Pie XII et les juifs. Avec Philippe Chenaux, Gary Krupp et Serge Klarsfeld à Paris.


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07.11.2010

La pièce Le Vicaire a distillé le doute dans les esprits : impossible aujourd'hui d'évoquer la mémoire de Pie XII sans poser la question : qu'a fait réellement le Pape pour les Juifs entre 1939 et 1945 ?
C'est pour y répondre que sont réunis l’historien Philippe Chesnaux, le président de "Pave the way Foundation" Gary Krupp et le célèbre avocat Serge Klarsfeld.
Pie XII était-il informé de la politique d'extermination ? Si oui, comment comprendre la raison de ses "silences" ? Le Pape aurait-il fait le choix du silence ? Pouvait-il faire autrement ?
Les intervenants, au cours de ce débat organisé par l'association "Ecouter avec l'Eglise" et présidé par Gérard Leclerc, répondent clairement, documents d'archives et chiffres à l'appui : Pie XII et toute l'Eglise catholique ont sauvé d'une mort certaine des milliers de Juifs, suscitant dans les communautés juives du monde entier les plus profonds sentiments de reconnaissance.
Une mise en lumière du rôle d'un Pape hors du commun dans un contexte historique précis, un Pape qui éprouvait pour le peuple juif une "affection passionnée et empreinte de respect".

La révolution allemande (1918-1923), avec Ernest Mandel.


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1976

Ernest Mandel, né dans une famille révolutionnaire et d'un père ayant lutté aux côtés de Rosa Luxemburg au sein du Spartakusbund, nous raconte en détails la tentative de révolution communiste allemande entre 1918 et 1923.
Ce récit passionné -et passionnant-, à la fois chronologique et analytique, voit se succéder les problèmatiques suivantes : la grève politique, les conseils ouvriers, l'irruption de la révolution bolchévique, le Spartakusbund et les personnages de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht, le rôle de la social-démocratie et la contre-révolution menée par Ebert et Noske, le front unique et l'armement des travailleurs, le centrisme, la crise révolutionnaire, le mouvement de masse et le parti révolutionnaire.
Plus que la simple évocation d'un épisode historique haut en couleurs, ces quelques années nous donnent de véritables leçons politiques.

La Troisième nuit de Walpurgis de Karl Kraus : langage, vie et politique. Avec Jacques Bouveresse à l'Université de Lausanne.


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28.05.2008

"Il y a une chose pire que le meurtre, c’est le meurtre avec mensonge ; et le pire de tout, c’est le mensonge de celui qui sait : prétexte d’une incrédulité qui ne veut pas croire au forfait mais croire le mensonge ; docilité de celui qui se fait aussi bête que le veut la violence." Karl Kraus, Troisième nuit de Walpurgis.
Lorsqu’en 1933 Hitler devient Chancelier, le polémiste autrichien Karl Kraus dénonce dans les mois qui suivent, dans un texte de 360 pages, la mise en place de la mécanique de l’horreur nazie. S’attaquant principalement à la presse qu’il tient pour responsable de la création du national-socialisme, son texte est un cri que personne ne veut alors entendre: "Si on se bouche les oreilles on n’entend plus aucun râle" écrira-t-il.
Karl Kraus est mort en 1936. Qui l’a entendu ?

Curzio Malaparte (1898-1957). Avec Maurizio Serra, Pierre Pachet, Bruno Tessarech et Jean Gili sur France Culture.


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09.06.2012

De cette vie ouvertement romanesque, faite de bruit et de fureur, subsiste comme une odeur étrange, de soufre, de fer incendié et de putréfaction. Infatigable travailleur et prosateur épique par excellence, Malaparte aura été l’écrivain de la violence dans l’histoire. Sa grande affaire, la guerre, livrée sous la forme d’un triptyque fameux : Technique du coup d’état, Kaputt, La Peau, où il décortique à la pointe sèche, la barbarie sous toutes les coutures.
Grand séducteur et grand solitaire, Malaparte fit de sa vie, une œuvre à part entière. Il conçut une maison à la mesure de sa démesure, minimaliste et sublime, la "Casa come me", sur les hauteurs de Capri séjour des dieux où Jean-Luc Godard décida un beau jour de donner rendez-vous à Brigitte Bardot !
Si Malaparte reste aujourd’hui un incompris, voire un infréquentable, il le doit sans doute à quelques sauts périlleux incontrôlés, entre fascisme et communisme. Engagé très dégagé, Malaparte laisse une œuvre qui ne cesse de proliférer. Hydre inclassable remuant les inédits, les cahiers retrouvés et les nouvelles traductions. Un auteur à suivre !

Emission "Une vie, une oeuvre", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Gramsci, si méconnu et si actuel. Avec André Tosel pour les Amis de la Liberté à Nice.


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15.12.2016

Antonio Gramsci (1891-1937) est un des grands penseurs du XXe siècle. Militant socialiste, il rallie la révolution d'octobre 1917 et devient membre fondateur du parti communiste italien, puis son secrétaire général. Il combat le fascisme jusqu'à son arrestation par Mussolini en 1926. Emprisonné, il rédige ses fameux Cahiers de prison.
Cette recherche immense et inachevée est l’œuvre italienne moderne la plus citée dans le monde. Elle propose une déconstruction des marxismes dogmatiques du XXe siècle et une reconstruction qui a pour axe l'équation philosophie/histoire/politique.
En France, Gramsci est en fait peu connu, même si certains de ses concepts (hégémonie, conception du monde, intellectuels, bloc historique, révolution passive, américanisme) sont pillés et utilisés comme des instruments idéologiques par tous les camps, même si sa conception des rapports entre nord et sud, subalternes et dirigeants, nourrissent les subaltern et cultural studies anglo-saxonnes.
Le fil conducteur de cette pensée cohérente et critique, révolutionnaire et multiple, est la conception d'un monde assurant la sortie de la passivité qui engloutit et neutralise les masses subalternes et tente de préciser les formes et les contenus des combats décisifs.

Léon Degrelle, une destinée belge et européenne. Avec Francis Bergeron et Roland Hélie chez Pascal Lassalle sur Radio Courtoisie.


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28.05.2016

Degrelle a été un vrai héros de roman à la Alexandre Dumas, un personnage fascinant, digne des plus grandes épopées, avec sa part de faconde, de farce, de grandiloquence, d'autojustifications, d'aveuglement, d'échecs, mais aussi d'héroïsme, de grandeur, de tragédie.
Écrivain précoce, curieux de tout, Léon Degrelle a effectué son premier reportage au Mexique à 23 ans. Puis, ce militant catholique, ami d'Hergé, polémiste dans l'âme, s'est lancé bruyamment dans la politique en faisant de Rex, journal et maison d'édition de l'Action catholique belge, un parti qui obtiendra vingt et un députés et onze sénateurs en mai 1936. Député de Bruxelles en avril 1939, son immunité parlementaire est bafouée par une arrestation arbitraire en mai 1940. Méprisé par les autorités allemandes d'occupation de la Belgique, il prendra sa revanche sur le front de l'Est : engagé comme simple soldat sous uniforme allemand, en août 1941, il terminera la guerre, à 38 ans, avec le titre de commandeur de la division SS Wallonie. Par sa force de conviction, sa lecture de l'Histoire et son talent d'écrivain (La Campagne de Russie 1941-1945), il s'efforcera de nous convaincre que la croisade antibolchevique était une guerre juste, faite d'esprit de sacrifice et de don de soi.
Cette émission retrace la vie tumultueuse de cet ancien militant de la jeunesse catholique belge, personnage à multiples facettes et au destin exceptionnel, qui, après 1945, de son exil en Espagne, se fera le metteur en scène de sa propre gloire.

Jacques Bainville et les conséquences politiques de la paix. Avec André Jacques à Cercle Jean-Baptiste Lynch à Bordeaux.


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26.05.2016

Les conséquences politiques de la paix, écrit en 1919 lors de la signature du Traité de Versailles, annonce avec vingt ans d'avance comment les erreurs de jugement des vainqueurs aboutiront au pacte germano-soviétique, à l'invasion de la Pologne, à l'Anschluss et à la seconde guerre mondiale. Il prédit également la scission entre Tchèques et Slovaques, l'éclatement de la Yougoslavie, la renaissance du panslavisme et l'anarchie de la Russie actuelle.
Mais comment Jacques Bainville a-t-il pu faire preuve d'une telle préscience ?
Retour sur la genèse et le contenu de ce "classique de la pensée française en politique internationale" (Georges-Henri Soutou).

Witold Gombrowicz (1904-1969). Avec Rita Gombrowicz, Krystian Lupa, Michel Polac, Malgorzata Smorag-Goldberg, Krzysztof Mrowcewicz, Pierre Pachet et Jean-Pierre Salgas sur France Culture.


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20.09.2007

Witold Gombrowicz est né le 4 août 1904 dans le domaine de Maloszyce, propriété de son père. Tiraillé entre la haute aristocratie et le milieu des petits hobereaux déclassés, Gombrowicz choisira l'entre-deux, la lutte du haut avec le bas, de la forme avec l'anti-forme. Diplômé de droit, il abandonne assez vite toute idée de carrière juridique pour se consacrer exclusivement à l'écriture.
En août 1939, il s'embarque pour l'Argentine avec un ami journaliste pour un voyage d'inauguration de la nouvelle ligne trans-atlantique qui relie le port de Gdynia à Buenos Aires. Quatre jours après son arrivée, Hitler envahit la Pologne. S'ensuit un exil de plus de vingt ans dans le "pays des vaches", à distance de l'histoire, de l'Europe et de la littérature.
De retour en Europe en 1963, il s'établit d'abord à Berlin, puis en France. Il finit sa vie à Vence, où il meurt, en 1969, sans jamais être revenu en Pologne.
"Gombrowicz revient" titrait le 20 juillet 2007 un quotidien polonais. On le croyait pourtant bel et bien disparu : après des années d'exil et d'interdiction, l'homme qui avait voulu "sortir le polonais de la Pologne pour en faire un homme tout court" n'était-il pas entré au panthéon des grands écrivains nationaux ? Et bien non, voilà Gombrowicz qui revient, plus jeune que jamais, semant une joyeuse pagaille à la cour. Car la bataille fait rage depuis qu'au printemps dernier, le Ministre de l'éducation nationale, Mr. Roman Giertych, a décidé de rayer l'anti-patriotique Gombrowicz de la liste des auteurs obligatoires pour les lycéens polonais. Depuis, le Ministre a perdu son portefeuille mais les programmes scolaires sont déjà publiés. Seuls des extraits du roman Ferdydurke ont été réintroduits in extremis. Comme l'a déclaré un vice chef de parti, il s'agit bien là d'une grave crise gouvernementale : "la première au monde qui serait due à un différend littéraire".
Mais pourquoi interdire Gombrowicz ? De quoi avoir peur ? Contre quoi chercher à se protéger ? "Je ne suis rien, je peux tout me permettre", semble à nouveau prévenir le grand humoriste et sublime provocateur, dont l'oeuvre demeure plus que jamais un véritable "baromètre de la liberté d'expression" (Rita Gombrowicz). Car l'affaire n'est pas aussi nationale qu'elle le paraît : "A la place du mot Pologne, mettez Argentine, Canada, Roumanie, et vous verrez mes souffrances s'élargir jusqu'à une bonne partie du globe", avait confié Gombrowicz au cours de ses entretiens avec Dominique de Roux.
Et si nous étions tous des Polonais ? Une occasion de revenir sur le destin marginal et l'oeuvre énigmatique d'un homme qui aura toujours lutté avec les seuls moyens de la littérature contre tout ce qui déforme le visage changeant de l'homme et lui impose une forme finie : une "gueule" comme il l'écrira dans Ferdydurke.
Plus particulièrement centrée sur le versant romanesque de son oeuvre, ainsi que sur les milliers de pages à la fois frivoles et profondes du Journal, cette émission tentera également de restituer l'inépuisable drôlerie philosophique de l'écriture gombrowiczienne dont le tout premier but était "d'opposer un laisser-aller campagnard aux tensions de nos centres intellectuels".

Emission "Une vie, une oeuvre", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.