

(0)
Les oeuvres de Hans Kelsen (1881-1973) et Carl Schmitt (1888-1985) représentent, chacune avec leur spécificité, deux moments essentiels de la réflexion sur le droit moderne.
Dans le regain d'intérêt que connait la philosophie du droit, l'étude de ces deux pensées implique de quitter la voie du jus naturalisme, balisée par ses concepts de justice, de droits de l'homme, de contractualisme, pour se risquer sur un chemin où la domination et la violence (fût-elle légitime) semblent incontournables.
Carlos-Miguel Herrera revient sur la querelle qui aura opposé les deux plus grands juristes du XXe siècle.


(0)
Notre monde actuel est saturé de religions, mais, à fortiori, ne doit-on pas se demander "où est Dieu" ?
Mais a-t-il besoin d’exister pour être ? Ou pouvons-nous penser Dieu sans penser son existence ?
Alors, serait-il comme l’Amour qui est sans besoin d’exister ? Ne serait-ce pas cela la question essentielle ? Si le mode d’existence de Dieu – ou de non-existence – n’était que secondaire ?


(0)
Benjamin Disraeli (1804-1881), deux fois Premier ministre du Royaume-Uni, ne fit pas seulement figure de grand rassembleur de la nation anglaise en ouvrant les portes du conservatisme, longtemps chasse gardée des vieilles familles, à un électorat toujours plus large grâce au célèbre Reform Act de 1867. Il sut convaincre le pays tout entier, la reine en tête, que le jeu politique était un sport plus intense que les courses de chevaux, le hunting ou le cricket.
Il dut le succès de sa mission non pas aux qualités qu'elle requiert habituellement mais à une série de défauts tous plus admirables les uns que les autres. Né juif, sans fortune personnelle ni propriété terrienne, il s'était également bien gardé de décrocher un diplôme dans les incontournables public schools où se recrutaient les futurs membres du Parlement. Ses frasques de jeunesse, entachées de byronisme caractérisé, devaient le poursuivre pendant de longues années d'un parfum de scandale. Il embrassa par trois fois les graves fonctions de l'Échiquier (Finances publiques) alors que la prison pour dettes, fruit d'une imprévoyance toute dickensienne, le guettait dans l'ombre. Les démonstrations de mauvaise foi qu'il prononça à la Chambre des communes atteignirent parfois au sublime.
Renverseur farouche de majorités, il reprenait volontiers à des adversaires aussi affirmés que Peel ou Gladstone leurs propres idées. Ses disputes avec la reine Victoria, dont il contribua à rétablir le prestige, rappelaient ses propres empoignades conjugales.
Il en remontra à Bismarck, lors de la crise des Balkans qui devait se résoudre par le Congrès de Berlin de juin 1878, sans savoir que l'armée britannique n'avait pas les moyens d'une réponse militaire. Bref, son culot légendaire suffit à transmettre à la nation tout entière une envie de gagner que rien ne devait plus décourager...


(0)
Il est facile de comprendre que notre économie entière repose en pratique sur la consommation d’énergie. En considérant que nous transformons des ressources en produits et en services, et que chaque transformation requiert l’utilisation d’énergie, il semble logique que la production économique soit liée à la quantité d’énergie ajoutée dans le système.
Il est également bien connu que la plus grande part de l’énergie que nous consommons provient de combustibles fossiles (90% de la consommation d’énergie primaire en 2011) qui sont, sans doute aucun, des ressources non-renouvelables.
Par conséquent, si le futur de l’économie repose sur l'avenir de l’énergie, qui repose lui sur des ressources non-renouvelables, alors la construction d’une économie sans carbone devient vitale pour tout programme politique.
Gaël Giraud, dans cette conférence, tente d’analyser dans quelle mesure l’énergie est le premier élément qui définit l’économie en questionnant le lien entre le PIB et la consommation d’énergie.


(0)
À l'occasion de la sortie de ses Carnets impudiques, Jean-Edern Hallier nous gratifie d'une prestation dont il a le secret dans l'émission Radioscopie de Jacques Chancel.
L'écrivain y est, comme à son habitude, somptueusement délirant, tandis que Jacques Chancel ne manque pas non plus d'humour pour contenir la verve de l'histrion.



(1)
Qu'est ce que le nationalisme révolutionnaire ? Quand est-il né, et pour répondre à quelles nécessités ? Quelle est la doctrine de ce courant politique ?
C'est l'ancien militant Jean-Gilles Malliarakis qui vient répondre à ces questions, riche de son expérience passée et des réflexions qu'il a pu mener.


(0)
Le Cercle Kritik s'entretient avec Baptiste Rappin pour parler de deux courants de pensée dont les enjeux sont hautement actuels : le management, la cybernétique.
Au passage, il relève également un intérêt méconnu mais certain du philosophe Martin Heidegger pour la cybernétique, inquiet de la montée en puissance de cette pensée de "l'âge atomique"...


(0)
Un fossé s'est creusé entre, d'une part, une pensée conceptuelle qui néglige les questions quantitatives, considérées comme au-dessous de sa dignité, d'autre part une pratique technoscientifique qui manie les quantités sans guère s'inquiéter, en général, des effets qualitatifs induits sur les existences humaines.
Or, la taille n'est pas un simple paramètre, qu'il serait loisible de faire varier à volonté, elle appartient à l'essence des choses.
Parce que le nœud entre qualité et quantité est impossible à défaire, il n'est pas de domaine où la question de la taille appropriée, de la bonne échelle, des justes proportions, ne soit d'une importance cruciale.


(0)

(0)
Méridien Zéro nous propose une émission consacrée aux territoires et à la problématique rural/urbain. L'urbaniste Pierre Le Vigan nous engage à identifier les maux de la ville moderne mais dans l'optique de les dépasser pour que la ville renaisse et redevienne ce lieu de civilisation européenne qu'elle fut par le passé.
Une émission animée par Jean-Louis Roumégace.


(0)
Tous républicains ! Débordés, Jean-Pierre Chevènement et Jean-Louis Debré ! A gauche, à droite, aux extrêmes, la surenchère bat son plein. Chaque jour ou presque, elle voit s'écharper Manuel Valls et François Fillon, Najat Vallaud-Belkacem et Nathalie Koscuisko-Morizet, Jean-Vincent Placé et Bruno Le Maire. Mais aussi Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Avec, au sommet, Nicolas Sarkozy qui entend rebaptiser l'UMP de cet alias pour en disputer le monopole indu qu'exerceraient, depuis l'Elysée, François Hollande et le PS.
Frédéric Rouvillois retrace l'envahissement progressif de ce vocable fourre-tout au gré des crises que marquent les ascensions conjointes de l'Europe et du Front national depuis les années 1980.
Il détaille les diverses utilisations de ce mot culbutis, qu'il s'agisse des programmes des partis, des politiques des gouvernements, des définitions des institutions, tout au long de la Ve République.
Il montre enfin l'indétermination de ce méli-mélo terminologique à travers les âges, sous les autres cieux et jusque dans notre propre histoire, avec l'idéalisation de la séquence radicale-socialiste sous la IIIe République.
De quoi le recours effréné à ce couteau suisse multifonctions est-il le nom ? Sinon de l'impuissance générale à dire et penser la France ?


(0)