Des "bullshit jobs" au néo-artisanat : une génération en quête de sens. Avec Jean-Laurent Cassely, Béatrice Hibou et Raphaël Liogier sur France Culture.


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06.09.2017

John Maynard Keynes, en 1930, annonçait l'avènement d'une société délivrée du travail par le progrès technique : il semble pourtant que nous assistions à tout autre chose. En plus du burn-out, nous faisons maintenant face aussi au "bore-out", l'ennui au travail, ou encore le "brown-out", la perte de sens. Car, en effet, nombre de travailleurs souffrent d'emplois vides de sens, superflus, sans intérêt - ce que l’anthropologue américain David Graeber appelle les "bullshit jobs".
Une dépression générationnelle qui explique sans doute l'apparition d'un nouveau phénomène : la reconversion des jeunes diplômés, qui sont de plus en plus nombreux à se tourner vers des métiers artisanaux ou à ouvrir des commerces de proximité.
Alors, à l’heure où des "feel good manager" apparaissent dans les entreprises et où le chômage de masse s'est installé dans la durée, peut-on encore être heureux au travail ? Comment comprendre cet attrait – notamment des jeunes diplômés - pour des métiers manuels, autrefois dévalorisés ? Et qu’est-ce que ces reconversions révèlent du monde du travail actuel et de ses dérives ?

Émission "Cultures Monde", animée par Florian Delorme.

Rage against the machine. Avec Bernard Stiegler et Laurent Alexandre sur France Culture.


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30.08.2017

L'humain et la machine doivent-ils être opposés ? Quel impact le progrès technique a-t-il sur nos manières de travailler et comment le travail s'est-il modifié au fil des révolutions industrielles ?
Dans cette émission, ce sont les liens entre travail et progrès technique qui attirent notre attention, tout comme ils ont attiré celle d'auteurs majeurs dont l'incontournable Schumpeter.

Émission "Entendez-vous l'éco ?", animée par Maylis Besserie.

Pourquoi et comment (re)lire le Capital aujourd'hui ? Avec Alain Bihr à la Sorbonne pour le séminaire Marx au XXIème siècle.


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30.11.2013

Le Capital a la réputation d'être une oeuvre difficile. La première ambition d'Alain Bihr est de convaincre le lecteur qu'elle n'est pourtant pas inabordable. Il se propose de nous la faire découvrir en le parcourant en entier, sans le réduire comme il est d'usage à son seul premier Livre.
Car il est important de lire Le Capital de manière suivie et exhaustive afin de comprendre les concepts qui y sont développés dans l'ordre même où Marx les a exposés, depuis la marchandise jusqu'aux formes les plus complexes du capital.
Un dispositif d'exposition qui est essentiel à leur compréhension et qui pourtant, trop souvent, n'a pas été respecté par les commentateurs et les critiques.
La restitution de l'oeuvre dans sa logique ne permet pas seulement d'en comprendre la remarquable cohérence. Elle en fait surtout saisir le sens profond, inscrit dans le sous-titre de l'ouvrage : Critique de l'économie politique. Une critique qui ne se réduit nullement à celle de la science économique mais qui vise, plus fondamentalement, ce "monde à l'envers" qu'est le capitalisme, dans lequel les choses (sous forme de marchandise, d'argent, de capital) commandent aux hommes et se dressent en face d'eux comme des divinités barbares qui exigent de nouveaux sacrifices humains.
Alors se révèle la radicalité du projet qui sous-tend tout Le Capital : renverser ce "monde à l'envers", redonner à l'humanité les moyens de se rendre maîtresse de ses propres conditions d'existence.

Histoire du mouvement ouvrier. Avec Christian Pataud à la Bibliothèque Associative de Malakoff.


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2017

Christian Pataud, anarchiste et résistant, nous relate en cinq conférences l'histoire du mouvement ouvrier en France de 1830 à nos jours.
 1. 1830-1871 : de l'avènement de Louis-Philippe jusqu'à la chute de Napoléon III, nous assistons aux premières grandes insurrections ouvrières avec -notamment- la révolte des Canuts de Lyon en 1831
 2. 1871-1900 : c'est la lente mise en place de la République bourgeoise et, corrélativement, le développement du mouvement ouvrier dont il est question. Cette période est également celle du progrès technique, de la naissance de grands groupes industriels et de leurs conséquences sociales.
 3. 1900-1922 : l'industrie continue de se développer et l'esprit revanchard contre l'Allemagne amène au réarmement puis à la guerre. La première Guerre Mondiale fut la grande défaite de l'internationalisme ouvrier et marqua les premières grandes divisions, sans oublier la Révolution russe (1917) et ses conséquences à l'international
 4. 1922-1945 : l'entre-deux-guerre voit le mouvement ouvrier se polariser entre socialistes et communistes, la crise économique et la montée des fascismes en Europe
 5. 1940-1968 : de la défaite et la collaboration à la résistance et à la reconstruction, c'est un mouvement ouvrier en pleine reconstruction qui succédera à la deuxième Guerre Mondiale

La religion industrielle : de la matrice monacale à l'empire du management. Avec Pierre Musso à la Bourse du Travail de Paris.


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27.01.2018

Faire de l’entreprise le cœur des sociétés : ce projet, claironné par M. Emmanuel Macron, est d’ordinaire identifié au néolibéralisme contemporain. Il marque en réalité l’aboutissement d’une longue histoire. Celle de la rationalisation du travail et du temps, qui commence dans les monastères au XIIIe siècle. Celle aussi de l’édification d’une croyance commune dans le salut par le progrès industriel.
Et c'est ce que nous raconte Pierre Musso, professeur à l'Université de Rennes et auteur du récent La Religion industrielle.

Une conférence prononcée dans le cadre de la journée "Tout le monde déteste le Travail".

Le déja-là communiste et son actualisation dans les mobilisations actuelles. Avec Dominique Pagani et Bernard Friot à Paris.


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01.06.2018

Comme le rappelle Marx, est "appel[é] communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel".
C'est donc en compagnie du sociologue Bernard Friot et du philosophe Dominique Pagani que nous sommes invités à revenir sur les acquis théoriques et pratiques du mouvement ouvrier. Il s'agit alors de dégager, à partir de notre situation historique et de notre savoir, les conditions d'une pratique révolutionnaire.

Une rencontre organisée par l'association Avec Doumé à la maison des associations du 13ème arrondissement.

Développement durable : réflexion critique et philosophique sur le statut des sciences sociales. Avec Pierre Caye à l'Institut d'études lévinassiennes.


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11.05.2017

Le Développement Durable est dans toutes les bouches. Il apparaît comme la solution à tous nos maux, le mode de production capable de résoudre tous les problèmes écologiques tout en assurant la croissance. Pourtant, dès que l’on essaie de définir cette notion, les choses deviennent plus floues.
Les uns jugent que parler de développement durable est une tautologie : tout développement se développe nécessairement dans le temps ; d’autres y voient une contradiction en tant que le développement serait nécessairement vouée à prendre fin en raison des limites des ressources naturelles.
Quoi qu’il en soit, cette expression a le mérite de souligner que l’écologie n’est pas seulement une affaire de préservation de la nature et de sa biodiversité, mais concerne l’ensemble de nos pratiques et en particulier de nos pratiques productives, autrement dit que l’écologie est une question globale qui passe par la nécessaire dialectique de la nature et de la technique, et non par leur séparation dualiste.

Sommes-nous devenus ignorants ? Avec Denis Collin à l'Université Populaire d'Évreux.


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15.06.2018

Aujourd’hui on célèbre partout le savoir. Qui sait si, un jour, on ne créera pas des universités pour rétablir l’ancienne ignorance ?
La question posée semble assez curieuse et même paradoxale. Après tout, on dit qu’il y a aujourd’hui bien plus de savants vivants et en activité qu’il n’y en a eu dans toute l’histoire de l’humanité. Nos connaissances de la nature ont fait des bonds prodigieux au cours du dernier siècle, qu’il s’agisse de la physique ou de la biologie. Les connaissances ne sont pas restées confinées au petit monde des savants, mais elles sont répandues dans le public, d’abord par les progrès de l’instruction et le recul massif de l’alphabétisme, mais aussi par les moyens de communication de masse dont le dernier, l’internet, semble mettre à disposition de chacun tout le savoir de l’humanité. La science n’est plus et depuis longtemps une activité théorique, elle est pratique, incorporée dans les techniques et on nous annonce que nous entrons maintenant dans "l’économie de la connaissance". La science, comme le disait Marx, semble devenir une "force productive directe". Bref, nous ne sommes pas devenus ignorants mais savants !
Qu’est-ce donc qui pourrait refréner cet enthousiasme qui nous porte depuis le commencement des "temps modernes" et singulièrement depuis l’époque des "Lumières" ? L’accumulation quantitative de connaissances fait-elle de nous automatiquement des savants ? La connaissance peut-elle être mesurée ? Les savoirs du passés qui tendent à être recouverts par de nouvelles "innovations" technologiques peuvent-elles passer par pertes et profits ? Enfin, se pourrait-il qu'à côté des progrès formidables du savoir, l’ignorance se répandrait aussi ?