Vers la guerre civile en France ? Avec François Bégaudeau et Pierre-Yves Rougeyron sur Quartier Général.


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06.2024

Émeutes de 2023, radicalisation du débat, partis politiques qui soufflent sur les braises, la paix civile est-elle en sursis dans les démocraties occidentales, ainsi que des fictions comme La Fièvre, série Canal + signée Éric Benzekri, ou Civil War d'Alex Garland, côté États-Unis, le suggèrent ?
François Bégaudeau, écrivain, et Pierre-Yves Rougeyron, président du Cercle Aristote, débattent de ces questions.


Un débat mené par Aude Lancelin.

La pensée politique de Gaulle (pouvoir d'exception, légitimité, décision). Avec Bernard Bourdin au Cercle Aristote.


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15.04.2024

Les crises, en 1940 comme en 1958, ont conduit le militaire qu'était Charles de Gaulle à un engagement politique total pour redresser le pays. Un engagement qui s'appuie sur des conceptions bien particulières de la Nation, de l'État, de la représentation, de l'art de gouverner que de Gaulle forge progressivement, et qu'il formule moins à travers ses écrits que par ses actes et sa manière d'agir.
À l'heure où l’on évoque une "fatigue démocratique", en complète contradiction avec la foi gaullienne dans la volonté nationale et dans l'effort collectif, et où l'on met en cause l'édifice institutionnel de 1958, un travail de reformulation s'impose. Il s'agit de proposer une vision renouvelée de la philosophie politique du général de Gaulle, par-delà les faux semblants, les invocations rituelles et les débats stériles.

Février 34, l'affrontement. Avec Olivier Dard à la Nouvelle Action Royaliste.


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06.03.2024

Que s'est-il passé à Paris le 6 février 1934 ? Les évènements sanglants de cette soirée d'émeute ont nourri des interventions divergentes : celle, à gauche, d'un complot fasciste contre la République et la démocratie, celle à droite d'une journée fédératrice, quasi-mythique, pour la droite extra-parlementaire révoltée par l'affaire Stavisky.
Auteur d'un livre de référence sur le sujet, Olivier Dard montre que le 6 Février ne fut pas le résultat d'un complot, fasciste, jacobin ou royaliste et que les Ligues opérèrent dans le désordre sans chercher à prendre le pouvoir par la force. L'émeute fut provoquée par le limogeage du préfet Chiappe et c'est la gestion déplorable des forces de l'ordre qui fit couler le sang.

 - 0'00'00 : Intro
 - 0'00'59 : Situation politique après les élections de 1932
 - 0'06'57 : L'affaire Stavisky
 - 0'11'00 : Le lien entre la droite parlementaire et les ligues
 - 0'18'02 : Les communistes, acteurs oubliés du 6 février
 - 0'21'48 : Jean Chiappe, préfet de police de Paris
 - 0'27'07 : Récit du 6 février 1934
 - 0'34'48 : Se passe-t-il quelque chose en Province ?
 - 0'36'00 : Les dirigeants des ligues ont-ils un but ?
 - 0'41'00 : Quel est le role des chefs militaires ?
 - 0'43'02 : Des réactions au sein de l'armée ?
 - 0'45'43 : Des supposés complots
 - 0'47'32 : Complot du Manoir d'Anjou, duc de Guise et comte de Paris
 - 0'50'26 : La gauche, barrage contre le coup d'Etat "fasciste" ?
 - 0'56'47 : Non pas UN mais DES 6 février 1934
 - 0'58'11 : Effectif des manifestants
 - 1'04'20 : Le 6 février vu par la presse internationale
 - 1'05'54 : Quel est l'impact auprès la presse et de la population ?
 - 1'09'26 : L'appareil d'Etat a-t-il bougé ?
 - 1'11'48 : Quel est le point des fascistes sur le modèle italien ou allemand ?
 - 1'16'43 : Désaccord de fond avec Sternhel
 - 1'19'34 : Berstein détruit la pensée de Sternhel
 - 1'27'31 : Action catholique belge et le nazification
 - 1'29'11 : Outro

Kierkegaard, philosophe malgré lui. Avec Jean Brun, Jacques Sojcher, Michel Sicard, Emmanuel Levinas, Sylviane Agacinski, Jean-Louis Leuba et Michel Camus sur France Culture.


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1978

Søren Kierkegaard (1813-1855) occupe une place particulière dans l'histoire de la philosophie. Il est l'auteur d'une œuvre hybride, mêlant théologie chrétienne, philosophie, psychologie et autres textes plus ou moins autobiographiques. Et si son nom est familier aux oreilles de tous, ce que l'on connaît de lui se résume souvent à une image floue, qui ne laisse apparaître que de vagues contours : ceux d'un théoricien de l'angoisse, un existentialiste avant l'heure, l'auteur de l'œuvre qu'on appelle en France et à tort Le Traité du Désespoir dont le vrai titre, plus énigmatique, est La Maladie à la Mort.
Peu de personnes sauraient détailler le contenu véritable de cette pensée protéiforme, dont l'influence sur des penseurs et écrivains aussi différents que Sartre, Heidegger, Borges, Ibsen ou encore Bataille laisse deviner la richesse et la profondeur.
C'est aussi un penseur qui se place en opposition fondamentale à une certaine façon de penser : celle de Hegel, emprunte d'une rigueur systémique à toute épreuve, obsédé par la dialectique. Kierkegaard rejette cette rigidité de la philosophie, ancrée dans une rationalité qui déracine l'humain d'un grand nombre de ses possibles. C'est en s'insurgeant contre le Système hegelien que Kierkegaard plus que jamais marque de son sceau l'histoire de la philosophie, presque malgré lui.

Une série d'émission menée par Jérôme Peignot.

L'Homme entier. Avec Jacques Ellul pour Promenade en Mer.


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12.1992

Le penseur inclassable qu'est Jacques Ellul nous laisse des réflexions qui éclairent la condition de l'homme moderne. Soumission à la technique, illusion politique, idéologie du progrès et du développement, subversion du christianisme : autant de thèmes qu'il aborde ici et qui laissent deviner la figure d'un Homme divisé à laquelle il oppose la figure de l'Homme entier.
Une parole forte qui résonne encore aujourd'hui.

Rosa Luxembourg face au procès de l'Histoire. Avec Jean-Numa Ducange à la Librairie Tropiques.


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2023

À l'aube du XXe siècle, une femme émerge dans la vie politique allemande : Rosa Luxemburg (1871-1919).
Radicale (au sens où elle veut traiter à la racine les problèmes qu'elle combat), elle ne croit pas à la réforme du capitalisme et défend la révolution. Viscéralement attachée à la liberté, elle dénonce aussi bien l'abandon du pacifisme par les socialistes en 1914, que la violence répressive du régime soviétique naissant. Étonnamment moderne, elle est l’une des rares, parmi les socialistes, à dénoncer le colonialisme, ses effets délétères sur la nature et les communautés extra-européennes.
Assassinée quelques jours après avoir fondé le parti communiste allemand, elle devient une icône, célébrée dans le monde entier, et reste aujourd'hui encore une figure particulièrement inspirante, tant elle nous aide à penser l'orage contemporain.

Virginia Woolf (1882-1941). Avec Angelica Garnett, Frances Partridge, Catherine Bernard et Antonia Susan Byatt sur France Culture.


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20.10.1998

"J'aime boire du champagne et devenir follement exaltée. J'aime partir en voiture vers Rodmell dans la chaleur d'un vendredi soir et manger du jambon, et être assise sur ma terrasse et fumer un cigare avec un hibou ou deux. "
Virginia Woolf fut une femme aux vies multiples, partagée entre Londres et sa retraite du Sussex, rompue aux mondanités comme à la solitude, attentive aux petits miracles quotidiens et bousculée par la folie. Mais qui était-elle vraiment ?

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Lise Andries et Nathalie Triandafyllidès.

Imaginaire et réalité de l'anthropocène ? Avec Jean-Baptiste Fressoz à l'Institut des Hautes Etudes pour la Science et la Technologie.


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27.03.2014

En 1784, James Watt dépose le brevet de la machine à vapeur. S'en suit la fameuse révolution industrielle qui va transformer les modes de vie des êtres humains mais également leur environnement. Au point qu’en l'an 2000, Paul Crutzen, prix Nobel de chimie pour ses travaux sur la couche d'ozone, estime que nous avons changé d'époque géologique, passant de l'Holocène qui a débuté il y a 11'500 ans à ce qu'il baptise Anthropocène pour stigmatiser la nouvelle capacité de l'homme à exercer un impact d'ampleur tellurique sur la Terre. Même si les spécialistes, c'est à dire les géologues, n'ont pas encore statué sur cette appellation, le mot inventé par Paul Crutzen est devenu une sorte d’étendard adopté par de nombreux historiens, philosophes, écologues et écologistes.
L'historien Jean-Baptiste Fressoz revient sur ce qui, depuis plus de 200 ans, a conduit l'homme a modifier en profondeur les principaux paramètres géophysiques de la planète.

La Gauche, les Lumières, le marxisme et l'humanisme. Avec Stéphanie Roza pour les Communistes Français.


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2024

Dans un entretien en deux temps, la philosophe Stéphanie Roza revient sur ses deux ouvrages La Gauche contre les Lumières ? et Le marxisme est un humanisme.

 1. Depuis plusieurs années déjà s'élèvent des critiques d'une radicalité inouïe contre le coeur même de l'héritage des Lumières : le rationalisme, le progressisme, l'universalisme. Ces critiques se revendiquent de l'émancipation des dominés, marqueur traditionnel des différents courants de gauche. Mais s'inscrivent-elles dans le prolongement de celles qui, depuis l'émergence des mouvements socialiste, communiste ou anarchiste, avaient pour horizon un prolongement et un élargissement des combats des Lumières "bourgeoises" ?

 2. À partir des années 1930, la découverte des textes de jeunesse de Marx (les Manuscrits de 1844 et L'Idéologie allemande) amorce une réflexion sur la place de l'humanisme dans le marxisme, qui culmine vingt ans plus tard avec Jean-Paul Sartre et Georg Lukács qui, chacun à sa manière, tentent alors de réintroduire la subjectivité individuelle et son irréductible liberté dans une conception matérialiste et révolutionnaire de l'histoire. Il s'agit de régénérer un projet d'émancipation individuelle et collective après la terrible période de glaciation stalinienne.

Léon Bloy : La parole comme sacrement. Avec Emmanuel Godo aux conférences de Carême de Notre-Dame de Paris.


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18.02.2024

Léon Bloy (1846-1917) est un écrivain prophète, annonçant l'espérance à coups de marteau. Son verbe vise à réveiller la tiédeur des modernes en leur rappelant qu'il n'y a qu'une vraie tristesse, c'est de n'être pas des saints.
Cette exigence redonne à l'invisible toute la place qui lui revient. On y entend un gai savoir : les puissants sont mis à nu et la souveraineté des misérables est célébrée sans niaiserie.

Carl Schmitt et la gauche radicale. Avec Aristide Leucate sur Haltérophilo.


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05.2024

Quels sont les liens que la gauche radicale entretient avec Carl Schmitt ? Des concepts tels que l'antagonisme entre l'ami et l'ennemi, l'importance de la décision et les périls de la dictature sont scrutés à la lumière des interactions de Schmitt avec divers penseurs comme Sorel, Benjamin et même Proudhon.
Malgré le boycott occidental de la conception schmittienne du droit, une ironie persiste : au fil des années, Schmitt est devenu le penseur étranger le plus traduit en Chine.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'01'36 : Une citation de Geoffroy de Lagasnerie en ouverture
 - 0'09'34 : Qui est Carl Schmitt et quels sont ses ouvrages principaux ?
 - 0'39'50 : La désignation de l'ami et de l'ennemi
 - 0'51'19 : Georges Sorel à l’origine de cet antagonsime ?
 - 0'58'38 : L'antagonisme chez Proudhon et Sorel ?
 - 1'01'26 : Quel lien entre la laïcisation et la gauche radicale ?
 - 1'06'33 : Conclusion

Les faux et les vrais procès contre l'Eglise. Avec Jean Sevillia pour l'Action Française.


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2020

Les croisades étaient-elles une entreprise impérialiste à l'encontre de l'Orient musulman ? L'Inquisition a-t-elle brûlé des milliers d'hérétiques ? La chrétienté médiévale était-elle antisémite ? L'Église s'est-elle vraiment interrogée pour savoir si les femmes avaient une âme ? Les papes de la Renaissance ressemblaient-ils tous aux Borgia ? Pendant les guerres de Religion, les catholiques ont-ils fait preuve d'intolérance alors que les protestants incarnaient la liberté d'esprit ? Galilée a-t-il été condamné parce que les papes s'opposaient aux découvertes scientifiques ? L'Église du XIXe siècle était-elle par principe hostile à la modernité ? Dans les années 1930, le Vatican s'est-il aveuglé par anticommunisme sur les dangers du fascisme et du nazisme ?
Historien et journaliste, Jean Sévillia a dirigé un ouvrage coordonnant les réponses apportées par quinze historiens à ces questions explosives, qui visent d'abord à remettre en contexte chaque question dans son époque, avec le souci d'éviter tout anachronisme.
Sans jamais remplacer la légende noire par une légende dorée, cette contribution redonne sa place à une investigation historique sans préjugés et sans œillères.