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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


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Doctorant en littérature comparée, Pierre Poligone s'interroge ici sur la notion de progrès en littérature, et pour cela s'appuyer sur des rapports faits pendant les deux siècles précédents. L'occasion également de s'interroger sur ce qu'est un chef d'oeuvre suite à la multiplication des publications et au foisonnement d'oeuvres prétendant à ce titre sur la même période.


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Une pensée libre, une méthode unique, une voix à part : le démographe et politologue Emmanuel Todd analyse les grands bouleversements géopolitiques, économiques et sociaux qui bouleversent notre monde. Comprendre le chaos mondial avec une grille de lecture singulière et rigoureuse, entre anthropologie, histoire longue et lucidité politique, nous permet de nous décoller de l'actualité immédiate et de ses effets d'annonce pour nous focaliser sur les tendances lourdes qui structurent le devenir des nations.
1. Les États-Unis sont-ils en situation de déclin économique et social ? Donald Trump doit-il être compris comme symptôme d'une fracture civilisationnelle profonde ?
2. Autrefois modèle de rigueur économique et de stabilité, l'Allemagne traverse une crise profonde, entre récession, dépendance énergétique, et fragilisation sociale.
3. S'appuyant sur son ouvrage Les luttes de classes en France au XXIe siècle, Emmanuel Todd dresse un constat alarmant de l'état social, économique et politique de la France. Il décrypte notamment les fractures invisibles qui menacent le pays : paupérisation, crise de l'État, inégalités croissantes, fracture générationnelle, mortalité infantile en hausse et déconnexion des élites, davantage obsédées par l'Ukraine que par le quotidien des Français...
4. Donald Trump ayant déjà passé trois mois à la tête des Etats-Unis, il est possible de dresser un bilan du début de sa mandature. L'occasion pour Emmanuel Todd de mettre en lumière les fractures invisibles de la société américaine : paupérisation, crise de l'État Fédéral, inégalités croissantes et fracture sociale. L'Occident est-il en voie d'effondrement ?
5. Les tensions entre Israël, l'Iran et les États-Unis virent à la guerre : les ressorts profonds de cet affrontement ne seraient-il pas à chercher dans l'effondrement du modèle américain, l'impasse stratégique israélienne, les malentendus sur l'Iran chiite et la société iranienne, le délitement du discours occidental et les risques de prolifération nucléaire ? Une nouvelle "guerre éternelle" peut-elle s'installer ?
6. La France est en crise, avec une dette massive, des mobilisations sociales et une instabilité politique chronique. Elle est aussi le siège d'une revendication égalitaire forte, reflet d'un malaise social profond, sur fond de fragmentation sociale en "archipels", où classes populaires, moyennes et élites vivent séparées et dans un mépris réciproque, nourrissant la crise démocratique et la montée des extrêmes. À l'international, le rapport asymétrique et néocolonial entre l'Europe et les États-Unis devient chaque jour plus évident, pointant vers un futur marqué par l'effondrement progressif de l'Occident, la fin de l'hégémonie américaine et un basculement du monde vers la multipolarité.
Une série d'entretiens menée par Diane Lagrange.


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Sociologue et auteur de Vers un monde sans enfants ? (Éditions Critiques, 2025), Raymond Debord alerte sur un déclin démographique mondial profond et silencieux, à rebours des discours néomalthusiens sur la surpopulation. Il examine notamment la baisse des naissances, y compris en Afrique et en Asie, critique l'idée que faire moins d'enfants aurait un impact positif sur l'évolution du climat, et explore les raisons pour lesquelles la France résiste mieux que d'autres à la baisse de la natalité. Il pointe également le tournant idéologique des années 1980 et le déni consécutif de cette problématique par la gauche et les écologistes, tout en pointant du doigt le paradoxe d'un capitalisme dépendant de la croissance humaine mais pourtant fortement corrélé au déclin démographique partout où il s'implante durablement.
Raymond Debord appelle à faire de la natalité un enjeu politique, conciliant liberté individuelle et bien commun.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'23 : Le déclin démographique de la planète
- 0'11'52 : Vers un seuil irréversible ?
- 0'15'50 : Faire moins d’enfants pour sauver la planète ?
- 0'21'12 : La France, bonne élève de l’Europe ?
- 0'29'45 : Les effets du néolibéralisme sur la natalité
- 0'39'56 : Comment la classe politique a renoncé
- 0'51'35 : L’idéal libertaire de Sandrine Rousseau
- 0'54'40 : Capitalisme et démographie
- 1'04'15 : Déclin de la natalité et survie du capitalisme
- 1'10'24 : Les solutions pour relancer la natalité
Un entretien mené par Thomas Arrighi.


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Il fut un esprit brillant et un penseur énigmatique. Professeur de mathématiques et sciences naturelles au lycée de Hambourg, auteur à l'âge de 24 ans, d'une thèse sur le philosophe grec Héraclite, Oswald Spengler (1880-1936) fut une figure importante de la "Révolution conservatrice" allemande sous la République de Weimar.
Mais le nom d'Oswald Spengler reste surtout associé au titre de son important essai Le Déclin de l'Occident, publié en deux tomes en Allemagne, après la Première Guerre mondiale (1918-1922). Ce livre, qualifié de "roman intellectuel" par l'écrivain allemand Thomas Mann et traduit pour la première fois en français en 1933 aux éditions Gallimard, eut un grand retentissement et valut à son auteur un succès mondial. Il se présente comme une vue d'ensemble de l'histoire mondiale ou plutôt une "morphologie" de l'histoire mondiale, divisée en huit grandes cultures humaines dotées chacune d'une âme spécifique.
Ces cultures, selon Oswald Spengler, s'appuyant sur une analogie organique, cyclique et biologique, "croissent et vieillissent" inéluctablement, s'essoufflent et se dévitalisent, avant de se transformer en civilisations, derniers stades de leur évolution. Penseur d'une philosophie globale de l'histoire, Oswald Spengler diagnostique le déclin inéluctable de la civilisation occidentale d'inspiration "faustienne", guidée par son idéologie du progrès issue des Lumières.
Si l'œuvre d'Oswald Spengler n'est pas sans paradoxes ni ambiguïtés, elle aura, par ses analyses, influencé souterrainement nombre d'auteurs du XXe siècle, tels que les philosophes Martin Heidegger et Ludwig Wittgenstein ou encore l'écrivain américain Howard Phillips Lovecraft. Une œuvre qui reste d'une indéniable actualité.
Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Catherine Paoletti.


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Le monde n’est pas le même selon l'endroit d'où on le regarde ni selon la manière de chausser ses lunettes. Emmanuel Todd, au cours de bientôt cinquante années de recherche et d'écriture, nous a livré des analyses qui se sont distinguées des modèles économiques et sociologiques dominants tendant à tout placer sous le prisme d'un développement mesuré par un PIB à prétention universelle.
Ainsi, en publiant en 1976 La chute finale, des signaux comme le taux de mortalité infantile, les taux de suicide ou d'alcoolisme l'ont conduit à prévoir l'effondrement de l'URSS à contre-courant de l'opinion générale. Son travail intègre aussi les types familiaux, les religions et ses substituts ainsi que la problèmatique de l'accès massif à l'éducation supérieure dans la structuration des classes sociales. Grâce à une cartographie des divers phénomènes sociétaux, économiques et anthropologiques, par "empilement", Emmanuel Todd parvient à établir des relations scientifiques, des corrélations entre des événements.
Aujourd'hui, en ayant détecté en d'autres lieux l'état "zéro" du protestantisme, l'élévation de la mortalité infantile et des taux de suicide, conforté par la désindustrialisation persistante, l'utilisation du reste du monde pour les productions essentielles et quelques dérives sociétales, il pense qu'un basculement se produit sous nos pieds. Vers un nihilisme, sans relève.
La question du déclin de l'Occident appartient au débat de type scientifique et, à ce titre, mérite d'être interrogée avec rigueur et méthode.
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C'est en compagnie de Jean-Marc Jancovici, ingénieur et spécialiste des énergies, que l'on revient sur la montée de l'extrême droite en Europe et les causes profondes, notamment énergétiques, qui donnent sens aux grandes tendances politiques en Europe et aux Etats-Unis.
- 0'00'00 : En préambule
- 0'01'30 : Teaser
- 0'02'20 : Début de conversation !
- 0'04'00 : Les conférences de Janco
- 0'08'30 : @thegreatsimplification
- 0'11'00 : Le conflit de nos pensées sur le système
- 0'15'50 : Accepter de ne pas forcer
- 0'21'00 : L'avantage de court-terme
- 0'23'00 : Le déterminisme géographique
- 0'26'00 : Les USA en déclin
- 0'28'31 : Le revenu des ménages et la production industrielle
- 0'32'00 : Le cordon sanitaire belge et la montée de l'extrême-droite
- 0'33'50 : Décrue du pétrole dans l'OCDE
- 0'35'30 : Y a-t-il encore de la croissance ?!
- 0'38'00 : Gestion des ressources et transformation
- 0'41'50 : Payer pour ne pas toucher aux ressources ?
- 0'43'00 : Le Pétrole de Schiste
- 0'44'00 : L'économie est un système physique ayant besoin d'énergie
- 0'48'00 : Sortez les sortants
- 0'52'55 : Marine Le Pen, enfant du carbone
- 1'00'16 : La culture et le sens
- 1'03'00 : Pic ou pas pic du Pétrole ?
- 1'08'15 : Transition, possible ou impossible ?
- 1'16'35 : Débat sur le solaire l'éolien et les défis liés à la transition énergétique
- 1'23'58 : L'énergie nucléaire
- 1'31'46 : Conclusion
- 1'37'08 : Jean-Marc en Politique ?


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L'anthropologue et historien américain Joseph Tainter étudie l'effondrement des sociétés par une analyse systémique dans la longue durée. Ainsi, il se focalise d'abord sur l'évolution des sociétés plutôt que de restreindre son étude à l'effondrement. Cette approche permet d'identifier plusieurs principes et dynamiques universelles comme la complexité, l'énergie, les rendements décroissants et la compétition. Tainter en dégage une typologie d'évolution et de disparition des sociétés s'appliquant tant aux sociétés passées que présentes.
Dans ce cadre, la perspective tainterienne interroge à nouveau la nature et les conditions de la durabilité. Joseph Tainter est significativement critique des approches actuelles de la durabilité. Pour être précis, son cadre d'analyse suggère que les approches actuelles de la durabilité reposent sur une fiction et ne sont fondamentalement pas applicables à long terme.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'52 : Plan de l'intervention
- 0'02'44 : Présentation de l'Intervenant
- 0'04'02 : Présentation de Joseph Tainter
- 0'05'51 : Le modèle d'évolution des sociétés
- 0'06'03 : Composants des sociétés complexes
- 0'06'59 : Complexité
- 0'12'34 : Énergie
- 0'13'54 : Interactions énergie/complexité
- 0'16'36 : Dynamique
- 0'16'48 : Les rendements décroissants
- 0'27'27 : Le cadre d'évolution
- 0'31'52 : Trajectoire d'évolution-type
- 0'41'39 : Récapitulatif
- 0'42'18 : Évaluation
- 0'42'39 : Évaluation du modèle (revue des critiques)
- 0'54'51 : Évaluation de la situation actuelle
- 1'02'08 : La durabilité selon Tainter
- 1'02'33 : Critique de la durabilité
- 1'06'23 : Durabilité tainterienne
- 1'07'29 : Implications de la durabilité tainterienne
- 1'13'52 : Conditions de réussite d'une simplification sociétale
- 1'17'02 : Exemple de l'Empire Byzantin
- 1'20'55 : Conséquences pour les sociétés contemporaines