La religion industrielle. Avec Pierre Musso à la Librairie Ombres Blanches.


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07.06.2017

Pierre Musso, professeur à l'Université de Rennes, nous donne à voir dans son dernier ouvrage la naissance, dans la matrice chrétienne, d'une religion rationnelle qui est désormais notre croyance universelle.
L'esprit industriel s'est emparé du plus grand mystère de l'Occident chrétien, celui de l'Incarnation, et l'a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l'Humanité et de l'Ordinateur.
Il explore la généalogie de la religion industrielle et met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (XIe-XIIIe siècles), la manufacture (XVIIe-XVIIIe) puis l'usine (XIXe), avant de constituer l'entreprise (XXe-XXIe). Son élaboration s'est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la "Révolution managériale", la cybernétique et la numérisation.

Le travail entre aliénation et émancipation. Avec Christophe Dejours pour le Groupe vaudois de Philosophie à Lausanne.


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05.05.2018

Aliénation, suicide : on sait que le travail peut produire le pire. Mais qu'il puisse aussi générer le meilleur, qu'il puisse être facteur d'accomplissement de soi et d'émancipation, une majorité de gens en doutent encore. C'est pourtant la voie explorée par Christophe Dejours qui nous propose, grâce à une nouvelle théorie du travail, de penser politiquement l'organisation de celui-ci.
Il nous montre que le travail de production est une épreuve pour la subjectivité tout entière d'où peuvent émerger de nouvelles habiletés, à la condition toutefois que cette épreuve soit relayée par un deuxième travail, de soi sur soi, ou de transformation de soi.
Mais l'organisation du travail a aussi des incidences qui vont bien au-delà du seul monde du travail. Au travail, on peut en effet apprendre le respect de l'autre, la prévenance, la solidarité, la délibération, les principes de la démocratie. On peut aussi y apprendre l'instrumentalisation de l'autre, la duplicité, la déloyauté, le chacun-pour-soi, la lâcheté, le mutisme.
De sorte que l'organisation du travail s'offre toujours comme un lieu d'apprentissage de l'implication ou de la désertion des espaces politiques...

Management et gouvernance : l'utopie de la coopération. Avec Baptiste Rappin pour Le club du Mercredi à Nancy.


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18.04.2018

Le management est d'abord et avant tout un projet anthropologique et politique : "Harmony, not discord. Cooperation, not individualism", comme le formulait Frederick Winslow Taylor, le fondateur de la discipline.
Ni lutte des classes, ni homo economicus, le management se présente comme un projet coopératif, aujourd'hui appelé "gouvernance", fondé sur une science censée rendre les organisations transparentes aux uns et aux autres et ainsi démontrer scientifiquement la convergence des intérêts.
Mais ce projet est-il autre chose qu'une utopie ? Le travailleur sera-t-il si facilement désolidarisé de son appartenance de classe ? Et quels sont les enjeux de la généralisation de telles pratiques sur nos conditions d'existence dans nos sphères personnelle et professionnelle ?

Qu'est-ce que le capitalisme selon Karl Marx ? Avec Anselm Jappe pour le Groupe vaudois de Philosophie à Lausanne.


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06.05.2018

Alors que nous fêtons le deux-centième anniversaire de la naissance de Karl Marx en 2018, Anselm Jappe nous rappelle la pertinence de la pensée marxienne pour aborder les problèmes des sociétés actuelles.
L'on constatera, d'une part, la mesure dans laquelle la pensée de Marx nous fournit une grille d'analyse pour comprendre une société s'articulant toujours plus autour des catégories de bases de l'ordre capitaliste (valeur, travail, marchandise, argent) et d'autre part, les pistes qu'il nous propose pour changer et résoudre nos problèmes - notamment écologiques.

Le droit au travail, de Marx aux cheminots. Avec Dominique Pagani au café marxiste à Paris.


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12.05.2018

Le travail, catégorie centrale de la philosophie de Marx mais aussi de Hegel, est analysé par Dominique Pagani dans ses implications actuelles, à l'heure du chômage de masse, de la précarisation et du retour des luttes qui, de 1848 à 1968 et passant par l'actuel conflit des cheminots, réaffirment le droit au travail dans la dignité.

La juste division du travail. Avec Alain Supiot au Centre Culturel International de Cerisy.


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05.07.2017

Depuis sa consécration par la Constitution de l’OIT, la notion de "régime de travail réellement humain" a été interprétée comme obligation d’humaniser les conditions de travail. La justice sociale a dès lors été comprise comme justice de l’échange salarial et son périmètre restreint aux questions de salaires, de temps de travail et de sécurité physique.
La période contemporaine a été marquée par une régression de cette idée de juste répartition des biens et par l’essor d’une revendication de juste reconnaissance des personnes. La justice sociale n’est plus — ou plus seulement — définie en termes d’égalité dans la répartition de richesses, mais en termes d’égalité dans le respect des identités.
Le creusement vertigineux des inégalités de fortune va ainsi aujourd’hui de pair avec l’exacerbation des revendications identitaires. Ainsi focalisés sur la dichotomie de l'avoir et de l'être, ces débats ont en revanche maintenu dans l'ombre une troisième dimension de la justice sociale — celle de l'agir — pourtant présente dans la Déclaration de Philadelphie (1944) qui compte au nombre des droits fondamentaux des travailleurs, celui d'avoir "la satisfaction de donner toute la mesure de leur habileté et de leurs connaissances et de contribuer au bien-être commun" (art. III-b).
Alain Supiot nous montre toute l’actualité de cette troisième dimension de la justice sociale, en des temps où ce n’est pas seulement la capacité des individus d’agir et de maîtriser leur destin qui est menacée, mais aussi celle des entreprises et des États.

Une conférence qui s'inscrit dans le colloque "Qu'est ce qu'un régime de travail réellement humain ?".

Zygmunt Bauman (1925-2017). Avec Laetitia Strauch-Bonart au Collège des Bernardins.


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28.06.2017

Polonais, ardent communiste pendant la première moitié de sa vie et commissaire politique, il finit par émigrer et développe une critique passionnante de la post-modernité et de la "société liquide", qui demeure dans l'esprit d’un marxisme hétérodoxe.

Une conférence de l’Observatoire de la modernité.

Guy Debord, une critique radicale du Spectacle et du Capitalisme. Avec Benoit Bohy-Bunel et Sylvain Quissol à Montpellier.


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22.10.2016

"Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles."
Debord détourne la première phrase du Capital, en remplaçant le terme de "marchandises" par celui de "spectacles". Il se rattache donc explicitement à la théorie marxienne de la valeur, et son concept de spectacle doit être compris comme un complément à l'analyse marxienne de la marchandise.
C'est en revenant sur les productions théorique et pratique de Guy Debord que Benoit Bohy-Bunel et Sylvain Quissol nous invitent à en rédécouvrir le caractère fondamentalement critique.