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Essayiste et co-auteur avec le physicien Nicolas Pichoff de l'ouvrage Pourquoi les Amazones n'existent pas ?, Véra Nikolski revient sur la thèse centrale de ce nouvel ouvrage : si les femmes ont été universellement exclues des activités dangereuses, c'est parce qu'aucune communauté ne pouvait se permettre d'exposer son potentiel reproducteur au risque de la mort.
Le matriarcat primitif : mythe ou réalité historique ? Les femmes ont-elles chassé à la préhistoire ? Pourquoi exposer les femmes au risque mettait en péril la survie du groupe ? Cette division sexuelle du travail est-elle encore valide dans nos sociétés ?
Autant de questions auxquelles elle s'efforce de répondre dans cet échange rigoureux, à rebours des récits militants, qui replace la question du rôle des sexes dans la longue durée de l'évolution humaine.
Un entretien mené par Thomas Arrighi.


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L'oeuvre de René Girard a été un lieu de croisement entre théorie littéraire, anthropologie et préhistoire. Construite entre la France et les Etats-Unis à travers une lecture des textes classiques, elle a suscité de l'enthousiasme mais aussi des critiques dans le monde entier à partir d'une intuition radicale : la rivalité mimétique est à l'origine du fonctionnement sacrificiel des sociétés.
La monumentale biographie que lui consacre l'essayiste Benoit Chantre est l'occasion d'une discussion avec l'anthropologue Frédéric Keck et l'historien de l'art Rémi Labrusse en forme d'évaluation de son héritage.




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Auteur du récent Savoir ou Périr (Seuil), Bernard Lahire développe une critique sévère sur l'état de l'enseignement, de l'école primaire jusqu'à l'université. Il montre que l'école, et le partage des savoirs de manière générale, sont une affaire de survie pour l'humanité, et pas uniquement une option culturelle. Sans connaissance, impossible de s'adapter à son environnement, c'est donc une question de vie ou de mort pour notre espèce d'organiser un système éducatif à la hauteur de l'enjeu. Or, loin de répondre à cette mission, l'école détruit la curiosité, l'imagination, et l'intelligence au nom de la compétition et de l'évaluation.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'33 : L'éducation et la biologie
- 0'12'03 : Quelles différences avec les animaux ?
- 0'22'27 : L'état de l'école aujourd'hui
- 0'37'37 : Les grands chercheurs et l'école
- 0'45'48 : La notion d'intelligence
- 0'50'50 : La pertinence des classements (PISA, Shanghaï...)
- 0'55'52 : L'état actuel de la recherche
- 1'02'47 : Les déterminismes sociaux à l'école
- 1'09'00 : Un apprentissage inné chez l'enfant ?
- 1'12'35 : Quelle politique pour l'enseignement ?
- 1'20'19 : Question finale
Un entretien mené par Clara Costantini.


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À partir des données ethnologiques et anthropologiques, Christophe Darmangeat déconstruit l'une idée profondément ancrée dans l'imaginaire contemporain qui veut que la guerre serait, au choix, une fatalité inscrite dans la nature humaine ou un produit tardif de la sédentarisation avec l'apparition des États et des surplus matériels. Ces deux récits dominants — celui des "colombes" (un passé pacifié) et celui des "faucons" (une violence naturelle) — ne tiennent pas face aux faits historiques : la guerre existe bien avant l'État, mais elle n'obéit ni aux mêmes logiques, ni aux mêmes finalités que les guerres modernes.
Dans les sociétés sans État, la violence collective ne vise ni la conquête ni l'accumulation. : elle repose avant tout sur la vengeance, l'équilibrage des torts, la réputation et la nécessité de se faire justice soi-même en l'absence d'institutions.
En distinguant rigoureusement guerre, vendetta et autres formes de confrontation armée, Christophe Darmangeat remet en cause les récits simplistes sur l'origine des conflits et interroge, en creux, notre propre rapport contemporain à la guerre, à la violence et à l'État.
Un entretien mené par Thomas Arrighi.


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Comment la théorie mimétique de René Girard renouvelle-t-elle notre compréhension de Dieu, de la violence et du salut ? En quoi éclaire-t-elle les enjeux spirituels, sociaux et politiques de notre temps ? Trois intervenants de premier plan dialoguent autour de ces questions : James Alison, théologien, lecteur pionnier de Girard dans le champ de la foi chrétienne, Philip Endean, jésuite et théologien, spécialiste de spiritualité ignatienne, et Bernard Perret, essayiste et sociologue, attentif aux mutations culturelles contemporaines.
En croisant leurs approches théologique, spirituelle et socio-culturelle, ils montrent comment la pensée de René Girard peut nourrir aujourd'hui une théologie plus évangélique, plus lucide face à la violence, et plus attentive aux victimes.
Une invitation à penser la foi chrétienne à frais nouveaux.


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Alors qu'il vient de publier de pulbier La voix méconnue du réel et de donner à la BNF trois grandes conférences ayant pour thème "le sacrifice", René Girard propose ici le survol de quarante années d'une œuvre dans laquelle il interroge, aux frontières de l'anthropologie, de l'histoire, de la philosophie et de l'étude littéraire, les notions de sacrifice et de bouc émissaire. Il revient également sur la question de la violence entre les hommes, liée selon lui à une rivalité mimétique, à un désir mimétique dont il s'est fait le théoricien.
Il revient aussi sur son parcours en rappelant comment de sa ville natale d'Avignon il avait été conduit à faire toute sa carrière universitaire aux États-Unis et expose pourquoi et comment, du constat de l'éloignement du réel des sciences de l'homme depuis les années cinquante, son travail a consisté, partant des textes et de l'observation immédiate, à proposer un retour au réalisme et à la simplicité.
Ni structuraliste, ni déconstructeur, René Girard est l'un des intellectuels français de son temps les plus reconnus dans le monde. Écoutons-le dire ce qu'est, selon lui, la meilleure des réponses à opposer à la tentation de la violence que chacun porte en soi.
Émission "Surpris par la nuit", animée par Alain Veinstein.

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Que pensaient les premiers Homo sapiens de la mort ? Quelles croyances avaient-ils à propos de l'au-delà ? Des questions existentielles qui agitaient nos ancêtres de la préhistoire.
Julien d'Huy utilise une approche scientifique novatrice, la phylomythologie, pour remonter le temps afin de reconstruire la mythologie des temps passés.
Où l'on apprend que certains mythes étaient largement partagés à la surface du globe et ont laissé une trace, une influence, dans des récits bien postérieurs, y compris dans les grands textes religieux.


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On sait peu de choses sur la façon dont nos ancêtres préhistoriques concevaient la mort. Si l'archéologie nous offre quelques pistes de réflexion, comment dépasser ses limites pour appréhender les croyances de nos prédécesseurs ?
Julien d'Huy, après avoir conçu la méthode phylomythologique visant à reconstituer les mythes du passé en retraçant la généalogie de ceux qui nous sont connus, s'attelle désormais à répondre à des questions fondamentales : à quoi les premiers Homo sapiens attribuaient-ils leur finitude ? Dans leur esprit, les humains étaient-ils mortels de toute éternité et, sinon, comment l'étaient-ils devenus ? Sous quelles formes se figuraient-ils leur dernière demeure et le chemin qui y menait ? Croyaient-ils en une vie après la mort et à la possibilité de revenir de l'autre monde ? Comment envisageaient-ils les relations entre les morts et les vivants ?
À la lumière de l'archéologie de la psyché qu'il développe, on découvre combien certains mythes hérités de nos lointains devanciers continuent de nous influencer dans l'art, la philosophie, la religion, voire la science, sécrétant toujours un puissant imaginaire autour de notre questionnement ultime.