Claude Lévi-Strauss (1908-2009), l'homme en perspective. Avec Monique Lévi-Strauss, Anne-Christine Taylor, Patrice Maniglier, Françoise Zonabend et Emmanuelle Loyer sur France Culture.


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11.02.2017

Né en 1908 à Bruxelles, Claude Lévi-Strauss grandit à Paris dans une famille de peintres. Chez lui, on chante Offenbach par cœur et on va à l'opéra même quand on n'a pas beaucoup d'argent. Pendant ses vacances dans les Cévennes, il se passionne pour la géologie, la nature, le camping.
Au début des années 30, il est un jeune agrégé de philosophie, qui a lu Marx et découvert Freud. Il est envoyé en province pour enseigner, mais c'est surtout son activité de militant socialiste qui le passionne. Il ressent par ailleurs le besoin de rompre avec l'enseignement traditionnel de la philosophie tel qu'il l'a reçu à la Sorbonne. Curieux de tout, il a envie d'embrasser le monde. C’est "un dimanche de l'automne 1934, à 9h du matin, sur un coup de téléphone" que tout se décide.
Il embarque pour le Brésil, invité à devenir professeur de sociologie à l'université française de Sao Paulo. C'est là, au cours de ses congés, qu'il entreprend ses premières expéditions à la rencontre des Indiens. Cette expérience est un baptême ethnographique, qui marque le tournant de sa carrière, et lui fournit la première matière de la révolution des sciences sociales qu'il s'apprête à mener.
De retour en France, les lois raciales de Vichy le contraignent à partir aux Etats-Unis en 1941 où il rencontre l'effervescence du monde de l'exil européen à New York, entre surréalisme et naissance du structuralisme.
Après-guerre, il revient en France et entreprend l'intense travail de l'écriture. Des décennies au cours desquelles Claude Lévi-Strauss réinvente l'anthropologie, discipline désormais affirmée, grâce à lui. En 1959, il est élu au Collège de France à la chaire d'anthropologie sociale.
Il publie La pensée sauvage en 1962, qui bouleverse la pensée occidentale sur les sociétés sans écriture : la frontière entre "elles" et "nous" s'estompe. La pensée n'est pas que dans le langage et la rationalité, elle est partout à l'œuvre.
Puis de 1964 à 1971, il publie son œuvre majeure, les quatre volumes de Mythologiques, une approche structurale des mythes, qui empruntent leur forme à la musique.
Avec l'œuvre de Lévi-Strauss, c'est une révolution du regard qui s'opère, une mise en perspective de tout ce qui nous fait en tant qu'individu et en tant que société.
D'œuvre en œuvre, il élabore ce "regard éloigné" qui nous fait prendre conscience que les notions que nous croyons les plus universelles sont encore le fruit d'une vision ethnocentriste du monde. Sa lecture est une expérience de transformation de soi.
Après avoir fortement influencé la recherche dans les années 60-70, la pensée de Lévi-Strauss est redécouverte aujourd'hui et révèle toute sa pertinence et son actualité.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Irène Omélianenko.

Le Sens de l'histoire. Avec René Girard au Centre Pompidou.


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07.12.2007

Cet entretien en marge de l'exposition "Traces du sacré" au Centre Pompidou offre à l'auteur de La Violence et le Sacré la possibilité de s'exprimer conjointement sur l'histoire, les écrivains, les philosophes et les artistes. Sont alors évoqués Clausewitz, Hölderlin, Hegel, Nietzsche et Dostoïevski, mais aussi Stendhal, Baudelaire, Stravinski, Nijinski et Proust.
Partant, c'est toute son œuvre que René Girard a prise à rebours, commençant par sa récente réflexion sur la rivalité franco-allemande dans Achever Clausewitz pour remonter jusqu'aux premières intuitions de Mensonge romantique et vérité romanesque.
Cette discussion avec Benoît Chantre prend la forme d'un palindrome : commencée avec Clausewitz, elle s'achevet sur Proust. De Iéna à Combray, de l'enfer de la guerre au paradis de l'enfance, nous sommes ainsi passés d'une apocalypse à l'autre : de la "montée aux extrêmes" à la révélation finale du Temps retrouvé.
Et si René Girard évoque ici la distance qu'il a vite ressentie à l'égard de l'art moderne, c'est l'Histoire qu'il cherche à penser quand il quitte l'Europe pour les Etats-Unis, son sens qu'il scrute à travers les textes littéraires. Et c'est bien sa "conversion romanesque" qui lui donne les clés d'une œuvre qui remontera jusqu'au religieux archaïque révélé à la lumière des Evangiles.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'02'00 : Clausewitz et Napoléon
 - 0'16'40 : Hegel et le christianisme
 - 0'21'00 : Hölderlin, Dostoïevski et Nietzche
 - 0'42'15 : La France et l'Allemagne ou Baudelaire et Wagner
 - 0'53'50 : Le Sacre du printemps
 - 1'12'30 : Les Etats-Unis, Simone Weil
 - 1'28'40 : Marcel Proust

Claude Lévi-Strauss. Avec Maurice Godelier sur France Culture.


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20.12.2013

Maurice Godelier, au début de sa carrière, fut un temps maître-assistant auprès de Claude Lévi-Strauss, alors titulaire de la chaire d'anthropologie au Collège de France. Entretenant avec son maître un rapport critique, mais conscient de la puissance de l'œuvre, il est tout indiqué pour nous en offrir une introduction.
L'objet premier de ce voyage au cœur de l'ambition structuraliste ? Souligner la richesse du travail accompli, mettre au défi la puissance théorique (le structuralisme lui-même), tenter de dépasser apories et contradictions.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Les rapports entre société et individus : une reflexion anthropologique. Avec Emmanuel Todd à l'Université d'Angers.


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05.10.2020

En économie, il est courant de postuler que les processus sociaux sont le résultat des interactions individuelles. La société et le système économique sont ainsi perçus comme les conséquences de décisions rationnelles produites par le calcul des intérêts personnels.
D'un point de vue anthropologique, cette vision des rapports entre individus et société est extrêmement contestable. Elle néglige le rôle fondamental que jouent les structures sociales dans les comportements et même les performances économiques.
De fait, l'individu rationnel et conscient de ses intérêts relève davantage du mythe que d'un savoir scientifique. Plus fondamentalement, la pensée économique ne parvient pas à prendre en compte l'importance de la diversité des sociétés et propose bien souvent des modèles abstraits qui débouchent sur des recommandations politiques qui se heurtent à la réalité empirique des structures sociales et des sociétés dans lesquelles elles sont mises en œuvre.

Qu'est-ce que c'est que ces chefs sans pouvoir ? Avec Pierre Clastres, Marcel Gauchet, François Bott et Félix Guattari sur France Culture.


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18.02.1975

Quels sont les moyens des sociétés sans Etat pour prévenir, contenir le surgissement d'un pourvoir autonomisé ? Comment la société se débarrasse-t-elle de ses maîtres ? Que faut-il penser de la rivalité entre les prophètes et les chefs de clans ?
Cet échange permet de revenir et de discuter les thèses de Pierre Clastres en compagnie de son auteur.

Émission "Atelier de Création Radiophonique", produite par Andrew Orr et Jean-Jacques Lebel.

Histoire et préhistoire de la domination masculine. Avec Christophe Darmangeat et Jean-Marc Pétillon à Saint-Gaudens.


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17.03.2018

L’observation des sociétés humaines fait apparaître une grande diversité des rapports entre les sexes. Pourtant, quelques constantes émergent : ainsi, l’absence de sociétés dominées par les femmes - un "matriarcat" dont l’archéologie ne permet pas davantage d'établir l'existence dans le passé. Ainsi, également, l'omniprésence d'une division sexuelle du travail, qui prescrit aux hommes et aux femmes des activités spécifiques.
Comment expliquer tant la diversité des situations que ces éléments universels ? Peut-on cerner leur origine ? Et pourquoi notre propre société est-elle la première à avoir produit l'idéal de l'égalité des sexes (à défaut d'être parvenue à le réaliser) ?
C'est à ces questions que tentent de répondre Christophe Darmangeat et Jean-Marc Pétillon en mobilisant les données fournies par l'ethnologie et l'archéologie.

Une conférence organisée par le "Groupe de Recherche pour l'Éducation et la Prospective".

Ce sang qui nous lie. Avec Sylvain Durain sur Radio Courtoisie.


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2019

Véritable enquête sur l'histoire de la figure paternelle, le travail de Sylvain Durain nous entraîne dans une passionnante aventure : celle de la création des civilisations. L'étude de nombreuses communautés, du monde primitif à nos jours, et leur comparaison le poussent à dégager un nouveau concept, celui du " matriarcat sacrificiel ". Articulant trois niveaux d'analyse, la famille, la politique et le religieux, la thèse remet au cœur du processus culturel les notions de sacrifice et de violence. Cette dernière serait donc, comme l'a montré René Girard, le fondement des sociétés.
Mais la violence est-elle inhérente au patriarcat ? Une société plus féministe mènerait-elle vers plus de paix et de bonheur ? L'égalité totale entre les sexes provoquera-t-elle un nouveau monde meilleur ? Qui sera le bouc émissaire ? Qui cimentera la communauté mondiale face au désordre à venir ? Sans concession, Sylvain Durain parvient à dégager deux mondes qui ne cessent de s'affronter : celui de l'archaïque indifférencié face à celui de la complémentarité incarnée.
Loin des stéréotypes actuels, cette nouvelle approche permet de répondre à une question fondamentale de notre époque : allons-nous vers un matriarcat postmoderne ? Après avoir pris connaissance de ces travaux, on serait tenté de répondre par l'affirmative.

Émission du "Libre Journal de la plus grande France", animée par Anne-Laure Maleyre.

Affinités électives. Avec Marshall Sahlins sur France Culture.


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05.02.2011

Professeur honoraire à l'Université de Chicago, Marshall Sahlins est notamment l'auteur de Age de pierre, âge d'abondance (1976), Au coeur des sociétés primitives. Raison utilitaire et raison culturelle (1980) et de Critique de la sociobiologie. Aspects anthropologiques (1980).
Spécialiste des sociétés polynésiennes et de l'économie primitive, ses ouvrages cernent surtout les peuples du Pacifique, notamment les îles Fidji et Hawaii. Plus récemment, Sahlins s'est consacré à montrer comment les sociétés primitives confrontées à la modernité occidentale ne se contentent pas de la subir, mais évoluent pour s'y adapter.
Depuis quarante ans, il aura donc pris part à tous les débats majeurs qui ont animé le monde de l'anthropologie.
Retour, en sa compagnie, sur son parcours et son oeuvre, toutes deux riches d'enseignements.

Une émission présentée par Francesca Isidori.