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Elsa Boulet nous invite à penser l'enfantement et la parentalité au-delà des clichés, en prêtant attention à la diversité des pratiques et des représentations et en se penchant sur des situations souvent mal connues. Elle s'intéresse à la médicalisation de l'enfantement, depuis le projet d'enfant jusqu'aux soins recommandés après l'accouchement et aux rapports de pouvoir dans les relations entre soignants et soignés, et problématise la grossesse comme un travail des femmes encadré façonné par les rapports sociaux de genre, notamment au sein du couple.
En abordant le sujet de la grossesse à rebours des idées reçues et des oppositions manichéennes traditionnellement invoquées, Elsa Boulet veut créer un réel débat de société autour de cette question trop invisibilisée.
Une émission animée par Armel Campagne.


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Denis Collin interroge le rapport de l'être humain à la nature et au travail à partir de la pensée de Marx. L'être humain est présenté comme un être naturel, dépendant de son environnement et des autres vivants. Le travail lui permet de transformer la nature pour répondre à ses besoins, mais aussi de développer ses propres facultés. Dans le système capitaliste, cette activité est toutefois détournée : on ne produit plus d'abord pour satisfaire des besoins, mais pour vendre des marchandises et accumuler de la valeur. La société se retrouve ainsi soumise à une logique de croissance devenue indépendante des besoins réels.
Il analyse ensuite les conséquences écologiques de cette dynamique : épuisement des ressources, dégradation des sols, extractivisme et dérèglement climatique. Une croissance infinie étant impossible dans un monde fini, plusieurs scénarios sont envisagés, de l'autoritarisme à la barbarie. Une autre perspective repose sur la démocratie, l'égalité, l'entraide et la gestion collective des biens communs.
Il s'agirait donc de réorienter la production vers les usages réels, de privilégier la durabilité, la réparation et la sobriété, tout en reprenant collectivement le contrôle du travail, du temps et des choix techniques.
Une conférence pour l'association "Les Remparts" à la Maison Hirondelle.


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La liberté telle que nous l'entendons aujourd'hui, que ce soit à gauche et à droite de l'échiquier politique, se fonde sur l'idée de délivrance. C'est à dire le fait d'être déchargé par d'autres ou par la technologie d'une partie des tâches quotidiennes de la vie : cuisiner, s'occuper des enfants, faire le ménage, etc.
Pourtant, si cette définition de la liberté est devenue hégémonique, elle n'est pas la seule. Celle-ci s'est imposée au dépend d'autres manières d'entrevoir la liberté, notamment comme autonomie collective visant à prendre en main sa propre subsistance.
Professeur d'université, activiste et agriculteur, Aurélien Berlan, analyse les différentes conceptions de la liberté pour en exhumer les hypothèses sous-jacentes et proposer des alternatives réellement émancipatrices.
Un entretien mené par Jean-Philippe Decka.


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Face à l'aggravation des crises environnementales qu'elle a provoquées, la société industrielle semble frappée d'aveuglement. Elle est bercée de l'illusion que tout finira par s'arranger, grâce à la souplesse du marché, l'innovation technique et l'inventivité du capital. Toute une mythologie économique entrave ainsi la réflexion et la perception de la gravité de la situation.
Dans le but de défaire cette mythologie, Sylvain Piron cherche à en comprendre l'histoire, en associant deux voies complémentaires. Le désastre vers lequel nous avançons est annoncé depuis un demi-siècle. Parmi les penseurs de l'écologie politique des années 1967-72, les parcours de Gregory Bateson et d'Ivan Illich permettent d'observer l'émergence de cette réflexion, puis son occultation sous l'effet du tournant néo-libéral des années 1980.
Mais pour saisir la puissance du mythe et ses effets dévastateurs, il faut remonter bien plus haut. L'appétit de transformation du monde naturel par l'action humaine correspond à une pente générale de l'Occident dans la longue durée du second millénaire de l'ère chrétienne. C'est ce que l'on peut décrire comme une dynamique d'occupation du monde, au double sens d'une occupation objective par des êtres subjectivement occupés à le transformer.
Les théologiens scolastiques ont été les premiers à observer le phénomène au XIIIe siècle. Point de départ d'une pensée de l'économie, leur philosophie morale peut aujourd'hui fournir des arguments critiques face aux dogmes de la pensée économique contemporaine.
Alors que les réflexions politiques et sociologiques ont eu maintes fois l'occasion de reformuler leurs postulats, la pensée économique est demeurée prisonnière de présupposés qui lui confèrent à présent une texture quasiment théologique. Cet impensé est le premier responsable de notre incapacité à faire face aux crises actuelles.
Sylvain Piron nous propose une interprétation globale du destin économique de l'Occident, en vue de défendre la nécessité d'un autre rapport au monde.


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Des attaques contre la fortification, durant le Moyen Âge, aux incendies contre les antennes 5G aujourd'hui, en passant par les traine-savates dans les usines et le sabotage de la colonisation, Victor Cachard nous montre ce qu'est le sabotage et nous explique pourquoi il est toujours d'actualité.
Au travers de l'histoire, le sabotage change de visage. Plus récemment, il sort des industries, quitte le monde du travail pour s'attaquer plus largement aux technologies meurtrières. C'est ainsi que l'on peut interpréter la résistance à la colonisation comme un sabotage des techniques d'invasion.
Et avec le passage à l'ère post-industrielle favorisé par l'automatisation, le sabotage enrichit son répertoire d'actions en continuant de s'opposer à toutes les formes d'exploitation et d'oppression.


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Philosophe, professeur d'université, activiste et agriculteur, Aurélien Berlan cherche dans la terre une vérité que la modernité a balayée : il n'y a pas d'émancipation possible sans contrôle sur les conditions matérielles de la vie — la nourriture, l'énergie, les liens, le territoire. Cette certitude l'a conduit à quitter Paris pour s'organiser en communauté rurale autogérée dans le sud-ouest de la France, d'où il promeut la reconquête de la vie comme terrain politique : réapprendre à vivre de son propre travail, organiser les besoins communs, prendre soin du sol qui nous nourrit.
De ce cheminement est née une longue recherche sur la liberté et l'autonomie collective.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'12'56 : Le glissement de la liberté envers la protection de la vie privée
- 0'24'09 : Faire faire à d'autres personnes, à des machines ou des robots
- 0'49'24 : On est prisionnier dès que l'on dépend de nos maîtres pour se nourrir
- 0'59'45 : Prise en charge des nécessités liées à la subsistance et organisation politique
- 1'15'32 : Autonomies : reconstruire des interdépendances égalitaires
- 1'30'50 : Besoins/Moyens techniques et culture du conflit


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Politiste et président du Cercle Aristote, Pierre-Yves Rougeyron propose une exploration approfondie des grands thèmes structurants de l'histoire et de la société françaises.
À travers des épisodes thématiques, il interroge l'identité, l'enracinement, le sens du passé, la question des frontières, la centralisation, ou encore les modèles politiques, offrant des clés de lecture pour comprendre les défis contemporains de la France dans une optique souverainiste et sociale, à l'image du gaullisme dont il se réclame.
Une série d'interventions qui s'adresse à tous ceux qui souhaitent dépasser l'actualité immédiate pour saisir les racines profondes des crises actuelles et qui veulent s'armer -intellectuellement parlant !- pour faire face aux enjeux qui nous attendent.


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De quoi est-il question, au fond, dans le coaching ? De rien de moins que de la fabrique de l'homme cybernétique planétaire. Méthode d'accompagnement née dans les années 1990 qui se développa dans la décennie suivante, le coaching s'est aujourd'hui pleinement institutionnalisé : il est reconnu, à part entière, comme un outil de développement de la personne qui conjugue recherche du bien-être et souci de l'efficacité.
Baptiste Rappin met ici en exergue les fondements philosophiques du coaching allant de l'utilitarisme jusqu'à la question de la "vie nue", et nous livre les résultat de son enquête généalogique qui conduit du coaching contemporain vers le Nouvel Âge de la contreculture californienne. Enfin, il interroge le type de subjectivité à l'œuvre dans le déploiement opérationnel du coaching, offrant une perspective générale d'interprétation.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'50 : Pourquoi cet ouvrage et qu'est-ce que le coaching ?
- 0'09'10 : Mai 68, le refus de l'autorité et le changement des rapports sur le marché de travail
- 0'20'23 : Être la meilleure version de soi-même et être dans la perpétuelle amélioration de soi, mais pour quoi ?
- 0'31'58 : Pourquoi ne pas régler le problème à sa source ?
- 0'37'41 : Indifférenciation entre vie publique et vie privée suivi de l'abolition du vouvoiement
- 0'44'06 : Qu'est-ce que la transparence ?
- 0'50'01 : Y a-t-il un lien entre le coaching et les Lumières ?
- 0'56'36 : L'influence du monde anglo-saxon et l'utilisation des anglicismes
- 1'05'28 : Gnose, occultismes et management
- 1'15'33 : Vers une nouvelle religion du travail ?
- 1'19'23 : Conjugaison des spiritualités orientales, de l'écologie, management et ESG
- 1'23'11 : Le crime parfait ?
- 1'31'59 : Conclusion et remerciements