Hannah Arendt (1906-1975), un monde en partage. Avec Blandine Kriegel, Roger Errera, André Énégren, Jacques Donzelot et Luc Ferry sur France Culture.


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01.11.2014

C'est à Hannah Arendt, transfuge de l'Allemagne hitlérienne et du camp de Gurs en France, que l'on doit, depuis les Etats-Unis où elle s'est réfugiée, l'une des premières recherches (1951) sur le totalitarisme et une réflexion sur la banalité du mal. "J'ai voulu, dit-elle, à propos du procès d'Eichmann à Jérusalem, détruire la légende de la grandeur du mal."
La jeune philosophe juive, lectrice de Kant à 14 ans, disciple de Heidegger à 18, est propulsée par la montée du IIIe Reich et de la guerre dans ce qu'elle appellera "les années sombres". Sa vie représente une sorte de parabole de la tragédie moderne, son œuvre la poursuite de l'esprit de liberté : la recherche d'un sens et d'un monde commun.
Nous (re)découvrons aujourd'hui la richesse de son oeuvre et de son parcours.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Pascale Werner et Jean-Claude Loiseau.

Roger Nimier (1925-1962). Avec Marc Dambre, Marcel Schneider, Yvon Pierron, François Dumasy et François Nourissier sur France Culture.


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30.08.2007

On se demande un peu quel est le problème de Roger Nimier. Il est brillant, tout lui réussit, c'est un séducteur, il est beau, il a atteint très jeune la gloire et il est assez malheureux. Mauriac aussi s'était posé la question, en soulignant ses "badinages de jeune ours irrité, un jeune ours un peu hagard et qui saigne, mais (dont) on ne voit pas où est la blessure qui le rend soudain furieux".
Le malheur est pour Nimier une chose belle et romantique, qui présente l'avantage, si on sait bien le mettre en valeur, de vous faire une réputation. Voilà bien le mythe Nimier, violent, insolent, charmeur, qui est interrogé ici.
Nous rencontrons aussi un Nimier moins voyant, moins propice aux anecdotes, moins tellement formidable. Il s'agit de comprendre comment cohabitaient le "type normal" et le "type extraordinaire", car c'est précisément l'une des équations que Roger Nimier n'a pas toujours su résoudre.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Philippe Séguin, le remords de la droite. Avec Arnaud Teyssier à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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05.06.2018

Philippe Séguin (1943-2010) a été une personnalité politique considérable dans l’histoire de la Ve République, plus par sa stature personnelle, son style et l’expression vigoureuse de ses idées que par l’abondance des responsabilités nationales exercées (deux années comme ministre des Affaires sociales en 1986-1988, quatre années comme président de l’Assemblée nationale de 1993 à 1997). Les années 1990 furent sa période de plus grande notoriété, en raison de son engagement emblématique contre le traité de Maastricht (1992) et de la figure de "recours" qu’il incarna face à des orientations plus "libérales" de la droite de filiation gaullienne, dans un contexte de grande incertitude institutionnelle (cohabitations successives, passage du septennat au quinquennat, européanisation croissante des outils et des enjeux de la politique intérieure).
Il est d’usage de présenter Philippe Séguin comme une personnalité forte et respectée – on se souvient de l’ampleur de l’hommage national qui lui fut rendu, à sa mort, aux Invalides -, mais aussi atypique, turbulente, enfermée dans une vision excessivement "nationale" des questions économiques et sociales, jugée trop en marge de la politique traditionnelle et des enjeux de la mondialisation.
Au contraire, Arnaud Teyssier se propose de montrer que Philippe Séguin représentait une vision parfaitement orthodoxe et cohérente des institutions de la Ve République, que le gaullisme social, dont il était porteur, n’a jamais été qu’une composante essentielle d’une puissante tradition politique française – le gaullisme n’étant pas seulement un mouvement historique lié à la personnalité exceptionnelle du général de Gaulle, mais une étape fondamentale dans la construction laborieuse de la démocratie française : construction qui est loin d’avoir atteint sa maturité, et dont on pourrait même soupçonner qu’elle est entrée en régression avant même d’avoir été achevée, comme l’avait prophétisé Philippe Séguin...

Beat Generation. Avec Yves Buin, Georges Lemaire, Gilles Farcet, Jean-Jacques Lebel et Philippe Alain-Michaud sur France Culture.


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06.2016

Cette série de quatre émission vogue au rythme anti-conformiste de la mythique Beat Generation.
 1. Premier volet consacré à l'une des figures majeures de ce mouvement, The "Kings of the Beat" : Jack Kerouac (1922-1969). "Jazz Poet" -c'est ainsi qu'il se définissait-, considéré comme le chef de file de la Beat Generation, ce nouveau mouvement des années 1950. Né Jean-Louis Kérouac en 1922 dans le Massachusetts, descendant d'une famille canadienne et bretonne, il se plonge dans la lecture dès son plus jeune âge et écrit son premier roman à 11 ans. La littérature est pour lui une sorte de refuge contre les conventions établies, patriarcales et conservatrices des États-Unis dans les années 1930-1940. Personnalité ambivalente, aux rêves effrénés de voyages et de grands espaces, de New-York à Mexico, il se cherche tout au long de sa vie entre alcool, excès et poésie, toujours entouré de Neal Cassidy, son alter-ego. Avec Sur La Route (publié en 1950), considéré comme le manifeste de la Beat Generation, il fondera la prose dite spontanée, frénétique et automatique, au rythme du jazz, sa plus grande inspiration : "Pas de pause pour penser au mot juste mais l'accumulation enfantine et scatologique de mots concentrés."
 2. Fondateur d'une nouvelle forme d'expression littéraire, William S. Burroughs (1914-1997) a révolutionné l'écriture à partir des années 1950 en proposant un langage abstrait et halluciné, tiré d'une expérience de l'excès. Il reste encore aujourd'hui l'auteur le plus sombre et le plus littéraire de la Beat Generation. Auteur majeur dans l'histoire de la littérature américaine, il expérimenta et développa la technique du Cut-up qui consiste à défragmenter un texte original pour produire un nouveau langage. Il connaît la notoriété avec son ouvrage phare The Naked Lunch (Le Festin Nu) publié pour la première fois en France en 1959. Du monde littéraire à la peinture, William Burroughs s'est illustré comme chef de file de la contre-culture en s'affranchissant des règles de l'art et des conventions sociales par la consommation excessive de drogues dures et d'une passion déroutante pour les armes à feu, jusqu'à tuer "accidentellement" sa femme en 1951.
 3. Troisième portrait, celui du plus engagé et influent de ce mouvement : le poète Allen Ginsberg (1926-1997), auteur central du mouvement de la Beat Generation fédérant autour de lui Jack Kerouac, Gregory Corso, William Burroughs ou encore Neal Cassady. Il publie Howl en 1956, qui deviendra le poème manifeste de ce mouvement au même rang que Sur la route de Kerouac (1950) ou Le Festin Nu de Burroughs (1959). La prose moderne du poème dévoile une écriture spontanée, emblématique du nouveau langage des auteurs de la Beat Generation. Allen Ginsberg est un homme spirituel, très engagé contre les discriminations sexuelles et la Guerre du Vietnam.
 4. Enfin, c'est à une déambulation entre littérature et arts visuels au Centre Pompidou, au cœur de l'exposition rétrospective intitulée Beat Generation qui propose une véritable rétrospective de ce mouvement à la fois littéraire et artistique. Essentiellement actif entre les années 40' et 60' autour de ces jeunes gens qui ont scandalisé l’Amérique et bousculé l’image rassurante de l’American Way of life, il lui opposa une autre réalité, celle de la drogue, du sexe, et des grands esprits de sa génération qu'Allen Ginsberg décrira dans son poème Howl : "Détruits par la folie, affamés hystériques, nus, se trainant à l’aube dans les rues nègres à la recherche d’une fausse piqure, (…) ceux qui mangèrent du feu dans des hôtels à peinture ou burent de la thérébantine dans Paradise Alley".

Émission "La Compagnie des auteurs", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Savitri Devi, entre écologie radicale et aryanisme ésotérique. Avec Franck Buleux sur Méridien Zéro.


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16.02.2018

Ce soir, l'essayiste Franck Buleux évoque la figure relativement méconnue de Savitri Devi, née Maximine Portas en 1905. C'est sur cette personnalité hors normes, cet écrivain aux partis pris controversés, qu'il vient de faire paraître un Qui suis-je ? aux éditions Pardès.

Une émission animée par Pascal Lassalle.

Karen Blixen : sa vie, son oeuvre. Avec Bruno de Cessole et Dominique de Saint Pern chez Alain Finkielkraut à Répliques sur France Culture.


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14.02.2015

D'abord chasseresse africaine au Kenya après son mariage avec le baron Bror von Blixen-Finecke, amoureuse au cœur brisé de Denys Finch Hatton, puis hôtesse mondaine dans sa demeure de Rungstedlund au Danemark, écrivain sur le tard (elle a 52 ans lorsque le futur best-seller La Ferme africaine est publié), conteuse, démiurge mondialement célébrée et lue, amante enfin d'un poète de trente ans son cadet, Thorkild Bjørnvig, ce sont toutes les vies romanesques de Karen Blixen que nous donnent à voir Bruno de Cessole et Dominique de Saint Pern.
De l'Afrique au Danemark et de New York à Londres nous est ressuscitée la femme courageuse et la diablesse, mais aussi l'âme de cet âge d'or où l'on savait aimer, écrire et mourir en beauté.

Initial BL. Avec Brigitte Lahaie chez François Angelier à Mauvais Genres sur France Culture.


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11.02.2017

À l'occasion de la parution, aux éditions Glénat, d'une ample monographie signée Cédric Grand Guillot et Guillaume Le Disez, François Angelier fait honneur à celle qui, de Vibrations sexuelles en Hurlements d'extase, fut la blonde Vénus de l'écran érotique et pornographique français, Brigitte Lahaie.
Une émission qui prendra la mesure du phénomène Brigitte Lahaie au travers de sa filmographie érotique, mais aussi fantastique avec ses apparitions dans les films de Jean Rollin (Les Raisins de la mort, Fascination) ou Fabrice Du Welz (Calvaire).

Le phénomène ADG. Avec Francis Bergeron, Philippe Vilgier et Thierry Bouclier sur Radio Courtoisie.


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06.09.2018

Issu d'une famille de gauche, Alain Fournier devient enfant de troupe à l'âge de douze ans avant de quitter l'école avec son seul B.E.P.C. Il exerce alors divers métiers, comme employé de banque, brocanteur ou bouquiniste... En 1971, La Divine Surprise paraît dans la "Série noire". Son homonymie avec l'auteur du Grand Meaulnes (Alain-Fournier) le dissuade d'écrire sous son nom ; il signera des initiales de son pseudonyme (Alain Dreux Gallou).
Devenu A.D.G., il sera l'un des auteurs-phares de la "Série noire" et le maître du néo-polar. Son style, mêlant argot et calembours, en fait l'héritier de Louis-Ferdinand Céline, Michel Audiard et Albert Simonin. Les romans policiers s'enchaînent : Les Panadeux, La Nuit des grands chiens malades, Cradoque's band, Le Grand Môme ou Pour venger pépère. En 1977, il obtient le prix Mystère de la critique avec L'otage est sans pitié. Dans le même temps, il entame une carrière de journaliste dans l'hebdomadaire Minute.
Au début des années 1980, il s'installe en Nouvelle-Calédonie et s'investit, à travers son journal, Combat calédonien, pour le maintien de l'île au sein de la France. Il publie d'autres romans policiers, comme Joujoux sur le caillou et Les Billets Nickelés. En 1987, il fait paraître Le Grand Sud, une gigantesque fresque consacrée à l'histoire de l'île calédonienne au XIXe siècle. De retour en France, il intègre l'hebdomadaire Rivarol et publie un thriller australien : Kangouroad Movie. Il meurt en 2004.

Émission "Voix au chapitre", animée par Anne Le Pape.