Quel usage pour les mathématiques en sciences sociales ? Avec Pablo Jensen pour Liberté Académique.


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01.2019

La question se pose depuis la naissance des sciences sociales : peut-on enfermer les comportements humains dans des formules mathématiques ? Parce qu’il répondait résolument par la négative, Auguste Comte avait forgé le terme de "sociologie" pour l'opposer à la "physique sociale" du statisticien Adolphe Quételet. Dans son ouvrage Pourquoi la société ne se laisse pas mettre en équations, Pablo Jensen, physicien féru de sciences sociales, ouvre à nouveau le dossier.
Les économistes, les démographes, les sociologues, les politistes..., constate-t-il, sont tentés par la modélisation mathématique. Pour expliquer la croissance économique, la ségrégation urbaine ou encore les comportements politiques, ils utilisent des fictions raisonnées et ont recours à la simulation informatique. Aujourd'hui, certains spécialistes estiment même que, grâce aux big datas, le comportement humain serait prévisible à 93 %.
Pour montrer qu'en réalité nous sommes encore loin d'un tel résultat, Pablo Jensen ouvre la boîte noire des modélisateurs pour nous montrer à quel point la théorie est bien loin de la réalité des pratiques sociales. Certes, les modèles sont utiles mais les résultats de telles modélisations peuvent se révéler dangereux quand on commence à confondre le modèle avec la réalité sociale qui, elle, est plus imprévisible.
Une belle leçon de science et de modestie qui rappelle que le gouvernement des hommes doit être une affaire de délibération politique et non de calcul rationnel.

Un entretien mené par Vincent Debierre.

Un cerveau pensant, entre stabilité et plasticité. Avec Dany-Robert Dufour et Jean-Pierre Lebrun à Bruxelles.


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20.04.2018

Les concepts aujourd'hui promus par les neurosciences permettent mais aussi obligent à réaborder autrement des questions anciennes comme les relations corps/esprit ou encore le débat nature/culture. Les progrès incontestables de ce champ scientifique ces dernières années mettent-elles en question la discipline que Freud a "inventée" et que Lacan a "réinventée" ? Leurs avancées ne contraignent-elles pas à revisiter les rapports du corps et du langage ?
Évitant tout réductionnisme, Dany-Robert Dufour discute les thèses de Jean-Pierre Lebrun et Marc Crommelinck autour du fonctionnement du cerveau pensant, loin des énoncés simplistes auxquels nous ont habitué les médias.

Une conférence organisée par l'Association Freudienne de Belgique.

Les aventures d'une pensée. Avec George Steiner sur la RTS.


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1998

Critique, philosophe, professeur de littérature anglaise et comparée à Genève, écrivain, interprète de l'art et questionneur de la civilisation occidentale finissante, George Steiner se définit avant tout comme un "maître à lire".
Dans cette série de treize entretiens menée par Guillaume Chenevière, cet intellectuel érudit évoque ses thèmes de prédilection : le langage, la tragédie, la pensée et le pouvoir, le silence après la barbarie de la Shoah et le monde futur.

Nietzsche et l'histoire, Nietzsche dans l'histoire. Avec Dorian Astor sur Le Média.


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07.2019

L'histoire est indispensable pour comprendre le présent : assurément... et voilà un lieu commun somme toute rassurant. Mais quelle(s) histoire(s), faite(s) par qui, et comment ? Y-a-t-il une manière neutre d'aborder le passé, ou plus recommandable que d'autres qui seraient trop orientées ou militantes ? Les historiens peuvent-ils s'ériger en arbitres des usages du passé – en particulier de ses usages ou instrumentalisations politiques ? Le savoir et l'érudition sont-ils en mesure de dire le dernier mot sur ce qui a eu lieu, et quelles seraient les conséquences de cette prétention ?
La pensée d'un philosophe du XIXe siècle, Friedrich Nietzsche (1844-1900), peut aider à poser ces problèmes très actuels. En 1874, dans sa deuxième Considération inactuelle, intitulée "De l'utilité et des inconvénients de l'histoire pour la vie", Nietzsche mettait en évidence les enjeux cruciaux de la "science historique" et de notre rapport au passé.
C'est en compagnie de Dorian Astor, philosophe, germaniste et spécialiste de Nietzsche, que ces questions sont traitées.

Émission "La grande H.", animée par Julien Théry.

La crise écologique, quelle histoire ? Avec Christophe Bonneuil à Paris Sciences&Lettres Research University.


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06.02.2019

Idée reçue : la crise environnementale actuelle serait le fruit d'une longue inconscience. On ignorait, en gros, le mal que l'on faisait. Idée fausse, selon le chercheur Jean-Baptiste Fressoz : il s'agit là d'une illusion d'optique ou d'une amnésie.
Historien des techniques et de l'environnement, Jean-Baptiste Fressoz nous restitue l'histoire politique de la crise écologique en reconstituant le jeu des forces sociales qui ont fait basculer notre planète dans une nouvelle ère géologique, l'anthropocène, terme désignant une nouvelle époque géologique marquée par l'impact massif des activités humaines sur la planète.

L'intelligence des limites. Avec Patrick Tort à Issoudun.


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07.2019

L'hypertélie est le développement d'une partie anatomique au-delà de son niveau optimal d'utilité : ramures géantes de cervidés, canines hypertrophiées des "tigres aux dents de sabre", défenses croisées des mammouths, etc. Ces structures, en grandissant au-delà de leur fonction initiale, seraient devenues nuisibles à leurs détenteurs et tendanciellement fatale à la survie de l'espèce.
Contre de trop rapides conclusions sur le caractère "non darwinien" du concept d'hyper-télie, Patrick Tort démontre son origine darwinienne. Il en tire un instrument pour penser la naissance bio-éthologique du symbolique et pour modéliser les conséquences du dogme d'une croissance sans limite propre au capitalisme.

Les intellectuels français sont-ils des imposteurs ? Avec Alan Sokal et Michel Deguy à Répliques sur France Culture.


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11.10.1997

Le professeur de physique Alan Sokal a réussit, courant 1996, à faire publier dans une revue américaine un article intitulé : Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique. Cette mystification visait notamment à dénoncer l'usage intempestif de la terminologie scientifique par les sciences humaines. Il a depuis explicité son geste dans un ouvrage intitulé Impostures intellectuelles, co-écrit avec Jean Bricmont et publié en 1997.
À l'occasion de sa parution, il débat avec le philosophe et poète Michel Deguy des problèmes réccurents que présentent certains intellectuels français.
Abus de concepts et de termes scientifiques, le fait de jeter des mots savants à la tête du lecteur dans un contexte où ces mots n'ont aucune importance : ce sont des penseurs aussi prestigieux que Lacan, Kristeva, Latour, Baudrillard, Deleuze ou Guattari qui se retrouvent sur le banc des accusés...

Sociologie et nature humaine. Avec Laurent Cordonier pour La Tronche en Biais.


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13.02.2019

L'humain est une chose compliquée à étudier. Il existe de multiples outils, diverses disciplines. Elles ne s'opposent pas les unes aux autres mais se complètent, et des sciences cognitives à la sociologie on peut aborder la condition humaine en tenant compte de toutes les strates d'explications que fournissent ces disciplines.
Pour une plus grande interdisciplinarité, il faut apprendre à regarder l'humain comme un animal dans un milieu naturel, et comme le produit d'une société dont il est en même temps l'artisan. Laurent Cordonier est sociologue, il est l'auteur de La nature du social qui traite de ce sujet, et nous éclaire ici sur ce que son approche peut apporter à notre effort collectif pour mieux nous comprendre.