Les 17 lois de l'humanité. Avec Bernard Lahire pour le Groupe de Recherche pour l'Éducation et la Prospective à Toulouse.


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31.01.2025

Le sociologue Bernard Lahire propose de mettre en évidence un certain nombre de lois qui président au fonctionnement des sociétés humaines. Sa démarche scientifique à la recherche de régularités cherche à faire la synthèse de 150 ans de résultats en sciences humaines en adoptant une approche résolument interdisciplinaire.
Un tel travail implique de se tourner également vers les sciences dites naturelles, de mener des comparaisons entre les sociétés humaines, mais aussi avec celles formées par les autres espèces animales, voire végétales et même bactériennes.
En effet, contrairement à une idée reçue bien tenace, l'organisation sociale n'est pas le propre des humains. L'interdépendance, qui implique à la fois coopération et concurrence, caractérise en effet l'ensemble du vivant et il importe de resituer les humains parmi les autres espèces pour saisir les contraintes particulières qui les caractérisent.
Il énonce et explicite ainsi successivement pas moins de :
 - cinq grands faits caractérisant les sociétés humaines (altricialité secondaire, séparation des sexes, grande longévité, socialité, historicité)
 - dix grandes lignes de force autour desquelles gravitent leurs différentes formes (modes de production, rapports de parenté, transmission culturelle, production d'artefacts, expressivité symbolique, etc.)
 - dix-sept grandes lois (tendances à la conservation-reproduction-extension, tendances à l'accroissement démographique et différenciation, prévalence de l'antérieur sur le postérieur, imitation, lutte entre groupes, etc.)
Sa thèse centrale est "qu'une grande partie de la structure et du développement des sociétés humaines ne peut se comprendre qu'à partir du mode de reproduction (au double sens de reproduction biologique et culturel) et de développement ontogénétique de l'espèce, et notamment de la situation d'altricialité secondaire propre à l'espèce humaine (lente croissance extra-utérine du bébé humain entraînant une très longue période de dépendance) prolongée par une altricialité tertiaire (voire d'altricialité permanente, renvoyant à des capacités d'apprentissage tout au long de la vie et à la dépendance permanente à l'égard des autres membres du groupe social et de sa culture accumulée), conjuguée avec une série d'autres propriétés partagées par de nombreux autres mammifères ou, au contraire, très spécifiques (vie terrestre, mobilité, bipédie et libération des mains, pouces opposables, plasticité cérébrale, partition des sexes et reproduction sexuée sans période de rut, viviparité, grossesse longue, uniparité, longévité, symétrie bilatérale, capacités langagières-symboliques et artefactuelles, cumulativité culturelle).

Face au monde-machine. Avec Pièces et Main d'Oeuvre pour le podcast Floraisons.


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07.2022

Depuis vingt ans, Pièces et main d'œuvre (PMO) ont publié une quinzaine de livres. Pour tout écologiste attaché à la nature et à la liberté, leur travail est aussi important que passionnant.
Pour PMO "la technocratie est la classe du savoir, de l'avoir et du pouvoir produite par le capitalisme industriel pour révolutionner constamment les produits, services et moyens de la puissance". Et "le transhumanisme est l'idéologie de la technocratie à l'ère des technologies convergentes, et à l'avènement du règne machinal".
Mais pour bien comprendre tout cela, il faut du temps. Au cours de 19 épisodes, nous faisons connaissance avec PMO, avec leur méthode de travail. Nous faisons également plusieurs voyages dans le temps, dans l'histoire de l'industrialisation de Grenoble, celle de la volonté de puissance, de l'eugénisme, du transhumanisme, de "l'emballement des technologies convergentes nous mènant au règne machinal et à l'incarcération de l'homme-machine dans le monde-machine".
Prenons notre temps, il y a beaucoup à explorer ensemble.

Forme animale et forme humaine : autour de la pensée d'Adolf Portmann. Avec Jacques Dewitte, Dominique Lambert, Fabrice Hadjadj, Emmanuel Mejia et Henri Torrione à l'Institut Philanthropos.


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2018

La pensée d'Adolf Portmann, biologiste et philosophe du vivant, interroge la nature même de l'apparence et de la forme dans le monde animal et humain. En mettant en lumière l'importance de l'auto-présentation des êtres vivants, son œuvre ouvre des perspectives nouvelles sur la finalité du vivant, la place de l'homme dans la nature et les limites du darwinisme classique.
Ce colloque propose d'explorer ces thématiques à travers plusieurs approches : la possibilité d'une autre science du vivant, la finalité de l'apparence entre auto-conservation et expression, ou encore les évolutions récentes du darwinisme. Il s'agit aussi de réfléchir à la spécificité humaine à travers le prisme de la philosophie aristotélicienne, du rapport à l'animalité dans la chasse et des tensions entre anthropomorphisme et exception humaine.
À travers ces échanges, il importe d'approfondir notre compréhension des formes du vivant et de questionner la manière dont nous, humains, nous situons dans le monde naturel.

Le tournant expérimental en économie. Avec André Orléan à l'Université de Rouen.


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07.12.2018

Fondateur de l'école hétérodoxe de l'économie des conventions, André Orléan nous expose ici les enjeux d'un "tournant expérimental" des sciences économiques.
L'essor de l'économie comportementale, des RCT (Randomized Controlled Trials) et de l'analyse économétrique à partir d'expériences naturelles (histoire économique, développement) montre un désir d'objectivité et de scientificité qui cache des choix théoriques et épistémologiques qui ne sont pourtant pas neutres.
Selon lui, cette tentative de baser le débat scientifique sur des faits et des causalités rigoureusement établies cache un grand décalage de ces méthodes avec celles des sciences expérimentales et peut mener à des dérives.

Pourquoi personne ne contrôle plus rien ? Avec Olivier Rey sur Crépuscule.


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01.2025

Mathématicien et philosophe, Olivier Rey analyse dans ses essais le rôle crucial de la taille dans la dynamique des sociétés humaines, jusqu'aux éventuels effondrements qui peuvent s'en suivre. Il explore également les limites du progrès technique et les dérives d’une humanité dépassée par ses propres créations technologiques.
Dans cet entretien, il nous offre des pistes de réflexion pour comprendre pourquoi l'humanité est arrivée à un point critique de son évolution, notamment en raison de sa capacité d'innovation technique, et nous invite à changer de trajectoire pour nous en remettre à d'autres formes de sagesse.
Un point de vue indispensable pour saisir les enjeux de notre époque et les limites d'une modernité démesurée.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'00'56 : Les ressorts de la crise politique actuelle
 - 0'08'55 : L'absence de sens dans la société de consommation
 - 0'10'39 : L'humanité face au franchissement des seuils
 - 0'29'21 : Le règne des mathématiques
 - 0'37'05 : Du silex à la centrale nucléaire, l'homme écrasé par la technique
 - 0'44'00 : Quand la technologie devient contreproductive
 - 0'49'45 : La faillite de la politique face au devenir technique du monde
 - 0'56'53 : Tik Tok et la revanche de la Chine
 - 1'05'00 : La facture écologique et énergétique de la technologie
 - 1'07'44 : L'impasse de la géoingénierie
 - 1'12'15 : Tainter et la fragilité des sociétés complexes
 - 1'14'19 : Misère du transhumanisme
 - 1'23'08 : Renoncer à la démesure

Un entretien mené par Thomas Arrighi.

Konrad Lorenz et Arnold Gehlen : regards croisés sur l'homme, ce méconnu. Avec Yves Christen et Benjamin Demeslay sur Radio Courtoisie.


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15.07.2023

Konrad Lorenz, père de l'éthologie moderne, et Arnold Gehlen, philosophe et anthropologue, ont offert des perspectives complémentaires sur la nature humaine. L'un explore les instincts et l'animalité chez l’homme, l'autre interroge son caractère inachevé et sa dépendance aux institutions.
Yves Christen et Benjamin Demeslay mettent en dialogue leurs réflexions pour éclairer la condition humaine entre biologie et culture. Une exploration originale des fondements de notre identité et de notre place dans le vivant.

Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.

Au Moyen Âge, croyait-on que la Terre était plate ? Avec Violaine Giacomotto-Charra et Sylvie Nony sur France Culture.


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02.12.2021

Pendant longtemps, les humains étaient persuadés que la Terre était plate. Depuis quand a-t-on dépassé ce préjugé, qui apparaissait comme du "bon sens", pour prouver que la Terre était ronde comme une orange ?
Disons-le tout de suite, c'est un lieu commun et même un mythe, que de penser que le Moyen Âge a cru que la Terre était plate.
Cette idée est non seulement historiquement fausse, mais relève même d'une manipulation de l'histoire des sciences, et surtout des consciences. De l'Antiquité grecque à la Renaissance européenne, on n'a pratiquement jamais défendu et encore moins enseigné, en Occident, que la Terre était plate. Pour Platon, par exemple, la Terre est "enroulée autour de l'axe qui traverse le tout", affirme-t-il dans Le Timée. Chez Aristote également, les arguments qui démontrent la sphéricité de la Terre sont bien présent, et se situent dans son traité Du ciel. Par conséquent, si philosophes comme géographes de l'Antiquité, tels qu'Anaximandre de Milet ou Strabon, ont découvert que la terre était ronde, comment passe-t-on à la conception de la Terre plate au Moyen Âge ? Est-ce une question de croyances religieuses et d'ignorance en matière scientifique ?
Bien que c'est au XIXe siècle que s'est ancrée le préjugé selon lequel  le Moyen Âge croyait la Terre plate, cette légende est plus ancienne puisqu'elle apparaît dès les XVIIe et XVIIIe siècles. Les raisons qui expliquent le succès de la légende de la Terre plate sont multiples et parfois même souterraines. Parmi ces raisons, on compte la lutte contre le cléricalisme de la part de la jeune République, qui tend à se démarquer ainsi de l'obscurantisme de l'Eglise au Moyen Âge. Il y a aussi la glorification de l'idée de Renaissance, qui a du coup désigné le Moyen Âge comme le temps de la barbarie, des "Goths", comme dirait Rabelais. Il y a enfin l'historiographie qui cultivait le goût des grands hommes et des grands récits plutôt que de la vérité des sources…

Émission "Sans oser le demander", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Les risques du transhumanisme sont-ils ceux dont on parle ? Avec Jacques Testart pour l'Université de Caen.


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06.03.2018

Dans les débats sur les promesses du transhumanisme, on questionne l'immortalité, le contrôle de l'humanité par la machine intelligente, ou la modification de notre génome.
Il faudrait plutôt s'interroger respectivement sur le rapiéçage des corps et ses limites, la manipulation par quelques humains de mécanismes puissants et obéissants, ou la sélection itérative de nos enfants. Ces perspectives sont déjà d'actualité sans faire réellement débat.
Concevoir le transhumanisme comme l'exacerbation illimitée du progrès médical permettrait de remettre en cause certaines pratiques actuelles.