidats au scrutin présidentiel de 2007 ne disent pas un mot : ils ont été produits par ce système. Car à travers ce que l’on appelle les industries de programmes, c’est la relation politique elle-même qui est devenue un nouveau marché, et ce marketing confine aujourd’hui à la misère politique : au cours de la dernière décennie, l’appareil télécratique a développé un populisme industriel qui engendre à droite comme à gauche une politique pulsionnelle, et qui semble conduire inéluctablement au pire. 
Ce devenir infernal n’est pourtant pas une fatalité. La philosophie se constitua à son origine même contre la sophistique : celle-ci, par une appropriation abusive de l’écriture, développait une gangrène qui menaçait de guerre civile la cité athénienne. De cette lutte contre les tendances démagogiques de la démocratie grecque résultèrent les formes de savoirs qui caractérisent l’Occident.
Prônant un nouveau modèle de civilisation industrielle, Bernard Stiegler affirme qu’un sursaut démocratique contre les abus de la télécratie est possible, et appelle l’opinion publique française et européenne à se mobiliser contre la dictature des audiences.

Emission "La bande à Bonnaud".