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Et si les manuels scolaires ne vous avaient raconté qu'une partie de la vérité ? Derrière les grands récits du XXe siècle – guerres, alliances, révolutions – se cachent des coulisses troubles, des manipulations, des trahisons et des secrets d'État qui ont façonné notre monde bien plus que les discours officiels.
L'historien Éric Branca lève le voile sur certains de ces épisodes méconnus, où diplomatie, services secrets et intérêts géopolitiques ont joué un jeu bien plus dangereux qu'on ne l'imagine.
De la CIA sabotant la France en Algérie aux attentats sous faux drapeau de l'OTAN, des plans cachés du Plan Marshall aux réseaux d'influence de Mitterrand, cette série d'émissions explore les zones grises où se sont décidés les destins de la France et de l'Europe.
Grâce aux archives déclassifiées et aux témoignages des acteurs directs, servi par une analyse implacable, Éric Branca nous plonge dans les rouages obscurs du pouvoir, là où se trament les guerres, se négocient les trahisons et s'écrit, souvent dans le sang et à l'abri des regards, l'Histoire avec un grand H.


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La vie de Gabriele D'Annunzio ressemble à s'y méprendre à un grand roman d'aventures et d'amour. Enfant prodige, D'Annunzio s'impose par l'or brillant et brûlant de sa plume, dans une recherche effrénée du succès et du plaisir. Chevalier troubadour en quête d’absolu, couvert de dettes et de femmes, D'Annunzio incarne le culte du moi jusqu'au paroxysme.
Son entrée en politique fait scandale : élu de droite, il préfère siéger dans les rangs de la gauche, s'exclamant : "Je vais vers la vie !". Ses amours tumultueuses avec la Duse, son exil fécond à Paris et à Arcachon d'où naîtra Le martyr de Saint Sébastien de Debussy, son rôle majeur dans l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés des alliés, suffisent à forger la légende vivante du poète-soldat.
De cette œuvre gigantesque et protéiforme qui inclut le théâtre, le cinéma, le journalisme, émerge une veine poétique d'une extrême inventivité. Tirant les leçons du symbolisme, D'Annunzio célèbre la communion avec la nature, la femme, n'hésitant pas à entrer en polémique avec les valeurs chrétiennes dans le sillage nietzschéen du Zarathoustra.
Émission "Une vie, une œuvre", produite par François Caunac.


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Le 20 septembre 1979, Pierre Goldman est tué dans le 13e arrondissement de Paris par un véritable commando. En 1970, cette figure de l'extême gauche était arrêtée pour le meurtre de deux pharmaciennes lors d'un hold-up. Son passage devant les Assises d'Amiens en 1976, devant lesquelles il a été acquitté du double-meurtre qui l'avait condamné à perpétuité en première instance, avait défrayé la chronique.
Personnalité trouble et complexe, fin écrivain pour une partie de l’intelligentsia française, révolutionnaire raté et bandit provocateur pour d'autres, le demi-frère de Jean-Jacques Goldman n'en finit pas de fasciner pour sa part d'ombre autant que pour son destin d'anti-héros.
Émission "Histoires à la loupe", animée par Pierre-Alexandre Bouclay.


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Traducteur et amoureux de la littérature des auteurs prolétariens suédois, Philippe Bouquet nous présente l'écrivain révolté Stig Dagerman (1923-1954) qui laisse une oeuvre où sont disséqués le mal-être et la fausseté des rapports humains.
À 22 ans, il écrit L'île des condamnés qui retrace l'impossible liberté des êtres quand aucun ne choisit le chemin de la solidarité. C'est un texte fort où les protagonistes sont décrits au plus profond de leur solitude. Dagerman, littéralement "l'homme du jour" en suédois, a magné la plume comme une antidote contre la mort dans des récits où il met son propre malaise en scène (L'enfant brûlé, Le Serpent, ou la pièce de théâtre L'ombre de Mart). Militant à la SAC (le syndicat anarchiste suédois) et rédacteur pour le quotidien anarchiste Arbetaren, il perçoit vite les impasses du militantisme révolutionnaire. Il mettra fin à ses jours très jeune en analysant le suicide comme "seule preuve de la liberté humaine".
Philippe Bouquet nous parle de Dagerman et de son inscription dans le paysage littéraire suédois en croisant son histoire avec celles des êtres humains qui se battent au quotidien pour une société meilleure.
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Qui était Robert Oppenheimer, né le 22 avril 1904 à New York et mort le 18 février 1967 à Princeton ? Comment l'homme pour lequel la physique avait une beauté qu'aucune science ne pouvait égaler s'est retrouvé à la tête du groupe de scientifiques et d'ingénieurs qui a mis au point la bombe atomique ?
Pour évoquer la figure de l'un des physiciens les plus connus du XXe siècle, et pour faire suite à la sortie du film de Christopher Nolan qui adapte la biographie de Kai Bird & Martin J. Sherwin, le physicien Etienne Klein et l'ingénieur et philosophe Jean-Pierre Dupuy viennent nous aider à comprendre sa trajectoire au milieu des enjeux politiques par lesquels elle a été marquée.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Polytechnicien engagé dans l'industrie, taylorien fervent, Jean Coutrot est un des patrons ingénieurs les plus originaux de l'entre-deux-guerres, soucieux, à travers ses activités d'ingénieur-conseil et ses écrits, de rénover le fonctionnement des entreprises et de transformer les relations sociales : son objectif est de substituer au capitalisme d'alors un humanisme économique. Jean Coutrot est aussi un agitateur d'idées et un publiciste en vue.
Fer de lance du groupe X-Crise, et du groupe du 9 juillet 1934, il fréquente des figures de proue de la mouvance non-conformiste, de Georges Valois à l'Ordre Nouveau. Maître d'oeuvre des entretiens de Pontigny, il lance, avec le patronage d'Aldous Huxley et d'Alexis Carrel, un Centre d'études des problèmes humains. Cette création illustre le passage de Jean Coutrot du statut d'ingénieur à celui du prophète soucieux de régénérer une humanité jugée sclérosée et de bâtir, sur un soubassement rationaliste, un homme nouveau.
Loin d'oeuvrer au service d'une prétendue synarchie, Jean Coutrot professe ses idées au grand jour et espère les voir mises en oeuvre en 1936-1937, lorsqu'il conseille Charles Spinasse, le ministre de l'économie nationale du front populaire.
L'échec de Coutrot ne saurait faire oublier l'importance du personnage, qui ne tient pas tant à son individualité qu'au carrefour que représentent les groupements qu'il anime et qui permet de revisiter, sur un mode inédit, les novations intellectuelles des années trente.


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Depuis la mort de Kafka, chaque mouvement de pensée de ce siècle a, jusqu'à aujourd'hui, tenté tour à tour de s'approprier et d'exclure son œuvre. En France, le surréalisme, l'existentialisme, le Nouveau Roman et le structuralisme ont marqué de leur empreinte la lecture que nous faisons du Procès ou du Château : les intellectuels communistes, et non des moindres, se demandaient, dans notre pays, s'il fallait "brûler Kafka" ; en Tchécoslovaquie, d'autres communistes, au fameux congrès de Liblice de 1963, tentaient la réhabilitation d'un auteur jusque là interdit, et donnaient le feu vert à ce qui devait s'appeler trop prématurément "le printemps de Prague".
Aujourd'hui, de nouvelles traductions de ses œuvres ont été faites. La critique essaie de se refaire, dans le mesure de ses possibilités, une "virginité" du regard, où l'ironie, l'humour noir du texte l'emporteraient sur toutes les exégèses métaphysiques du passé.
A travers ce sinueux parcours, il s'agit donc de laisser parler le texte de Kafka (son journal, sa correspondance, aussi bien que la fiction) qui n'appartient à personne et demeure ainsi le bien de tous : il s'agit alors de cheminer le long de cet itinéraire qui demeure à plus d'un titre essentiel et unique pour tous ceux que l'enjeu de l'écriture interroge et met en jeu.
Émission "Une vie, une oeuvre", réalisée par Marie-Christine Navarro et Claude Giovannetti.


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Michel Pastoureau est une star dans son domaine : ses livres sont des best-sellers traduits dans une trentaine de langues, il est invité partout à faire des conférences, il est même devenu une sorte de gourou de la mode, ami de grands stylistes et conseiller "tendances".
Michel Pastoureau est un "homme arc-en-ciel" pour plusieurs raisons : son nom est certes indissociable de l'histoire des couleurs auxquelles il a consacré une série de livres publiés sur vingt ans aux éditions du Seuil, mais la diversité de ses recherches et de ses approches est grande, puisqu'il aussi connu du grand public comme l'auteur de livres sur les animaux dont il a retracé les histoires, que ce soit l'ours, le loup, le cochon ou le corbeau.
L'historien est également un pionnier dans son domaine : outre l'histoire des couleurs et des animaux qui n'étaient pas à la mode académique et publique à ses débuts dans les années 1970-80, pendant une première période de recherche, il s'est passionné pour les blasons, les emblèmes, les armoiries, autrement dit l'héraldique, qu'il a aussi contribué à sortir du mépris et à en faire une science historique à part entière.
Comme universitaire, Michel Pastoureau a occupé la chaire d'histoire de la symbolique médiévale à l'Ecole pratique des hautes études de 1982 à 2016, et il a été directeur d'études associé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales de 1986 à 2006. Il fut aussi Conseiller historique sur les films d'Eric Rohmer et Jean-Jacques Annaud Perceval le Gallois (1978) et Le Nom de la rose (1986).
C'est un grand timide, mais un auteur prolifique de quelque 86 livres, et un chercheur qui se dit "heureux", ce qui n'est pas si fréquent !
Émission "À voix nue", produite par Caroline Broué.