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Il analyse l'évolution politique et sociale de la France depuis une trentaine d'années ; il est à l'origine de la notion d' "archipel français", qui s'est peu à peu imposée dans le débat public pour décrire les divisions et les fractures de notre pays : c'est en fin observateur de l'Hexagone, passionné de géographie, que Jérôme Fourquet revient sur les grandes métamorphoses de la société française.
Quelques jours après les élections municipales de mars 2026, il commente les résultats de ce scrutin primordial, prélude à la bataille présidentielle. Il décrypte les recompositions politiques en cours et l'ascension des forces radicales, susceptibles de redessiner le paysage électoral à l'horizon 2027.
Face à la lassitude qui étreint la classe politique comme les citoyens, face à des institutions au fonctionnement grippé, face au tourbillon des évènements internationaux, nous lui demandons quelles sont les perspectives pour la France de demain.
Un entretien mené par Lauriane Vague.


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À l'heure où l'on s'inquiète de l'avenir de la biodiversité, de nouvelles formes de vie éclosent chaque jour dans les laboratoires du monde globalisé. À mi-chemin entre le biologique et l'artificiel, les bio-objets (gamètes, embryons, cellules souches) sont les descendants directs des technologies in vitro qui ont permis de cultiver des cellules et des tissus vivants.
Or ces entités biologiques sont, malgré leur omniprésence, des objets insaisissables dont la vitalité brouille de manière concrète le découpage culturel entre sujet et objet, entre nature et artifice, entre humain et non-humain. Dotés d'une très grande plasticité, ils peuvent être congelés, modifiés, transplantés, transportés et échangés.
En quoi leur production croissante transforme notre rapport au vivant et à l'identité corporelle ? Quelles implications matérielles, économiques, sociales et culturelles sous-tendent leur prolifération ?
À partir d'exemples tirés de la médecine reproductive, du génie génétique et d'une enquête menée auprès de chercheurs en bio-impression, la sociologue Céline Lafontaine insiste sur le fait que les produits de la culture in vitro ne sont justement pas des objets comme les autres, du seul fait de leur vitalité biologique. Plus globalement, elle souligne les défis et les questionnements épistémologiques que les bio-objets posent à la sociologie.


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Le Dr Maurice Berger évoque la fonction psychique du clan – fusionnel, normatif, surprotecteur – comme un frein majeur à l'individuation. Il montre comment la logique clanique peut, dans certains cas, servir de réponse identitaire à une humiliation maternelle ou une haine de soi. Il insiste également sur les ressources internes aux musulman assimilés, en particulier les éducateurs qui prônent la citoyenneté, l'égalité, et l'autonomie de pensée.
Finalement, il appelle à une réforme structurelle profonde : crèches obligatoires dès la petite enfance, suppression du regroupement familial, rénovation de la justice des mineurs et rupture avec le déni universitaire.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'00'39 : Présentation du Dr Maurice Berger
- 0'03'04 : Réflexion sur facteurs éducatifs, culturels, religieux
- 0'04'20 : Cadre éducatif familial, encadrement et devoirs
- 0'07'00 : Débat sur l'influence de l'origine sur la délinquance
- 0'09'00 : Rôle de l’histoire personnelle, transculturalité
- 0'12'00 : Sourate Ali Imran (v.31) et pardon sans empathie
- 0'15'00 : Barrières claniques et exclusion du thérapeute
- 0'18'00 : Position transculturelle : compétences vs appartenance
- 0'21'00 : Chirurgie psychique : concilier deux familles, deux mondes
- 0'24'00 : Impact de l'abandon des racines sur la santé mentale
- 0'35'00 : Structure clanique, homéostasie, trouble cognitif
- 0'38'00 : Réseaux sociaux, clan moderne et perte de pensée autonome
- 0'41'00 : Violence multifactorielle : familial, culturel, sociétal
- 0'43'00 : Exposition précoce à la violence conjugale et conséquences
- 0'47'30 : " Bodisation" : violence incorporée dans l'identité
- 0'50'00 : Mariages forcés, endogamie, violence parentale
- 0'54'00 : Impact sur le garçon : pouvoir maternel excessif
- 0'57'00 : Éducation parentale : discipline, cadre, autorité
- 0'59'00 : Voile : marqueur normatif, rôle dans contrôle des genres
- 1'03'00 : Fracture entre logique clanique et société de rencontre
- 1'07'00 : Que faire ? Reconstruction totale, dispositifs efficaces
- 1'09'00 : Échec de l’évaluation des CER et nécessité de tests
- 1'11'00 : Propositions : prisons courtes, code pénal, majorité
- 1'13'00 : Modèle danois : intégration dès la crèche, réglementation
- 1'15'00 : Besoin d’un centre de recherche national structuré
- 1'18'00 : Conclusion : appel à une pensée globale et universitaire
Un entretien mené par Florence Bergeaud-Blackler.


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À partir d'observations réalisées lors de multiples interventions à titre de pédopsychiatre d'orientation psychanalytique dans un Centre éducatif renforcé en France, Maurice Berger se propose d'analyser certains processus psychiques et identitaires en jeu chez les enfants. Il décrit plus particulièrement les diverses composantes de la joute qui a souvent lieu dans le rapport du clinicien aux adolescents, en particulier avec ceux ayant commis des délits violents.
Il semble au premier abord difficile de transposer l'expérience thérapeutique usuelle avec de tels adolescents, ce qui implique une attention particulière à leur histoire, qui comporte généralement des traumatismes relationnels précoces, notamment de négligence et de violence.
On comprend alors comment pour de tels enfants, l'extérieur puisse être plus protecteur que l'intérieur. En conséquence, pour faire advenir de la pensée chez eux, il faut savoir les sécuriser et les contenir en reconnaissant leur méfiance, et surtout, savoir susciter une curiosité et une co-créativité.


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Olivier Rey s'inscrit dans la lignée d'une tradition très française, issue de Polytechnique où il a enseigné les mathématiques, et de la Sorbonne pour l'enseignement de la philosophie. L'un de ces ouvrages majeurs et marquants, Quand le monde s'est fait nombre, fait écho à la question sportive et pose l'hypothèse d'un sport, otage du chiffre. Si le monde n'était que nombre, donc, le sport n'apparaîtrait-il pas alors comme l'un des modes d'expression exemplaire de cette "qualité par la quantité" ?
De nombreuses questions surgissent alors. N'est-on pas un peu dépassé par l'idée que le progrès sans limite que l'on attribue généralement à la production d'objets techniques s'applique également à l'homme qui, somme toute reste limité par essence, notamment de par sa constitution physique et biomécanique. Nous ne courrons jamais le cent mètre en 3 secondes !
Le sport et la culture sont toujours dissociés dans le langage commun et particulièrement dans le langage politique. Cette distinction, voire cette discrimination qui persiste ne trahit-elle pas l'idée d'une sous-catégorie, moins noble, au panthéon des activités humaines ?
À l'évidence, l'accession ou la reconnaissance pleine et entière du sport dans la Culture résiste encore. L'hypothèse d'un sport "otage du chiffre" ne répond-elle pas en partie à cette résistance ? Le sociologue Paul Yonnet, amoureux du sport, lui ayant consacré de nombreux ouvrages théoriques et sociologiques, osait cette idée : "Le sport n'est pas un art pour une raison majeure. Dans l'art, on ne mesure jamais de la qualité par la quantité. Être un grand sportif, c'est entrer dans l'ère de la mesure".
Un entretien mené par François L'Yvonnet.


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La crise profonde que traverse la médecine moderne est un sujet fondamental ici abordé par le Dr Louis Fouché, médecin réanimateur et essayiste, et Laurent Ozon, analyste et écrivain. Ensemble, ils interrogent la transformation de la médecine, passée d'un art du soin à un dispositif technocratique et marchand.
À travers une discussion dense mêlant réflexions philosophiques, critiques sociales et expériences de terrain, ils remettent en cause les fondements mêmes de la médecine contemporaine, dénonçant la déshumanisation du soin, la perte de sens, et l'ingérence du pouvoir politique et économique dans la relation thérapeutique.
Ensemble, ils appellent à une réappropriation du soin, plus éthique, plus incarnée, et surtout, plus libre.
Une émission animée par Alexandre Cuignache.


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En tant que psychiatre dans un centre de rééducation fonctionnelle, Maurice Berger reçois des victimes d'agressions qui gardent des séquelles importantes. En tant que pédopsychiatre, il travaille avec des mineurs extrêmement violents qui déclarent tous "n'en rien avoir à foutre" des blessures qu'ils ont occasionnées, avec une absence totale d'empathie.
Pour ralentir l'augmentation de cette violence dans notre société, il faut donc remonter l'histoire psychique de ces mineurs dont un certain nombre deviendront des majeurs dangereux. De manière schématique, ils présentent une violence "individuelle" liées à des maltraitances vues ou subies dans l'enfance, ou une violence liée à un milieu familial clanique, ou une violence commise en bande où le rôle du leader négatif est essentiel.
Le point commun est que les sujets concernés ne savent pas ce que c'est qu'obéir, à la loi entre autre, et que toute contrainte est ressentie par eux comme une insupportable soumission.


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La crise sanitaire du COVID-19 a mis en lumière une problématique majeure au sein de la science médicale occidentale : une perte massive de confiance et d'efficacité dans les systèmes de soins. Cette crise de confiance, exacerbée par des scandales tels que le PfizerGate, a révélé des failles profondes, où la collusion entre l'industrie pharmaceutique et les instances de régulation a remis en question l'intégrité des pratiques médicales. La gestion de la pandémie a également mis en exergue une méthodologie scientifique qui, loin de garantir une approche rigoureuse et objective, a parfois imposé une vision autoritaire, manquant de véracité scientifique.
Pour comprendre cette crise, il est essentiel de revenir aux fondements de la science médicale occidentale. Depuis la Renaissance, la médecine occidentale s'est distinguée par des avancées majeures, telles que la dissection des corps et la découverte des germes, qui ont révolutionné notre compréhension de la santé et de la maladie. La médecine, initialement basée sur l'observation et l'expérience, a progressivement évolué vers une science reposant sur des preuves tangibles. Cependant, cette évolution a également conduit à une forme de dogmatisme, où la méthodologie scientifique est devenue une norme parfois rigide, peu adaptable aux réalités complexes et variées de la santé humaine.
Aujourd'hui, nous sommes confrontés à un tournant décisif. La défaillance du système de santé occidental, la marginalisation des pratiques alternatives, et les dysfonctionnements des comités de surveillance sont autant de signes d'une crise profonde. Deux scénarios se dessinent : l'un, pessimiste, où cette radicalisation mène à une dégradation encore plus prononcée de la confiance et de l'efficacité des soins ; l'autre, optimiste, où cette crise offre l'opportunité d'une refonte en profondeur de notre rapport à la science médicale et à la santé, vers une approche plus holistique et respectueuse de la diversité des savoirs.
Ainsi, la crise actuelle n'est pas seulement une remise en question des méthodes, mais aussi une invitation à repenser la place de la science médicale dans nos sociétés, pour qu'elle puisse véritablement servir l'humanité dans toute sa complexité.