Y a-t-il un rationalisme à la française ? Avec Jean-Marie Chevalier au Collège de France.


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28.05.2013

Le rationalisme "à la française" a des parfums de positivisme suranné, ou tendrait du moins à évoquer davantage les noms de Lachelier, Fouillée ou Renouvier que de philosophes contemporains.
Raison, rationalisme et rationalité sont pourtant des notions revendiquées dans une certaine mesure par des penseurs aussi divers que Jules Vuillemin, Gilles Granger et Jacques Bouveresse. Mais leurs œuvres correspondent à des usages de la philosophie fort différents : tandis que Vuillemin évalue chaque système par sa force interne, Granger comprend la philosophie comme connaissance, et Bouveresse comme critique et thérapie.
L'appel à la raison suffit-il à donner cohérence et unité à ces approches ? Le rationalisme français est-il autre chose qu'une fiction obsidionale ?

La solidarité, généalogie d'un concept sociologique. Avec Pierre Musso au Collège de France.


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05.06.2013

Cette conférence a pour objet de revisiter l'idée de solidarité dans sa dimensions historique et institutionnelle.
À cette fin, Pierre Musso conjugue un point de vue historique, permettant de retracer le cheminement de l'idée de solidarité sur ses versants juridique et sociologique, et un point de vue juridique propre à éclairer la mise en œuvre de l'idée de solidarité dans le droit positif.

Une conférence qui s'inscrit dans le séminaire sur "Les avatars de la solidarité", animé par Alain Supiot.

Les communs et la question de la souveraineté. Avec Pierre Dardot au Collège de France.


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16.03.2017

Il ne s’agira pas pour Pierre Dardot d'aborder la question de la souveraineté en général ou in abstracto. A cet égard, c'est l'exigence d'un "nominalisme méthodologique" (Michel Foucault) qui est retenue : le souverain, la souveraineté, comme d'ailleurs le peuple, l'Etat ou la société civile se présentent certes comme des universaux, mais on ferait fausse route si on les prenait d'emblée comme point de départ de l'analyse des pratiques. Une telle démarche aurait immanquablement pour effet d'écraser ce qui s'invente dans et par les pratiques.
Car les communs, comme Pierre Dardot s'efforce de la montrer, constituent des pratiques sociales à la fois individuelles et collectives, mais d'abord et avant tout des pratiques.
Le propos consistera donc à se demander en quoi la logique de ces pratiques que sont les communs vient inquiéter le principe de la souveraineté étatique telle qu'elle s'est constituée en Occident.

Une conférence prononcée dans le cadre du séminaire "Les usages de la terre. Cosmopolitique de la territorialité" animé par Philippe Descola.

L'art témoin ou complice de l'immonde ? L'aporie des avant-gardes. Avec Jean Clair au Collège de France.


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24.02.2009

Avec cette conférence portant sur le changement de sens que la figure du Géant a subi dans la peinture européenne, Jean Clair dissèque l'esthétique moderne d'une beauté qui ne peut plus correspondre à ce que l'on nomme communément le classicisme. Car c'est désormais la guerre et ses totalitarismes qui deviennent un fond de toile à l'iconographie moderne du Géant.
Jean Clair souligne ainsi la corrélation existant entre le Géant et la pensée totalitaire dont témoignent les projets architecturaux et les affiches de propagande fascistes, nazies et communistes.
C'est finalement le démantèlement de l'esprit des Lumières au profit d’une production artistique remettant clairement en cause une philosophie basée sur l'Universel que tente de montrer Jean Clair.

Le jeu des espaces : réflexions à partir de Carl Schmitt. Avec Jean-François Kervegan au Collège de France.


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31.03.2016

La réflexion sur les enjeux de territoire et la récusation d'une unité politique du monde sont des motifs récurrents de l’œuvre de Carl Schmitt, malgré les ruptures apparentes ou réelles qu’elle comporte. Ils sont présents dans les écrits de la période décisionniste (1920-1933), où ils illustrent le fantasme d’un dépassement définitif du conflit politique.
Durant la période national-socialiste, Schmitt oppose sa théorie du "grand espace" et des Empires aux rêves mondialistes, d’autant plus dangereux qu’ils servent les intérêts d’une puissance aspirant à l’hégémonie, les États-Unis.
Mais c’est dans les écrits postérieurs à 1945 que cette approche devient centrale, en même temps que la réflexion désabusée sur "le nouveau nomos de la terre" qui pourrait succéder au jus publicum europaeum de l’époque moderne.
En fin de compte, le rejet constant du rêve d’une unification politique illustre à la fois la conviction étatiste de Schmitt et son refus d’une philosophie rationaliste de l’histoire.

Biologie et solidarité. Avec André Pichot au Collège de France.


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05.06.2013

A travers l'histoire du darwinisme, l'historien de la biologie André Pichot retrace les diverses idéologies et doctrines informes qui ont servit à justifier "scientifiquement" la compétition ou (plus rarement) la solidarité dans les sociétés humaines à partir des connaissances en biologie.
Un florilège de bêtises et de stupidités pourtant très sérieusement soutenues par nombre de scientifiques, encore aujourd'hui.

Une conférence donnée dans le cadre du colloque “Entretiens sur les avatars de la solidarité”.

À quoi tient la valeur épistémique de la démocratie ? Avec Bernard Manin au Collège de France.


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01.03.2017

Accoler le terme épistémique à celui de démocratie ne va pas de soi, bien que les rapports pouvoir/savoir ne soient pas étrangers l'un à l'autre.
Car si le but du politique est de prendre des décisions pour une communauté, prendre une "bonne décision" sous-entend qu'il existe des formes institutionnelles qui les favorisent.
Dans ce cadre, la démocratie épistémique serait donc une forme de juste redistribution du pouvoir entre les porteurs de savoirs.
Est-il alors possible de soutenir que la valeur épistémique de la démocratie est à même de prendre de "bonnes décisions" et si oui, pourquoi ?

La pensée du politique : histoire et perspectives. Avec Claude Lefort au Collège de France.


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16.04.2008

Claude Lefort se propose d’éclairer la nature de la démocratie moderne à travers la distinction entre la politique (essentiellement tournée vers la considération du régime) et le politique, qui veut en penser les conditions sociales.
La science politique méconnaît la nature profonde de la démocratie parce qu’elle laisse dans l’ombre la société dans laquelle elle s’est formée.
La démocratie n’est pas localisable dans la société : elle est une forme de société. Dans l’Ancien Régime, le pouvoir monarchique était incorporé dans la personne du prince. La démocratie introduit dans cette perspective un bouleversement : le pouvoir n’est plus incorporé, c’est un lieu vide.
Le conflit est alors institutionnalisé, le pouvoir dans une démocratie ne peut exister qu’en quête de sa légitimité. La démocratie n’est pas réductible à un certain nombre d’institutions.

La conférence est suivie d'une session de questions posées par Pierre Rosanvallon auxquelles Claude Lefort répond.