Le travail n'est pas une marchandise. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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22.05.2019

Ce n'est ni en défaisant l'État social ni en s'efforçant de le restaurer comme un monument historique que l'on trouvera une issue à la crise sociale et écologique. C'est en repensant son architecture à la lumière du monde tel qu'il est et tel que nous voudrions qu'il soit. Et, aujourd’hui comme hier, la clé de voûte sera le statut accordé au travail.
Face à la faillite morale, sociale, écologique et financière du néolibéralisme, l'horizon du travail au XXIe siècle est celui de son émancipation du règne exclusif de la marchandise. Comme le montre le cas du travail de recherche, les statuts professionnels qui ont résisté à la dynamique du Marché total ne sont donc pas les fossiles d'un monde appelé à disparaître, mais bien plutôt les germes d'un régime de travail réellement humain, qui fasse place au sens et au contenu du travail – c'est-à-dire à l'accomplissement d'une œuvre.

Anti-Dewey, en défense de la certitude. Avec Pascal Engel au Collège de France.


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03.11.2016

Dewey fut longtemps le seul philosophe américain connu et influent, notamment pour ses théories de l'éducation et son engagement politique.
Mais ce qui fait sa spécificité est son épistémologie "expérientialiste", non au sens où elle traiterait la sensation comme un donné, mais au sens où celle-ci est toujours déjà tissée de croyances, qui sont non pas des enregistrements passifs mais des dispositions à agir. En conséquence de quoi la conception deweyenne de la vérité devient une "assertion garantie" et un consensus sur le plan collectif.
Ce rejet de la conception classique de la vérité comme correspondance (avec les faits) et la conception traditionnelle selon laquelle la connaissance théorique prend le pas sur la connaissance pratique nous semble très contemporain, à nous qui avons renoncé aux vérités et aux fins transcendantes, et qui croyons qu'il nous faut inventer nos valeurs et réviser sans cesse nos croyances dans un univers incertain...

La justice sociale internationale. Avec Alain Supiot pour la Fondation Hugot du Collège de France.


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01.01.2019

La justice sociale internationale est un domaine immense qu'il est utile de revisiter car il se présente aujourd'hui sous un jour paradoxal. D'un côté, en effet, la question de la justice sociale retrouve une brûlante actualité à l'échelle internationale, avec l'affaissement de la capacité des États à assurer le bien-être de leur population et l'explosion des inégalités de revenus. Mais dans le même temps, la question de la justice sociale a disparu des priorités politiques, tant à l'échelon des gouvernements que de l'Union européenne ou des institutions internationales.
Les ambitions dans ce domaine sont réduites à la lutte contre l'extrême pauvreté, objet de plans conduits notamment sous l'égide de la Banque mondiale dans le sillage des désastres économiques et sociaux causés par les plans d'ajustement structurels imposés par le FMI ou la Troïka. Évaluer de tels plans et programmes de restructuration à l'aune de la justice sociale supposerait toutefois d'admettre que la valeur normative de celle-ci soit unanimement reconnue. Or, quoique de nombreuses Constitutions continuent de s'y référer, la justice sociale a été dénoncée comme un "mirage" par les théoriciens du nouvel ordre économique international instauré depuis le tournant ultralibéral des années 80.
Est-ce à dire que, liée à un certain état de l'histoire, la justice sociale aurait aujourd'hui perdu de sa pertinence ? Ou bien, au contraire, doit-on considérer que le mirage est celui du règne de la catallaxie, c'est-à-dire celui d'un "ordre engendré par l'ajustement mutuel de nombreuses économies individuelles sur un marché" (Hayek) ?

Le référendum et l'initiative populaires aux Etats-Unis. Avec Andreas Auer au Collège de France.


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19.03.2014

Le spécialiste et défenseur de la démocratie directe Andreas Auer nous propose une description des principes institutionnels qui régissent le référendum et l'initiative populaires aux Etats-Unis et de son histoire.
C'est en tant que professeur de droit constitutionnel qu'il nous invite à mieux comprendre la signification politique de ces procédures, très diverse selon la période et le lieu.
Ces mécanismes de démocratie directe ne doivent pas être opposés au gouvernement représentatif, mais compris comme l'ajout de composantes populaires dans l'exercice du pouvoir.

Figures juridiques de la démocratie économique. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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2017

Quels sont les liens étroits et anciens entre la face politique et la face économique de la démocratie ? Comment la démocratie pose-t-elle la règle de la répartition des richesses ? Comment le droit social peut-il être ancré dans une représentation partagée de la justice ? Quels sont les dispositifs qui ont pu exprimer l'idée de démocratie économique à l'âge industriel ? Et comment cette démocratie économique a-t-elle finalement reflué sous l'effet du tournant néolibéral ?
Après avoir montré les effets du recul du gouvernement par les lois et la résurgence de nouvelles figures de l'allégeance au sein de l'ordre juridique, le juriste Alain Supiot entend mener une réflexion sur le concept, l'histoire et la pratique de la démocratie économique entendue comme l'ancrage du droit social dans une représentation partagée de la justice.
Car le problème principal qui se pose aujourd'hui est de ré-encastrer (Karl Polanyi) les marchés dans la société et de cesser de réduire la vie humaine à la vie économique, et la vie économique à l'économie de marché...

Les figures de l'allégeance. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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2014

Le gouvernement par les lois est-il en train de se retirer ? Comment se manifestent le renversement de la hiérarchie du public et du privé, l'effacement du système basé sur des lois reçues de l'extérieur et le retour de nouvelles formes d'allégeance ? Pourquoi chacun peut-il choisir la loi qui lui convient ? Et comment peut-on devenir son propre législateur ?
Il y a de nombreuses raisons de penser que la période qui s'est ouverte avec la montée en puissance des États souverains et du gouvernement par les lois, dans l'Europe des XIIe-XIIIe siècles, arrive à échéance. Sapé par la gouvernance par les nombres, le "rule of law" est en crise et le gouvernement par les hommes refait surface sous des formes inédites que le grand juriste Alain Supiot s'efforce d'identifier tout au long de cette série de cours.
C'est donc de l'apparition des nouvelles figures de l'allégeance dont il est ici question, où chacun doit pouvoir compter sur la protection de ceux dont il dépend et sur le dévouement de ceux qui dépendent de lui.
Bienvenue dans un monde purgé de l'hétéronomie de la loi.

L'Europe financière et la privatisation de la monnaie. Avec Gaël Giraud au Collège de France.


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18.06.2018

Riche de la promesse d'une convergence économique et politique au sein de l'Union européenne, la création de l'euro et son utilisation depuis vingt ans ont entrainé au contraire une divergence et des tensions, notamment entre le nord et le sud du continent. Comment en sommes-nous arrivés là ?
L'économiste Gaël Giraud nous aide à comprendre le sens de la crise profonde des institutions européenne, notamment financières, et nous propose quelques idées d'action pour y faire face.

Une conférence prononcée dans le colloque "Revisiter les solidarités en Europe" organisé par Alain Supiot.

Pluralité des modèles de représentation nature-culture. Avec Philippe Descola au Collège de France.


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28.04.2011

Comment penser le monde sans lui appliquer le dualisme entre nature et culture qui imprègne notre cosmologie moderne ?
Poursuivant depuis des années une réflexion approfondie sur ce sujet, Philippe Descola nous propose une nouvelle théorie visant à dépasser notre ethnocentrisme occidental et moderne. Et ce sont les quatre grands modes d'identification possibles de l'homme avec son environnement qu'il a identifiés qui nous sont ici exposés.