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Fin spécialiste des études iraniennes, Morgan Lotzdémêle les idées reçues sur les relations entre l'Iran et les Juifs. De Cyrus le Grand à la République islamique, en passant par le rôle méconnu de l'Iran pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'agit de (re)découvrir une histoire millénaire marquée par la tolérance, les échanges culturels et une coexistence souvent ignorée. Une analyse nuancée qui remet en perspective les tensions géopolitiques actuelles.
- 0'00'00 : Pourquoi parler des Juifs en Iran ?
- 0'07'18 : Les racines anciennes : Cyrus le Grand, le Talmud de Babylone et l'héritage zoroastrien
- 0'21'24 : L'Iran pendant la Seconde Guerre mondiale : le "Schindler iranien" et la protection des Juifs
- 0'38'36 : La place des Juifs sous la République islamique : droits, représentation et participation à la révolution de 1979
- 0'58'51 : Les minorités religieuses en Iran aujourd'hui : synagogues, églises et temples zoroastriens
- 1'02'42 : Mahmoud Ahmadinejad et les malentendus médiatiques : antisionisme vs antisémitisme
- 1'07'26 : Pourim, Esther et Mardochée : comment l'histoire biblique résonne en Iran
- 1'10'06 : SAVAK, Mossad et tensions israélo-iraniennes : les cicatrices de l'Histoire
Un entretien mené par Pierre-Yves Rougeyron.
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À travers un dialogue aussi rigoureux que nuancé, Claude Timmerman et Youssef Hindi confrontent leurs analyses respectives sur la figure de Yahvé, questionnant son rôle et sa légitimité dans la tradition monothéiste : représente-t-il une usurpation ou un dévoiement de l'idée originelle de Dieu ?
Claude Timmerman, dans son ouvrage Judéo-christianisme – Travestissement historique et contre-sens idéologique (Éditions Kontre Kulture), propose une lecture critique de la notion de judéo-christianisme. Il y démontre comment cette construction récente, loin de refléter une continuité spirituelle, constitue selon lui une falsification historique et une confusion des doctrines.
Face à lui, Youssef Hindi, auteur de Occident et Islam – Tome II : Le paradoxe théologique du judaïsme (Éditions Sigest), développe une thèse radicale sur l'origine et l'évolution du monothéisme biblique. Il y soutient que la figure de Yahvé, loin d'incarner le Dieu universel, serait le produit d'un processus historique d'exclusion et de particularisme, ayant profondément influencé la vision occidentale du divin.
L'occasion d'aborder un débat rarement abordé dans l'espace public, croisant les regards historiques, théologiques et philosophiques, dans une perspective critique visant à revisiter les fondements religieux et théologiques de l'Occident.


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Le Bund, organisation sociale-démocrate des ouvriers juifs, né dans la clandestinité en 1897, fut le premier parti politique juif, socialiste, marxiste et laïque. Il rassembla nombre de Juifs de Pologne, de Lituanie et de Russie qui luttèrent avec acharnement contre l’autocratie tsariste.
Bien plus qu'une simple formation politique, le Bund sut développer un véritable mouvement culturel dont le yiddish fut la sève. Souvent décrié au sein des masses juives elles-mêmes, que ce soit par les religieux, les sionistes de toutes tendances et même par les communistes et les libéraux, le Bund fut de tous les combats contre l'oppression russe, soviétique, polonaise et nazie.
À partir des travaux de Henri Minczeles, Constance Pâris De Bollardière nous présente l'épopée de ce mouvement, de sa naissance jusqu'aux dernières purges staliniennes, en passant par les révolutions de 1905 et de 1917 et par l'insurrection du ghetto de Varsovie. Elle nous restitue aussi ce que fut la vie et l'action de ses leaders et de ses militants, que la Shoah a ensevelis et dont les cendres ont été balayées par une Histoire bien oublieuse.


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Commençant l'exposé en brossant un tableau de l'évolution du contexte géopolitique et des dynamiques stratégiques américaines, avec en toile de fond le basculement des pôles de puissance vers la Chine et son allié la Russie, Alain Soral et Youssef Hindi soulignent les tensions existant entre différentes factions au sein de l'État profond américain et leurs conséquences sur la politique étrangère des États-Unis.
C'est seulement dans un deuxième temps qu'il s'agit de comprendre, au sein de cet affrontement de grandes puissances, le rôle joué par l'État d'Israel qui, depuis les événements du 7 octobre, s'enlise dans une guerre punitive envers les populations proches qui lui sont hostiles, que d'aucuns qualifient de génocidaire.
Au sein de la société israélienne, la modération n'est plus de rigueur et malgré la douleur et la colère de certaines franges minoritaires, le process de radicalisation semble inéluctable.
Quel futur pouvons-nous alors envisager pour ce pays et, plus généralement, pour la région et le peuple Palestinien en lutte pour sa survie ?


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Pour Henry de Lesquen, un nationaliste français ne saurait être ni judéophile ni sioniste. En voici les raisons.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'22 : Le judaïsme n'est pas le judaïsme
- 0'11'04 : Le judéo-christianisme est un mythe
- 0'27'17 : Le judaïsme est une religion raciste
- 0'42'56 : Les Juifs ne sont pas d'une essence supérieure
- 0'57'10 : Les Juifs ne sont pas juifs
- 0'59'55 : L'hébreu n'est pas de l'hébreu
- 1'02'33 : L'antisémitisme n'est pas de l'antisémitisme
- 1'05'33 : Les Juifs sont des immigrés comme les autres
- 1'07'30 : Dreyfus était coupable et l'affaire Dreyfus était un complot juif
- 1'11'20 : Il y a une religion de la Choah
- 1'21'06 : Questions du public


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La Révolution française avait émancipé les juifs de France. La guerre des Six Jours, en 1967, marque, selon Charles Enderlin, la formation du franco-sionisme, c'est-à-dire la fidélité au pays d'appartenance mais aussi – et surtout ? – à Israël, "État nation du peuple juif" à tendance messianique, dont le projet émancipateur peut sembler avoir été refoulé…
Dans ses derniers travaux, Charles Enderlin livre une analyse de l'histoire des juifs de France et interroge leur relation à la France et à Israël dans le contexte national et international actuel.


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Depuis David Ben Gourion, Israël a toujours revendiqué sa filiation directe avec l'Israël des temps bibliques. Quoi qu'on pense de la légitimité de cette filiation, le modèle biblique détermine dans une large mesure les projets d'Israël et son comportement à l'égard de ses voisins. De fait, les Gazaouis sont traités comme le furent les Amalécites selon la Bible, avec l'encouragement de Netanyahou.
Par conséquent, toute critique sérieuse d'Israël doit commencer par une analyse sans concession de l'idéologie suprémaciste de la Bible hébraïque.


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En 2003, dans la foulée de la deuxième intifada sortait une bizarrerie politico-littéraire : "le sionisme expliqué à nos potes". L'ouvrage collectif était signé par des sionistes notoires qui se fixaient comme but de "réhabiliter le sionisme pour faire comprendre à "[leurs] potes qu'il n'est pas contradictoire d'être sioniste et citoyen français, sioniste et pro palestinien". Parmi eux les truculents Alexandre Adler, Elie Barnavi, Patrick Klugman, Bernard-Henri Levy et Jacques Tarnero.
Face à cette entreprise de sauvetage d'une idéologie foncièrement coloniale et raciste et à l'inquiétante instrumentalisation corrélative de l'antisionisme, il apparaît urgent d'opposer à ce discours falsificateur une approche politique et historique du sionisme, d'en expliquer la genèse comme produit de l'impérialisme occidental et de le comprendre comme un rouage de celui-ci et non comme une agression tentaculaire dont les pauvres démocraties libérales seraient les victimes.
Cette dérive actuelle risque de porter un coup sévère à l'anticolonialisme en général et à la Palestine en particulier.