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Le conférencier nous montre que le tour punitif pris par les politiques pénales lors de la dernière décennie ne relève pas du diptyque "crime et châtiment", mais annonce l'instauration d'un nouveau gouvernement de l'insécurité sociale qu’il caractérise de "libéral-paternaliste" : libéral en haut, envers les entreprises et les classes privilégiés, et paternaliste en bas, à l’égard des populations précarisées et déstabilisées par la dérégulation économique et le retrait de la protection sociale.
Au sein de cet État-centaure, la police, les tribunaux et la prison retrouvent leur rôle historique d'origine : plier les populations indociles à l'ordre économique et moral émergent.
Le déploiement de politiques pénales agressives ne participe pas d’un chimérique "programme sécuritaire" qui relèverait du registre de la "répression" : elle s’inscrit au contraire dans la production du Léviathan néolibéral capable de discipliner le précariat postindustriel.


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Marcel Gauchet vient de publier "L’Avènement de la démocratie : Tome 3 - A l’épreuve des totalitarismes, 1914-1974".
Il est ici interrogé par Jean-Pierre Le Goff, René Rodriguez et Julien Barroche sur son interprétation de l'histoire des totalitarismes et sur les concepts utilisés dans sa lecture de ces phénomènes.


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Comment se manifeste la recherche de consensus sur le plan politique ?
S’insérant dans une vision du monde, dans un ensemble global, le désir de consensus révèle une profonde métamorphose dans notre manière de comprendre et d’habiter le monde qui mène à une dépolitisation de nos sociétés.
En effet, la recherche du consensus ne met plus en jeu des valeurs mais des procédures qui visent à répondre à des problèmes concrets de façon pragmatique en négociant des intérêts.
La gouvernance contemporaine devient donc un autoritarisme soft qui rend caduque le débat traditionnel d'une démocratie vivante.


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Chaos climatique potentiellement irréversible, dégradation chimique du milieu naturel, atteintes à la biodiversité, la préoccupation écologique a été clairement et publiquement affirmée depuis les années 60-70. Pourtant, les mesures politiques qui permettraient de prévenir cette crise écologique pour nos sociétés restent hors de portée, pourquoi ?
Selon Hervé kempf, l’analyse seule de la situation écologique est insuffisante pour identifier les mécanismes de blocages fondés dans nos sociétés par les rapports de pouvoir (politiques et économiques) et organisés selon les cercles caractéristiques d’une oligarchie dont il décrit certains comportements.




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Pourquoi les avancées successives de la France vers ce qu’on appelle des « modernisations » se sont faites par des ruptures ? Des Jacqueries aux guerres de Religion, des Frondes politiques et sociales aux fractures de la Révolution, des espérances foudroyées de 1848 ou de la Commune jusqu’à la renaissance de 1945, les guerres civiles ont toujours été en France des vecteurs de progrès.
Les révoltes du XIVe siècle vont marquer l’avènement de l’Etat moderne contre la féodalité, des guerres de Religion naîtra le triomphe de la raison contre le fanatisme, la Fronde supprimera les privilèges au profit du service de l’Etat, les dix années de guerre avant la révolution de 1789 se termineront par le Consulat, et les journées de 1848 observées en direct par Karl Marx vont marquer le triomphe du libéralisme sur le protectionnisme et l’avènement réel d’une économie de marché.
La Commune, qui est sans conteste la plus terrible des guerres civiles connues par la France, aboutira à la reconnaissance de la nation comme un moyen de rassemblement, et la crise de 1958 amènera le retour au pouvoir de Charles de Gaulle II.
De chacune de ces guerres civiles a surgi une forme de progrès et de modernisation. Alors à l’heure où la France gronde, qui sont les nouveaux révolutionnaires ? Nous assistons aujourd’hui à une nouvelle forme de guerre civile entre deux France : la France exposée des pauvres, des patrons de PME et des travailleurs précaires, et la France abritée avec l’élite des grands corps et tous ceux dont l’avenir est assuré.
De quel type de rupture accoucherons-nous à la suite de cette guerre civile des temps modernes ?


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L'orateur revient sur les 3 traditions pacifistes qui ont existé au sein du mouvement socialiste:
-la sociale-démocratie (Jaurès et son éloge de l'armée suisse)
-le socialisme chrétien, non-violent
-le mouvement libertaire, anti-militariste mais pas non-violent
Il est important de faire ces distinctions pour comprendre l'histoire du mouvement dans toute sa complexité, ainsi que les positions actuelles des partis sociaux-démocrates désirant l'abolition de l'armée, comme le PS suisse.


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