Faire de la politique avec René Girard. Avec Benoit Girard au Cercle Aristote.


(0)
1061 Vues
0 commentaire
18.09.2023

C'est s'appuyant sur la pensée du philosophe René Girard que Benoît Girard, son petit-neveu, nous livre une réflexion sur le retour du tragique dans notre histoire.
Il s'agit d'ailleurs d'affirmer une "tragique espérance" qui se définit comme "tragique" précisément parce qu'elle sait que toute culture et toute philosophie résultent de la distinction d'un "nous" et d'un "eux", d'un "dedans" et d'un "dehors", mais que, pour des raisons qu'il convient d'élucider, cette opération première de la civilisation s'est retournée contre elle-même et ne produit plus, sous les apparences de son affirmation "identitaire" comme de sa négation "déconstructrice", qu'un impressionnant retour à la barbarie.
Contre toutes les mythologies dont nous vivons la résurrection désordonnée et carnavalesque, Benoît Girard cherche à présenter les différents récits que notre société a sécrétées et dont peut seule nous émanciper la volonté héroïque de ne pas "choisir".

Ruwen Ogien (1947-2017), une vie contre le paternalisme. Avec Patricia Allio, Monique Canto-Sperber, Maryline Gillois, Jacky Katu, Sandra Laugier, Albert Ogien et Corine Pelluchon sur France Culture.


(0)
655 Vues
0 commentaire
23.04.2022

L'inceste peut-il être pratiqué en toute innocence entre adultes consentants ? Devrait-on légaliser la vente d'organes, et autoriser la prostitution et le suicide assisté ? Voici le genre de questions qu'aimait poser Ruwen Ogien et auxquelles il répondait "oui" sans hésiter, au grand dam de ses adversaires intellectuels. Touchant aux sciences sociales et défaisant les normes établies, les interrogations de cet irrévérencieux libertaire dépassent ainsi largement le cadre de la seule philosophie. Pour asseoir ses positions morales, nul principe unique et incontestable comme Dieu ou la Nature, mais trois impératifs : rester neutre à l'égard des conceptions du bien personnel, accorder la même valeur aux intérêts de chacun et "ne pas nuire aux autres". La formule est simple mais les conséquences abyssales, et pour beaucoup a priori choquantes : à l'aune de ce prisme, bien des pratiques dites "immorales" se révèlent simplement contraires à des conventions culturelles ou à des règles religieuses.
Le cœur de cette "éthique minimale" se trouve dans la proposition suivante : rejeter le principe d'une symétrie morale entre ce que l'on fait à autrui et ce que l'on se fait à soi-même. En bref, vous pouvez mener la vie que vous voulez tant que vous ne faites pas du tort aux autres. Tout le reste ne constitue qu'un moralisme inutile, cherchant à universaliser des normes relatives. Cette déflation des discours moraux conduit le philosophe à ne plus hiérarchiser et à dire oui à tout : dépénalisation du cannabis, mariage gay, mères porteuses, procréation médicalement assistée pour les couples homosexuels et les femmes âgées, indignités, torts à soi-même, dommages entre adultes consentants, inceste…
Quel rapport cet ex-directeur de recherche au CNRS entretenait-il à l’éthique minimale qu'il prônait ? À quel point son œuvre était-elle liée à sa vie ? D'après ses proches, ses thèses étaient aussi radicales qu'il se montrait charmant, discret et doux en société, loin du monstre moral qu'on aurait pu imaginer. Mais refuser le moralisme, est-ce refuser la prudence, l'esthétisme ou la justice sociale ?
Si l'on ne partage pas les perspectives de ce féru de philosophie analytique, il s'agit d'expliquer pourquoi il aurait tort sans céder à "la panique morale". Cette morale minimale, qui pourrait être l'horizon de nos sociétés démocratiques laïques et pluralistes, suffit-elle au "vivre-ensemble" ? Ne laisse-t-elle pas de côté les plus faibles ? Sans paternalisme d'État prohibant certaines pratiques au nom d'un bien et d'un mal, jusqu'où la permissivité totale de l'individu reste-t-elle inoffensive pour les autres et le bien commun ?
Si l'éthique minimale de Ruwen Ogien voulait s'assurer que chacun puisse vivre comme il l'entend -du moment qu'il s'assure "ne pas nuire à autrui"- elle voulait aussi s'assurer que l'Etat garantisse à chacun la possibilité de réaliser la conception du bien qui a ses préférences, c'est-à-dire que l'Etat veille à une juste répartition des richesses permettant à chacun de donner librement et pleinement son consentement.

Émission "Toute une vie", coordonnée par Anaïs Kien.

Sortir de l'impasse libérale. Avec Frédéric Saint-Clair au Cercle Aristote.


(0)
557 Vues
0 commentaire
17.04.2023

La mondialisation est en crise, et à travers elle le principe énoncé par Francis Fukuyama : la victoire des démocraties libérales. Comment la France échappera-t-elle à l'étau forgé par les deux nouveaux blocs, États-Unis et Chine ?
Pour sortir de l'impasse libérale, Frédéric Saint Clair opère une plongée aux sources de la modernité, la Renaissance italienne et le Grand Siècle français. En ressort un nouveau paradigme politique civilisationnel, esthétique et humaniste.

Sur la pensée de Manuel de Dieguez. Avec Pierre-Yves Rougeyron sur Radio Courtoisie.


(0)
623 Vues
0 commentaire
27.06.2022

Au cours des si mal nommées trente glorieuses, la main invisible du marché décida sans trop le crier sur les toits, qu'il était grand temps d'en finir avec un certain nombre d'intellectuels, représentatifs d'une génération et d'une forme d'éducation, c'est-à-dire d'une culture dont il urgeait de se débarrasser en la déclarant obsolète, pour la remplacer par la religion de la réussite matérielle, la culture des start ups et autres cadeaux de fée Carabosse venus d'Outre Atlantique.
Pour avoir proposé l'une des premières critiques du stalisnisme en 1948 (La Barbarie commence seulement), dénoncé l'hégémonie américaine en 1957 (Dieu est-il américain ?), renversé la francophobie d'Etat en 1991 (Essai sur l'universalité de la France) et refusé de valider les restrictions à la liberté d'expression à la fin de sa vie, l'intellectuel Manuel de Diéguez fait partie de ceux qui eurent raisons trop tôt et qui furent dès lors condamnés au silence médiatique.
Pierre-Yves Rougeyron, animateur des Editions Perspectives Libres, nous introduit à cette oeuvre magistrale qu'il est en train de faire (re)publier, notamment le Mémorial de la Philosophie et l'Introduction à une Histoire de l'imaginaire.

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.

Histoire politique du barbelé. Avec Olivier Razac aux rencontres Concertina.


(0)
618 Vues
0 commentaire
09.07.2021

On l'appelle "corde du diable", "écharde du souvenir" ou "frontière brûlante" : comment le fil de fer barbelé, outil agricole ingénieux, est-il devenu cet outil politique, symbole universel de l'oppression ?
En évoquant le rôle décisif du barbelé dans trois des plus grandes catastrophes de la modernité -la conquête de l'Ouest et le génocide des Indiens d'Amérique, la boucherie de 14-18 et les exterminations nazies-, mais aussi en dressant une cartographie de ses usages actuels (propriétés privées, prisons, frontières "chaudes" du globe), Olivier Razac analyse, dans la lignée de Foucault, la violence croissante à l'œuvre dans la gestion politique des espaces et des populations.
Il révèle ainsi un principe paradoxal : le succès persistant du barbelé vient précisément de ce qu'il ne tient qu'à un fil -de son austérité et de sa simplicité. La plus grande violence n'est pas forcément impressionnante, bien au contraire : les meilleurs outils d'exercice du pouvoir sont ceux qui dépensent le moins d'énergie possible pour produire le plus d'effets de domination.
Le barbelé, lui-même "mur virtualisé", a ainsi ouvert la voie à des dispositifs de contrôle de plus en plus immatériels, dont la vidéosurveillance et le bracelet électronique sont les derniers avatars…

Les Russes blancs. Avec Sylvain Roussillon pour la Revue Conflits.


(0)
852 Vues
0 commentaire
12.2021

Face à la prise de pouvoir des Bolchéviks en Russie, les exilés en Europe ont tenté de s'organiser pour renverser le pouvoir rouge. Gagnant le surnom de "Russes blancs" ils ont manœuvré tout au long des années 1930. Certains se sont engagés durant la Seconde Guerre mondiale pour essayer de renverser Staline, en vain.
Retour sur l’épopée de ces Russes blancs avec Sylvain Roussillon.

Une émission présentée par Jean-Baptiste Noé.

Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme. Avec Daniel Andler à la Librairie Mollat.


(0)
825 Vues
0 commentaire
05.2023

L'intelligence artificielle connaît son heure de gloire. Aux déboires des commencements ont succédé, au tournant du XXIe siècle, des avancées spectaculaires mais qui ne sont pas parfaitement comprises : l'intelligence artificielle reste en partie opaque. Pis : elle a beau progresser, la distance qui la sépare de son objectif proclamé -reproduire l'intelligence humaine- ne diminue pas.
Pour dissiper cette énigme, il faut en affronter une deuxième : celle de l'intelligence humaine. Celle-ci ne se réduit pas à la capacité de résoudre toute espèce de problème. Elle qualifie par un jugement la manière dont nous faisons face aux situations, quelles qu'elles soient, dans lesquelles nous sommes. L'intelligence est une notion irréductiblement normative, à l'image du jugement éthique ou esthétique, et c'est pourquoi elle est réputée insaisissable.
Un système artificiel "intelligent" connaît non pas les situations, mais seulement les problèmes que lui soumettent les agents humains. C'est sur ce point uniquement que l'intelligence artificielle peut nous épauler. De fait elle résout une variété toujours plus grande de problèmes pressants.
Ce devrait demeurer là son objectif, plutôt que celui, incohérent, de chercher à égaler, voire surpasser, l'intelligence humaine. L'humanité a besoin d'outils dociles, puissants et versatiles, et non de pseudo-personnes munies d'une forme inhumaine de cognition.

Georges Sorel, le révolutionnaire conservateur. Avec Rodolphe Cart pour Ego Non.


(0)
786 Vues
0 commentaire
09.2023

Georges Sorel est un des penseurs politiques français les plus curieux, les plus inclassables et, ce faisant, les plus surprenants. Tout à tour conservateur, socialiste, nationaliste ou encore bolchévique, Sorel est tout cela à la fois, et aucune de ces étiquettes ne lui convient néanmoins tout à fait.
Un tel personnage méritait donc qu’on s'intéressât à nouveau à lui afin d'apporter un regard neuf sur son œuvre. C'est justement ce qu'a tenté de faire Rodolphe Cart dans son livre Georges Sorel, le révolutionnaire conservateur, qui examine en détails la vie et la pensée de Sorel ainsi que l'apport de ce dernier au combat politique de notre temps.

Pourquoi et comment l'Histoire ? Avec Laurent Henninger pour le Cercle Aristote.


(0)
1051 Vues
0 commentaire
06.2023

Représentation, mise en scène ou configuration de processus et de situations historiques, l'écriture de l'histoire engage une pensée de l'historicité en délimiteant les contours du domaine historique, définissant ses acteurs, ses modes de production de la différence des temps, ses rythmes, ses échelles, élaborant ses méthodes et sa déontologie.
L'historien Laurent Henninger nous expose les rouages de son métier et revient sur ce que l'écriture de l'histoire appelle comme analyse et réflexion sur ses propres procédures d'accès au passé, sur sa corrélation au présent et à l'avenir, sur ce qu'elle conçoit comme sa vérité.

Le Gaullisme social. Avec Pierre Manenti sur Radio Courtoisie.


(0)
636 Vues
0 commentaire
30.11.2021

À l'occasion de sa première intervention télévisée, le Premier ministre Jean Castex s'est défini comme un "gaulliste social". Si cette expression a été remise au goût du jour par le chef du gouvernement le 3 juillet 2020, elle est pourtant loin d'être nouvelle. Apparu il y a un petit moins d'un siècle, le gaullisme social est en quelque sorte le yin et le yang de la politique : il est l'équilibre parfait entre l'héritage historique de la droite du général Charles de Gaulle et l'esprit politique et philosophique de la gauche.
Certes, le gaullisme – devenu une valeur-refuge de la vie politique française – incarne aujourd'hui encore le dépassement des clivages, unifiant la gauche et la droite autour d'une certaine vision du pays. Mais l'histoire et la vie politique de ce mouvement nous encouragent à le positionner à droite sur l'échiquier politique, alors même qu'une part non négligeable de ses thèses sont inspirées par le catholicisme social et l'héritage de la gauche.
A l'origine, le " gaullisme social " rassemblait les Français convaincus que seules les institutions de la Cinquième République permettraient la réalisation des objectifs de la gauche ; il réunissait les défenseurs d'une tendance humaniste, ouvrière et sociale au sein de la droite française. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Quel héritage ce mouvement a-t-il laissé dans les mandats qui ont suivi ceux du Général ? Quelles conséquences a-t-il eues sur le paysage politique français, et les acquis sociaux ?
Loin des clichés et d'une vision manichéenne de la politique française qui veut que la droite et la gauche ne se mêlent en aucun cas, Pierre Manenti brosse le portrait d'un courant méconnu de la vie politique française.

Émission du "Libre journal de la France libre", animée par Henri Fouquereau.

Panique à l'université. Avec Francis Dupuis-Déri pour La Rotonde.


(0)
685 Vues
0 commentaire
09.2022

Plusieurs poussent des cris affolés à propos d'une Université soi-disant assiégée par les féministes et les antiracistes, qui menaceraient jusqu'à l'ensemble de la société au nom du "politiquement correct". Pour stimuler la panique collective, on agite des épouvantails – social justice warriors, islamo-gauchistes, wokes, gender studies – et on évoque les pires violences de l'histoire : chasse aux sorcières, lynchage, totalitarisme, extermination. Même des chefs d'État montent au front. Or, cette agitation repose non seulement sur des exagérations et des mensonges, mais elle relève d'une manipulation qui enferme l'esprit et entrave la curiosité intellectuelle, la liberté universitaire et le développement des savoirs.
Pour y voir plus clair, Francis Dupuis-Déri s'intéresse à l'histoire ancienne et récente de l'Université. Il appelle à considérer la place réelle des études sur le genre et le racisme dans les réseaux universitaires – des salles de classe aux projets de recherche –, et met en lumière les forces qui mènent la charge aux États-Unis, en France et au Québec. Ultimement, il s'agit d'un exercice de déconstruction d'une propagande réactionnaire.

Relancer une production nationale. Avec Jacques Sapir et Tommy Lasserre au Cercle Aristote.


(0)
640 Vues
0 commentaire
01.05.2023

L'industrie est un pilier essentiel de notre économie qui permet d'assurer l'indépendance et la souveraineté de la France. Pourtant, après plusieurs dizaines d'années de libre-échange et des contraintes structurelles défavorables (Euro), l'industrie française est au plus mal.
Quels sont les enjeux et les défis derrière un projet de reconquête industrielle à l'échelon national ? Comment mettre en place une telle politique pour préparer la France de demain face aux défis écologiques et à la nécessité de la préservation de son modèle social ?